vendredi 24 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2200369 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CAVELIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 11 février 2022 et le 2 mai 2024, Mme A B, représentée par Me Bouthors-Neveu, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 août 2021 par lequel le maire de la commune de Bernières-sur-Mer l'a réintégrée dans ses fonctions à la date du 6 mai 2018 sans la titulariser, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) d'annuler l'arrêté du 15 octobre 2021 par lequel le maire de la commune de Bernières-sur-Mer a abrogé l'arrêté du 23 août 2021 et l'a réintégrée dans ses fonctions à compter du 30 août 2021, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;
3°) d'annuler l'arrêté du 15 octobre 2021 par lequel le maire de la commune de Bernières-sur-Mer l'a titularisée dans le grade d'agent spécialisé des écoles maternelles principal de 2ème classe à compter du 1er octobre 2021, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;
4°) d'enjoindre au maire de la commune de Bernières-sur-Mer de la titulariser à la date du 6 mai 2018 avec reconstitution de carrière à compter de cette date, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
5°) de mettre à la charge de la commune de Bernières-sur-Mer une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions sont entachées d'un défaut de motivation ;
- les arrêtés sont entachés d'une erreur de droit, dès lors que la réintégration et la titularisation de Mme B devaient intervenir à la date du 6 mai 2018 ;
- sa reconstitution de carrière devait intervenir à compter du 6 mai 2018.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 août 2022, le maire de la commune de Bernières-sur-Mer, représenté par Me Cavelier, conclut au rejet de la requête de Mme B et demande à ce que soit mise à sa charge la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors qu'elle porte sur trois décisions ;
- les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 92-850 du 28 août 1992 portant statut particulier du cadre d'emploi des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles ;
- le décret n° 92-1194 du 4 novembre 1992 fixant les dispositions communes applicables aux fonctionnaires stagiaires de la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Groch,
- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public,
- les observations de Me Bouthors-Neveu, représentant Mme B,
- les observations de Me Cavelier, représentant la commune de Bernières-sur-Mer.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B a été nommée en qualité d'agent territorial spécialisé des écoles maternelles (ATSEM) stagiaire au sein de l'école maternelle de Bernières-sur-Mer à compter du 26 août 2016. Par un arrêté du 17 novembre 2017, le maire de la commune de Bernières-sur-Mer a prolongé son stage, dont le terme a été repoussé au 5 mai 2018. Il a pris le 13 avril 2018 un arrêté refusant de titulariser la requérante et la radiant des effectifs au 6 mai 2018. Par un arrêt de la cour administrative d'appel de Nantes du 15 juin 2021, la décision portant refus de titularisation de Mme B en qualité d'ATSEM a été annulée et le maire a été enjoint de statuer à nouveau sur sa titularisation éventuelle. Par un arrêté du 23 août 2021, le maire l'a réintégrée dans ses fonctions à la date du 6 mai 2018 sans la titulariser, puis a abrogé cet arrêté par l'arrêté du 15 octobre 2021 fixant la date de sa réintégration au 30 août 2021. Il a pris le 15 octobre 2021 un second arrêté la titularisant au 1er octobre 2021. Mme B a formé un recours gracieux contre ces trois arrêtés, qui a été rejeté le 20 décembre 2021. Par la présente requête, elle demande au tribunal d'annuler la décision de rejet de son recours gracieux et les trois arrêtés des 23 août 2021 et 15 octobre 2021 en tant qu'ils ne prononcent pas sa titularisation et la reconstitution de sa carrière à compter du 6 mai 2018.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. Les conclusions d'une requête unique tendant à ce que soient annulées plusieurs décisions sont recevables dans leur totalité si elles présentent entre elles un lien suffisant. La demande présentée par Mme B est dirigée contre trois décisions du maire de la commune de Bernières-sur-Mer relatives à la date de sa réintégration juridique dans les effectifs de la commune et à la date de sa titularisation, qui présentent entre elles un lien suffisant. La fin de non-recevoir doit dès lors être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes de l'article 1er du décret du 28 août 1992 portant statut particulier du cadre d'emplois des agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles : " Les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles constituent un cadre d'emplois social de catégorie C () /Ce cadre d'emplois comprend les grades d'agent spécialisé principal de 2e classe des écoles maternelles (). ". Aux termes de son article 4 : " Les candidats inscrits sur une liste d'aptitude au grade d'agent spécialisé principal de 2e classe des écoles maternelles et recrutés sur un emploi d'une collectivité ou d'un établissement public sont nommés stagiaires pour une durée d'un an par l'autorité territoriale investie du pouvoir de nomination ". Selon l'article 6 de ce décret : " La titularisation des stagiaires intervient à la fin du stage par décision de l'autorité territoriale au vu notamment d'une attestation de suivi de la formation d'intégration établie par le Centre national de la fonction publique territoriale. Lorsque la titularisation n'est pas prononcée, le stagiaire est soit licencié, s'il n'avait pas préalablement la qualité de fonctionnaire, soit réintégré dans son grade d'origine. / Toutefois, l'autorité territoriale peut, à titre exceptionnel, décider que la période de stage est prolongée d'une durée maximale d'un an. ".
4. En l'espèce, l'arrêt n° 20NT00237 du 15 juin 2021 de la cour administrative d'appel de Nantes a annulé le jugement du 29 novembre 2019 par lequel le tribunal administratif de Caen avait rejeté la demande d'annulation de l'arrêté du 13 avril 2018 du maire de la commune de Bernières-sur-Mer refusant la titularisation de Mme B en qualité d'ATSEM et la radiant des effectifs de la commune à la date du 6 mai 2018, et de la décision du maire de Bernières-sur-Mer portant refus de titularisation, et a enjoint à la commune de statuer sur sa titularisation.
En ce qui concerne la date de réintégration juridique :
5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que la requérante avait continué d'exercer ses fonctions en qualité d'ATSEM stagiaire jusqu'à l'expiration, le 5 mai 2018, de la période de prorogation de 8 mois et 9 jours de son stage d'un an débuté le 26 août 2016, avant d'être licenciée en fin de stage consécutivement au refus de titularisation le 6 mai 2018. Ainsi, l'annulation de la décision de refus de titularisation de Mme B a nécessairement provoqué la réintégration juridique de l'agent stagiaire sur son poste à la date de l'éviction, soit le 6 mai 2018, dans l'attente d'une décision sur une éventuelle titularisation. Dès lors que la date de réintégration juridique de l'intéressée aux fins de réexamen de ses droits à titularisation est le 6 mai 2018, l'arrêté du 15 octobre 2021 par lequel le maire de la commune de Bernières-sur-Mer a abrogé l'arrêté du 23 août 2021 et a réintégré Mme B dans ses fonctions à compter du 30 août 2021, est entaché d'une erreur de droit.
6. En second lieu, il ressort des termes de l'arrêté du 23 août 2021 qu'il fixe uniquement la date de réintégration de la requérante à la date du 6 mai 2018. En conséquence, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 15 octobre 2021 par lequel le maire de la commune de Bernières-sur-Mer a abrogé l'arrêté du 23 août 2021 et l'a réintégrée dans ses fonctions à compter du 30 août 2021.
En ce qui concerne la date de titularisation :
8. Lorsqu'un agent public est titularisé après son stage, cette titularisation, donc le reclassement de l'agent, prend nécessairement effet à la date de fin de stage, cette rétroactivité étant nécessaire à la régularisation de la situation de l'agent. Il est constant que la requérante a accompli la période de stage d'un an prorogé de 8 mois et 9 jours qui lui a été assignée. Il n'est pas contesté que la date de fin de stage est le 5 mai 2018. En conséquence, l'arrêté du 15 octobre 2021 fixant la date de titularisation en qualité d'ATSEM au 1er octobre 2021 et non à la date de fin de stage, est entaché d'une erreur de droit.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 15 octobre 2021 en tant qu'il fixe la date de sa titularisation au 1er octobre 2021.
109. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 15 octobre 2021 portant abrogation de l'arrêté du 23 août 2021 et réintégration juridique de Mme B à compter du 30 août 2021, et l'arrêté du 15 octobre 2021 en tant qu'il fixe la date de titularisation de Mme B en qualité d'ATSEM au 1er octobre 2021, doivent être annulés.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
11. Compte tenu de l'annulation de l'arrêté du 15 octobre 2021 portant abrogation de l'arrêté du 23 août 2021 et réintégration juridique de Mme B à compter du 30 août 2021, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la requérante tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de Bernières-sur-Mer, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de procéder à sa réintégration juridique à la date du 6 mai 2018.
12. En revanche, il y a lieu de faire droit aux conclusions de Mme B tendant à ce qu'il soit enjoint à la commune de Bernières-sur-Mer, sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, de fixer la date de sa titularisation en tant qu'ATSEM à la date de fin de stage, à savoir le 6 mai 2018. Il y a lieu de l'y enjoindre dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit nécessaire d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
13. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Bernières-sur-Mer une somme de 1 500 euros à verser à Mme B sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, en revanche, de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Bernières-sur-Mer sur le même fondement.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 15 octobre 2021 du maire de la commune de Bernières-sur-Mer portant abrogation de l'arrêté du 23 août 2021 et réintégration juridique de Mme B à compter du 30 août 2021, est annulé.
Article 2 : L'arrêté du 15 octobre 2021 du maire de la commune de Bernières-sur Mer portant titularisation de Mme B en qualité d'ATSEM est annulé en tant qu'il fixe la date de sa titularisation au 1er octobre 2021.
Article 3 : Il est enjoint à la commune de Bernières-sur-Mer de fixer la date de titularisation de Mme B au terme de son stage, à savoir le 6 mai 2018, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : La commune de Bernières-sur-Mer versera à Mme B une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Les conclusions de la commune de Bernières-sur-Mer présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié Mme A B et à la commune de Bernières-sur-Mer.
Délibéré après l'audience du 7 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Groch, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mai 2023.
La rapporteure,
Signé
N. GROCH
Le président,
Signé
F. CHEYLANLa greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026