vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2200954 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SELARL CHEYSSON MARCHADIER & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 avril 2022 et le 15 juin 2022, l'Union régime obligatoire en prévention santé (UROPS), représentée par Me Simonnet, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler les titres de recettes n° 2018-66512 du 8 mars 2018, n° 2018-290381 du 4 juillet 2018, n° 2018-536924 du 8 novembre 2018, n° 2018-618798 du 20 décembre 2018 et n° 2019-707265 du 22 janvier 2019 émis par le centre hospitalier universitaire Caen Normandie pour le recouvrement de la somme totale de 591,55 euros ;
2°) d'annuler la décision implicite du centre hospitalier universitaire de Caen Normandie rejetant le recours gracieux du 22 janvier 2020 ;
3°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 591,55 euros mise à sa charge ;
4°) d'enjoindre au centre hospitalier universitaire de Caen Normandie de lui restituer la somme de 591,55 euros ;
5°) de mettre à la charge du centre hospitalier universitaire de Caen Normandie la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les titres de recettes attaqués sont entachés d'un vice de forme, dès lors qu'ils ne font pas apparaître les nom, prénom et qualité de leur auteur, en méconnaissance des articles L. 1617-5-4° du code général des collectivités territoriales et L. 111-2 du code des relations entre le public et l'administration ;
- en conséquence, ils sont entachés d'incompétence de leur auteur ;
- les créances sur lesquelles portent les cinq titres litigieux ne sont pas fondées dès lors qu'elles se rapportent à des frais de santé relevant du régime complémentaire de la couverture de santé des fonctionnaires et agents publics qu'elle a cessé d'assurer depuis le 1er janvier 2017 ;
- elle est fondée à demander l'annulation par voie de conséquence de l'acte de saisie administrative à tiers détenteur n°29473312632 émis pour le recouvrement de ces créances.
Par un mémoire, enregistré le 10 octobre 2022, le centre hospitalier universitaire de Caen Normandie conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de l'UROPS la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- une fin de non-recevoir tirée de l'incompétence de la juridiction administrative dès lors que la requête a pour objet une contestation relative au recouvrement de créances non fiscales ;
- un non-lieu partiel à statuer dès lors que les titres n° 2018-66512 d'un montant de 23,04 euros, n° 2018-536924 d'un montant de 14,04 euros, n°2018-618798 d'un montant de 15 euros et n° 2018-707265 d'un montant de 71,47 euros ont fait l'objet d'une annulation et d'un remboursement à MFP Services le 20 avril 2020 ;
- que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2022, le comptable public du centre hospitalier universitaire de Caen Normandie conclut à l'irrecevabilité des conclusions concernant la saisie administrative à tiers détenteur et à son incompétence pour défendre quant aux titres exécutoires.
Par un mémoire enregistré 2 novembre 2022, l'UROPS déclare se désister purement et simplement des conclusions tendant à l'annulation des titres de recette n° 2018-66512 d'un montant de 23,04 euros, n° 2018-536924 d'un montant de 14,04 euros, n°2018-618798 d'un montant de 15 euros et n° 2018-707265 d'un montant de 71,47 euros suite au remboursement par le centre hospitalier universitaire de Caen Normandie le 14 février 2022, et maintenir le surplus de ses conclusions.
Par courrier du 16 septembre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que les conclusions tendant à l'annulation du titre exécutoire n° 2018-290381, à la décharge de l'obligation de payer la somme correspondante de 468 euros et à fin d'injonction sont irrecevables pour tardiveté, dès lors que le recours juridictionnel contre ce titre a été exercé au-delà du délai d'un an à compter de la date à laquelle l'UROPS en a eu connaissance.
Des observations, enregistrées le 18 septembre 2024 et communiquées, ont été présentées par l'UROPS, en réponse à ce moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Groch,
- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. L'Union régime obligatoire en prévention santé (UROPS) est une union de mutuelles qui a succédé à la Mutualité fonction publique services (MFPS) et qui a assuré, jusqu'au 31 décembre 2016, la gestion des frais de santé du régime complémentaire de la couverture santé des fonctionnaires et agents publics et, jusqu'au 1er mars 2019, celle du régime obligatoire desdits fonctionnaires et agents publics. En 2019, elle a fait l'objet d'un avis de saisie administrative à tiers détenteur portant sur un montant de 591,55 euros, émis par le comptable public à destination de son établissement bancaire pour le recouvrement de cinq titres de recettes émis par le centre hospitalier universitaire (CHU) de Caen Normandie. L'UROPS a contesté cet avis de saisie administrative à tiers détenteur et les cinq titres exécutoires associés dans le cadre d'un recours administratif préalable adressé au comptable public par un courriel du 22 janvier 2020, resté sans réponse. Dans la présente instance, l'UROPS demande au tribunal administratif, dans le dernier état de ses écritures, d'annuler le titre exécutoire n° 2018-290381 émis par le CHU de Caen Normandie le 4 juillet 2018, de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme correspondante de 468 euros et d'enjoindre au CHU de lui restituer cette somme. L'UROPS demande en outre à la juridiction de donner acte du désistement de ses conclusions concernant les autres titres exécutoires.
Sur le désistement partiel :
2. Dans son mémoire du 2 novembre 2022, l'UROPS déclare renoncer aux conclusions initiales de sa requête aux fins d'annulation, décharge et injonction concernant les titres n° 2018-66512, n° 2018-536924, n° 2018-618798 et n° 2019-707265. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur la recevabilité du surplus de la requête :
3. D'une part, si l'UROPS déclare avoir envoyé au CHU un recours gracieux par courriel le 22 janvier 2020 sollicitant l'annulation des titres contestés, il ressort des pièces du dossier, et en particulier dudit courriel produit par la requérante et contestant à la fois le bien-fondé des cinq titres litigieux et demandant l'annulation de la saisie administrative à tiers détenteur, que le recours gracieux à l'encontre des cinq titres n'a pas été adressé au CHU de Caen Normandie, mais au comptable public du CHU de Caen Normandie. Par suite, les conclusions de la requérante tendant à l'annulation de la décision implicite du CHU de Caen rejetant son recours gracieux du 22 janvier 2020 sont irrecevables.
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 6145-9 du code de la santé publique : " I.- Les créances des établissements publics de santé sont recouvrées selon les modalités définies aux articles L. 1611-5 et L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales () ". Aux termes de l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales : " Les dispositions du présent article s'appliquent également aux établissements publics de santé. 1° En l'absence de contestation, le titre de recettes individuel ou collectif émis par la collectivité territoriale ou l'établissement public local permet l'exécution forcée d'office contre le débiteur. / () 2° L'action dont dispose le débiteur d'une créance assise et liquidée par une collectivité territoriale ou un établissement public local pour contester directement devant la juridiction compétente le bien-fondé de ladite créance se prescrit dans le délai de deux mois suivant la réception du titre exécutoire ou, à défaut, du premier acte procédant de ce titre ou de la notification d'un acte de poursuite. / () 7° Le recouvrement par les comptables publics compétents des titres rendus exécutoires dans les conditions prévues au présent article peut être assuré par voie d'opposition à tiers détenteur adressée aux personnes physiques ou morales qui détiennent des fonds pour le compte de redevables, qui ont une dette envers lui ou qui lui versent une rémunération. / () Les contestations relatives à l'opposition sont introduites et instruites dans les conditions fixées aux 1° et 2° du présent article ". Et aux termes de l'article R. 421-5 du code de justice administrative : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".
5. Le principe de sécurité juridique, qui implique que ne puissent être remises en cause sans condition de délai des situations consolidées par l'effet du temps, fait obstacle à ce que puisse être contestée indéfiniment une décision administrative individuelle qui a été notifiée à son destinataire, ou dont il est établi, à défaut d'une telle notification, que celui-ci a eu connaissance. En une telle hypothèse, si le non-respect de l'obligation d'informer l'intéressé sur les voies et délais de recours, ou l'absence de preuve qu'une telle information a bien été fournie, ne permet pas que lui soient opposés les délais de recours fixés par le code de justice administrative, le destinataire de la décision ne peut exercer de recours juridictionnel au-delà d'un délai raisonnable.
6. S'agissant des titres exécutoires, sauf circonstances particulières dont se prévaudrait son destinataire, le délai raisonnable ne saurait excéder un an à compter de la date à laquelle le titre, ou à défaut, le premier acte procédant de ce titre ou un acte de poursuite a été notifié au débiteur ou porté à sa connaissance.
7. En l'espèce, il ressort d'un courriel produit par l'UROPS que celle-ci a été informée par sa banque que le comptable public avait émis à son encontre un avis de saisie administrative à tiers détenteur n° 29473312632. Elle a sollicité le 19 novembre 2019 puis le 13 janvier 2020 auprès du comptable public du CHU de Caen Normandie la communication des titres exécutoires correspondants. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des écritures de la requérante, que le comptable public lui a notifié par courriel le 15 janvier 2020 la copie des cinq titres exécutoires pour un montant global de 591,55 euros, à savoir les titres n° 2018-66512 du 8 mars 2018, n° 2 018-290381 du 4 juillet 2018, n° 2018-536924 du 8 novembre 2018, n°2018-618798 du 20 décembre 2018 et n° 2019-707265 du 22 janvier 2019. Il s'ensuit que l'UROPS doit être regardée comme ayant eu notification au plus tard à cette date du titre exécutoire contesté. En l'absence d'indication des voies et délais de recours sur le titre produit à l'instance, le délai de recours contentieux mentionné à l'article L. 1617-5 du code général des collectivités territoriales ne peut être opposé à la société requérante. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'UROPS a introduit, le 22 avril 2022, un recours tendant à l'annulation des cinq titres litigieux, au nombre desquels figure le titre n° 2018-290381 du 4 juillet 2018. Dès lors qu'elle a eu connaissance de ce titre le 15 janvier 2020, et quand bien même une décision implicite de rejet serait née en l'absence de réponse au recours gracieux du 22 janvier 2020 invoqué par la requérante, les conclusions tendant à son annulation et à la décharge de la somme de 468 euros, qui n'ont été présentées que le 22 avril 2022 dans un mémoire produit dans l'instance, ont été formulées au-delà du délai raisonnable durant lequel le recours juridictionnel contre ce titre pouvait être exercé. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation du titre exécutoire n° 2018-290381 émis par le CHU de Caen Normandie le 4 juillet 2018, ainsi qu'à la décharge de l'obligation de payer la somme correspondante de 468 euros et à ce qu'il soit enjoint au CHU de Caen Normandie de lui restituer cette somme, sont tardives et partant, irrecevables.
8. Il résulte de ce qui précède que le surplus des conclusions de la requête de l'UROPS est irrecevable et doit, par suite, être rejeté.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge du CHU de Caen Normandie, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que l'UROPS demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement des conclusions présentées par l'Union régime obligatoire en prévention santé aux fins d'annulation, de décharge et d'injonction des titres n°2018-66512, n°2018-536924, n°2018-618798 et n°2019-707265.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de l'Union régime obligatoire en prévention santé est rejeté.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à l'Union régime obligatoire en prévention santé, au centre hospitalier universitaire de Caen Normandie et au comptable public du centre hospitalier de Caen Normandie.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Groch, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
La rapporteure,
Signé
N. GROCH
Le président,
Signé
F. CHEYLANLe greffier,
Signé
J. LOUNIS
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026