LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2202492

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2202492

mercredi 13 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2202492
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 4 novembre 2022, Mme B A épouse C, représentée par la SCP Doucerain-Eude-Sébire, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 21 septembre 2022 par laquelle le recteur de la région académique de Normandie a rejeté sa demande de reconnaissance d'imputabilité au service de ses arrêts de travail du 22 juin 2018, du 25 juin au 1er juillet 2018 et du 13 juillet au 13 août 2018 ;

2°) d'enjoindre au recteur de la région académique de Normandie de reconnaître l'imputabilité de ces arrêts de travail au service ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme C soutient que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit en ce que le motif tiré du comportement normal du directeur des relations et des ressources humaines lors de l'entretien du 26 juin 2018 n'est pas susceptible de la justifier légalement.

Par un mémoire en défense, enregistré le 31 janvier 2024, le recteur de la région académique de Normandie conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par un courrier du 14 octobre 2024, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le tribunal est susceptible de substituer d'office aux articles L. 822-18 à L. 822-25 du code général de la fonction publique, qui n'étaient pas encore applicables à la date des faits constitutifs de l'accident dont Mme C a demandé la reconnaissance de l'imputabilité au service, les dispositions de l'article 34 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 comme base légale de la décision en litige.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Absolon, rapporteure,

- et les conclusions de M. Blondel, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Mme Brigitte Vigouroux, conseillère principale d'éducation depuis le 1er septembre 2002, a été placée en congé de longue durée du 27 août 2012 au 26 août 2017. Au terme de ce congé, elle a bénéficié d'une période de préparation au reclassement dans le corps des attachés d'administration de l'éducation nationale au sein du lycée Jean-François Millet de Cherbourg-en-Cotentin. Par un entretien du 22 juin 2018 puis par un courrier du 2 juillet 2018, le recteur de l'académie de Caen l'a informée qu'il ne donnait pas suite à sa demande de reclassement. Le 24 juin 2018 et le 6 juillet 2018, Mme C a déclaré deux accidents de service liés à l'entretien du 22 juin 2018 et à la réception, le 5 juillet 2018, de la décision du 2 juillet 2018. Par deux décisions du 22 mars 2019, le recteur de la région académique de Normandie a refusé de reconnaître l'imputabilité au service des arrêts de travail de l'intéressée s'échelonnant, pour le premier accident déclaré, du 22 juin 2018, du 25 juin au 1er juillet 2018 et du 13 juillet au 13 août 2018 et, pour le second, du 5 au 13 juillet 2018 et du 13 août 2018 au 14 avril 2019. Mme C a contesté ces décisions devant le tribunal administratif de Caen, lequel a rejeté ses conclusions par un jugement du 2 avril 2020. Par une décision du 18 mai 2021, la cour administrative d'appel de Nantes a annulé le jugement du 2 avril 2020 ainsi que les décisions du 22 mars 2019, et a enjoint au recteur de la région académique de Normandie de procéder à un nouvel examen de ses demandes. Par une décision du 21 septembre 2022, le recteur de la région académique de Normandie a refusé de reconnaître comme imputable au service l'accident du 22 juin 2018. Par la présente requête, Mme C demande au tribunal d'annuler cette dernière décision.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les dispositions applicables :

2. Aux termes de l'article L. 822-18 du code général de la fonction publique : " Est présumé imputable au service tout accident survenu à un fonctionnaire, quelle qu'en soit la cause, dans le temps et le lieu du service, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions ou d'une activité qui en constitue le prolongement normal, en l'absence de faute personnelle ou de toute autre circonstance particulière détachant l'accident du service. ".

3. Ces dispositions sont d'application immédiate, en l'absence de dispositions contraires. Elles ont donc vocation à s'appliquer aux situations en cours, sous réserve des exigences attachées au principe de non-rétroactivité, qui exclut que les nouvelles dispositions s'appliquent à des situations juridiquement constituées avant leur entrée en vigueur. Or, les droits des agents publics en matière d'accident de service ou de maladie professionnelle sont constitués à la date à laquelle l'accident est intervenu ou la maladie diagnostiquée.

4. Il ressort des pièces du dossier que les faits constitutifs de l'accident de Mme C se sont produits les 22 juin et 2 juillet 2018, soit avant l'entrée en vigueur des dispositions des articles L. 822-18 et suivants du code général de la fonction publique. Il en résulte que l'administration ne pouvait se fonder, pour instruire la demande de reconnaissance d'accident de service de la requérante, sur les dispositions des articles L. 822-18 à L. 822-25 du code général de la fonction publique, mais seulement sur celles de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 ci-dessous précitées, portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l'État.

5. Aux termes de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984 : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. () / Toutefois, si la maladie provient de l'une des causes exceptionnelles prévues à l'article L. 27 du code des pensions civiles et militaires de retraite ou d'un accident survenu dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions, le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à mise à la retraite. () / 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaire un traitement et des soins prolongés et qu'elle présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. () / Les dispositions du deuxième alinéa du 2° du présent article sont applicables au congé de longue maladie. () / 4° A un congé de longue durée, en cas de tuberculose, maladie mentale, affection cancéreuse, poliomyélite ou déficit immunitaire grave et acquis, de trois ans à plein traitement et de deux ans à demi-traitement. () / Si la maladie ouvrant droit à congé de longue durée a été contractée dans l'exercice des fonctions, les périodes fixées ci-dessus sont respectivement portées à cinq ans et trois ans. / Sauf dans le cas où le fonctionnaire ne peut être placé en congé de longue maladie à plein traitement, le congé de longue durée n'est attribué qu'à l'issue de la période rémunérée à plein traitement d'un congé de longue maladie. Cette période est réputée être une période du congé de longue durée accordé pour la même affection. Tout congé attribué par la suite pour cette affection est un congé de longue durée. (). "

6. Lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée. Une telle substitution relevant de l'office du juge, celui-ci peut y procéder de sa propre initiative, au vu des pièces du dossier, mais sous réserve, dans ce cas, d'avoir au préalable mis les parties à même de présenter des observations sur ce point.

7. En l'espèce, il y a lieu de substituer au fondement erroné des articles L. 822-18 à L. 822-25 du code général de la fonction publique, les dispositions de l'article 34 de la loi du 11 janvier 1984, dès lors que cette substitution de base légale n'a pas pour effet de priver Mme C des garanties qui lui sont reconnues par la loi.

En ce qui concerne la légalité de la décision du 21 septembre 2022 :

8. Constitue un accident de service, pour l'application des dispositions précitées, un évènement survenu à une date certaine, par le fait ou à l'occasion du service, dont il est résulté une lésion, quelle que soit la date d'apparition de celle-ci. Sauf à ce qu'il soit établi qu'il aurait donné lieu à un comportement ou à des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique, lequel peut conduire le supérieur hiérarchique à adresser aux agents des recommandations, remarques, reproches ou à prendre à leur encontre des mesures disciplinaires, un entretien, notamment d'évaluation, entre un agent et son supérieur hiérarchique, ne saurait être regardé comme un événement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service, quels que soient les effets qu'il a pu produire sur l'agent.

9. En l'espèce, Mme C soutient qu'elle a été victime d'un accident de travail lié à l'entretien du 22 juin 2018 et à la réception, le 5 juillet 2018, de la décision du 2 juillet 2018. Il ressort des pièces du dossier que cet entretien s'est déroulé en présence de la requérante, d'un représentant du personnel, de la cheffe de la DEPAP et du directeur des ressources humaines de l'académie de Caen. Toutefois, il est constant que l'objet de cet entretien était de dresser un bilan de la phase préparatoire au reclassement de Mme C et de l'informer de la volonté de l'employeur de mettre un terme à cette procédure de reclassement au motif qu'elle a initié, dans l'instruction de son dossier de maladie professionnelle, un contexte contentieux et judiciaire aboutissant à une situation de rupture de confiance entre elle et son employeur. Il ne ressort pas des pièces du dossier que les échanges entre la requérante et son supérieur hiérarchique aient donné lieu à un comportement ou des propos excédant l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Alors même que le conseil médical, dans sa formation plénière du 3 juin 2022, a émis un avis favorable à l'imputabilité au service de l'accident du travail du 22 juin 2018, et que le médecin expert a émis, le 5 novembre 2021, un avis selon lequel il existe un lien de cause à effet entre les lésions invoquées et le service, les circonstances dans lesquelles Mme C a été informée de la fin de la procédure dédiée à son reclassement lors de l'entretien du 22 juin 2018, ne peuvent être regardées comme caractérisant un évènement soudain et violent susceptible d'être qualifié d'accident de service, quels que soient les effets qu'il a pu produire sur l'agent, aussi regrettables qu'ils soient. Dès lors, en refusant de qualifier d'accident imputable au service l'évènement survenu le 22 juin 2018 au motif que l'entretien qui s'est tenu à cette date s'est déroulé dans un cadre normal, l'administration n'a pas entaché sa décision d'une erreur de droit.

10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête aux fins d'annulation de la décision du 21 septembre 2022 doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme Brigitte Vigouroux, à la ministre de l'éducation nationale et à la rectrice de la région académique de Normandie.

Délibéré après l'audience du 22 octobre 2024 à laquelle siégeaient :

- M. Marchand, président,

- Mme Pillais, première conseillère,

- Mme Absolon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 novembre 2024.

La rapporteure,

Signé

C. ABSOLON

Le président,

Signé

A. MARCHAND

Le greffier,

Signé

J. LOUNIS

La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

C. Bénis

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions