vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2201618 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | LABRUSSE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 8 juillet 2022 et 7 avril 2023, la SAS Rolande du Dreuilh Créations, représentée par Me Monpion, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire du Mont-Saint-Michel a rejeté sa demande d'abrogation de l'arrêté du 27 mai 2019 relatif à la sécurité publique ;
2°) de mettre à la charge de la commune du Mont-Saint-Michel une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté est illégal en tant qu'il prévoit des interdictions générales et absolues ;
- l'interdiction qu'il prononce est disproportionnée quant à l'objectif poursuivi.
Par un mémoire en défense, enregistré le 22 septembre 2022, la commune du Mont-Saint-Michel, représentée par Me Labrusse, conclut au rejet de la requête et demande à ce que soit mise à la charge de la société requérante une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable à défaut d'intérêt donnant qualité pour agir ;
- elle ne dispose pas d'autorisation pour la mise en place de stores bannes ;
- les autres moyens présentés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public,
- les observations de M. A, représentant la société requérante, et celles de Me Derouet, qui substitue Me Labrusse, représentant la commune.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 10 novembre 2017, le préfet de la Manche a autorisé le président de la communauté d'agglomération Mont-Saint-Michel Normandie à installer un système de vidéoprotection sur le site du Mont-Saint-Michel, pour une durée de cinq ans renouvelable. Au visa de cet arrêté préfectoral, le maire de la commune du Mont-Saint-Michel a, par un arrêté du 27 mai 2019, ordonné à l'ensemble des propriétaires d'un bâtiment et/ou exploitants d'un établissement recevant du public, dont la façade donne sur une rue, une venelle, une terrasse, une cour, les remparts, intra-muros, de démonter ou de faire démonter les installations gênant la supervision du dispositif de vidéoprotection, tels que les stores bannes et autres installations amovibles, dans un délai maximum de six mois. Le 18 mai 2020, le maire de la commune a mis en demeure les établissements " Aux trois croissants " et " Au pot de cuivre " de déposer leurs stores-bannes dans un délai de quinze jours. Par un courrier du 25 mars 2022, la SAS Rolande du Dreuilh Créations, gérant des établissements " Aux trois croissants " et " Au pot de cuivre " établis sur la commune du Mont-Saint-Michel, a sollicité l'abrogation de cet arrêté. Par la présente requête, la SAS Rolande du Dreuilh Créations demande l'annulation de la décision implicite née du silence gardé par la commune sur sa demande.
Sur la fin de non-recevoir opposée en défense :
2. La SAS Rolande du Dreuilh Créations justifie exploiter les enseignes " Aux trois croissants " et " Au pot de cuivre ", établissements situés sur la commune du Mont-Saint-Michel. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense et tirée du défaut d'intérêt à agir de la société requérante ne peut qu'être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 2212-1 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est chargé, sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, de la police municipale, de la police rurale et de l'exécution des actes de l'Etat qui y sont relatifs ". L'article L. 2212-2 du même code précise : " La police municipale a pour objet d'assurer le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques () ".
4. Il appartient au juge de l'excès de pouvoir de contrôler que les mesures de police administrative prises par un maire pour assurer la sécurité publique sont adaptées, nécessaires et proportionnées à l'objectif de protection qu'elles poursuivent.
5. Pour soutenir que la mesure de police contestée n'est pas nécessaire, la société requérante se prévaut de ce que l'arrêté ne fait état d'aucun élément circonstancié permettant de justifier de la gêne pour la supervision du dispositif de vidéoprotection. Elle indique également que cette mesure constitue une interdiction générale et absolue et reproche à l'autorité de police de n'avoir subordonné le champ d'application de l'arrêté contesté à aucune limitation de temps et de lieu. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que son champ d'application comprend les bâtiments et établissements recevant du public qui disposent d'une façade donnant sur une rue, une venelle, une terrasse, une cour ou sur les remparts intra-muros, dont les installations gênent la supervision du dispositif de vidéoprotection. Toutefois, l'arrêté, qui indique que les établissements concernés doivent démonter les installations " gênant la supervision " dans un délai de six mois, ne précise pas les critères objectifs permettant d'apprécier quels établissements sont effectivement susceptibles de gêner la videoprotection et donc ceux concernés par ledit arrêté. Il ressort des pièces du dossier que, sur le fondement de cet arrêté, le maire a mis en demeure les établissements " Aux trois croissants " et " Au pot de cuivre ", qui n'avaient pas démonté les stores-bannes dans le délai de six mois, d'y procéder dans un délai de quinze jours, sans justifier de la gêne relative à la videoprotection occasionnée par les stores-bannes de ces établissements. Ces mises en demeure confirment ainsi le caractère général de l'interdiction édictée par l'arrêté en litige, qui a vocation à être appliqué à l'ensemble des bâtiments et établissements recevant du public disposant d'une façade donnant sur une rue, une venelle, une terrasse, une cour ou sur les remparts intra-muros, sans justification effective d'une gêne pour la supervision du dispositif de videoprotection. Il constitue dès lors une mesure disproportionnée au but recherché.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision implicite par laquelle le maire du Mont-Saint-Michel a rejeté la demande d'abrogation de l'arrêté du 27 mai 2019 relatif à la sécurité publique doit être annulée.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la société requérante, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la commune du Mont-Saint-Michel demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la commune du Mont-Saint-Michel une somme de 1 200 euros à verser à la SAS Rolande du Dreuilh Créations au titre des frais de même nature.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite par laquelle le maire du Mont-Saint-Michel a rejeté la demande d'abrogation de l'arrêté du 27 mai 2019 relatif à la sécurité publique, est annulée.
Article 2 : La commune du Mont-Saint-Michel versera la somme de 1 200 euros à la SAS Rolande du Dreuilh Créations sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune du Mont-Saint-Michel sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Rolande du Dreuilh Créations et à la commune du Mont-Saint-Michel.
Délibéré après l'audience du 27 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Arniaud, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.
La rapporteure,
Signé
C. B
Le président,
Signé
F. CHEYLAN
La greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au préfet de la Manche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
la greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026