vendredi 23 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2200093 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET LEHOUX & CONDAMINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 janvier 2022 et 14 juin 2023, Mme C B, représentée par Me Macé, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 16 mars 2023 se substituant à la décision du 15 novembre 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Saint-James a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident survenu le 4 février 2021 ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Saint-James de reconnaître l'accident du 4 février 2021 comme imputable au service, au besoin sous astreinte, et reconstituer ses droits ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Saint-James la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens ;
Elle soutient que :
- la décision du 16 mars 2023 n'est pas motivée ;
- l'accident du 4 février 2021 est imputable au service.
Par des mémoires, enregistrés les 20 mars 2023, 26 mai 2023 et 30 juin 2023, le centre hospitalier de Saint-James, représenté par la SARL Juriadis, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme B une somme de 2 500 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête doit être regardée comme dirigée contre la décision du 16 mars 2023, intervenue en cours d'instance et qui se substitue à la décision initiale du 15 novembre 2021 ;
- le moyen tiré de ce que la décision attaquée est entachée d'erreur d'appréciation a été soulevé dans le mémoire enregistré le 14 juin 2023, soit postérieurement à l'expiration du délai de recours contentieux ; il est, dès lors, irrecevable ; en tout état de cause, il n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Créantor,
- les conclusions de Mme A,
- et les observations de Me Macé, représentant la requérante, et de Me Châles, représentant le centre hospitalier de Saint-James.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C B, recrutée le 15 août 2016 par le centre hospitalier de Saint-James en qualité de cadre de santé paramédical titulaire, a été affectée au service de soins de suite et de réadaptation de cet établissement. Le 4 février 2021, Mme B a déclaré avoir été victime d'un accident de service lié à une chute dans les escaliers de l'établissement. Elle a été placée en arrêt de travail, pour ce motif, du 4 février 2021 au 17 mai 2021 puis du 18 mai au 30 novembre 2021. Elle a demandé à son employeur de reconnaître l'imputabilité au service de cet accident. Par la décision attaquée du 16 mars 2023 se substituant à la décision initiale du 15 novembre 2021, le directeur du centre hospitalier de Saint-James a rejeté sa demande.
Sur la fin de non-recevoir opposée :
2. Après l'expiration du délai de recours contre un acte administratif, sont irrecevables, sauf s'ils sont d'ordre public, les moyens présentés par le requérant qui ne se rattachent pas à l'une ou l'autre des deux causes juridiques, tirées de la légalité externe de la décision attaquée et de la légalité interne de cette décision, invoquée dans la requête avant l'expiration de ce délai. Ce délai de recours doit être regardé comme commençant à courir soit à compter de la publication ou de la notification complète et régulière de l'acte attaqué soit, au plus tard, à compter, pour ce qui concerne un requérant donné, de l'introduction de son recours contentieux contre cet acte.
3. Contrairement à ce que fait valoir le centre hospitalier de Saint-James, le moyen tiré de l'erreur d'appréciation a été soulevé pour la première fois par Mme B dans sa requête introductive d'instance. Ce moyen est, par suite, recevable.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dans sa version applicable au litige : " () II. - Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. () ".
5. Constitue un accident de service, tout évènement, quelle qu'en soit la nature, survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il en est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci, sauf si des circonstances particulières ou une faute personnelle du fonctionnaire titulaire ou stagiaire détachent cet événement du service.
6. Il ressort des pièces du dossier que, le 4 février 2021, alors qu'elle était en service, Mme B a fait une chute dans les escaliers du service de soins de suite et de réadaptation de l'établissement. Si le centre hospitalier de Saint-James conteste la réalité matérielle de cet accident en faisant valoir qu'aucun témoin n'a assisté à la chute, Mme B produit deux attestations concordantes d'un médecin et d'un masseur-kinésithérapeute du centre hospitalier qui indiquent que dans les instants suivant l'accident, elle s'est rendue en salle de rééducation, le masseur-kinésithérapeute alors présent précisant qu'elle " venait de chuter dans l'escalier " et qu'il avait appelé le médecin présent dans l'établissement. Le médecin qui l'a examinée décrit l'état de Mme B en indiquant qu'elle a ressenti un malaise et des douleurs à l'épaule et au cou. Il indique également avoir encouragé Mme B à se rendre chez son médecin traitant pour une déclaration d'accident de travail. Ces attestations sont corroborées par le certificat médical établi le jour de l'accident par son médecin traitant qui a constaté un " choc crânien avec hématome " et une sensibilité au niveau du muscle postérieur de l'épaule. Alors même qu'aucun témoin n'a assisté à la chute de Mme B dans les escaliers du centre hospitalier, compte tenu des faits qui viennent d'être exposés, cet accident doit être regardé comme matériellement établi. La commission de réforme départementale a, en outre, émis, le 22 octobre 2021, un avis favorable pour l'imputabilité au service de l'accident. Ainsi, eu égard aux circonstances de temps et de lieu dans lesquelles celui-ci s'est produit et en l'absence d'un fait de nature à détacher cet accident du service, l'accident dont a été victime Mme B le 4 février 2021 revêt le caractère d'un accident de service. Dans conditions, le centre hospitalier de Saint-James a commis une erreur d'appréciation en ne reconnaissant pas l'imputabilité au service de l'accident dont la requérante a été victime le 4 février 2021.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur le moyen tiré du défaut de motivation de la décision attaquée, que Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du 16 mars 2023 par laquelle le centre hospitalier de Saint-James a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident survenu le 4 février 2021.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. L'annulation de la décision du 16 mars 2023 implique nécessairement que le centre hospitalier de Saint-James reconnaisse l'imputabilité au service de l'accident du 4 février 2021, avec toutes les conséquences de droit s'agissant notamment de son traitement, de ses cotisations retraites et de ses congés. Un délai de deux mois à compter de la notification du jugement lui est imparti pour y procéder. Il n'y a pas lieu, en revanche, d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de Saint-James la somme de 1 500 euros à verser à la requérante au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme B, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, la somme que le centre hospitalier de Saint-James demande au titre des frais non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 16 mars 2023 du directeur du centre hospitalier de Saint-James est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au centre hospitalier de Saint-James de procéder à la reconnaissance de l'imputabilité au service de l'accident du 4 février 2021 de Mme B, avec toutes les conséquences de droit s'agissant notamment de son traitement, de ses cotisations retraites et de ses congés et ce, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le centre hospitalier de Saint-James versera à Mme B la somme de 1 500 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et au centre hospitalier de Saint-James.
Délibéré après l'audience du 6 février 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Rouland-Boyer, présidente,
- Mme Sénécal, première conseillère,
- Mme Créantor, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2024.
La rapporteure,
Signé
V. CREANTOR
La présidente,
Signé
H. ROULAND-BOYER La greffière,
Signé
E. BLOYET
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. BLOYET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026