vendredi 29 septembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2201337 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | BOULAY |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 7 juin 2022, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Caen la requête enregistrée le 31 mai 2022, complétée par un mémoire enregistré le 19 septembre 2022, par laquelle la société Sogelcom, représentée par Me Boulay, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 20 avril 2022 par laquelle l'Office français de l'immigration et de l'intégration a mis à sa charge une somme de 36 500 euros au titre de la contribution spéciale pour l'emploi irrégulier de deux travailleurs ainsi qu'une somme de 2 553 euros au titre de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement d'un étranger dans son pays d'origine ;
2°) de la décharger de toutes les obligations de payer qui lui ont été notifiées ;
3°) à titre subsidiaire, de réduire le montant des contributions financières au minimum prévu par les dispositions applicables ;
4°) de mettre à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que la décision contestée est entachée d'une erreur de fait et d'une erreur manifeste d'appréciation portant sur la situation des deux personnes contrôlées par les services de police de la Manche qui ne sont pas ses salariés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 septembre 2022, l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 20 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 10 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pillais,
- et les conclusions de M. Blondel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Le 6 septembre 2021, les services de police ont contrôlé un véhicule à Cherbourg-en-Cotentin (Manche), immatriculé au nom de la société Sogelcom, et ont constaté la présence à son bord de deux ressortissants guinéens, l'un, dépourvu de titre de séjour l'autorisant à travailler en France, et l'autre, muni d'une attestation d'asile ne l'autorisant pas à travailler, qui ont déclaré travailler pour le compte de la société Sogelcom. L'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a notifié à la société Sogelcom, par courrier du 22 février 2022, son intention de mettre à sa charge la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement de l'étranger dans le pays d'origine et la contribution spéciale concernant ces deux personnes. En réponse, le 4 mars 2022 la société Sogelcom a contesté avoir employé ces deux ressortissants guinéens. Le 20 avril 2022, l'OFII a décidé de mettre à sa charge une somme de 36 500 euros au titre de la contribution spéciale pour l'emploi irrégulier de deux travailleurs ainsi qu'une somme de 2 553 euros au titre de la contribution forfaitaire représentative des frais de réacheminement d'un étranger dans son pays d'origine. Par la présente requête la société Sogelcom demande l'annulation de cette décision, la décharge des montants correspondants et, subsidiairement, la diminution du montant des contributions.
Sur les conclusions à fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 8251-1 du code du travail : " Nul ne peut, directement ou indirectement, embaucher, conserver à son service ou employer pour quelque durée que ce soit un étranger non muni du titre l'autorisant à exercer une activité salariée en France () ". Aux termes de l'article L. 8253-1 du même code : " Sans préjudice des poursuites judiciaires pouvant être intentées à son encontre, l'employeur qui a employé un travailleur étranger en méconnaissance des dispositions du premier alinéa de l'article L. 8251-1 acquitte, pour chaque travailleur étranger non autorisé à travailler, une contribution spéciale. Le montant de cette contribution spéciale est déterminé dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat. Il est, au plus, égal à 5 000 fois le taux horaire du minimum garanti prévu à l'article L. 3231-12. Ce montant peut être minoré en cas de non-cumul d'infractions ou en cas de paiement spontané par l'employeur des salaires et indemnités dus au salarié étranger non autorisé à travailler mentionné à l'article R. 8252-6. Il est alors, au plus, égal à 2 000 fois ce même taux. Il peut être majoré en cas de réitération et est alors, au plus, égal à 15 000 fois ce même taux L'Office français de l'immigration et de l'intégration est chargé de constater et fixer le montant de cette contribution pour le compte de l'Etat selon des modalités définies par convention. () ". Aux termes de l'article L. 8271-17 du même code : " Outre les agents de contrôle de l'inspection du travail mentionnés à l'article L. 8112-1, les agents et officiers de police judiciaire, les agents de la direction générale des douanes et les agents du Conseil national des activités privées de sécurité commissionnés par son directeur et assermentés sont compétents pour rechercher et constater, au moyen de procès-verbaux transmis directement au procureur de la République, les infractions aux dispositions de l'article L. 8251-1 relatif à l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler et de l'article L. 8251-2 interdisant le recours aux services d'un employeur d'un étranger non autorisé à travailler. / Afin de permettre la liquidation de la contribution spéciale mentionnée à l'article L. 8253-1 du présent code et de la contribution forfaitaire mentionnée à l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration reçoit des agents mentionnés au premier alinéa du présent article une copie des procès-verbaux relatifs à ces infractions ". Enfin, aux termes du premier alinéa de l'article L. 822-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Sans préjudice des poursuites judiciaires qui peuvent être engagées à son encontre et de la contribution spéciale prévue à l'article L. 8253-1 du code du travail, l'employeur qui a occupé un travailleur étranger en situation de séjour irrégulier acquitte une contribution forfaitaire représentative des frais d'éloignement du territoire français de cet étranger ".
3. Il appartient au juge administratif, lorsqu'il est saisi comme juge de plein contentieux d'une contestation portant sur une sanction prononcée sur le fondement de l'article L. 8253-1 du code du travail, d'examiner tant les moyens tirés des vices propres de la décision de sanction que ceux mettant en cause le bien-fondé de cette décision et de prendre, le cas échéant, une décision qui se substitue à celle de l'administration. Celle-ci devant apprécier, au vu notamment des observations éventuelles de l'employeur, si les faits sont suffisamment établis et, dans l'affirmative, s'ils justifient l'application de cette sanction administrative, au regard de la nature et de la gravité des agissements et des circonstances particulières à la situation de l'intéressé ; le juge peut, de la même façon, après avoir exercé son plein contrôle sur les faits invoqués et la qualification retenue par l'administration, tant s'agissant du manquement que de la proportionnalité de la sanction, maintenir la contribution, au montant fixé de manière forfaitaire par l'article L. 8251-1, le premier alinéa de l'article L. 8253-1 et l'article R. 8253-2 du code du travail, ou en décharger l'employeur.
4. Il résulte de l'instruction que le véhicule contrôlé était immatriculé au nom de la société Sogelcom, qui a notamment pour objet l'installation et la maintenance de réseaux IT. Il résulte des procès-verbaux établis par les agents de police judiciaire que les deux ressortissants étrangers présents à son bord ont déclaré effectuer des travaux d'installation de la fibre pour le compte de la société Sogelcom, en contrepartie de la mise à disposition d'un logement et, pour l'un d'entre eux, du versement d'une rémunération mensuelle de 300 euros, et que le gérant de la société Sogelcom s'est borné à déclarer lors, de son audition, que l'un de ces deux ressortissants était un cousin appelé à donner un " coup de main ", tandis que l'autre était le frère d'un ami qu'il hébergeait. Il s'ensuit que c'est à bon droit que l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que les deux ressortissants étrangers en cause étaient en situation de travail pour le compte de la société Sogelcom.
5. Il résulte de ce qui précède que la société Sogelcom n'est pas fondée à contester le bien-fondé ni de la contribution spéciale exigée à raison de l'embauche des deux salariés, ni de la contribution forfaitaire de réacheminement concernant le salarié en situation irrégulière sur le territoire qui lui ont été infligées.
Sur les conclusions à fins de minorer les contributions financières :
6. Les dispositions du code du travail précitées ne permettent pas à l'OFII, pas plus qu'au juge administratif, de moduler le taux de la sanction financière en dehors des cas pour lesquels une minoration est envisagée par les textes applicables au litige. Le requérant ne fait valoir aucun élément susceptible de justifier une telle modulation. Par suite, les conclusions présentées en ce sens par la société Sogelcom doivent être rejetées.
7. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation ou de réduction de la requête doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société Sogelcom demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Société Sogelcom est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la Société Sogelcom et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Marchand, président,
Mme Pillais, première conseillère,
Mme Silvani, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 septembre 2023.
La rapporteure,
Signé
M. PILLAIS
Le président,
Signé
A. MARCHAND La greffière,
Signé
A. D'OLIF
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
le greffier,
J. Lounis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026