mercredi 13 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2202196 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL JURIADIS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 29 septembre 2022, le 21 février 2023, le 20 septembre 2023 et le 16 mai 2024, M. D G et Mme F A, représentés par Me Le Brouder, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 1er août 2022 par lequel la maire de la commune du Val-Saint-Père a délivré à M. et Mme C un permis de construire une habitation, un abri de jardin et une piscine ;
2°) d'annuler l'arrêté du 10 novembre 2022 par lequel la maire de la commune du Val-Saint-Père a délivré à M. et Mme C un permis de construire modificatif approuvant les plans de façade et la notice descriptive ;
3°) de mettre à la charge de la commune du Val-Saint-Père et de M. et Mme C la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
Sur le permis de construire initial :
- ils sont recevables à demander l'annulation de l'arrêté contesté dès lors qu'ils sont voisins immédiats du projet ;
- l'arrêté du 1er août 2022 est entaché d'incompétence, à défaut pour son signataire de justifier d'une délégation de signature régulièrement publiée et de l'absence de la maire empêchée ;
- le dossier de demande de permis de construire est lacunaire et incohérent, en méconnaissance des articles R. 431-7, R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;
- l'arrêté contesté méconnaît l'article U10 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît l'article U11 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît l'article U13 du règlement du plan local d'urbanisme ;
Sur le permis de construire modificatif :
- ils sont recevables à demander l'annulation de l'arrêté contesté dès lors que les délais de recours n'ont pas commencé à courir ;
- le dossier de demande de permis de construire modificatif est insuffisant dès lors qu'il ne comporte pas de plan actualisé et qu'il comporte une erreur sur l'implantation du projet ;
- l'arrêté méconnaît l'article U11 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 juillet 2023, la commune du Val-Saint-Père, représentée par la SCP Ferretti Hurel Leplatois, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 500 euros soit mise à la charge de M. G et de Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune fait valoir que les requérants sont dépourvus d'intérêt à agir et qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 27 avril 2023, le 7 novembre 2023 et le 5 juin 2024, Mme E C et M. B C, représentés par la SARL Juriadis, concluent au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. G et de Mme A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que :
- les requérants sont dépourvus d'intérêt à agir ;
- le moyen tiré de ce que les pièces de la demande de permis de construire seraient incohérentes concernant la toiture du garage est irrecevable, ce moyen ayant été soulevé au-delà du délai prévu à l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme ;
- les autres moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Absolon, rapporteure,
- les conclusions de M. Blondel, rapporteur public,
- et les observations de Me Le Brouder avocate de M. G et de Mme A, de la SCP Ferretti Hurel Leplatois, avocat de la commune du Val-Saint-Père, et de Me Gutton, substituant la SARL Juriadis, avocat de M. et Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Le 1er juillet 2022, M. et Mme C ont sollicité la délivrance d'un permis de construire portant sur la construction d'une maison d'habitation, d'un abri de jardin et d'une piscine sur un terrain situé sur la commune du Val-Saint-Père. Par un arrêté du 1er août 2022, la maire de la commune leur a accordé le permis sollicité, et par un arrêté du 10 novembre 2022, le maire leur a accordé un permis de construire modificatif portant sur le bardage et les ouvertures de la construction. Par un arrêté du 12 avril 2024, le maire de la commune leur a délivré un second permis de construire modificatif visant à modifier une menuiserie et à supprimer l'abri de jardin. Par la présente requête, M. G et Mme A, voisins immédiats de l'assiette du projet, demandent l'annulation du permis de construire initial du 1er août 2022, ainsi que du premier permis de construire modificatif du 10 novembre 2022.
Sur le cadre du litige :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'un permis modificatif, une décision modificative ou une mesure de régularisation intervient au cours d'une instance portant sur un recours dirigé contre le permis de construire, de démolir ou d'aménager initialement délivré ou contre la décision de non-opposition à déclaration préalable initialement obtenue et que ce permis modificatif, cette décision modificative ou cette mesure de régularisation ont été communiqués aux parties à cette instance, la légalité de cet acte ne peut être contestée par les parties que dans le cadre de cette même instance. ".
3. Il résulte de ces dispositions que les parties à une instance portant sur un recours dirigé contre le permis de construire, de démolir ou d'aménager initialement délivré ou contre la décision de non-opposition à déclaration préalable initialement obtenue sont recevables à contester la légalité d'un permis modificatif, d'une décision modificative ou d'une mesure de régularisation intervenue au cours de cette instance, lorsqu'elle leur a été communiquée, tant que le juge n'a pas statué au fond, sans condition de forme ni de délai. Si cette contestation prend la forme d'un recours pour excès de pouvoir présenté devant la juridiction saisie de la décision initiale ou qui lui est transmis en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, elle doit être regardée comme un mémoire produit dans l'instance en cours.
4. D'autre part, lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées à la suite de la modification de son projet par le pétitionnaire et en l'absence de toute intervention du juge ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux deux arrêtés attaqués :
5. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis de construire : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12 ". Aux termes de l'article R. 431-8 de ce même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Et enfin, aux termes de l'article R. 431-10 de ce même code : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".
6. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
7. Le dossier de demande de permis de construire initial et celui de la demande de permis modificatif comportent un extrait du plan cadastral à l'échelle 1/100ème, une vue aérienne, un plan de situation, un plan de masse à l'échelle 1/300ème, des plans de coupe, des plans des différentes façades, un photomontage représentant la construction projetée, et un reportage photographique de sept clichés. Ces éléments ont permis au service instructeur d'apprécier non seulement l'état initial du terrain et de ses abords, mais aussi l'organisation et l'aménagement de l'accès au terrain. Ces documents présentent également les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement, y compris sur le traitement des espaces libres. Si les requérants soutiennent que le reportage photographique ne fait pas apparaître leur piscine et que l'orientation indiquée sur le plan de masse est erronée, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces éléments auraient été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative. Par ailleurs, bien que les modifications relatives à la taille de baie vitrée et au déplacement de la porte de service du garage, au demeurant mineures, ne figurent pas sur un plan actualisé, cette seule omission n'a pas été de nature à induire le service instructeur en erreur sur le volume, l'architecture ou encore l'implantation de la construction telle que ressortant du dossier de la demande de permis modificatif. En outre, si le photomontage présente une erreur de cadrage quant à l'implantation de la construction en ce qu'elle ne se trouve pas en limite séparative, cette inexactitude est compensée par les plans de masse, les plans de façades et la notice descriptive et a été, au surplus, corrigée par le dossier de la demande du second permis modificatif. Enfin, le dossier de la demande du premier permis de construire modificatif a corrigé l'erreur quant à la nature de la toiture du garage figurant sur le plan de coupe de la notice descriptive. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à se prévaloir d'une non-conformité des dossiers des demandes de permis aux articles R. 431-7, R. 431-8 et R. 431-10 du code de l'urbanisme.
8. En second lieu, aux termes de l'article U11 du règlement de plan local d'urbanisme : " II - Volumétrie / Les constructions devront être traitées avec une simplicité de forme et de volume. / Pour les constructions à usage d'habitation, la toiture des volumes principaux devra obligatoirement être composée de 2 versants de même pente comprise entre 30° et 60°. Une pente unique ou une toiture-terrasse pourra être admise sur les volumes annexes et secondaires. Les pentes de toits des vérandas ne sont pas soumises à cette règle. Les vérandas éventuelles devront être composées harmonieusement tant en style qu'en volumétrie avec la construction principale. Une pente différente pourra être acceptée dans le cadre d'un projet de toiture végétalisée. / Ces règles ne s'appliquent pas pour les constructions à usage commercial, équipements publics et d'intérêt collectif. () IV - Façade et pignons / L'emploi à nu de matériaux destinés à être recouverts (carreaux de plâtre, briques creuses, parpaings etc.) est interdit en parement extérieur. / La teinte des façades et pignons sera définie en harmonie avec la teinte des constructions anciennes environnantes. Les nuances de blanc, et les couleurs vives sont interdits. V - Clôtures / () Seuls seront autorisés en limite du domaine public : / Les soubassements en maçonnerie de pierre apparente ou de parpaings recouverts d'un enduit (les couleurs saturées sont interdites) d'une hauteur maximale de 1,20 m avec ou sans accompagnement végétal (d'essences locales et/ou horticoles mélangées). Ces soubassements pourront être rehaussés d'une lisse ou d'une clôture ajourée, de couleur blanche ou proche des teintes rurales traditionnelles, éventuellement doublées d'un grillage (alors situé en arrière de la haie par rapport aux voies et emprises publiques). Dans tous les cas, la clôture ne devra pas excéder 2 mètres. / Les lisses ou les clôtures ajourées de couleur blanche ou proche des teintes rurales traditionnelles, d'une hauteur maximale de 2 mètres, éventuellement doublées d'un grillage (alors situé en arrière de la lisse ou clôture par rapport aux voies et emprises publiques) et/ou d'une haie. / Les haies vives composées d'essences locales et/ou horticoles mélangées, éventuellement doublées d'un grillage (alors situé en arrière de la haie par rapport aux voies et emprises publiques), d'une hauteur maximum de 2 mètres. / Les soubassements d'une hauteur maximale de 40 cm, surmontés de panneaux de grillage rigide de teinte proche des teintes rurales traditionnelles avec ou sans accompagnement végétal. La hauteur totale de la clôture ne devra pas excéder 1,50 mètre. / En limite séparative, les clôtures ne devront pas excéder une hauteur de 2 mètres. ". Aux termes de l'annexe du règlement du plan local d'urbanisme, une annexe se définit comme " toute construction accolée ou non à la construction principale et qui ne présente aucune communication avec la construction principale ".
9. De première part, s'agissant de la volumétrie, il ressort des pièces du dossier que la construction se structure autour d'un volume principal rectangulaire dont le toit répond à l'exigence de l'article U11 dès lors qu'il supporte un toit composé de deux versants à 35 degrés. Si le projet prévoit des avancées en façade sud et en pignon ouest, il ressort des pièces du dossier que ces deux volumes sont moins hauts et moins importants en largeur et en longueur, que le volume principal, de sorte que ces volumes doivent être regardés comme des volumes secondaires, sur lesquels les toitures-terrasses ne sont pas interdites. De deuxième part, contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ressort des pièces du dossier que la couleur gris lumière des façades correspond aux teintes des constructions voisines, et ne fait pas partie des teintes proscrites par les dispositions précitées. Et enfin, de dernière part, il ressort de la notice fournie dans la demande, que le projet conservera toutes les clôtures existantes à l'est, au nord et à l'ouest, et qu'il n'y aura aucune création de clôture sur la partie sud. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que les dispositions de l'article U11 du règlement de plan local d'urbanisme ont été méconnues.
En ce qui concerne les moyens propres à l'arrêté du 1er août 2022 :
10. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier que, par un arrêté du 15 juin 2020, régulièrement transmis à la sous-préfecture le 22 juin 2020, la maire de la commune du Val-Saint-Père a donné délégation de signature au premier adjoint, à l'effet de signer, en son absence, tous documents liés à l'instruction et à la délivrance des permis de construire. En outre, il ressort de l'attestation versée au débat que la maire n'était pas présente sur le territoire communal du vendredi 29 juillet 2022 au lundi 8 août 2022. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté attaqué doit être écarté.
11. En deuxième lieu, aux termes de l'article U10 du règlement du plan local d'urbanisme : " La hauteur de faitage des constructions ne devra pas excéder 10 mètres à partir du terrain naturel avant décaissement, à l'exclusion des ouvrages techniques, cheminées et autres superstructures. / La hauteur à l'acrotère des annexes et volumes secondaires à toit plat n'excédera pas 5 mètres () ".
12. Si le plan de coupe n'indique pas la hauteur de faitage de la construction à partir du terrain naturel avant décaissement, il comporte néanmoins les mesures nécessaires pour la déterminer. Il ressort ainsi de ce document, et à supposer même que la déclivité naturelle du terrain se situe jusqu'au fond de la piscine à construire, soit à moins 1,40 mètres par rapport au niveau de la dalle, que la hauteur de faitage n'excèdera pas 9,75 mètres. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté contesté méconnaît les dispositions de l'article U10 du règlement de plan local d'urbanisme.
13. En dernier lieu, aux termes de l'article U13 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les talus et les haies existants devront être conservés s'ils correspondent à des alignements ou à des limites de propriétés ou s'ils sont identifiés comme espace boisé classé (L130-1) ou élément remarquable dans le rapport de présentation. / Tout changement d'affectation ou tout mode d'occupation du sol de nature à compromettre la conservation, la protection ou la création des boisements identifiés au titre de l'article L.123.1.5.7° du Code de l'Urbanisme et reportés au règlement graphique, est interdit. / En cas d'arrachage d'une haie, d'un arbre ou d'un bosquet identifié comme élément remarquable au titre de l'article L.123.1.5.7°, la replantation d'un linéaire équivalent en essences locales mélangées, et répondant aux mêmes fonctions que la haie arrachée (fonction précisée dans le rapport de présentation : hydraulique, écologique, paysagère) est exigée. / Pour les parcelles dont une ou plusieurs des limites séparatives jouxtent une zone A ou N, les clôtures sur ces limites seront constituées de haies, éventuellement doublées d'un grillage, comprenant des essences exclusivement locales. / Dans tous les cas, la réalisation de plantations devra être compatible avec l'application de la servitude d'utilité publique instaurée par la loi du 15 juillet 1845 (aucune plantation d'arbres à hauts tiges dans une distance inférieure à 6 mètres de la limite légale du chemin de fer) ".
14. Il ressort des pièces du dossier et en particulier du plan cadastral, que si la parcelle assiette du projet se situe dans la continuité de l'espace boisé classé voisin, pour autant, elle est située en dehors de ce périmètre protégé. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'article U13 a été méconnu.
15. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les conclusions à fin d'annulation des arrêtés du 1er août 2022 et du 10 novembre 2022, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune du Val-Saint-Père et de M. et Mme C, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que demandent les requérants au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu de mettre à la charge de M. G et de Mme A, le versement, d'une part, à M. et Mme C, et d'autre part, à la commune du Val-Saint-Père, d'une somme de 1 500 euros sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. G et de Mme A est rejetée.
Article 2 : M. G et Mme A verseront une somme de 1 500 euros, d'une part, à la commune du Val-Saint-Père, et d'autre part, à M. et Mme C, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D G et Mme F A, à la commune du Val-Saint-Père et à Mme E C et M. B C.
Délibéré après l'audience du 22 octobre 2024 à laquelle siégeaient :
- M. Marchand, président,
- Mme Absolon, première conseillère,
- Mme Pillais, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 novembre 2024.
La rapporteure,
Signé
C. ABSOLON
Le président,
Signé
A. MARCHAND
Le greffier,
Signé
J. LOUNIS
La République mande et ordonne au préfet de la Manche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026