jeudi 24 août 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2201668 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre JU |
| Avocat requérant | IOSCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 29 avril 2022 et transmise par une ordonnance du 4 juillet 2022 du président du tribunal administratif de Paris en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, M. B Baron, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 10 mars 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a rejeté sa demande tendant au retrait de la décision référencée 48 SI prononçant l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul ;
2°) d'annuler la décision référencée 48 SI, notifiée le 18 janvier 2019, par laquelle le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidation de son permis de conduire pour solde de points nul, ainsi que l'ensemble des décisions de retrait de points qu'elle récapitule ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de procéder à la reconstitution du solde de points affecté à son permis de conduire dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Il soutient que :
- la réalité des infractions ayant entraîné des retraits de points n'est pas établie ;
- les décisions prononçant des retraits de points n'ont pas fait l'objet d'une information préalable telle qu'exigée par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ; dès lors, ces décisions ont été adoptée à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- la décision référencée 48 SI est irrégulière dès lors qu'elle se fonde sur des décisions illégales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 18 août 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction dirigées contre la décision référencée 48 SI et le retrait de points consécutif à l'infraction relevée le 2 février 2016 n'ont plus d'objet, dès lors que le relevé d'information intégral ne fait plus mention de ces décisions ;
- les moyens soulevés par M. Baron ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat statuant seul a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Le ministre de l'intérieur, par une décision référencée 48 SI, a prononcé l'invalidation du permis de conduire de M. B Baron pour solde de points nul en raison de retraits de points consécutifs à des infractions routières. Par une lettre reçue le 10 janvier 2022, M. Baron a demandé au ministre de l'intérieur de procéder au retrait de cette décision et des retraits de points qu'elle récapitule. Le silence gardé sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet. Par sa requête, M. Baron demande l'annulation de l'ensemble de ces décisions.
Sur l'étendue du litige :
2. Le relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. Baron ne mentionne plus la décision référencée 48 SI en litige ni la décision de retrait de points consécutive à l'infraction du 2 février 2016. Selon ce relevé, à la date du 17 mai 2022, le solde de points affecté au permis de conduire du requérant s'élève à six points. Le ministre de l'intérieur doit ainsi être regardé comme ayant procédé au retrait de la décision 48 SI et de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction du 2 février 2016. Dès lors, les conclusions aux fins d'annulation de ces décisions ont perdu leur objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions aux fins d'annulation dirigées contre les autres décisions de retrait de points :
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information préalable :
3. La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.
S'agissant des infractions relevées le 6 août 2014 et le 8 mars 2015 :
4. Les dispositions portant application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale en vigueur à la date des infractions litigieuses, notamment celles des articles A. 37-15 à A. 37-18 de ce code issues de l'arrêté du 13 mai 2011 relatif aux formulaires utilisés pour la constatation et le paiement des contraventions soumises à la procédure de l'amende forfaitaire, prévoient que lorsqu'une contravention soumise à cette procédure est constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé, sans que l'amende soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, il est adressé au contrevenant un avis de contravention, qui comporte une information suffisante au regard des exigences des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, une notice de paiement qui comprend une carte de paiement et un formulaire de requête en exonération. Dès lors, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un appareil électronique sécurisé et dont il est établi, notamment par la mention qui en est faite au système national des permis de conduire, qu'il a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, l'amende forfaitaire correspondant à celle-ci, a nécessairement reçu l'avis de contravention. Ainsi, eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.
5. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. Baron, que les infractions relevées le 6 août 2014 et le 8 mars 2015 ont donné lieu à l'établissement d'un procès-verbal électronique. Selon ce relevé, M. Baron s'est acquitté de l'amende forfaitaire correspondant à chacune de ces infractions. Il s'ensuit que M. Baron a nécessairement reçu l'avis de contravention relatif à chacune de ces infractions. Par suite, alors que M. Baron n'allègue pas qu'il aurait reçu un avis de contravention inexact ou incomplet, et eu égard aux mentions dont ces avis sont réputés être revêtus, l'administration doit être regardée comme ayant délivré à M. Baron l'information préalable exigée par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Le moyen tiré de ce que ces deux décisions auraient été adoptées à l'issue d'une procédure irrégulière doit être écarté.
S'agissant des infractions relevées le 6 mars 2018 et le 9 juin 2018 :
6. Le II de l'article R. 49-1 du code de procédure pénale prévoit que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-19 du même code, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal, d'une part, la signature de l'agent verbalisateur, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". Enfin, en vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, en cas d'infraction entraînant un retrait de points, le résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée précise qu'elle entraîne un retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
7. Lorsqu'une infraction entraînant un retrait de points est constatée au moyen d'un appareil conforme aux dispositions citées ci-dessus, l'agent verbalisateur invite le contrevenant à apposer sa signature sur une page écran où figure l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.
8. Pour contester la légalité des décisions de retrait de points consécutifs aux infractions relevées le 6 mars 2018 et le 9 juin 2018, M. Baron soutient qu'il n'a jamais reçu l'information préalable exigée par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'ensemble de ces informations figurent en bas de page du procès-verbal électronique dressé par les forces de l'ordre. Si le requérant a refusé de signer le procès-verbal électronique pour l'infraction du 6 mars 2018, la mention " refus de signer " apposée par les forces de l'ordre a la même valeur probante qu'une signature du titulaire du permis de conduire. Dès lors, ce moyen doit être écarté.
Sur le moyen tiré du défaut d'établissement de la réalité des infractions :
9. Il résulte de la combinaison des articles L. 223-1 et L. 225-1 du code la route et des articles 529, 529-1, 529-2 et 530 du code de procédure pénale que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention, ou, en cas d'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, avoir formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation de ce titre.
10. Il ressort du relevé d'information intégral du requérant que les infractions relevées le 6 août 2014 et le 8 mars 2015 ont donné lieu au paiement d'une amende forfaitaire postérieurement à leur constat par les forces de l'ordre. Par ailleurs, si les infractions relevées le 6 mars 2018 et le 9 juin 2018 ont entraîné l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée, il ne résulte pas de l'instruction que M. Baron aurait formé une réclamation contre ces titres exécutoire ayant entraîné leur annulation. Par suite, M. Baron n'est pas fondé à soutenir qu'en prononçant les retraits de points en litige, le ministre de l'intérieur aurait, faute d'établir la réalité des infractions, méconnu les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route. Ce moyen doit donc être écarté.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction présentées par M. Baron doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision de retrait de points consécutive à l'infraction du 2 février 2016, ni sur celles dirigées contre la décision 48 SI portant invalidation du permis de conduire de M. Baron.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. Baron est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B Baron et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 août 2023.
Le magistrat désigné,
Signé
F. ALa greffière,
Signé
C. BENIS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026