vendredi 10 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2200986 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | MAILLARD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 28 avril 2022, M. B C, représenté par Me Maillard, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 mars 2022 par laquelle la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Rennes a implicitement rejeté son recours administratif préalable obligatoire dirigé contre la sanction disciplinaire prononcée à son encontre le 22 février 2022, ensemble 1a décision disciplinaire du 22 février 2022 ;
2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 2 000 euros en réparation du préjudice moral subi du fait de son placement en quartier disciplinaire ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la composition de la commission de discipline était irrégulière dès lors que le président ne disposait pas de délégation pour présider la commission de discipline, que l'assesseur du corps d'encadrement n'a pas été régulièrement désigné et que cette désignation n'a pas été mise à disposition des détenus, qu'il n'est pas établi que le rédacteur du compte rendu d'incident et du rapport d'enquête n'est pas membre de la commission, ni qu'un des assesseurs était extérieur à l'administration ;
- le principe d'impartialité a été méconnu dès lors que l'auteur de la décision de poursuivre a présidé la commission de discipline ;
- les droits de la défense ont été méconnus dès lors qu'il n'a pas été fait droit à sa demande d'accès aux enregistrements de vidéosurveillance ;
- la décision de la commission de discipline est entachée de vices de forme en ce que les propos et observations ont été peu ou pas retranscrits, et le nom de son conseil est incorrect ;
- la décision de sanction est entachée d'erreur de fait et d'erreur manifeste d'appréciation ;
- il a droit à l'indemnisation du préjudice moral subi à hauteur de 2 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la demande indemnitaire est irrecevable à défaut de liaison du contentieux, et qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par courrier du 20 mars 2024, Me Maillard a informé le tribunal qu'il n'était plus le conseil du requérant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009 ;
- le décret n° 2006-441 du 14 avril 2006 ;
- l'arrêté du 13 mai 2013 portant autorisation unique de mise en œuvre de traitements de données à caractère personnel relatifs à la vidéoprotection au sein des locaux et des établissements de l'administration pénitentiaire ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Groch,
- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public.
Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. M. B C, écroué depuis le 9 juillet 2020, est incarcéré au centre de détention d'Argentan depuis le 13 juillet 2021. Par une décision disciplinaire en date du 22 février 2022, M. C a été sanctionné de quinze jours de cellule disciplinaire avec sursis probatoire pendant 180 jours. Par courrier en date du 23 février 2022 reçu le 25 février 2022, il a saisi la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Rennes d'un recours administratif préalable obligatoire tendant au retrait de la décision du 22 février 2022. Ce recours a été implicitement rejeté par une décision du 25 mars 2022. M. C demande l'annulation de ces deux décisions ainsi que la réparation du préjudice moral subi à hauteur de 2 000 euros.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 57-7-32 du code de procédure pénale : " La personne détenue qui entend contester la sanction prononcée à son encontre par la commission de discipline doit, dans le délai de quinze jours à compter du jour de la notification de la décision, la déférer au directeur interrégional des services pénitentiaires préalablement à tout recours contentieux. Le directeur interrégional dispose d'un délai d'un mois à compter de la réception du recours pour répondre par décision motivée. L'absence de réponse dans ce délai vaut décision de rejet ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'un détenu n'est recevable à déférer au juge administratif que la seule décision, expresse ou implicite, du directeur régional des services pénitentiaires qui arrête définitivement la position de l'administration et se substitue ainsi à la sanction initiale prononcée par le chef d'établissement. Il s'ensuit que, les vices propres à la décision initiale ayant nécessairement disparu avec cette dernière, le requérant ne saurait utilement s'en prévaloir. En revanche, cette substitution ne saurait faire obstacle à ce que soient invoquées, à l'appui d'un recours dirigé contre la décision du directeur régional, les éventuelles irrégularités de la procédure suivie devant la commission de discipline préalablement à la décision initiale.
4. D'une part, aux termes du premier alinéa de l'article R. 57-7-5 du code de procédure pénale, alors en vigueur : " Pour l'exercice de ses compétences en matière disciplinaire, le chef d'établissement peut déléguer sa signature à son adjoint, à un fonctionnaire appartenant à un corps de catégorie A ou à un membre du corps de commandement du personnel de surveillance placé sous son autorité ". Aux termes de l'article R. 57-7-6 du même code, alors en vigueur : " La commission de discipline comprend, outre le chef d'établissement ou son délégataire, président, deux membres assesseurs ". Aux termes de l'article R. 57-7-7 de ce code : " Les sanctions disciplinaires sont prononcées, en commission, par le président de la commission de discipline. Les membres assesseurs ont voix consultative ". Et aux termes de l'article 57-7-8 du même code, dans sa rédaction alors en vigueur : " Le président de la commission de discipline désigne les membres assesseurs. / Le premier assesseur est choisi parmi les membres du premier ou du deuxième grade du corps d'encadrement et d'application du personnel de surveillance de l'établissement. / Le second assesseur est choisi parmi des personnes extérieures à l'administration pénitentiaire qui manifestent un intérêt pour les questions relatives au fonctionnement des établissements pénitentiaires, habilitées à cette fin par le président du tribunal de grande instance territorialement compétent. La liste de ces personnes est tenue au greffe du tribunal de grande instance ". Selon l'article 57-7-12 de ce code : " Il est dressé par le chef d'établissement un tableau de roulement désignant pour une période déterminée les assesseurs extérieurs appelés à siéger à la commission de discipline ". Selon l'article 57-7-13 dudit code, alors en vigueur : " En cas de manquement à la discipline de nature à justifier une sanction disciplinaire, un compte rendu est établi dans les plus brefs délais par l'agent présent lors de l'incident ou informé de ce dernier. L'auteur de ce compte rendu ne peut siéger en commission de discipline ". Selon l'article 57-7-14 du même code, alors en vigueur : " A la suite de ce compte rendu d'incident, un rapport est établi par un membre du personnel de commandement du personnel de surveillance, un major pénitentiaire ou un premier surveillant et adressé au chef d'établissement. Ce rapport comporte tout élément d'information utile sur les circonstances des faits reprochés à la personne détenue et sur la personnalité de celle-ci. L'auteur de ce rapport ne peut siéger en commission de discipline (). ". Enfin, aux termes de l'article R. 57-6-9 du même code, alors en vigueur : " () / L'autorité compétente peut décider de ne pas communiquer à la personne détenue, à son avocat ou au mandataire agréé les informations ou documents en sa possession qui contiennent des éléments pouvant porter atteinte à la sécurité des personnes ou des établissements pénitentiaires ".
5. D'autre part, aux termes de l'article 1er du décret du 14 avril 2006 portant statut particulier des corps du personnel de surveillance de l'administration pénitentiaire : " Il est créé un corps d'encadrement et d'application du personnel de surveillance de l'administration pénitentiaire régi par le code général de la fonction publique () ". Aux termes de l'article 2 du même décret, dans sa rédaction alors en vigueur : " Le corps d'encadrement et d'application du personnel de surveillance de l'administration pénitentiaire comprend quatre grades : / 1° Un grade de surveillant () ".
6. En premier lieu, en application des dispositions de l'article R. 57-7-32 du code de procédure pénale, la décision de la directrice interrégionale des services pénitentiaires du 25 mars 2022 s'étant substituée à la décision initiale prise en commission de discipline le 22 février 2022, le moyen tiré de l'incompétence du président de la commission de discipline s'avère inopérant.
7. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment du rôle de la commission de discipline, partiellement anonymisé et produit en défense, que cette commission était présidée par M. A, assisté de deux assesseurs, le premier étant membre de l'administration pénitentiaire, et le second une personne extérieure à l'administration pénitentiaire. Les deux comptes rendus d'incidents du 22 janvier 2022 ont été signés par " L.S. ", surveillant, et le rapport d'enquête du 23 janvier 2022 par F. F., premier surveillant alors que le rôle de la commission de discipline du 22 février 2022 fait état de la présence de " M.D. " surveillant, en tant qu'assesseur pénitentiaire. La mention de ces initiales différentes permet de s'assurer que l'assesseur pénitentiaire présent lors de la commission de discipline n'est pas l'auteur des comptes rendus d'incidents et du rapport d'enquête. M. C, qui a assisté à la séance de la commission de discipline, ne conteste pas sérieusement l'identité de cet assesseur qui est membre du premier grade du corps d'encadrement et d'application du personnel de surveillance de l'établissement. Par ailleurs, aucune disposition, ni aucun principe n'imposait que la décision par laquelle le président de la commission de discipline désigne les assesseurs choisis parmi les membres du corps d'encadrement et d'application du personnel de surveillance de l'établissement, revête une forme particulière ou soit publiée ou portée à la connaissance des personnes détenues. Enfin, il ressort des pièces du dossier que M. P., assesseur extérieur, était mentionné dans la liste en date du 22 novembre 2018 des personnes extérieures à l'administration pénitentiaire habilitées par la présidente du tribunal de grande instance d'Argentan, liste produite en défense et disponible au greffe de ce tribunal. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'irrégularité de la composition de la commission de discipline doit être écarté dans toutes ses branches.
8. En troisième lieu, la circonstance que le chef d'établissement ou son délégataire apprécie, sur la base du rapport d'enquête rédigé à la suite du compte rendu d'incident et en application de l'article R. 57-7-15 du code de procédure pénale, l'opportunité de poursuivre la procédure disciplinaire puis prononce le cas échéant, en tant que président de la commission de discipline et en vertu de l'article R. 57-7-7 du même code, les sanctions disciplinaires retenues contre la personne détenue, ne méconnaît ni le principe de valeur constitutionnelle du respect des droits de la défense ni le principe général du droit d'impartialité, applicables en matière de procédures administratives disciplinaires.
9. En l'espèce, la circonstance invoquée que M. A, officier, qui est à l'origine des poursuites disciplinaires engagées contre M. C, ait présidé la commission de discipline du 22 février 2022 n'est pas de nature à vicier la procédure, eu égard à l'objet respectif de chacune de ces décisions. En l'absence de tout commencement de preuve, le requérant n'établit pas que le principe d'impartialité, qui interdit seulement à l'administration de donner à penser que les faits visés sont d'ores et déjà établis ou que leur caractère répréhensible au regard des règles à appliquer est d'ores et déjà reconnu, aurait été méconnu. Par suite, le moyen invoqué à ce titre doit être écarté.
7.
8.
9.
10. En quatrième lieu, aux termes de l'article 726 du code de procédure pénale : " Le régime disciplinaire des personnes détenues placées en détention provisoire ou exécutant une peine privative de liberté est déterminé par un décret en Conseil d'Etat. / Ce décret précise notamment : / () / 4° La procédure disciplinaire applicable, au cours de laquelle la personne peut être assistée par un avocat choisi ou commis d'office, en bénéficiant le cas échéant de l'aide de l'Etat pour l'intervention de cet avocat. Ce décret détermine les conditions dans lesquelles le dossier de la procédure disciplinaire est mis à sa disposition et celles dans lesquelles l'avocat, ou l'intéressé s'il n'est pas assisté d'un avocat, peut prendre connaissance de tout élément utile à l'exercice des droits de la défense, sous réserve d'un risque d'atteinte à la sécurité publique ou à celle des personnes / () ". L'article R. 57-7-16 du même code, dans sa rédaction alors applicable, dispose que : " I.- En cas d'engagement des poursuites disciplinaires, les faits reprochés ainsi que leur qualification juridique sont portés à la connaissance de la personne détenue. Le dossier de la procédure disciplinaire est mis à sa disposition / () / IV. - L'avocat, ou la personne détenue si elle n'est pas assistée d'un avocat, peut également demander à prendre connaissance de tout élément utile à l'exercice des droits de la défense existant, précisément désigné, dont l'administration pénitentiaire dispose dans l'exercice de sa mission et relatif aux faits visés par la procédure disciplinaire, sous réserve que sa consultation ne porte pas atteinte à la sécurité publique ou à celle des personnes. L'autorité compétente répond à la demande d'accès dans un délai maximal de sept jours ou, en tout état de cause, en temps utile pour permettre à la personne de préparer sa défense. Si l'administration pénitentiaire fait droit à la demande, l'élément est versé au dossier de la procédure. / La demande mentionnée à l'alinéa précédent peut porter sur les données de vidéoprotection, à condition que celles-ci n'aient pas été effacées, dans les conditions fixées par un arrêté du ministre de la justice, au moment de son enregistrement. L'administration pénitentiaire accomplit toute diligence raisonnable pour assurer la conservation des données avant leur effacement. / Par dérogation aux dispositions de l'alinéa précédent, l'administration répond à la demande d'accès dans un délai maximal de quarante-huit heures. / Les données de la vidéoprotection visionnées font l'objet d'une transcription dans un rapport versé au dossier de la procédure disciplinaire () ".
11. Les articles R. 57-7-5 et suivants du code de procédure pénale ont défini les différentes caractéristiques de la procédure disciplinaire applicable aux personnes détenues. Il résulte de ces dispositions que si la procédure disciplinaire visant un détenu a été engagée à partir notamment des enregistrements de vidéoprotection, ceux-ci font partie du dossier de cette procédure, lequel doit être mis à disposition de la personne détenue ou de son avocat. Dans le cas où la procédure n'a pas été engagée à partir de ces enregistrements ou en y faisant appel, il appartient à la personne détenue ou à son avocat, s'ils le jugent utiles au besoin de la défense et si ces enregistrements existent, de demander à y accéder. Un refus ne saurait être opposé à de telles demandes au motif de principe que le visionnage de ces enregistrements serait susceptible en toute circonstance de porter atteinte à la sécurité publique ou à celle des personnes.
12. Par ailleurs, aux termes de l'article 3 de l'arrêté du 13 mai 2013 : " Les images enregistrées faisant l'objet de ces traitements sont conservées sur support numérique pendant un délai ne pouvant excéder un mois. Au terme de ce délai, les enregistrements qui n'ont fait l'objet d'aucune transmission à l'autorité judiciaire ou d'une enquête administrative sont effacés ".
13. En l'espèce, les faits en litige s'étant déroulés le 22 janvier 2022, les images de vidéosurveillance relatives à ces faits, si elles existaient, ont été conservées jusqu'au 22 février 2022, date de leur effacement. Il résulte des termes mêmes de la décision attaquée que le conseil du requérant n'a sollicité la communication de ces images que par le recours préalable du 23 février 2022 réceptionné par l'administration le 25 février 2022, soit au-delà de leur délai de conservation. Par ailleurs, et en tout état de cause, il ne ressort pas des pièces du dossier que la procédure disciplinaire ait été engagée à partir d'enregistrements de vidéosurveillance, ni que M. C ou son conseil aient expressément formulé une demande de communication d'images issues des dispositifs de vidéoprotection avant le recours préalable obligatoire. Dans ces conditions, le moyen tiré de la violation des droits de la défense doit être écarté.
14. En cinquième lieu, en application des dispositions de l'article R. 57-7-32 du code de procédure pénale, la décision de la directrice interrégionale des services pénitentiaires du 25 mars 2022 s'étant substituée à la décision initiale prise en commission de discipline le 22 février 2022, le moyen tiré des vices de forme de la décision de la commission de discipline s'avère inopérant.
15. En sixième lieu, M. C se borne à contester la matérialité des faits qui lui sont reprochés par la commission de discipline, en faisant valoir qu'il appartient à l'administration pénitentiaire de démontrer la réalité des faits qui lui sont reprochés. Il ressort des pièces du dossier que M. C s'est vu infliger la sanction disciplinaire contestée pour avoir, le 22 janvier 2022, exercé ou tenté d'exercer des violences physiques à l'encontre d'un membre du personnel pénitentiaire. Les deux comptes rendus d'incidents de 13h15 et 18h de la journée du 22 janvier 2022 font état des agissements du requérant qui ont notamment consisté à recouvrir les murs, le sol et son corps d'excréments et d'urine, et projeter de la matière fécale sur le personnel pénitentiaire. Si le requérant soutient que la matérialité de ces faits n'est pas établie, il n'apporte aucun élément probant à l'appui de ces dénégations alors que ses agissements, provocations et menaces, d'une part, ont été consignés dans les deux comptes rendus d'incidents précités et dans le rapport d'enquête, d'autre part, sont corroborés par le relevé journalier des interventions produits au dossier, par la production d'un bordereau de désinfection et nettoyage de la cellule par une entreprise spécialisée le 1er février 2022, ainsi que par le rapport de situation du 1er mars 2022 transmis par le directeur adjoint de l'établissement à la directrice interrégionale. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait fondée sur des faits matériellement inexacts ne peut qu'être écarté.
16. En septième lieu, aux termes de l'article R. 57-7-1 du code de procédure pénale : " Constitue une faute disciplinaire du premier degré le fait, pour une personne détenue : / 1° D'exercer ou de tenter d'exercer des violences physiques à l'encontre d'un membre du personnel ou d'une personne en mission ou en visite dans l'établissement ; (). ". Aux termes de l'article R. 57-7-33 du même code, dans sa version applicable au litige : " Lorsque la personne détenue est majeure, les sanctions disciplinaires suivantes peuvent également être prononcées : () 8° La mise en cellule disciplinaire ". Aux termes de l'article R. 57-7-47 de ce code : " Pour les personnes majeures, la durée de la mise en cellule disciplinaire ne peut excéder vingt jours pour une faute disciplinaire du premier degré, quatorze jours pour une faute disciplinaire du deuxième degré et sept jours pour une faute disciplinaire du troisième degré. / () ". Aux termes de l'article R. 57-7-54 dudit code : " Le président de la commission de discipline peut accorder le bénéfice du sursis pour tout ou partie de l'exécution de la sanction disciplinaire soit lors du prononcé de celle-ci, soit au cours de son exécution ". Enfin, aux termes de l'article R. 57-7-55 de ce code : " Lorsqu'il octroie le bénéfice du sursis, le président de la commission de discipline fixe un délai de suspension de la sanction sans que celui-ci puisse excéder six mois lorsque la personne détenue est majeure () ".
17. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi de moyens en ce sens, de rechercher si les faits reprochés à un détenu ayant fait l'objet d'une sanction disciplinaire constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.
18. Il ressort des pièces du dossier que M. C a commis des fautes au regard du 1° de l'article 57-7-1 du code de procédure pénale pour avoir exercé ou tenté d'exercer des violences physiques à l'encontre d'un membre du personnel pénitentiaire. Il a fait l'objet d'une sanction de placement en cellule disciplinaire pour une durée de quinze jours, soit cinq jours de moins que le quantum maximal prévu par les dispositions de l'article R. 57-7-47 du code de procédure pénale pour une faute disciplinaire du premier degré. Par ailleurs, cette sanction a été intégralement assortie d'un sursis avec un délai de suspension de 180 jours. Dans ces circonstances, la sanction disciplinaire retenue n'est pas disproportionnée compte tenu de la gravité de la faute commise, qui porte sur des violences ou tentatives de violences physiques à l'encontre du personnel pénitentiaire. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
19. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
20. Il résulte de qui a été dit aux points précédents que la décision litigieuse n'est entachée d'aucune illégalité. Dès lors, M. C n'est pas fondé à soutenir que la responsabilité de l'administration doit être engagée à ce titre. Par suite, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir soulevée en défense, les conclusions indemnitaires du requérant doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
21. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de l'Etat, qui n'est pas partie perdante dans la présente instance, le versement d'une somme au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Copie sera adressée, pour information, au directeur du centre pénitentiaire d'Argentan.
Délibéré après l'audience du 18 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Groch, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 mai 2024.
La rapporteure,
Signé
N. GROCH
Le président,
Signé
F. CHEYLAN
La greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
E. Bloyet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026