lundi 13 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2200113 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | AGOSTINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés le 18 janvier 2022, le 29 avril 2022 et le 13 mai 2022, Mme B A, représentée par Me Chappe, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2021 par lequel le maire de Courtomer lui a délivré un certificat d'urbanisme négatif pour la construction d'un bâtiment de rangement en bois sur un terrain situé au Bourg Ouest ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Courtomer la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'emplacement réservé n'est pas identifié dans la partie écrite du règlement du plan local d'urbanisme, et il ne pouvait donc pas fonder le certificat d'urbanisme négatif ;
- le plan local d'urbanisme ne comporte aucune justification de la nécessité des voies pour la réalisation desquelles l'emplacement réservé a été institué ;
- l'absence de réalisation des voies projetées en dépit du caractère ancien de cet emplacement réservé démontre son inutilité ;
- la réalisation de ces voies aura pour conséquence d'enclaver les parcelles situées à l'opposé de la voie publique.
Par des mémoires enregistrés le 10 février 2022, le 6 mai 2022 et le 20 mai 2022, la commune de Courtomer, représentée par Me Agostini, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 2015-1783 du 28 décembre 2015 relatif à la partie réglementaire du livre Ier du code de l'urbanisme et à la modernisation du contenu du plan local d'urbanisme ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C,
- les conclusions de M. Blondel, rapporteur public,
- et les observations de Me Brillier-Laverdure, représentant la commune de Courtomer.
Considérant ce qui suit :
1. Le 7 octobre 2021, Mme B A a déposé auprès des services de la commune de Courtomer une demande de certificat d'urbanisme opérationnel en vue de la construction d'un bâtiment de 49 m² sur les parcelles cadastrées AC 0049, AC 0050 et AC 0051, au lieu-dit Le Bourg Ouest. Le maire de Courtomer lui a délivré un certificat d'urbanisme négatif par un arrêté du 22 novembre 2021 dont, par sa requête, Mme A demande l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 151-4 du code de l'urbanisme : " Le rapport de présentation explique les choix retenus pour établir le projet d'aménagement et de développement durables, les orientations d'aménagement et de programmation et le règlement () ". Aux termes de l'article L. 151-8 du code de l'urbanisme : " Le règlement fixe, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, les règles générales et les servitudes d'utilisation des sols permettant d'atteindre les objectifs mentionnés aux articles L. 101-1 à L. 101-3 ". Aux termes de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués : / 1° Des emplacements réservés aux voies et ouvrages publics dont il précise la localisation et les caractéristiques () ". Aux termes de l'article R. 123-9 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige, conformément au point VI de l'article 12 du décret n° 2015-1783 du 28 décembre 2015 : " Le règlement peut comprendre tout ou partie des règles suivantes : / 1° Les occupations et utilisations du sol interdites ; / 2° Les occupations et utilisations du sol soumises à des conditions particulières () ". Aux termes de l'article R. 123-11 du même code : " () Les documents graphiques font, en outre, apparaître s'il y a lieu : () / d) Les emplacements réservés aux voies et ouvrages publics, aux installations d'intérêt général et aux espaces verts, en précisant leur destination et les collectivités, services et organismes publics bénéficiaires () ".
3. Il résulte de ces dispositions que les servitudes relatives à l'utilisation du sol ne peuvent être prescrites que par les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme et que les représentations graphiques du plan local d'urbanisme qui accompagnent ces dispositions ne peuvent, par elles-mêmes, créer de telles prescriptions. En outre, si les indications contenues dans le rapport de présentation d'un plan local d'urbanisme peuvent être prises en considération par le juge pour interpréter les dispositions du règlement, lorsque cette interprétation ne ressort pas clairement de la seule lecture du texte de ces dispositions, elles ne sont pas, par elles-mêmes, opposables pour la délivrance d'une autorisation d'urbanisme ou d'un certificat d'urbanisme.
4. Il y a lieu d'interpréter le principe énoncé au point 3 à la lecture des dispositions des articles R. 151-10 et R. 151-11 du code de l'urbanisme, issus du décret n° 2015-1783 du 28 décembre 2015, qui prévoient désormais que le règlement est composé d'une partie écrite et d'une partie graphique opposables au titre de l'obligation de conformité définie par l'article L. 152-1 du même code, en dépit du maintien en vigueur, conformément au point VI de l'article 12 du décret n° 2015-1783 du 28 décembre 2015, des dispositions des articles R. 123-1 à R. 123-14 du code de l'urbanisme dans leur rédaction en vigueur au 31 décembre 2015, aux plans locaux d'urbanisme dont l'élaboration a été engagée avant le 1er janvier 2016, comme c'est le cas en l'espèce, lorsqu'il résulte des dispositions claires et précises du document graphique que les auteurs du document local d'urbanisme ont entendu leur conférer un caractère prescriptif, même en l'absence de reprise de celles-ci dans le règlement.
5. Il ressort des pièces du dossier que le document graphique du plan local d'urbanisme de Courtomer, approuvé le 4 avril 2013, fait apparaître sur une partie de la parcelle AC 0051 un emplacement réservé identifié par le numéro 2, lequel correspond, selon la mention du tableau dressant la liste des emplacements réservés sur ce même document, à un accès voirie et piétons au bénéfice de la commune de Courtomer pour une superficie de 1 352 m² et une largeur de 22 mètres. Ces indications sont reprises dans le rapport de présentation du document local d'urbanisme, qui en précise les finalités. Dans les circonstances particulières de l'espèce, la seule circonstance que le règlement du plan local d'urbanisme ne comprend pas de mention se rapportant à cet emplacement réservé ne saurait à elle-seule suffire à rendre celui-ci inopposable dans le cadre de la délivrance d'un certificat d'urbanisme, alors qu'il résulte de la définition très précise des caractéristiques, de la localisation et du bénéficiaire de l'emplacement réservé qui en est donnée dans le document graphique, complété par le rapport de présentation, que les auteurs du plan local d'urbanisme ont entendu conférer à cet emplacement réservé un caractère prescriptif. Il en résulte que le maire de Courtomer était bien-fondé à délivrer, pour ce motif, le certificat d'urbanisme négatif en litige. Le moyen doit, par suite, être écarté.
6. En deuxième lieu, il ressort du rapport de présentation du plan local d'urbanisme que l'institution de l'emplacement réservé sur la parcelle AC 0051 s'inscrit dans le cadre de la mise en œuvre d'une politique de déplacement au sein de la commune de Courtomer, visant à faciliter les liaisons entre le bourg, les différents quartiers et l'accès aux équipements structurants ainsi que, sur le long terme, à éviter la fermeture des espaces situés à l'arrière des fronts bâtis et à assurer la desserte de ces derniers. Ces motifs constituent une justification suffisante de l'institution de l'emplacement réservé sur la parcelle AC 0051, alors au demeurant qu'il ressort des pièces du dossier que la réalisation de cette voie permettra de désenclaver un certain nombre de parcelles, dont celles appartenant à la requérante, qui ne sont pas desservies par la rue du 15 août 1944. Par suite, le moyen tiré par voie d'exception de l'illégalité du plan local d'urbanisme en tant que celui-ci ne justifie pas de la nécessité de réaliser les voies pour lesquelles l'emplacement réservé a été institué manque en fait.
7. En troisième lieu, contrairement à ce que fait valoir Mme A, la seule circonstance que l'accès voirie et piéton n'a pas encore été réalisé, en dépit de la relative ancienneté de l'institution de l'emplacement réservé, n'est pas de nature à elle-seule à remettre en cause la légalité de celui-ci ni, par suite, de celle de l'arrêté en litige.
8. En quatrième lieu, contrairement à ce que soutient la requérante, il ne ressort pas des pièces du dossier que la réalisation de l'accès voirie et piéton projeté aura pour conséquence d'enclaver certaines parcelles, alors qu'il ressort des développements énoncés au point 6 que l'institution de cet emplacement réservé vise au contraire à éviter la fermeture des espaces situés à l'arrière des fronts bâtis. Le moyen doit, par suite, être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 22 novembre 2021 par lequel le maire de Courtomer lui a délivré un certificat d'urbanisme négatif pour la construction d'un bâtiment sur les parcelles cadastrées AC 0049, AC 0050 et AC 0051.
Sur les frais du litige :
10. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A le versement à la commune de Courtomer d'une somme de 1 500 euros au titre des frais du litige.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera une somme de 1 500 euros à la commune de Courtomer au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A et à la commune de Courtomer.
Délibéré après l'audience du 15 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Mondésert, président,
M. Berrivin, premier conseiller,
Mme Silvani, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 mars 2023.
La rapporteure,
Signé
C. C
Le président,
Signé
X. MONDESERT
La greffière,
Signé
A. LAPERSONNE
La République mande et ordonne au préfet de l'Orne en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
A. Lapersonne
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026