LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2202500

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2202500

vendredi 20 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2202500
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation1ère chambre
Avocat requérantORN'AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires, enregistrées le 7 novembre 2022 et le 7 mai 2024, M. A B, représenté par Me Guyomard, demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier intercommunal d'Alençon-Mamers à lui verser la somme de 68 293,69 euros au titre de dommages et intérêts ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier intercommunal d'Alençon-Mamers la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- la gonarthrose est imputable en totalité au centre hospitalier d'Alençon dès lors que l'arthrite septique initiale du genou gauche a été considérée comme imputable à cet établissement hospitalier ;

- il est bien fondé à solliciter la somme de 68 293,69 euros en réparation de ses préjudices, dont 2 208 euros de frais d'assistance par tierce personne, 5 267,99 euros de perte de gains professionnels actuels, 5 297,70 euros de déficit fonctionnel temporaire, 1 849 euros de préjudice esthétique temporaire, 7 201 euros de souffrances endurées, 13 621 euros de déficit fonctionnel permanent, 1 849 euros de préjudice esthétique permanent, 5 000 euros de préjudice sexuel, 5 000 euros de préjudices extrapatrimoniaux évolutifs, 6 000 euros de frais de véhicule adapté, 15 000 euros d'incidence professionnelle, et les frais de santé futurs.

Par un mémoire en intervention, enregistré le 7 novembre 2023, la caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Calvados demande au tribunal :

1°) de condamner le centre hospitalier intercommunal d'Alençon-Mamers à lui verser la somme de 3 549,97 euros au titre de ses débours avec intérêts au taux légal à compter du jugement ;

2°) de mettre à la charge du centre hospitalier intercommunal d'Alençon-Mamers la somme de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Elle soutient que compte tenu de la prise en charge médicale de M. B, elle est fondée à solliciter la somme de 3 549,97 euros au titre de ses débours et de 1 162 euros au titre de l'indemnité forfaitaire de gestion.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 12 juillet 2023 et le 30 avril 2024, le centre hospitalier intercommunal d'Alençon-Mamers, représenté par Me Labrusse, déclare ne pas s'opposer à ce que sa responsabilité soit reconnue et conclut au rejet des demandes au titre de l'assistance par tierce personne, de la perte de gains professionnels actuels, de frais de véhicule adapté, d'incidence professionnelle, de préjudice sexuel et des préjudices patrimoniaux évolutifs, et à ce que soient ramenées à de plus justes proportions les autres conclusions indemnitaires et les conclusions relatives aux frais d'instance de M. B.

Il soutient que :

- sa responsabilité est engagée ;

- les sommes demandées au titre de l'assistance par tierce personne, de la perte de gains professionnels actuels, de frais de véhicule adapté, d'incidence professionnelle, de préjudice sexuel et des préjudices patrimoniaux évolutifs ne sont pas fondées ;

- les autres sommes à allouer en réparation des préjudices de M. B et au titre des frais d'instance doivent être réduites à de plus justes proportions.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 26 avril 2023.

Vu

- le rapport d'expertise déposé le 26 août 2022 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Martinez,

- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public,

- et les observations Me Roméro, substituant Me Labrusse, représentant le centre hospitalier intercommunal d'Alençon-Mamers.

Les autres parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. B, né le 16 septembre 1982, a été pris en charge à la suite d'une chute, alors qu'il avait 13 ans, par le centre hospitalier intercommunal d'Alençon-Mamers. Par un jugement du 16 décembre 1999, le tribunal administratif de Caen a condamné le centre hospitalier intercommunal Alençon-Mamers à lui verser une indemnité en réparation des préjudices liés aux fautes commises par cet établissement dans le diagnostic et la prise en charge thérapeutique. M. B a fait l'objet d'arrêts de travail du 31 octobre 2020 au 28 février 2021 en raison de douleurs intenses au genou gauche. Par une ordonnance du 3 novembre 2021, le juge des référés du tribunal administratif de Caen a désigné un expert qui a remis son rapport le 26 août 2022. Par la présente requête, M. B sollicite la condamnation du centre hospitalier intercommunal d'Alençon-Mamers à lui verser la somme de 68 293,69 euros en réparation de ses préjudices. La caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) du Calvados demande la condamnation du centre hospitalier intercommunal d'Alençon-Mamers à lui verser la somme de 3 549,97 euros au titre de ses débours.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité du centre hospitalier intercommunal d'Alençon-Mamers :

2. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. () ".

3. Il résulte de l'instruction que, par un jugement du 16 décembre 1999, le tribunal administratif de Caen a condamné le centre hospitalier intercommunal Alençon-Mamers à verser à M. B une indemnité en réparation des préjudices liés aux fautes commises par cet établissement dans le diagnostic et la prise en charge thérapeutique à la suite d'une chute, alors qu'il avait 13 ans. Son état de santé a été considéré comme consolidé au 19 septembre 1997, sans préjudice d'une nouvelle action éventuelle en cas d'aggravation future. Il résulte du rapport de l'expert du 26 août 2022 que M. B a présenté une gonarthrose gauche symptomatique à partir de l'année 2014. Sans que cela soit contesté en défense, cette gonarthrose est l'évolution naturelle de l'arthrite infectieuse de son genou à l'origine de lésions chondrales en lien direct et certain avec des soins non conformes aux règles de l'art. Dès lors, l'aggravation de l'état de santé de M. B, qui présente un lien direct, certain et exclusif avec la faute du centre hospitalier intercommunal d'Alençon-Mamers, est de nature à engager sa responsabilité.

En ce qui concerne la réparation des préjudices :

4. Eu égard aux conclusions de l'expert, la date d'aggravation de l'état de santé de M. B doit être fixée au 20 juillet 2014 et la date de consolidation de son état de santé doit être fixée au 30 mai 2022.

5. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " Lorsque, sans entrer dans les cas régis par les dispositions législatives applicables aux accidents du travail, la lésion dont l'assuré social ou son ayant droit est atteint est imputable à un tiers, l'assuré ou ses ayants droit conserve contre l'auteur de l'accident le droit de demander la réparation du préjudice causé, conformément aux règles du droit commun, dans la mesure où ce préjudice n'est pas réparé par application du présent livre ou du livre Ier. / Les caisses de sécurité sociale sont tenues de servir à l'assuré ou à ses ayants droit les prestations prévues par le présent livre et le livre Ier, sauf recours de leur part contre l'auteur responsable de l'accident dans les conditions ci-après. / Les recours subrogatoires des caisses contre les tiers s'exercent poste par poste sur les seules indemnités qui réparent des préjudices qu'elles ont pris en charge, à l'exclusion des préjudices à caractère personnel. / Conformément à l'article 1346-3 du code civil, la subrogation ne peut nuire à la victime subrogeante, créancière de l'indemnisation, lorsqu'elle n'a été prise en charge que partiellement par les prestations sociales ; en ce cas, l'assuré social peut exercer ses droits contre le responsable, par préférence à la caisse subrogée. / Cependant, si le tiers payeur établit qu'il a effectivement et préalablement versé à la victime une prestation indemnisant de manière incontestable un poste de préjudice personnel, son recours peut s'exercer sur ce poste de préjudice () ".

6. Il résulte de ces dispositions que le juge, saisi d'un recours de la victime d'un dommage corporel et d'un recours subrogatoire d'un tiers payeur doit, pour chacun des postes de préjudices, déterminer le montant du préjudice en précisant la part qui a été réparée par des prestations et celle qui est demeurée à la charge de la victime. Il lui appartient, ensuite, de fixer l'indemnité mise à la charge de l'auteur du dommage au titre du poste de préjudice en tenant compte, s'il a été décidé, du partage de responsabilité avec la victime. Le juge doit allouer cette indemnité à la victime dans la limite de la part du poste de préjudice qui n'a pas été réparée par des prestations, le solde, s'il existe, étant alloué au tiers payeur.

7. En l'espèce, la caisse primaire d'assurance maladie du Calvados exerce, sur les réparations dues au titre des préjudices subis par M. B, le recours subrogatoire prévu à l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

S'agissant des préjudices patrimoniaux :

Quant au besoin d'assistance par tierce personne :

8. Selon le rapport d'expertise, " aucune aide par tierce personne n'est nécessaire dans le cadre d'une gonarthrose qui représente une pathologie bénigne ". Par suite, les conclusions aux fins d'indemnisation de l'intervention d'une tierce personne auprès de M. B, qui n'établit pas de circonstances justifiant l'aide de sa mère pendant la période du 20 octobre au 4 novembre 2020, doivent être rejetées.

Quant à la perte de gains professionnels actuels :

9. Il résulte de l'instruction que M. B a bénéficié d'un arrêt de travail du 31 octobre 2020 au 28 février 2021, date à compter de laquelle il a été licencié dans le cadre d'une inaptitude professionnelle et a subi des pertes de revenus qui peuvent être évaluées, eu égard à son revenu mensuel moyen antérieur, à 2 890 euros. La CPAM du Calvados lui a versé au cours de cette période des indemnités journalières d'un montant total de 2 564,14 euros. Par suite, doivent être mis à la charge du centre hospitalier, au titre de ce poste de préjudice, le versement au requérant d'une indemnité de 325,86 euros correspondant à la part des pertes de revenus non réparée par les indemnités journalières.

Quant à l'incidence professionnelle :

10. Il résulte du rapport d'expertise que la gonarthrose de M. B implique " une petite limitation des amplitudes articulaires du genou gauche associée à une inégalité des membres inférieurs de 4,5 centimètres au profit du membre inférieur droit ". Cet état de santé aura des répercussions sur l'insertion professionnelle de l'intéressé qui a été licencié le 23 mars 2021 et s'est d'ailleurs vu reconnaître le statut de travailleur handicapé. M. B est atteint d'un déficit fonctionnel permanent de 10 %. Dans ces conditions, il sera fait une juste appréciation du préjudice d'incidence professionnelle en allouant à M. B la somme de 10 000 euros.

Quant aux frais de santé exposés après la consolidation :

11. Les conclusions tendant à une condamnation pécuniaire doivent être chiffrées sous peine d'irrecevabilité. Selon le rapport du 26 août 2022, " l'évolutivité de l'arthrose nécessiterait une prise en charge thérapeutique à type de visco-supplémentation et pourrait conduire à une chirurgie prothétique du genou gauche ". Toutefois, aucun justificatif de soins n'a été produit et le requérant ne prétend à l'indemnisation d'aucun préjudice supplémentaire. Par suite, les conclusions aux fins d'indemnisation de M. B des dépenses liées à des frais de santé futurs sont rejetées.

Quant aux frais de véhicule adapté :

12. Il résulte du rapport d'expertise que la gonarthrose de M. B est " dans une forme à l'heure actuelle modérée ". Par suite, les conclusions aux fins d'indemnisation de frais de véhicule adapté doivent être rejetées.

S'agissant des préjudices extrapatrimoniaux :

Quant au déficit fonctionnel temporaire :

13. Il résulte de l'instruction que M. B a subi un déficit fonctionnel temporaire total de soixante-deux jours, un déficit fonctionnel temporaire de 7 % du 20 juillet 2014 au 20 septembre 2014, de 5 % du 21 septembre 2014 au 31 août 2020, puis de 10 % du 31 août 2020 à la date de consolidation le 30 mai 2022. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en lui allouant la somme de 2 825 euros.

Quant aux souffrances endurées :

14. L'expert a évalué les souffrances endurées par M. B à 2 sur une échelle allant de 1 à 7, jusqu'au 30 mai 2022, date de consolidation. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en allouant la somme de 1 900 euros.

Quant au préjudice esthétique temporaire et permanent :

15. Le préjudice esthétique temporaire et permanent lié à l'inégalité de longueur des jambes a été évalué par l'expert à 2 sur une échelle allant de 1 à 7. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice de manière globale en allouant, après application du taux de perte de chance, la somme de 1 900 euros.

Quant au déficit fonctionnel permanent :

16. Le rapport d'expertise du 26 août 2022 mentionne un taux de déficit fonctionnel permanent de 10 %. Dans les circonstances de l'espèce, compte tenu du déficit fonctionnel permanent à l'âge de 17 ans à la date du jugement du 16 décembre 1999 à la suite de l'arthrite infectieuse initiale, et compte tenu du déficit fonctionnel permanent tel qu'évalué par l'expert dans la présente instance à la date de la consolidation de son état de santé, il sera fait une juste appréciation du déficit fonctionnel de M. B en lui allouant la somme de 9 000 euros.

Quant au préjudice sexuel :

17. Il résulte du rapport d'expertise que la gonarthrose du genou gauche de M. B n'a pas d'incidence sur un éventuel préjudice sexuel. Par suite, les conclusions aux fins d'indemnisation à ce titre doivent être rejetées.

Quant aux préjudices extrapatrimoniaux évolutifs :

18. Il résulte de l'instruction que la pathologie de gonarthrose de M. B ne peut être à l'origine de préjudices qualifiés de préjudices extrapatrimoniaux évolutifs au sens du référentiel indicatif d'indemnisation de l'office national d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales, c'est-à-dire, de " préjudices résultant pour une victime de la connaissance de sa contamination par un agent exogène, quelle que soit sa nature (biologique, physique ou chimique) qui comporte le risque d'apparition, à plus ou moins brève échéance, d'une pathologie mettant en jeu le pronostic vital ". Par suite, les conclusions aux fins d'indemnisation de préjudices extrapatrimoniaux évolutifs doivent être rejetées.

En ce qui concerne les demandes de la CPAM :

19. Par un mémoire enregistré le 7 novembre 2023, la CPAM a sollicité la mise à la charge du centre hospitalier intercommunal d'Alençon-Mamers de la somme de 3 549,97 euros au titre des dépenses de santé actuelles, de perte de gains professionnels actuels et des dépenses de santé futures. La CPAM produit une attestation d'imputabilité établie par son médecin conseil. Ces débours sont cohérents au regard des périodes concernées et détaillées par le rapport d'expertise. Par suite, il y a lieu d'allouer la somme globale de 3 549,97euros à la CPAM au titre de ses débours.

Sur les intérêts :

20. Lorsqu'ils sont demandés, les intérêts au taux légal sur le montant de l'indemnité allouée sont dus, quelle que soit la date de la demande préalable, à compter du jour où cette demande est parvenue à l'autorité compétente ou, à défaut, à compter de la date d'enregistrement au greffe du tribunal administratif des conclusions tendant au versement de cette indemnité.

21. La CPAM sollicite que la somme qui lui est allouée soit assortie des intérêts au taux légal à compter du jugement. Il y a lieu de faire droit à cette demande.

Sur l'indemnité forfaitaire de gestion :

22. Aux termes de l'article 376-1 du code de la sécurité sociale : " En contrepartie des frais qu'elle engage pour obtenir le remboursement mentionné au troisième alinéa ci-dessus, la caisse d'assurance maladie à laquelle est affilié l'assuré social victime de l'accident recouvre une indemnité forfaitaire à la charge du tiers responsable et au profit de l'organisme national d'assurance maladie. Le montant de cette indemnité est égal au tiers des sommes dont le remboursement a été obtenu, dans les limites d'un montant maximum de 910 euros et d'un montant minimum de 91 euros. À compter du 1er janvier 2007, les montants mentionnés au présent alinéa sont révisés chaque année, par arrêté des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget () ". L'article 1er de l'arrêté du 20 décembre 2023 relatif aux montants minimal et maximal de l'indemnité forfaitaire de gestion prévue aux articles L. 376-1 et L. 454-1 du code de la sécurité sociale pour l'année 2024 fixe à 118 euros et 1 191 euros les montants minimum et maximum de l'indemnité pouvant être recouvrée par l'organisme d'assurance maladie.

23. En application des dispositions précitées et compte tenu de la somme à allouer à la CPAM, celle-ci a droit à l'indemnité forfaitaire régie par les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale pour un montant de 1 191 euros. Il y a lieu de mettre cette somme à la charge du CHU.

Sur les frais liés au litige :

24. En premier lieu, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'État. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties () ".

25. Les dépens de l'instance sont constitués des frais et honoraires de l'expertise rendue le 26 août 2022 par le docteur C. Ces frais ont été liquidés et taxés, par ordonnance du 7 septembre 2022, à la somme de 1 500 euros non soumise à la TVA. Dans les circonstances de l'espèce, ces frais, sous déduction des allocations provisionnelles si celles-ci ont été versées, sont mis à la charge définitive du centre hospitalier intercommunal d'Alençon-Mamers.

26. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

27. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier intercommunal d'Alençon-Mamers le versement à M. B de la somme globale de 1 500 euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Le centre hospitalier intercommunal d'Alençon-Mamers est condamné à verser la somme de 25 950,86 euros à M. B.

Article 2 : Le centre hospitalier intercommunal d'Alençon-Mamers versera la somme de 3 549,97 euros à la CPAM, avec intérêts au taux légal à compter du présent jugement.

Article 3 : Le centre hospitalier intercommunal d'Alençon-Mamers versera à la CPAM la somme de 1 191 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale.

Article 4 : Les frais et honoraires d'expertise, liquidés et taxés, par ordonnance du 7 septembre 2022, à la somme de 1 500 euros, sous déduction des allocations provisionnelles si celles-ci ont été versées, sont mis à la charge définitive du centre hospitalier intercommunal d'Alençon-Mamers.

Article 5 : Le centre hospitalier intercommunal d'Alençon-Mamers versera une somme de 1 500 euros à M. B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la caisse primaire d'assurance maladie de l'Orne, à la caisse primaire d'assurance maladie du Calvados et au centre hospitalier intercommunal d'Alençon-Mamers.

Copie en sera adressée pour information à l'expert.

Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Cheylan, président,

M. Martinez, premier conseiller,

Mme Groch, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 septembre 2024.

Le rapporteur,

Signé

P. MARTINEZ

Le président,

Signé

F. CHEYLAN

Le greffier,

Signé

D. DUBOST

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

D. Dubost

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions