vendredi 13 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2201303 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | ASSOCIATION VAERNEWYCK-CHAPPE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 juin 2022 et le 13 janvier 2023, M. A B, représenté par Me Vaernewyck, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions des 19 octobre et 16 novembre 2021 par lesquelles le maire de la commune de Sarceaux l'a licencié pour insuffisance professionnelle, ensemble la décision du 15 mars 2022 par laquelle le maire de la commune de Sarceaux a rejeté son recours administratif et sa demande préalable indemnitaire ;
2°) de condamner la commune de Sarceaux à lui verser la somme de 7 073 euros au titre de dommages et intérêts ;
3°) d'enjoindre à la commune de Sarceaux de le réintégrer dans ses fonctions.
Il soutient que :
La décision 19 octobre 2021 :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur d'appréciation.
La décision du 16 novembre 2021 :
- est entachée d'incompétence du signataire ;
- est entachée d'un vice de procédure, la décision étant fondée sur un licenciement pour motif disciplinaire alors que la procédure contradictoire visait une insuffisance professionnelle ;
- est entachée d'une erreur de droit.
La décision du 15 mars 2022 :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité des décisions des 19 octobre et 16 novembre 2021.
Il est fondé à solliciter la somme de 7 073 euros en réparation de ses préjudices, dont 2 073 euros de préjudice financier et 5 000 euros de préjudice moral.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 12 septembre 2022 et le 3 octobre 2022, la commune de Sarceaux, représentée par Me Benech, conclut à l'irrecevabilité du recours et au rejet de la requête.
Il soutient que le recours est tardif et que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n°88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martinez,
- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public,
- et les observations de Me Aurey, substituant Me Benech, représentant la commune de Sarceaux.
M. B n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a été recruté du 4 janvier 2021 au 31 décembre 2021 en qualité d'agent non titulaire afin d'exercer les fonctions d'agent des espaces verts en tant qu'adjoint technique. Par un courrier du 19 octobre 2021 et un avenant au contrat de travail du 16 novembre 2021, le maire de la commune de Sarceaux a licencié M. B. Par un courrier du 15 mars 2022, le maire de la commune a rejeté le recours administratif et la demande d'indemnisation préalable de M. B. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler ces décisions et de condamner la commune de Sarceaux à lui verser la somme de 7 073 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis à la suite de son licenciement.
Sur les fins de non-recevoir soulevées par la commune :
2. La commune de Sarceaux invoque le caractère tardif de la requête de M. B. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 mai 2022 et que la requête a été enregistrée le 6 juin 2022, soit dans le délai de recours contentieux.
3. La commune de Sarceaux invoque en outre l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre la décision du 16 novembre 2021. Toutefois, il est constant que la décision du 19 octobre 2021 n'était pas devenue définitive à la date de la seconde décision. Par conséquent, la décision du 16 novembre 2021, qui ne présente pas de caractère confirmatif de la décision du 19 octobre 2021, est susceptible de recours contentieux.
4. Il résulte de tout ce qui précède que les fins de non-recevoir soulevées en défense doivent être écartées.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
5. Par une décision du 19 octobre 2021, le maire de la commune de Sarceaux a licencié pour insuffisance professionnelle M. B. Par une nouvelle décision du 16 novembre 2021, le maire a prononcé le licenciement pour motifs disciplinaire de M. B. Dans ces conditions, la décision du 16 novembre 2021 doit être regardée comme ayant implicitement abrogé la décision du 19 octobre 2021.
6. Aux termes de l'article 36 du décret du 15 février 1988 pris pour l'application de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale et relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale : " Tout manquement au respect des obligations auxquelles sont assujettis les agents publics, commis par un agent contractuel dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions est constitutif d'une faute l'exposant à une sanction disciplinaire, sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par le code pénal ". Et aux termes de l'article 36-1 de ce même décret : " Les sanctions disciplinaires susceptibles d'être appliquées aux agents contractuels sont les suivantes : /1° L'avertissement ; /2° Le blâme ; /3° L'exclusion temporaire des fonctions avec retenue de traitement pour une durée maximale de six mois pour les agents recrutés pour une durée déterminée et d'un an pour les agents sous contrat à durée indéterminée / 4° Le licenciement, sans préavis ni indemnité de licenciement () Toute décision individuelle relative aux sanctions disciplinaires autre que l'avertissement, le blâme et l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours est soumise à consultation de la commission consultative paritaire prévue à l'article L. 272-1 du code général de la fonction publique ". Aux termes de l'article 42 de ce décret : " " Le licenciement ne peut intervenir qu'à l'issue d'un entretien préalable. () ". En outre, aux termes de l'article 42-1 dudit décret : " Lorsqu'à l'issue de l'entretien prévu à l'article 42 et de la consultation de la commission consultative paritaire prévue à l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 susvisée, l'autorité territoriale décide de licencier un agent, elle lui notifie sa décision par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par lettre remise en main propre contre décharge. Cette lettre précise le ou les motifs du licenciement, ainsi que la date à laquelle celui-ci doit intervenir compte tenu des droits à congés annuels restant à courir et de la durée du préavis. ".
7. M. B soutient que la décision du 16 novembre 2021 du maire de la commune de Sarceaux est entachée d'un vice de procédure en ce qu'elle se fonde sur un licenciement pour motif disciplinaire, alors que l'ensemble de la procédure contradictoire lui a été notifiée sur le fondement d'un licenciement pour insuffisance professionnelle. Cette décision, qui mentionne dans son intitulé un " licenciement pour insuffisance professionnelle d'un agent non titulaire " et fait référence à la procédure engagée pour insuffisance professionnelle, contient des visas qui mentionnent expressément la procédure de licenciement pour motif disciplinaire des articles 36 à 37 du décret n°88-145 du 15 février 1988 relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale. En outre, le dispositif de cet arrêté prononce dans ses articles 1 et 2 un licenciement pour motif disciplinaire. Dans ces conditions, la mention du licenciement pour motif disciplinaire ne saurait être regardée comme une simple erreur de plume mais constitue le fondement de la mesure prononcée.
8. Il ressort des pièces du dossier que l'ensemble des actes de la procédure contradictoire, en particulier la convocation pour l'entretien préalable du 9 septembre 2021, l'avis de la commission consultative paritaire du 13 octobre 2021 et le courrier du 19 octobre 2021 ne font état que d'une procédure de licenciement pour insuffisance professionnelle. Dès lors, en retenant comme fondement de la décision du 16 novembre 2021 un licenciement pour motifs disciplinaire, le maire de la commune de Sarceaux a méconnu les dispositions des articles 36-1 et 42 du décret du 15 février 1988 précité.
9. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur les autres moyens de la requête, que les décisions du 16 novembre 2021 et du 15 mars 2022 du maire de la commune de Sarceaux doivent être annulées.
Sur les conclusions indemnitaires :
10. En premier lieu, M. B se prévaut d'un préjudice financier lié à l'absence de versement d'indemnité chômage du 21 novembre 2021 au 31 décembre 2021 du fait de l'absence de précision du motif de licenciement dans l'attestation de Pôle emploi établi par la commune de Sarceaux. Toutefois, il résulte de l'instruction, en particulier des échanges de courriels avec Pôle emploi, que la commune de Sarceaux a régularisé cette situation et, sans que cela ne soit contesté par le requérant, qu'une proposition de versement de l'indemnité chômage à compter de novembre 2021 a été refusée par M. B. Par suite, la réalité de ce chef de préjudice n'étant pas établie, le requérant n'est pas fondé à demander le versement d'une somme à ce titre.
11. En second lieu, si M. B se prévaut d'un préjudice moral, il n'apporte aucun élément de nature à établir la réalité et la consistance de ce préjudice. Par suite, le requérant n'est pas fondé à demander à ce que lui soit versée une somme à ce titre.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
12. L'exécution du présent jugement implique que la situation de M. B soit réexaminée sur le fondement de l'article L. 911-2 du code de justice administrative. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre à la commune de Sarceaux de procéder à ce réexamen dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : Les décisions des 16 novembre 2021 et du 15 mars 2022 du maire de la commune de Sarceaux sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Sarceaux de procéder au réexamen de la situation de M. B dans un délai de quatre mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Sarceaux.
Délibéré après l'audience du 29 août 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Groch, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
P. MARTINEZ
Le président,
Signé
F. CHEYLAN
Le greffier,
Signé
D. DUBOST
La République mande et ordonne au préfet de l'Orne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
D. Dubost
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026