mercredi 26 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2202083 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | LELOUEY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 14 septembre 2022 et le 8 juin 2023, M. A B, représenté par Me Lelouey, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 22 juillet 2022 par lequel le préfet du Calvados a refusé de renouveler son titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer une carte de résident ou, à défaut, une carte de séjour pluriannuelle " vie privée et familiale ", dans un délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir ou, subsidiairement, de réexaminer sa situation dans un délai de deux mois et de lui délivrer, durant cet examen, une autorisation provisoire de séjour et de travail ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- il appartient à l'administration de justifier de la compétence de la signataire de la décision attaquée ;
- sa demande formulée au titre de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'a pas été examinée ;
- la décision n'est pas motivée au regard de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il remplit les conditions pour obtenir un certificat de résidence sur le fondement de l'article L. 426-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision n'a pas été précédée de la saisine de la commission du titre de séjour, prévue à l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'administration doit communiquer l'avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration aux fins de vérifications de la régularité de la procédure ;
- la décision méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ainsi que les dispositions des articles
L. 423-23 et L. 435- 1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ; en outre, elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire enregistré le 10 octobre 2022, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête au motif qu'aucun des moyens soulevés par M. B n'est fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 18 janvier 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République du Congo relative à la circulation et au séjour des personnes, signée à Brazzaville le 31 juillet 1993, approuvée par la loi n° 94-532 du 28 juin 1994 et publiée par le décret
n° 96-996 du 13 novembre 1996 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Absolon,
- et les observations de Me Lelouey, représentant M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B, ressortissant congolais né le 22 novembre 1962 à Matadi, déclare être entré en France régulièrement le 9 novembre 2003, sous couvert d'un visa de long séjour. M. B a déposé une demande d'asile qui a été rejetée par l'office français de protection des réfugiés et apatrides par une décision du 30 janvier 2004, confirmée par la cour nationale du droit d'asile le 15 février 2005. Il a obtenu un titre de séjour portant la mention " visiteur " pour la période du 14 novembre 2005 au 13 novembre 2006 et a, parallèlement, sollicité un titre de séjour pour raisons de santé, ce qu'il a obtenu du 14 novembre 2005 au 7 février 2021. Par l'arrêté attaqué du 22 juillet 2022, le préfet du Calvados a refusé de renouveler le titre de séjour sollicité par M. B sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'étendue du litige :
2. Il ressort des pièces du dossier que le requérant a sollicité, le 22 mars 2021, une carte de résident sur le fondement de l'article L. 314-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, subsidiairement, le renouvellement de sa carte de séjour pluriannuelle dont il bénéficiait pour raisons de santé. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué du 22 juillet 2022 que, par cette décision, le préfet du Calvados s'est borné à répondre à la demande de renouvellement du titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et ne s'est pas prononcé sur la demande de carte de résident, laquelle doit être regardée comme ayant été implicitement rejetée le 22 juillet 2021. En l'absence de conclusions, tant dans la requête que dans le mémoire en réplique de M. B, tendant à l'annulation de la décision rejetant implicitement la demande de carte de résident, la requête doit être regardée comme dirigée contre la seule décision du 22 juillet 2022 par laquelle le préfet du Calvados a refusé de renouveler la carte de séjour dont bénéficiait M. B.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 22 juillet 2022 :
3. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B est entré régulièrement sur le territoire français en 2002, qu'il a été victime, en France, d'un accident de la voie publique en 2004 qui lui a causé de graves séquelles, qu'il a le statut de travailleur handicapé depuis le 30 septembre 2020 et qu'il bénéficie de titres de séjour depuis 2005, soit plus de seize ans. En outre, il ressort des pièces du dossier, en particulier des bulletins de paie et nombreux courriers de soutien, que M. B, qui est musicien, est particulièrement bien intégré à la société française et justifie d'une insertion professionnelle et sociale. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que, dans les circonstances de l'espèce, et alors même que M. B est entré en France à l'âge de 41 ans, qu'il est célibataire et que ses deux enfants résident dans son pays d'origine, la décision du 22 juillet 2022 refusant de lui délivrer un titre de séjour porte à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise. Par suite, en refusant de renouveler le titre de séjour de M. B, le préfet du Calvados a méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 22 juillet 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Eu égard au motif d'annulation de l'arrêté du 22 juillet 2022, le présent jugement implique qu'il soit enjoint au préfet du Calvados de délivrer à M. B un titre de séjour " vie privée et familiale ". Un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement est imparti à l'administration pour y procéder.
Sur les frais liés au litige :
7. Sous réserve de la renonciation de Me Lebey, avocate du requérant, à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à Me Lebey sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 22 juillet 2022 est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Calvados de délivrer à M. B une carte de séjour
" vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à Me Lelouey une somme de 1 200 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Lelouey renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Lelouey, et au préfet du Calvados.
Délibéré après l'audience du 27 juin 2023 à laquelle siégeaient :
- Mme Macaud, présidente,
- Mme Absolon, première conseillère,
- Mme Créantor, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2023.
La rapporteure,
Signé
C. ABSOLON
La présidente,
Signé
A. MACAUD
La greffière,
Signé
A. D'OLIF
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026