mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2202442 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 28 octobre 2022, le 31 janvier 2023 et le 12 mai 2023, M. C B et Mme A B demandent au tribunal d'annuler la décision du 16 septembre 2022 par laquelle le préfet de l'Orne a retiré l'accord tacite de régularisation du plan d'eau situé sur la parcelle cadastrée ZP n° 45 de la commune de Ciral.
Ils soutiennent que :
- la décision de retrait méconnait les dispositions de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration, dès lors que l'accord tacite qu'ils ont obtenu le 18 juillet 2022 n'est pas illégal et est conforme aux articles R. 214-33 et R. 214-35 du code de l'environnement ; l'administration ne peut se prévaloir d'un manque d'information pour justifier le retrait de l'accord tacite ;
- la décision est intervenue au terme d'une procédure irrégulière ; ils n'ont pas été mis à même de faire valoir leurs observations avant le retrait de l'accord tacite ;
Par des mémoires en défense, enregistrés le 28 décembre 2022 et le 12 avril 2023, le préfet de l'Orne conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.
Par un courrier du 23 septembre 2024, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal était susceptible de relever d'office le moyen tiré de l'irrecevabilité du moyen relatif à la méconnaissance du principe du contradictoire, moyen qui relève d'une cause juridique distincte de celle dont relèvent les moyens invoqués dans la requête et qui a été soulevé au-delà du délai de recours contentieux.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ducos de Saint Barthélémy de Gélas,
- les conclusions de Mme Remigy, rapporteure publique,
- et les observations de M. et Mme B.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B ont acquis, le 30 juillet 2021, deux parcelles cadastrées ZP 42 et 45 au lieu-dit Tardiver sur la commune de Ciral (Orne), comportant deux plans d'eau n'ayant fait l'objet d'aucune déclaration préalable. Informés de l'irrégularité de la situation du plan d'eau situé sur la parcelle ZP 45, ils ont déposé une déclaration préalable le 13 septembre 2021. Après plusieurs demandes de pièces complémentaires auxquelles les requérants ont répondu, le préfet de l'Orne leur a délivré un récépissé de déclaration le 31 mai 2022. Par une décision du 16 septembre 2022, dont les requérants demandent l'annulation, le préfet de l'Orne a retiré la décision par laquelle il ne s'était pas opposé à l'opération déclarée.
2. En premier lieu, après l'expiration du délai de recours contre un acte administratif, sont irrecevables, sauf s'ils sont d'ordre public, les moyens soulevés par le demandeur qui relèvent d'une cause juridique différente de celle à laquelle se rattachent les moyens invoqués dans sa demande avant l'expiration de ce délai. En l'espèce, le délai de recours contre la décision attaquée du 16 septembre 2022, reçue le 20 septembre 2022 et mentionnant les voies et délais de recours, a expiré le 20 novembre 2022. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière, soulevé dans le mémoire en réplique du 27 janvier 2023 et relevant d'une cause juridique distincte du moyen de légalité interne seul soulevé dans le délai de recours, est irrecevable et doit, dès lors, être écarté.
3. En second lieu, aux termes de l'article L. 214-3 du code de l'environnement : " () II.- Sont soumis à déclaration les installations, ouvrages, travaux et activités qui, n'étant pas susceptibles de présenter de tels dangers, doivent néanmoins respecter les prescriptions édictées en application des articles L. 211-2 et L. 211-3. / Dans un délai fixé par décret en Conseil d'Etat, l'autorité administrative peut s'opposer à l'opération projetée s'il apparaît qu'elle est incompatible avec les dispositions du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux ou du schéma d'aménagement et de gestion des eaux, ou porte aux intérêts mentionnés à l'article L. 211-1 une atteinte d'une gravité telle qu'aucune prescription ne permettrait d'y remédier. Les travaux ne peuvent commencer avant l'expiration de ce délai. / Si le respect des intérêts mentionnés à l'article L. 211-1 n'est pas assuré par l'exécution des prescriptions édictées en application des articles L. 211-2 et L. 211-3, l'autorité administrative peut, à tout moment, imposer par arrêté toutes prescriptions particulières nécessaires. () ". L'article R. 214-1 du même code définit la nomenclature des installations, ouvrages, travaux et activités soumis à déclaration en application des articles L. 214-1 à L. 214-6. Aux termes de l'article R. 214-33 du même code, dans sa version alors en vigueur : " Dans les quinze jours suivant la réception d'une déclaration, il est adressé au déclarant : / 1° Lorsque la déclaration est incomplète, un accusé de réception qui indique les pièces ou informations manquantes et invite le déclarant à fournir ces pièces ou informations dans un délai fixé par le préfet qui ne peut être supérieur à trois mois. Si le déclarant ne produit pas l'ensemble des pièces ou informations indiquées dans le délai qui lui est imparti, l'opération soumise à déclaration fait l'objet d'une opposition tacite à l'expiration dudit délai ; l'accusé de réception adressé au requérant lui indiquant de compléter son dossier mentionne cette conséquence ; / 2° Lorsque la déclaration est complète, un récépissé de déclaration qui indique soit la date à laquelle, en l'absence d'opposition, l'opération projetée pourra être entreprise, soit l'absence d'opposition qui permet d'entreprendre cette opération sans délai lorsqu'il n'est pas fait application des dispositions de l'article R. 122-2-1. Le récépissé est assorti, le cas échéant, d'une copie des prescriptions générales applicables. ". Aux termes de l'article R. 214-35 du même code : " Le délai accordé au préfet par l'article L. 214-3 pour lui permettre de s'opposer à une opération soumise à déclaration est de deux mois à compter de la réception d'une déclaration complète ".
4. Dans le cadre du pouvoir qu'il exerce en application du 2° de l'article R. 214-33 précité pour délivrer le récépissé, le préfet apprécie si le projet ne présente pas d'incompatibilité avec les dispositions du schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE) ou du schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) et ne porte pas aux intérêts mentionnés à l'article L. 211-1 une atteinte d'une gravité telle qu'aucune prescription ne permettrait d'y remédier, et décide, en conséquence, soit de ne pas s'y opposer, soit de faire usage du délai mentionné à l'article R. 214-35.
5. Il résulte de l'instruction que M. et Mme B ont adressé, le 13 septembre 2021 au préfet de l'Orne, une déclaration au titre de la rubrique 3.2.3.0 " plan d'eau " de la nomenclature prévue par l'article R. 214-1 du code de l'environnement. Le 4 octobre 2021, puis le 25 février 2022, le préfet a précisé aux intéressés que, compte tenu de l'implantation du plan d'eau en zone humide, leur projet relevait également de la rubrique 3.3.1.0 " assèchement, mise en eau, imperméabilisation, remblais de zone humides ou de marais " de cette nomenclature et leur a demandé de compléter leur déclaration à ce titre. M. et Mme B ont complété leur déclaration par courrier du 8 avril 2022. Toutefois, le récépissé de dépôt de leur dossier de déclaration délivré par le préfet de l'Orne du 31 mai 2022 ne portait que sur la rubrique 3.2.3.0. alors qu'il devait également instruire la déclaration en litige au titre de la rubrique 3.3.1.0. de la nomenclature. A cet égard, si les requérants soutiennent que leur dossier était complet, y compris s'agissant de cette dernière rubrique, cette circonstance, au demeurant non établie, est sans influence sur l'incomplétude du récépissé du 31 mai 2022 et, par suite, son irrégularité. Dans ces conditions, le préfet a pu, à bon droit, procéder au retrait de l'autorisation implicite délivrée sur le fondement de ce récépissé illégal.
6. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme B ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision du 16 septembre 2022 par laquelle le préfet de l'Orne a procédé au retrait de la décision par laquelle il ne s'est pas opposé à la déclaration préalable du 13 septembre 2021.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C B et Mme A B et à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques.
Copie sera adressée au préfet de l'Orne.
Délibéré après l'audience du 1er octobre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Macaud, présidente,
- Mme Ducos de Saint Barthélémy de Gélas, première conseillère,
- Mme Sénécal, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 octobre 2024.
La rapporteure,
SIGNÉ
C. DUCOS DE SAINT BARTHELEMY DE GÉLAS
La présidente,
SIGNÉ
A. MACAUDLa greffière,
SIGNÉ
E. BLOYET
La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. Bloyet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026