vendredi 23 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2200094 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET LEHOUX & CONDAMINE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 14 janvier 2022 et 21 décembre 2022, Mme E D, représentée par Me Macé, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 20 octobre 2022, se substituant à la décision initiale du 15 novembre 2021, par laquelle le directeur du centre hospitalier de Saint-James a refusé de reconnaître l'imputabilité au service l'accident survenu le 18 mai 2021 ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Saint-James de reconnaître l'accident du 18 mai 2021 comme imputable au service, au besoin sous astreinte, et reconstituer ses droits ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Saint-James la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les entiers dépens ;
Elle soutient que :
- la décision du 20 octobre 2022 a été signée par une autorité incompétente ; en outre, rien ne permet de s'assurer que la signature apposée est celle de son auteur, aucune lettre n'étant visible ;
- l'événement du 18 mai 2021 est imputable au service.
Par des mémoires, enregistrés les 19 octobre 2022 et 6 janvier 2023, le centre hospitalier de Saint-James, représenté par la SARL Juriadis, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme D une somme de 2 500 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête doit être regardée comme dirigée contre la décision du 20 octobre 2022, intervenue en cours d'instance et qui se substitue à la décision initiale du 15 novembre 2021 ;
- la requête dirigée contre la décision du 15 novembre 2021 étant dépourvue de moyen de légalité interne, la requérante ne peut plus soulever de moyen de légalité interne à l'expiration du délai de recours contentieux ; le moyen tiré de l'erreur d'appréciation est, dès lors, irrecevable ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Créantor,
- les conclusions de Mme A,
- et les observations de Me Macé, représentant la requérante, et de Me Châles, représentant le centre hospitalier de Saint-James.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E D, recrutée le 15 août 2016 par le centre hospitalier de Saint-James en qualité de cadre de santé paramédical titulaire, a été affectée au service de soins de suite et de réadaptation de cet établissement. A l'issue d'un entretien qui s'est tenu le 18 mai 2021, le directeur de l'établissement l'a suspendue, à compter du 18 mai 2021, de ses fonctions à titre conservatoire par une décision du même jour puis, par un arrêté du 15 juin suivant, a retiré cette décision, Mme D ayant été placée en arrêt maladie à compter du 18 mai 2021. Le 3 juin 2021, Mme D a déclaré avoir été victime d'un accident de service, lors de l'entretien du 18 mai 2021. Par la décision attaquée du 20 octobre 2022 se substituant à la décision initiale du 15 novembre 2021, le directeur du centre hospitalier de Saint-James a décidé de ne pas reconnaître l'imputabilité au service de l'accident du 18 mai 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation et d'injonction :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ".
3. Il ressort des pièces du dossier que la décision attaquée a été signée par M. B C, directeur délégué du centre hospitalier de Saint-James. Par une décision du 25 octobre 2021, le directeur du centre hospitalier de Saint-James a régulièrement délégué sa signature à M. C notamment pour signer les décisions nécessaires à la gestion des ressources humaines, à l'exception de certaines décisions de sanctions. Par ailleurs, contrairement à ce que soutient Mme D, la décision attaquée du 20 octobre 2022 mentionne clairement le prénom et le nom de son auteur et précise sa qualité de directeur délégué. Ces éléments permettent à eux-seuls de déterminer l'identité du signataire. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence du signataire et de l'auteur de la décision attaquée et de la méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration doivent être écartés.
4. En second lieu, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dans sa version applicable au litige : " () II. - Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. () ".
5. Constitue un accident de service, tout évènement, quelle qu'en soit la nature, survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il en est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci, sauf si des circonstances particulières ou une faute personnelle du fonctionnaire titulaire ou stagiaire détachent cet événement du service. Sauf à ce qu'il soit établi qu'il aurait donné lieu à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, lequel peut conduire le supérieur hiérarchique à adresser aux agents des recommandations, remarques, reproches ou à prendre à leur encontre des mesures disciplinaires, un entretien, notamment d'évaluation, entre un agent et son supérieur hiérarchique, ne saurait être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service, quels que soient les effets qu'il a pu produire sur l'agent.
6. Il ressort des pièces du dossier, que le 18 mai 2021, Mme D a été reçue pour un entretien par le directeur délégué de l'établissement, la cadre supérieure de santé et la responsable des ressources humaines afin d'évoquer une proposition de rupture conventionnelle. A l'issue de cet entretien, Mme D s'est vue remettre en mains propres une décision de suspension de fonctions à titre conservatoire en raison d'un comportement inadapté. Mme D, a été placée dès le même jour en arrêt maladie et elle s'est vu prescrire des arrêts de travail successifs jusqu'au 31 mars 2022. Le 3 juin 2021, Mme D a sollicité la prise en compte de son arrêt de travail au titre d'un accident de service, au motif qu'elle avait développé un syndrome dépressif réactionnel faisant suite à l'entretien du 18 mai 2021. A l'appui de sa demande, Mme D se prévaut des termes de l'arrêt de travail prescrit par son médecin traitant le 3 juin 2021 qui fait état d'un " traumatisme psychologique " lequel aurait provoqué un syndrome dépressif réactionnel et qui se prononce sur la matérialité des faits qui en seraient à l'origine. Il ressort des pièces du dossier que la décision de suspension prise à titre conservatoire, et annoncée au cours de l'entretien en cause, est intervenue après que sa hiérarchie l'a alertée, le 18 mai 2020, de signalements provenant de plusieurs agents placés sous sa hiérarchie et de la cadre coordinatrice, faisant état d'une ambiance pesante et d'une attitude agressive de sa part envers les agents et d'un sentiment de favoritisme à l'égard de certaines personnes. En outre, lors d'un entretien qui s'est tenu le 19 janvier 2021, soit trois mois avant l'entretien du 18 mai 2021, sa hiérarchie lui a indiqué qu'elle ne donnait pas satisfaction et que la situation ne pouvait perdurer. Les reproches qui ont été adressés à Mme D et qui ont donné lieu à la décision de suspension de ses fonctions, laquelle ne revêt pas le caractère d'une sanction disciplinaire, n'apparaissent pas infondés et la circonstance que Mme D les a ressentis comme un traumatisme psychologique n'est pas de nature à caractériser un comportement ou des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Mme D ne saurait davantage faire valoir que l'entretien du 18 mai 2021 est intervenu dans un contexte de pression hiérarchique exercée dans le but de l'amener à accepter une rupture conventionnelle, à laquelle elle n'était pas tenue de consentir, position qu'elle a au demeurant adoptée, en refusant la proposition par un courrier du 21 mai 2021. Enfin, la circonstance que Mme D a été obligée de rendre les clés de l'établissement en sa possession et son ordinateur professionnel et aurait été accompagnée à sa voiture par la responsable des ressources humaines et la cadre supérieure de santé en présence de ses collègues ne suffit pas davantage à établir que l'entretien du 18 mai 2021 aurait donné lieu à un comportement ou à des propos de sa hiérarchie excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Dans ces conditions, et quand bien même la commission de réforme avait émis un avis favorable à la demande de l'intéressée, cet entretien ne peut être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service. Par suite, le directeur délégué du centre hospitalier de Saint-James n'a pas commis d'erreur d'appréciation en refusant de reconnaître l'imputabilité au service de l'accident déclaré par Mme D.
7. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 20 octobre 2022 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Saint-James a refusé de reconnaître l'imputabilité au service l'accident survenu le 18 mai 2021. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du centre hospitalier de Saint-James, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, la somme que la requérante demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme D une somme de 800 euros à verser au centre hospitalier de Saint-James au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.
Article 2 : Mme D versera au centre hospitalier de Saint-James une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E D et au centre hospitalier de Saint-James.
Délibéré après l'audience du 6 février 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Rouland-Boyer, présidente,
- Mme Sénécal, première conseillère,
- Mme Créantor, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 février 2024.
La rapporteure,
Signé
V. CREANTOR
La présidente,
Signé
H. ROULAND-BOYER La greffière,
Signé
E. BLOYET
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. BLOYET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026