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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2200221

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2200221

vendredi 1 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2200221
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantCAVELIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 27 janvier 2022 et le 1er juin 2023, M. C A, représenté par Me Cavelier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 15 novembre 2021 du chef d'établissement de l'ensemble scolaire Jeanne d'Arc d'Argentan par laquelle il a refusé de saisir la rectrice de l'académie de Normandie d'une demande de prendre en charge les " heures de laboratoire " et les heures supplémentaires indispensables au fonctionnement du laboratoire ;

2°) d'enjoindre au chef d'établissement de l'ensemble scolaire Jeanne d'Arc d'Argentan de saisir la rectrice de l'académie de Normandie de cette demande ;

3°) de mettre à la charge de l'ensemble scolaire Jeanne d'Arc d'Argentan une somme de 1 700 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que le refus opposé par le chef d'établissement méconnait les dispositions des articles L. 914-1 et R. 914-85 du code de l'éducation dès lors qu'il a bénéficié jusqu'en 2019 d'une décharge horaire pour compenser une surcharge de travail liée aux tâches effectuées au sein du laboratoire, qu'il a droit au règlement des " heures de laboratoire " ou " heures de vaisselle " et que le versement des heures supplémentaires est subordonné à l'autorisation de l'autorité académique.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 mai 2023, la rectrice de l'Académie de Normandie, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir à titre principal que la requête n'est pas recevable dès lors que l'acte contesté n'est pas susceptible de recours et, subsidiairement, que le moyen exposé dans la requête n'est pas fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le décret n° 2014-940 du 20 août 2014 relatif aux obligations de service et aux missions des personnels enseignants exerçant dans un établissement public d'enseignement du second degré ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Pillais ;

- les conclusions de M. B ;

- et les observations de Me Cavelier, avocat de M. A.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, qui enseigne les sciences physiques et la chimie au sein de l'ensemble scolaire Jeanne d'Arc à Argentan, a, par courrier du 3 novembre 2021, sollicité son chef d'établissement afin qu'il demande " à Madame la rectrice de Caen de prendre en charge les " heures de laboratoire " et les heures supplémentaires indispensables au fonctionnement du laboratoire ". Par courrier du 15 novembre 2021, le chef d'établissement a opposé un refus à la demande de saisir la rectrice, par la présente requête M. A demande l'annulation de cette décision de refus.

2. Selon l'article L. 442-5 du code de l'éducation, les enseignants des établissements privés d'enseignement sous contrat sont soit des maitres de l'enseignement public, soit des maitres liés à l'Etat par contrat, employés et rémunérés par l'Etat, et ne sont pas liés par un contrat de travail avec l'établissement privé au sein duquel ils dispensent leurs enseignements. L'article L. 914-1 du code de l'éducation pose un principe de parité entre la situation des maitres titulaires de l'enseignement public et celles des maitres des établissements de l'enseignement privé sous contrat avec l'Etat pour les conditions de service et de cessation d'activité ainsi que les mesures sociales et les possibilités de formation dont ils bénéficient. Aux termes de l'article R. 914-85 du même code : " Les heures supplémentaires assurées sur autorisation de l'autorité académique pour les enseignements compris dans les programmes de l'enseignement public sont payées au taux en vigueur pour le personnel correspondant de l'enseignement public dans les mêmes conditions que la rémunération principale () ". Aux termes de l'article 9 du décret du 10 août 2014 : " Dans les collèges où il n'y a pas de personnels techniques exerçant dans les laboratoires, les maxima de service des enseignants qui assurent au moins huit heures d'enseignement en sciences de la vie et de la Terre ou en sciences physiques sont réduits d'une heure ".

3. M. A soutient qu'il peut se prévaloir d'une heure de décharge par semaine en application des dispositions règlementaires ouvrant droit à la réduction d'une heure du maximum de service pour les professeurs de physique-chimie, et qu'en effectuant l'intégralité de son service d'enseignement, sans bénéficier de cette décharge, il réalise une heure de travail par semaine qui doit être assimilée à une heure supplémentaire, qui doit lui être rémunérée dès lors qu'elle lui a été demandée par le chef d'établissement, et qui doit donner lieu à autorisation de l'autorité académique. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A remplierait les conditions de mise en œuvre de l'article 9 du décret du 10 août 2014 précité, dès lors qu'il est professeur en lycée et ne dispense que deux heures par semaine d'enseignement de physique-chimie, ni qu'il effectuerait des heures supplémentaires. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions précitées doivent être écartés.

4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner leur recevabilité, que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 15 novembre 2021 doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse et à la rectrice de l'académie de Normandie .

Copie en sera communiquée pour information au chef d'établissement de l'ensemble scolaire Jeanne d'Arc d'Argentan.

Délibéré après l'audience du 16 novembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Marchand, président,

Mme Pillais, première conseillère,

Mme Silvani, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er décembre 2023.

La rapporteure,

Signé

M. PILLAIS

Le président,

Signé

A. MARCHANDLe greffier,

Signé

J. LOUNIS

La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale et de la jeunesse en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

J. Lounis

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