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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2202459

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2202459

mercredi 27 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2202459
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantKATAM Avocats

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 2 novembre 2022, le 12 décembre 2022, le 12 décembre 2023, le 25 mars 2024 et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1, enregistré le 29 août 2024, M. F D, Mme G D, M. I A, Mme J A, Mme H B et M. E C, représentés par Me du Besset, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) de donner acte du désistement de Mme B et de M. C ;

2°) d'annuler l'arrêté du 7 juin 2022 par lequel la maire de la commune de Genêts a accordé à la société Phoenix France Infrastructures un permis de construire un pylône treillis avec trois antennes et faisceau hertzien, deux armoires techniques et un coffret énergie, ainsi que la décision de rejet de leur recours gracieux ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Genêts la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- l'arrêté méconnait l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme ;

- il méconnait l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- il est illégal en l'absence d'accord de l'architecte des bâtiments de France ;

- il méconnait l'article U6 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- il méconnait l'article U10 du même règlement ;

- il méconnait l'article U11 du même règlement et R. 111-27 du code de l'urbanisme.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 28 juin 2023 et 29 février 2024, et un mémoire récapitulatif présenté le 3 septembre 2024, en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, la société Phoenix France Infrastructures, représentée par la SELARL Katam Avocats, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 5 000 euros soit mise à la charge des requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La société Phoenix France Infrastructures fait valoir que :

- les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir ;

- la première branche du moyen tiré de la méconnaissance de l'article U10 du règlement du plan local d'urbanisme est tardif et, par suite, irrecevable ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 20 juillet 2023, le 1er mars 2024, le 5 avril 2024 et un mémoire récapitulatif présenté le 12 septembre 2024, en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, la commune de Genêts, représentée par la SARL Lexcap, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune de Genêts fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par une intervention, enregistrée le 28 juin 2023, la société Bouygues Telecom, représentée par la SELARL Katam Avocats, conclut au rejet de la requête de M. et Mme D et autres.

La société Bouygues Télécom fait valoir les mêmes arguments que ceux exposés par la société Phoenix France Infrastructures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du patrimoine ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Absolon, rapporteure,

- les conclusions de M. Blondel, rapporteur public,

- les observations de Me Loiré-Henochsberg, substituant Me du Besset, avocat des requérants, et les observations de Me Oueslati, substituant la SELARL Lexcap, avocat de la commune de Genêts.

Considérant ce qui suit :

1. La société Phoenix France Infrastructures a présenté le 11 mars 2022 une demande de permis de construire pour un projet d'implantation d'un pylône treillis avec trois antennes et faisceau hertzien, deux armoires techniques et un coffret énergie, sur un terrain situé au lieu-dit La Fontaine du Pré Rogue à Genêts. Par un arrêté du 7 juin 2022, le maire de la commune de Genêts a accordée l'autorisation sollicitée. Les consorts D et autres demandent l'annulation de cet arrêté et de la décision de rejet de leur recours gracieux.

Sur le désistement de Mme B et M. C :

2. Le désistement de Mme B et M. C est pur et simple. Rien ne fait obstacle à ce qu'il en soit donné acte.

Sur l'intervention de la société Bouygues Télécom :

3. La société Bouygues Télécom, soumise à une obligation de couverture, a intérêt au maintien de la décision attaquée, qui autorise l'installation de ses équipements de radiotéléphonie mobile. Ainsi, son intervention est recevable.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; / c) Soit par une personne ayant qualité pour bénéficier de l'expropriation pour cause d'utilité publique ". Aux termes de l'article R. 431-35 du même code : " La déclaration préalable précise : a) L'identité du ou des déclarants ; () La déclaration comporte également l'attestation du ou des déclarants qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une déclaration préalable. ". Et aux termes de l'article R. 431-13 de ce code : " Lorsque le projet de construction porte sur une dépendance du domaine public, le dossier joint à la demande de permis de construire comporte une pièce exprimant l'accord du gestionnaire du domaine pour engager la procédure d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public ".

5. D'une part, il résulte de ces dispositions que les déclarations préalables doivent seulement comporter, comme les demandes de permis de construire en vertu de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme, l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1 précité. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une déclaration ou d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Les tiers ne sauraient donc utilement, pour contester une décision accordant une telle autorisation au vu de l'attestation requise, faire grief à l'administration de ne pas en avoir vérifié l'exactitude. Toutefois, lorsque l'autorité saisie d'une telle déclaration ou d'une demande de permis de construire vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de s'opposer à la déclaration ou de refuser la demande de permis pour ce motif.

6. D'autre part, il résulte de l'article R. 431-13 du code de l'urbanisme que, saisi d'un moyen tiré de ce que des pétitionnaires n'avaient pas qualité pour déposer une demande de permis de construire incluant des aménagements sur le domaine public, le juge administratif ne peut se fonder sur l'absence de déclassement et de transfert de la propriété de la parcelle concernée pour leur refuser cette qualité, mais doit uniquement rechercher si, à défaut de déclassement et de transfert de la propriété de la parcelle, le dossier joint à la demande comporte une pièce exprimant l'accord du gestionnaire du domaine pour engager la procédure d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public.

7. En l'espèce, il ressort du formulaire Cerfa de demande de permis de construire que la société pétitionnaire a, en apposant sa signature, attesté, au sens des dispositions de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme, avoir qualité pour présenter une telle demande. En outre, à la date de l'arrêté attaqué, le 7 juin 2022, par une délibération adoptée le 19 janvier 2022, le conseil municipal de la commune de Genêts a accepté le projet d'implantation d'une antenne-relais de la société Bouygues Télécom sur la parcelle D175 au lieu-dit La Fontaine du Pré Rogue, parcelle dont la commune est propriétaire, et a autorisé la maire à signer le bail avec la société Phoenix France Infrastructures pour l'accueil de ses installations de communication électronique sur cette même parcelle. Dès lors, cette délibération suffit à faire regarder le gestionnaire de ce domaine public comme ayant exprimé son accord pour engager une procédure d'autorisation d'occupation temporaire du domaine public. Il s'ensuit que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté attaqué a méconnu les articles R. 423-1 et R. 431-13 du code de l'urbanisme.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

9. Si les requérants soutiennent que la société pétitionnaire s'est abstenue de produire toute pièce graphique permettant d'apprécier l'impact visuel de l'antenne-relais dans l'axe nord-sud, autrement dit dans l'axe du Mont-Saint-Michel, aucune disposition n'impose de faire figurer dans le dossier de demande de permis de construire ni la présence de monuments historiques, ni l'impact visuel du projet selon un certain axe de la commune. Dès lors, le moyen doit être écarté.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévues par les lois ou règlements en vigueur. " En vertu de l'article R. 425-1 du même code : " Lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, () la décision prise sur la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées, ou son avis pour les projets mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine. ". Aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine : " () II. - La protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, situé dans un périmètre délimité par l'autorité administrative dans les conditions fixées à l'article L. 621-31. Ce périmètre peut être commun à plusieurs monuments historiques. / En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci () ".

11. Il ressort des pièces du dossier qu'aucun périmètre de protection n'a été délimité par l'autorité administrative autour de l'église de Genêts, protégée au titre des monuments historiques. En outre, le terrain d'assiette du projet, situé au lieu-dit La Fontaine du Pré Rogue, se situe à une distance de plus de 500 mètres de cet immeuble bénéficiant d'une protection. Par suite, le moyen tiré de ce que le permis de construire en litige serait illégal en raison de l'absence d'avis conforme rendu par l'architecte des Bâtiments de France ne peut qu'être écarté.

12. En quatrième lieu, aux termes de l'article U6 du règlement du plan local d'urbanisme : " Les constructions doivent être implantées à l'alignement de fait des constructions existantes. L'implantation en retrait est possible dans les rues qui ne présentent pas une implantation traditionnelle en alignement, le retrait maximum étant celui de la construction la plus éloignée sur les parcelles mitoyennes. La continuité en limite de voie devra pouvoir être assurée et respectera la typologie urbaine existante (mur en pierre, clôture) ".

13. Les requérants ne peuvent invoquer les dispositions de l'article U6 du règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que le projet s'implante sur une parcelle de type triangulaire, laquelle est bordée par un chemin d'accès, un vaste espace naturel et le cimetière communal. Il ressort en outre des vues aériennes produites que la parcelle assiette du projet ne jouxte aucune parcelle bâtie. Dès lors, le moyen doit être écarté.

14. En cinquième lieu, aux termes de l'article U10 du règlement du plan local d'urbanisme : " - La hauteur de la construction principale doit rester en harmonie avec celle des constructions principales avoisinantes ; / - la hauteur maximale des constructions (mesurée à partir du niveau du terrain naturel avant travaux, à l'exclusion des superstructures, cheminées et ouvrages techniques) est limitée à 9 mètres au faitage, 6 mètres à l'égout de la toiture et à l'acrotère ; / - des travaux limités d'aménagement et de transformation des constructions existant antérieurement à la date d'approbation du PLU dépassant la hauteur ci-dessus admise pourront conduire pour les parties transformées ou aménagées, à un dépassement de cette hauteur, sans excéder la cote d'altitude des parties anciennes les plus hautes. / () Ces dispositions ne s'appliquent pas aux ouvrages techniques et équipements nécessaires aux services d'intérêt général ".

15. Si les requérants soutiennent que la règle générale d'harmonie des hauteurs s'applique au projet en litige, il ressort des termes mêmes de l'article U10 du règlement du plan local d'urbanisme que les rédacteurs ont inséré une dérogation à ces règles concernant les ouvrages techniques et équipements nécessaires aux services d'intérêt général. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, cette dérogation, qui se trouve en fin de paragraphe, séparée par un saut de ligne, ne s'applique pas uniquement aux règles applicables au secteur Ug. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté en litige méconnaît les dispositions de l'article U10 du règlement du plan local d'urbanisme.

16. En dernier lieu, l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme dispose que : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ". Aux termes de l'article U11 du règlement du plan local d'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. () Antennes et pylônes : / - les antennes, y compris les paraboles et relais téléphoniques doivent être placées de façon à en réduire l'impact notamment lorsqu'elles sont vues depuis les voies ou les espaces publics ; / - Les antennes et paraboles devront être de même teinte que la toiture ; / - Les pylônes doivent être étudiés de manière à s'insérer dans le paysage ".

17. Ces dernières dispositions ont le même objet que celles de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée. En conséquence, le juge exerce un contrôle normal sur la conformité à ces dispositions de la décision attaquée. Par ailleurs, il résulte de ces dispositions que, si les constructions projetées portent atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains, ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente doit refuser de délivrer l'autorisation d'urbanisme sollicitée ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte à un paysage naturel ou urbain de nature à fonder une décision d'opposition à déclaration préalable ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de l'autorisation d'urbanisme, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site naturel ou urbain sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site.

18. D'une part, il ressort des pièces du dossier que l'architecte des Bâtiments de France a rendu un avis le 12 avril 2022, dans lequel il est mentionné que cet immeuble n'est pas situé dans le champ de visibilité d'un monument historique. Il ressort également des pièces du dossier que le projet est implanté sur une parcelle entourée de vastes espaces agricoles et d'un cimetière communal, et qu'elle est éloignée des zones littorales et urbanisées, de sorte que le secteur d'implantation du projet ne présente pas d'intérêt patrimonial ou paysager notoire. D'autre part, l'installation projetée est située dans un espace résiduel, inexploité, et en dehors de l'enceinte du cimetière. Par ailleurs, il ressort de la notice architecturale que l'antenne est prévue en treillis galvanisé gris clair, ce qui permettra une transparence relative dans le paysage, et les armoires et coffrets techniques en acier seront de teinte gris clair entourés d'une haie de troènes. Enfin, l'autorité administrative a assorti le permis de construire attaqué d'une prescription exigeant que des éléments végétaux soient plantés autour du pylône afin de faciliter son intégration paysagère. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article U11 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

19. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 7 juin 2022 doivent être rejetées.

Sur les frais de l'instance :

20. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Genêts et de la société Phoenix France Infrastructures, qui ne sont pas les parties perdantes, une somme au titre des frais exposés par les requérants pour la présente instance. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la société Phoenix France Infrastructures et de la commune de Genêts présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il est donné acte du désistement de Mme B et de M. C.

Article 2 : L'intervention de la société Bouygues Télécom est admise.

Article 3 : La requête de M. et Mme D et autres est rejetée.

Article 4 : Les conclusions de la société Phoenix France Infrastructures et de la commune de Genêts présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. F D et Mme G D, premiers dénommés pour les requérants, à la commune de Genêts et aux sociétés Phoenix France Infrastructures et Bouygues Télécom.

Délibéré après l'audience du 12 novembre 2024 à laquelle siégeaient :

- M. Marchand, président,

- Mme Absolon, première conseillère,

- M. Pringault, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 27 novembre 2024.

La rapporteure,

Signé

C. ABSOLON

Le président,

Signé

A. MARCHAND

La greffière,

Signé

A. D'OLIF

La République mande et ordonne au préfet de la Manche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

J. Lounis

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