vendredi 20 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2202441 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | DEVAUX |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 27 octobre 2022, le président du tribunal administratif de Rouen a transmis la requête de M. A B au tribunal administratif de Caen, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.
Par une requête, enregistrée le 14 octobre 2022, M. A B, représenté par Me Devaux, demande au tribunal de réformer l'ordonnance en date du 16 septembre 2022 par laquelle le président du tribunal administratif de Rouen a liquidé et taxé les frais et honoraires de M. B, expert, à la somme de 46 103,12 euros TTC, et de porter sa rémunération à la somme de 69 053,12 euros TTC ;
Il soutient que :
- aucune des parties n'a émis d'avis défavorable sur le coût de l'expertise ;
- la demande de dépôt du rapport en l'état a fait obstacle à ce qu'il mène l'expertise à son terme ;
- le délai pour rendre le rapport d'expertise ne lui est pas imputable.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2023, le président du tribunal administratif de Rouen conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens présentés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martinez,
- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public,
- et les observations de de Me Roméro, substituant Me Devaux, représentant M. B.
Le président du tribunal administratif de Rouen n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Par une ordonnance du 11 juillet 2019, le juge des référés du tribunal de Rouen a confié à M. B une expertise relative aux désordres affectant une pompe à chaleur eau de mer du complexe " Carré des Docks " au Havre. L'expert a déposé son rapport en l'état le 4 mars 2022 et sa note de frais et honoraires pour un montant de 69 053,12 euros TTC. Par un courrier du 1er août 2022, le président du tribunal administratif de Rouen a informé M. B de ce qu'il envisageait de procéder à une réfaction de ces frais. M. B a fait valoir ses observations le 26 août 2022. Par une ordonnance du 16 septembre 2022 du président du tribunal administratif de Rouen, dont le requérant demande la réformation, ses frais et honoraires ont été liquidés et taxés à la somme de 46 103,12 euros.
2. Aux termes de l'article R. 621-11 du code de justice administrative : " Les experts et sapiteurs mentionnés à l'article R. 621-2 ont droit à des honoraires, sans préjudice du remboursement des frais et débours. Ils joignent à leur rapport un état de leurs vacations, frais et débours. Dans les honoraires sont comprises toutes sommes allouées pour étude du dossier, frais de mise au net du rapport, dépôt du rapport et, d'une manière générale, tout travail personnellement fourni par l'expert ou le sapiteur et toute démarche faite par lui en vue de l'accomplissement de sa mission. Le président de la juridiction, après consultation du président de la formation de jugement, () fixe par ordonnance, conformément aux dispositions de l'article R. 761-4, les honoraires en tenant compte des difficultés des opérations, de l'importance, de l'utilité et de la nature du travail fourni par l'expert ou le sapiteur. Il arrête sur justificatifs le montant des frais et débours qui seront remboursés à l'expert ".
3. Le juge saisi d'un recours de plein contentieux sur le fondement de l'article R. 621-11 du code de justice administrative contre une ordonnance de taxation, se prononce sur les droits à rémunération de l'expert au regard notamment de la difficulté, de l'importance, de l'utilité et de la nature du travail fourni par l'expert et de toute démarche faite par lui en vue de l'accomplissement de sa mission ainsi que du respect du délai donné à l'expert pour le dépôt de son rapport.
Sur le délai pour déposer le rapport :
4. Le requérant fait valoir que le délai du dépôt du rapport ne lui est pas imputable mais résulte de la crise liée à l'épidémie de Covid-19, celle-ci ayant empêché les constatations sur le matériel expertisé en fonctionnement. Son rapport en l'état a été déposé le 4 février 2022. Or, l'ordonnance initiale du 11 juillet 2019 prescrivait le dépôt du rapport pour le mois de janvier 2021. Des délais supplémentaires ont été accordés jusqu'au 30 juin 2021. Par un courrier du 3 février 2022, le président du tribunal administratif de Rouen relevait les conditions dans lesquelles les opérations d'expertises se déroulaient et demandait de lui adresser sous huitaine un planning des diligences restant à accomplir pour un dépôt du rapport définitif au 30 juin 2022, avec remise d'un rapport en l'état en cas d'impossibilité de tenir ce dernier délai. Il résulte de l'instruction que M. B, qui a pourtant organisé quinze réunions sur site en trois ans, n'a pas été en mesure de justifier les retards dans la poursuite de son expertise malgré un report de date de dépôt du rapport d'un an et demi et de deux relances en novembre 2021 et février 2022.
Sur le montant des honoraires :
5. M. B soutient que le rapport en l'état apporte de nombreuses informations techniques et mentionne les différentes causes des désordres et des difficultés rencontrées. Toutefois il résulte de l'instruction que le rapport, qui compte 34 pages, dont deux pages de synthèse et deux pages d'état de frais, est incomplet concernant les causes du désordre objet de l'expertise et les responsabilités à rechercher. Dans ces conditions, le président du tribunal administratif de Rouen, qui a réduit les honoraires de M. B à hauteur de 167 heures, soit une réfaction de 40 % hors temps de déplacement, a fait une juste appréciation en ramenant ces honoraires à un montant de 31 960 euros hors taxe. Par ailleurs, une acceptation implicite des honoraires par les parties, à la supposer établie, ne fait pas partie des critères de l'article R. 621-7 du code de justice administrative précité. Par suite, le requérant n'est pas fondé à solliciter la réformation de l'ordonnance attaquée.
6. Il résulte de tout ce qui précède que, compte tenu du déroulement de l'expertise et des résultats de cette dernière, le requérant n'est pas fondé à solliciter la réformation de l'ordonnance attaquée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête présentée par M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au président du tribunal administratif de Rouen.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Groch, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.
Le rapporteur,
Signé
P. MARTINEZ
Le président,
Signé
F. CHEYLAN
Le greffier,
Signé
D. DUBOST
La République mande et ordonne au préfet de Seine-Maritime, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
D. Dubost
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026