vendredi 10 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2200716 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MINIER MAUGENDRE & ASSOCIEES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 25 mars 2022 et le 12 avril 2024, Mme E F, représentée par Me Taforel, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°)d'annuler les notations qui lui ont été attribuées par le directeur du centre hospitalier universitaire (CHU) de Caen au titre des années 2019 et 2020, ensemble la décision de cette même autorité en date du 15 septembre 2021 rejetant sa demande de révision de la notation pour l'année 2020 ;
2°)d'enjoindre au directeur de l'établissement de procéder à la révision de sa notation pour les années 2019 et 2020 ;
3°)de mettre à la charge du CHU de Caen une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision fixant la notation attribuée au titre de l'année 2019 est entachée d'un vice de forme dans la mesure où elle ne mentionne pas le prénom, ni le nom et la qualité de son signataire ;
- elle est entachée d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation, aucun élément ne justifiant l'abaissement de sa note chiffrée d'un point par rapport à l'année précédente ;
- la baisse de cette note, qui traduit la volonté du directeur de tenir compte de l'avertissement prononcé à son encontre le 14 août 2019, constitue une sanction disciplinaire déguisée ;
- en utilisant la procédure de notation dans le but de la sanctionner une seconde fois pour des faits ayant déjà donné lieu à un avertissement en 2019, l'administration a commis un détournement de pouvoir et de procédure ;
- la décision fixant la notation attribuée au titre de l'année 2020 a été prise par une autorité incompétente ;
- elle repose sur une erreur de droit, l'administration ayant appliqué des textes abrogés alors qu'il convenait de se référer à la nouvelle réglementation issue notamment du décret n° 2020-719 du 12 juin 2020 ;
- le choix de lui attribuer une note de 21,25 est entaché d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il ne tient pas suffisamment compte de l'évolution favorable de l'appréciation portée par sa supérieure hiérarchique sur la qualité de son travail par rapport à l'année précédente.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 novembre 2022, le centre hospitalier universitaire de Caen, représenté par la SELARL Minier-Maugendre et associées, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme F en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable, les recours formés contre les notations au titre des années 2019 et 2020 étant tardifs ;
- à titre subsidiaire, les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 2020-719 du 12 juin 2020 ;
- l'arrêté ministériel du 6 mai 1959 relatif à la notation du personnel des établissements d'hospitalisation, de soins et de cure publics ;
- l'arrêté du 23 novembre 2020 relatif au compte rendu type de l'entretien professionnel de certains agents relevant des corps et emplois de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martinez,
- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public,
- et les observations de Me Rajbenbach, représentant le CHU de Caen.
Mme F n'était ni présente ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E F, adjointe administrative hospitalière, est affectée à l'accueil du service des urgences du centre hospitalier universitaire (CHU) de Caen. Le 14 août 2019, elle s'est vue infliger un avertissement pour avoir tenu des propos inappropriés à l'égard d'un patient d'origine étrangère. Le directeur du centre hospitalier a procédé à sa notation au titre de l'année 2019 en la fixant à 21 sur 25, soit un abaissement d'un point par rapport à l'année précédente, et lui a attribué la note de 21,25 sur 25 au titre de l'année 2020. Par courrier du 30 avril 2021, Mme F a sollicité la révision de sa notation au titre de l'année 2020. À la suite de l'avis émis par la commission administrative paritaire locale, l'administration a, par courrier du 15 septembre 2021, informé Mme F du rejet de sa demande de révision. Par sa requête, Mme F demande l'annulation des notations fixées au titre des années 2019 et 2020, ainsi que de la décision du 15 septembre 2021 par laquelle l'administration a rejeté sa demande de révision de la note attribuée pour l'année 2020.
Sur les fins de non-recevoir tirées de la tardiveté de la requête :
2. Aux termes des dispositions du premier alinéa de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Aux termes des dispositions de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et les délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable. En règle générale et sauf circonstances particulières dont se prévaudrait le requérant, ce délai ne saurait, sous réserve de l'exercice de recours administratifs pour lesquels les textes prévoient des délais particuliers, excéder un an à compter de la date à laquelle une décision expresse lui a été notifiée ou de la date à laquelle il est établi qu'il en a eu connaissance.
En ce qui concerne la notation établie au titre de l'année 2019 :
4. Aux termes de l'article 17 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur : " Les notes et appréciations générales attribuées aux fonctionnaires et exprimant leur valeur professionnelle leur sont communiquées () ". Aux termes de l'article 2 de l'arrêté du 6 mai 1959 relatif à la notation du personnel des établissements d'hospitalisation, de soins et de cure publics, alors en vigueur : " () En vue de la notation de chaque agent, le chef de service ou supérieur hiérarchique et éventuellement le directeur économe sont appelés à fournir à l'autorité investie du pouvoir de nomination un avis écrit (). / La note chiffrée est égale au total des points attribués pour chacun desdits éléments. Elle est communiquée par écrit à l'agent intéressé () ". Le délai de recours contentieux court à compter de la date de notification à l'agent de sa notation définitive ou, s'il a sollicité la révision de sa notation, de la date de rejet de cette demande.
5. En l'espèce, si la fiche de notation primaire établie au titre de l'année 2019, comportant la note de 22 sur 25 ainsi que les appréciations littérales portées par sa supérieure hiérarchique, a été notifiée à Mme F le 9 octobre 2019, le CHU de Caen n'établit ni même n'allègue avoir communiqué à l'agente, conformément aux dispositions précitées, la fiche de notation définitive par laquelle le directeur de l'établissement a fixé à 21 sur 25 la note attribuée au titre de l'année 2019. L'établissement fait valoir que Mme F a eu connaissance de la note chiffrée attribuée au titre de l'année 2019 lorsque la notation pour l'année 2020 lui a été communiquée et en déduit qu'un délai raisonnable d'un an lui était imparti à compter de cette date pour former un recours contentieux à l'encontre de la notation attribuée au titre de l'année 2019. Toutefois, la seule circonstance que la fiche de notation 2020, notifiée à l'agente le 25 février 2021, contienne une rubrique rappelant les notes chiffrées obtenues au cours des cinq années précédentes ne suffit pas à établir que Mme F ait eu connaissance à cette date de la notation définitive attribuée au titre de l'année 2019. Il s'ensuit que la fin de non-recevoir opposée par le CHU de Caen ne peut qu'être écartée.
En ce qui concerne la notation établie au titre de l'année 2020 :
6. Aux termes des dispositions de l'article 65 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, alors en vigueur : " Le pouvoir de fixer les notes et appréciations générales exprimant la valeur professionnelle des fonctionnaires dans les conditions définies à l'article 17 du titre Ier du statut général est exercé par l'autorité investie du pouvoir de nomination, après avis du ou des supérieurs hiérarchiques directs. / Les commissions administratives paritaires ont connaissance des notes et appréciations ; à la demande de l'intéressé, elles peuvent en proposer la révision () ".
7. En l'espèce, à la suite de la notification le 25 février 2021 de la note fixée par l'établissement au titre de l'année 2020, Mme F a formé une demande de révision devant la commission administrative paritaire locale compétente, qui s'est réunie le 23 juin 2021. Par une décision du 15 septembre 2021, le directeur du CHU a maintenu la notation précédemment notifiée à l'agente.
8. Si Mme F reconnaît dans sa requête avoir consulté son dossier individuel le 25 janvier 2022 pour connaître les raisons de ce maintien, ce qui signifie qu'elle avait nécessairement connaissance de la décision du 15 septembre 2021 au plus tard à cette date, le centre hospitalier ne justifie pas de la date de notification de cette décision et ne produit aucun élément permettant d'établir que l'agente en ait eu connaissance à une date antérieure au 25 janvier 2022. Dans ces conditions, le recours en annulation introduit le 25 mars 2022 n'apparaît pas tardif. La fin de non-recevoir opposée en défense doit, par suite, être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la notation établie au titre de l'année 2019 :
9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci () ". Ces dispositions sont applicables aux relations entre l'administration et ses agents en vertu de l'article L. 100-1 du même code.
10. La fiche de notation définitive établie au titre de l'année 2019 comprend seulement, comme le soutient Mme F, une signature manuscrite et ne fait pas apparaître le prénom, le nom et la qualité du signataire de la décision. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'une précédente fiche de notation transmise à la requérante, établie au titre de l'année 2017, était revêtue de l'ensemble des mentions, lisibles, prévues par les dispositions de l'article L. 212-1 précité et que la signature manuscrite apposée était accompagnée d'un tampon mentionnant le nom, le prénom et la qualité du signataire, M. C A, directeur adjoint de l'établissement en charge des ressources humaines. La fiche de notation renseignée au titre de l'année 2019 comportant la même signature manuscrite que celle figurant sur celle de 2017, elle ne pouvait faire naître d'ambiguïté quant à l'identité de son signataire, alors même qu'elle ne comprenait pas les autres mentions requises. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 doit être écarté.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article 2 de l'arrêté du 6 mai 1959 relatif à la notation du personnel des établissements d'hospitalisation, de soins et de cure publics, alors en vigueur : " L'autorité ayant pouvoir de nomination attribue annuellement à chaque agent titulaire ou stagiaire et pour chacun des éléments de notation qui sont applicables à l'intéressé une note chiffrée établie selon un barème de 0 à 5 et correspondant aux qualifications suivantes : / Mauvais, 0 ; / Médiocre, 1 ; / Passable, 2 ; / Bon, 3 ; / Très bon, 4 ; / Exceptionnel, 5. (). / En vue de la notation de chaque agent, le chef de service ou supérieur hiérarchique () sont appelés à fournir à l'autorité investie du pouvoir de nomination un avis écrit sur la qualification de l'agent pour chacun des cinq éléments prévus à l'article 1er ci-dessus. / La note chiffrée est égale au total des points attribués pour chacun desdits éléments () ".
12. A l'effet de porter une appréciation sur la manière de servir d'un fonctionnaire, l'autorité investie du pouvoir de notation est en droit de prendre en compte un manquement à la discipline de la part de l'intéressé, indépendamment du point de savoir s'il a donné lieu à une sanction disciplinaire, à la condition que les faits auxquels ils se rattachent soient intervenus au cours de la période annuelle prise en considération par l'administration pour établir la notation en cause.
13. Mme F s'est vue attribuer au titre de l'année 2019 une note définitive de 21 sur 25, en diminution d'un point par rapport à celle de l'année précédente. Il ressort des pièces du dossier que l'administration a tenu compte de propos déplacés adressés par l'agente à un patient d'origine étrangère, qui ont conduit au prononcé d'un avertissement le 14 août 2019 pour manquement à l'obligation de neutralité. Il n'est pas contesté que les faits ayant donné lieu à cette sanction disciplinaire ont été commis pendant la période prise en compte par l'administration pour établir la notation de l'année 2019. Ainsi, l'autorité investie du pouvoir de notation, qui pouvait légalement prendre en compte ces faits pour apprécier la manière de servir de Mme F et établir sa notation au titre de cette même année, n'a, en abaissant d'un point sa note chiffrée par rapport à l'année précédente, entaché la notation pour l'année 2019 ni d'une erreur de fait ni d'une erreur manifeste d'appréciation.
14. En troisième lieu, une mesure revêt le caractère d'une sanction disciplinaire déguisée lorsque, tout à la fois, il en résulte une dégradation de la situation professionnelle de l'agent concerné et que la nature des faits qui ont justifié la mesure et l'intention poursuivie par l'administration révèlent une volonté de sanctionner cet agent.
15. En l'espèce, la notation retenue au titre de l'année 2019 traduit, ainsi qu'il a été indiqué, une appréciation de la manière de servir de Mme F dénuée d'erreur manifeste. Il n'est pas établi que l'abaissement d'un point de la note chiffrée aurait eu pour finalité, non pas de porter une appréciation sur sa manière de servir au cours de la période de référence, mais de la sanctionner. Le moyen tiré de ce que cette décision constituerait une sanction déguisée illégale ne peut ainsi qu'être écarté.
16. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux précédemment indiqués, le détournement de pouvoir et de procédure allégué ne sont pas établis.
17. Il résulte de tout ce qui précède que Mme F n'est pas fondée à demander l'annulation de sa notation définitive arrêtée au titre de l'année 2019.
En ce qui concerne la notation établie au titre de l'année 2020 :
18. En premier lieu, par une décision n° 2021-05 du 18 janvier 2021, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs du département du Calvados du 20 janvier 2021, le directeur général du centre hospitalier universitaire de Caen a délégué sa signature à M. B D, directeur adjoint en charge des ressources humaines, pour signer tous les actes, attestations, correspondances, conventions, documents et décisions se rapportant notamment " au déroulement des carrières des fonctionnaires, à leur affectation, aux positions statutaires, aux cessations de fonctions et à la notation ". Il en résulte que M. D était compétent pour signer la décision du 15 septembre 2021 rejetant la demande de révision de la notation attribuée à Mme F au titre de l'année 2020. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de cette décision manque en fait et doit être écarté.
19. En deuxième lieu, aux termes de l'article 65 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction issue de l'article 27 de la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 de transformation de la fonction publique : " L'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires se fonde sur un entretien professionnel annuel conduit par le supérieur hiérarchique direct ou l'autorité compétente déterminée par décret en Conseil d'Etat (). / Un décret en Conseil d'Etat fixe les modalités d'application du présent article ". Aux termes de l'article 18 du décret du 12 juin 2020 relatif aux conditions générales de l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires de la fonction publique hospitalière : " Les dispositions du présent décret entrent en vigueur le 1er janvier 2021 et s'appliquent aux entretiens professionnels conduits au titre de l'année 2020 ". Il résulte enfin de l'article 2 de l'arrêté du 23 novembre 2020 relatif au compte rendu type de l'entretien professionnel de certains agents relevant des corps et emplois de la fonction publique hospitalière que l'arrêté du 6 mai 1959 relatif à la notation du personnel des établissements d'hospitalisation, de soins et de cure publics a été abrogé à compter du 1er janvier 2021.
20. Il ressort des pièces du dossier que Mme F a été évaluée conformément aux dispositions relatives à la notation des agents titulaires de la fonction publique hospitalière, applicables jusqu'au 31 décembre 2020, et non en application des dispositions citées au point précédent. La requérante soutient que l'administration a commis une erreur de droit en se fondant sur l'arrêté du 6 mai 1959 relatif à la notation du personnel des établissements d'hospitalisation, de soins et de cure publics, et non sur la nouvelle réglementation issue notamment du décret du 12 juin 2020. Il est toutefois constant que l'entretien professionnel réalisé au titre de l'année 2020, sur lequel l'administration s'est fondée pour arrêter sa notation définitive, a été conduit le 21 octobre 2020, soit à une date antérieure à l'entrée en vigueur du décret du 12 juin 2020 et de l'arrêté du 23 novembre 2020 ci-dessus mentionnés. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'erreur de droit qu'aurait commise l'administration en appliquant les textes en vigueur jusqu'au 31 décembre 2020 ne peut qu'être écarté.
21. En troisième lieu, si la notation d'un fonctionnaire repose sur une appréciation de la valeur professionnelle au cours de l'année écoulée, cet examen inclut nécessairement une comparaison avec la période précédente afin de permettre à l'autorité de tenir compte d'une éventuelle évolution de la manière de servir de l'agent.
22. Mme F soutient que l'augmentation de 0,25 point de sa note pour 2020 par rapport à sa note pour 2019 ne reflète pas la qualité de son travail, telle que reconnue par l'évaluatrice. Il ressort des pièces du dossier que sa supérieure hiérarchique a, au titre de l'année 2020, évalué au niveau " très bon " deux items et au niveau " bon " trois items, alors que le niveau " bon " avait été retenu pour ces cinq items au titre de l'année 2019. Elle a également mentionné, au titre des appréciations générales, que Mme F est un agent disponible et volontaire en service, qui est force de proposition pour l'amélioration de son poste. Si l'agente conteste l'insuffisance de la note de 21,25, cette note traduit néanmoins une augmentation de 0,25 point par rapport à l'année précédente. La requérante ne se prévaut d'aucun élément circonstancié lié à sa manière de servir qui justifierait une hausse plus importante. Au regard de ces éléments, les moyens tirés de ce que la notation attribuée par le directeur du CHU de Caen au titre de l'année 2020 serait entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.
23. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de Mme F tendant à l'annulation de la notation qui lui a été attribuée par le directeur du CHU de Caen au titre de l'année 2020 et de la décision du 15 septembre 2021 refusant de faire droit à sa demande de révision de la notation pour l'année 2020, doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
24. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation, n'appelle aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que les conclusions aux fins d'injonction ne sauraient être accueillies.
Sur les frais liés à l'instance :
25. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge du CHU de Caen, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés par Mme F et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions du CHU de Caen présentées sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme F est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par le centre hospitalier universitaire de Caen sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme E F et au centre hospitalier universitaire de Caen.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Groch, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mai 2024.
Le rapporteur,
Signé
P. MARTINEZ
Le président,
Signé
F. CHEYLANLa greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
E. Bloyet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026