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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2202512

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2202512

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2202512
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème Chambre
Avocat requérantDESMONTS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 4 novembre 2022 et le 25 mars 2024, M. E M et Mme N M, Mme F H, M. L I, M. K Q et Mme J B, M. A G et Mme C O et M. P D, représentés par Me Taforel, demandent au tribunal :

1°) d'annuler le permis de construire du 20 mai 2022 délivré par le maire de la commune d'Equemauville à la société Erigea portant sur la construction de quatre cottages d'habitation, d'une piscine et la rénovation d'un manoir et d'une maison secondaire ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Equemauville une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- leur recours n'est pas tardif ; ils ont tous exercé le recours gracieux du 7 juillet 2022, qu'ils ont individuellement signé ; en outre, ils n'ont reçu le courrier du maire du 29 août 2022 que courant septembre 2022 ; enfin, il n'est pas démontré que le permis de construire aurait fait l'objet d'un affichage régulier ;

- ils ont intérêt pour agir, étant voisins immédiats de la construction envisagée ; en outre, la construction projetée impactera la jouissance de leurs biens ;

- le dossier de demande de permis est incomplet ; il ne mentionne pas la présence et la destination envisagée du blockhaus présent sur le terrain ; il ne décrit pas, ou insuffisamment, les abords du terrain, l'emplacement et la nature du revêtement des places de parking envisagées, l'accès à la parcelle 155, l'extension de la terrasse, ni les plantations qui seront réalisées et les clôtures ; le plan de masse ne précise pas quels arbres seront abattus, ni les modalités de raccordements aux réseaux publics ; les éléments relatifs à la classification en établissement recevant du public et à l'accueil des personnes handicapées sont absents ; ces insuffisances du dossier n'ont pas permis au service instructeur d'apprécier la conformité du projet à la réglementation ;

- le projet autorisé méconnait l'article UC 3 du plan local d'urbanisme de la communauté de communes du Pays de Honfleur - Beuzeville dès lors qu'il ne prévoit pas la possibilité pour les résidents de faire demi-tour dans la voie interne au lotissement, et que le département n'a pas donné son accord pour la création d'un accès sur la route départementale 579A ;

- il méconnait l'article UC 4 de ce même plan local d'urbanisme, faute de justifier d'un débit d'écoulement des eaux pluviales inférieur ou égal à ce qu'il était avant la construction projetée ; en outre, aucune pièce du dossier de demande ne prévoit de procédé de traitement de débourbage et de déshuilage des eaux de l'aire de stationnement ;

- il méconnait l'article UC 11.5 du plan local d'urbanisme, faute de précision sur les clôtures du terrain et de l'air de stationnement des conteneurs d'ordures ménagères ;

- il méconnait l'article UC 12 du plan local d'urbanisme, dès lors qu'il existe une contradiction dans le dossier de demande de permis sur le nombre de places de stationnement créé, qu'il n'est pas justifié des nécessités liées au stationnement, que les dimensions des places créées ne sont pas précisées et que le nombre de places prévu est insuffisant au regard du nombre de personnes pouvant être accueillies ;

- il méconnait les articles UC 13 et UC 14 du plan local d'urbanisme, le permis n'autorisant pas l'abattage d'arbres et les plantations d'arbres pour les emplacements de stationnement ne figurant pas au projet ;

- il méconnait l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, le projet envisagé étant de nature à porter atteinte à la sécurité publique faute de cheminement piéton prévu ; en outre, l'étude géotechnique est insuffisante pour garantir la sécurité dans une zone à prédisposition forte aux mouvements de terrain ;

- il méconnait les dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme, en raison de la dangerosité des accès du projet et l'intensité du trafic routier sur la route départementale et le chemin des Moulineaux.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 mai 2023, la commune d'Equemauville, représentée par Me Desmonts, conclut au rejet de la requête, subsidiairement à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, enfin, à ce qu'il soit mis à la charge solidaire des requérants une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est tardive ; le recours gracieux du 7 juillet 2022 introduit par le collectif des habitants du chemin du Moulineaux ne saurait avoir pour effet de proroger les délais de recours à l'égard des requérants ; en tout état de cause, le rejet explicite du recours gracieux a fait courir un nouveau délai de deux mois expirant le 29 octobre 2022 ;

- la demande de M. D est irrecevable faute de produire les documents justificatifs exigés par l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;

- les requérants ne justifient pas d'un intérêt pour agir ;

- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme est inopérant, la commune étant couverte par un plan local d'urbanisme ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 5 mai 2023 et le 4 avril 2024, la société par actions simplifiée ERIGEA, représentée par Me Raoul, conclut au rejet de la requête, subsidiairement à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, enfin, à ce qu'il soit mis à la charge des requérants une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la requête est tardive ;

- les requérants ne justifient pas d'un intérêt pour agir ;

- la demande de M. D est irrecevable faute de produire les documents justificatifs exigés par l'article R. 600-4 du code de l'urbanisme ;

- du fait de la délivrance du permis de construire modificatif le 15 mars 2024, les moyens tirés de la méconnaissance des articles R. 431-6, R. 431-8, R. 431-9, R. 430-30 du code de l'urbanisme et UC 4, UC 11, UC 12 et UC 13 du règlement du plan local d'urbanisme sont inopérants ;

- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme est inopérant, la commune étant couverte par un plan local d'urbanisme ;

- les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Ducos de Saint Barthélémy de Gélas,

- les conclusions de Mme Remigy, rapporteure publique,

- les observations de Me Courset, substituant Me Taforel, représentant les requérants,

- les observations de Me Desmont, représentant la commune d'Equemauville,

- et les observations de Me Hy, représentant la société ERIGEA.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 20 mai 2022, le maire de la commune d'Equemauville (Calvados) a délivré à la société ERIGEA un permis de construire quatre cottages d'habitation et une piscine et autorisé la rénovation d'un manoir et d'une maison secondaire sur un terrain situé sur cette commune, Manoir du Val d'Or, côte d'Honfleur et côte d'Equemauville. Le collectif des habitants du chemin du Moulineaux a, le 7 juillet 2022, adressé au maire de la commune d'Equemauville un recours gracieux contre ce permis de construire, lequel a été rejeté le 29 août 2022. M. et Mme M, Mme H, M. I, M. Q et Mme B, M. G et Mme O, et M. D demandent au tribunal d'annuler cet arrêté. Postérieurement à l'introduction de la requête, la commune d'Equemauville a délivré à la société ERIGEA un permis de construire modificatif par un arrêté du 15 mars 2024.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées à la suite de la modification de son projet par le pétitionnaire et en l'absence de toute intervention du juge ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

3. Il résulte de ce qui précède que la légalité du permis de construire attaqué délivré le 20 mai 2022 à la société ERIGEA doit être appréciée au regard des modifications apportées par le permis de construire délivré le 15 mars 2024, les requérants n'invoquant, par ailleurs, aucun vice propre contre ce permis de construire modificatif.

En ce qui concerne le contenu du dossier de demande de permis de construire :

4. Aux termes de l'article R. 431-4 du code de l'urbanisme : " La demande de permis de construire comprend : / a) Les informations mentionnées aux articles R. 431-5 à R. 431-12 ; / b) Les pièces complémentaires mentionnées aux articles R. 431-13 à R. * 431-33-1 ; / c) Les informations prévues aux articles R. 431-34 et R. 431-34-1. / () / Aucune autre information ou pièce ne peut être exigée par l'autorité compétente ".

5. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

6. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-6 du code de l'urbanisme : " Lorsque le terrain d'assiette comporte des constructions, la demande précise leur destination, par référence aux différentes destinations et sous-destinations définies aux articles R. 151-27 et R. 151-28, leur surface de plancher et indique si ces constructions sont destinées à être maintenues et si leur destination ou sous-destination est modifiée par le projet. ".

7. En l'espèce, le dossier de demande de permis de construire déposé le 28 décembre 2021 comportait un plan de masse projeté sur lequel figure un blockhaus situé à proximité immédiate de la maison secondaire, ainsi qu'une notice descriptive du projet mentionnant ce " monument historique ", " destiné aux visiteurs " et " rendu très visible depuis l'espace public afin d'attirer l'attention du voyageur " ajoutant que seul un " débroussaillage autour du blockhaus " est prévu " afin de pouvoir dégager ses murs de la végétation proliférante ". Le dossier de demande de permis modificatif déposé le 18 octobre 2023 a complété la notice descriptive du projet, mentionnant que " le Blockhaus est désaffecté ", qu'il n'aura " aucune destination particulière et ne sera pas modifié dans le cadre du projet ". Au regard de ces éléments, le dossier permettait au service instructeur d'appréhender la destination de ce bâtiment et de comprendre qu'elle ne serait pas modifiée par le projet.

8. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. ". Aux termes de l'article R. 431-9 de ce même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. () ".

9. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de permis de construire déposé le 28 décembre 2021, complété par le dossier de demande de permis modificatif déposé le 18 octobre 2023, comportait, notamment, plusieurs plans de situation et de masse du terrain ainsi qu'une notice décrivant le terrain et présentant le projet. Ces documents permettent d'apprécier le quartier dans lequel s'insère le projet, dont l'urbanisation de type pavillonnaire est diffuse, l'accès au terrain d'assiette du projet depuis la route départementale, l'emplacement et le nombre exact des emplacements de stationnement ainsi que le revêtement utilisé, les arbres qui seront abattus et ceux qui seront plantés, d'essences locales, le maintien et la remise en état des clôtures existantes avec création de haies vives, les matériaux utilisés pour l'extension de la terrasse, en pierre naturelle, et les modalités de raccordement au réseau électrique et au réseau d'eau de pluie. Au regard de ces éléments, le service instructeur a été mis à même d'apprécier la conformité du projet aux règles d'urbanisme applicables.

10. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-30 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur un établissement recevant du public, la demande est accompagnée des dossiers suivants, fournis en trois exemplaires :/ a) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles d'accessibilité aux personnes handicapées, comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 111-19-18 et R. 111-19-19 du code de la construction et de l'habitation ; / b) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles de sécurité, comprenant les pièces mentionnées à l'article R. 123-22 du même code.".

11. En l'espèce, le dossier de permis de construire déposé le 28 décembre 2021 comprend une notice descriptive du projet qui mentionne que le pool house de la piscine sera classé en établissement recevant du public de 5ème catégorie, ce dossier comportant par ailleurs des plans d'aménagement du manoir sur lesquels figurent le positionnement des équipements de détection et de lutte incendie ainsi que les accès et espaces dédiés au cheminement et à l'accueil des personnes à mobilité réduite. Le dossier permettait ainsi de vérifier la conformité du projet avec les règles d'accessibilité aux personnes handicapées et de sécurité incendie.

12. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UC 3 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal :

13. L'article UC 3 " Accès et voiries " du règlement du plan local d'urbanisme de la communauté de communes dispose que : " () Lorsqu'une voie est en impasse, il peut être exigé un aménagement pour permettre à tout véhicule de faire demi-tour. Dans tous les cas, tout véhicule devra pouvoir faire demi-tour au bout de l'impasse. () ". Le glossaire du règlement du plan local d'urbanisme définit par ailleurs les accès comme " portion franchissable des limites périphériques du terrain () permettant d'y entrer ou d'en sortir " et les voieries comme " l'espace public ou privé ouvert à la circulation ".

14. D'une part, il résulte de ces dispositions qu'elles ne sont pas applicables à la voie interne de desserte des constructions, en impasse, prévue par le projet, laquelle est séparée de l'espace public par un portail d'accès et ne constitue ainsi pas un espace ouvert à la circulation. Au demeurant, il ressort des pièces jointes à la demande de permis de construire que l'opération projetée prévoit une aire de retournement sur cette voie interne.

15. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que les services du département du Calvados ont émis un avis favorable sur le projet le 12 mai 2022, donnant un accord à la création de l'accès à la route départementale. A cet égard, si cet avis mentionne la nécessité d'obtenir une permission de voirie pour une modification du marquage au sol, cette mention concerne une autorisation indépendante de l'accord obtenu, qui relève de l'exécution du permis accordé et est, dès lors, sans incidence sur la légalité du permis de construire.

16. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC3 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal :

17. Selon l'article UC 4 du règlement du plan local d'urbanisme " desserte en eau, assainissement et réseaux divers " : " () Eaux pluviales : Les rejets d'eaux pluviales doivent être maîtrisés à l'unité foncière par des dispositifs correspondant à la réglementation. Le débit d'écoulement ne doit pas être supérieur après construction à ce qu'il était avant la construction. / Les eaux issues des parkings et aires de circulation subiront un traitement de débourbage, déshuilage, avant rejet dans le réseau d'eaux pluviales. ".

18. Il ressort de la notice d'impact, décrivant le terrain et le projet, jointe à la demande de permis de construire modificatif, que, s'agissant du manoir, celui-ci dispose d'un réseau existant vers le réseau d'eaux pluviales situé sur la route départementale, qui sera redimensionné afin d'éviter un écoulement trop important dans le réseau existant, avec un débit qui ne devrait pas dépasser un débit d'un litre par seconde. S'agissant de la maison secondaire et des cottages, leurs réseaux d'eaux pluviales seront reliés à un puisard déjà présent, redimensionné, permettant aux eaux de s'infiltrer directement dans le sol. Enfin, le projet prévoit que les eaux issues du parking et de la voie de circulation subiront un traitement de débourbage, déshuilage avant rejet dans le réseau d'eaux pluviales. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance par le projet autorisé de l'article UC4 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UC 11 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal :

19. Aux termes de l'article UC 11 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'" aspect extérieur des constructions " : " 11.5 - Clôtures : Les clôtures doivent être conçues de façon à participer harmonieusement à la définition du paysage urbain. Les clôtures sur rue doivent s'inscrire en cohérence avec les éléments similaires du même alignement ou de la rue, par analogie de composition, de matériaux ou de hauteur. Les aires de stockage des conteneurs d'ordures ménagères devront être clôturées par une haie vive. ".

20. Il ressort de la notice d'impact jointe à la demande de permis de construire modificatif que les clôtures existantes bordant le terrain du projet en litige seront renforcées par une haie vive plantée sur leur long et que la clôture principale donnant sur la route départementale sera conservée, remise en état avec installation d'un portail d'entrée en métal. Il résulte également du plan de masse annexé à cette demande de permis modificatif que le local de stockage des conteneurs d'ordures ménagères sera clôturé par une haie vive. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UC 11 du règlement de plan local d'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UC 12 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal :

21. L'article UC 12 du règlement du plan local d'urbanisme portant sur le " stationnement des véhicules " dispose que : " Le stationnement des véhicules correspondant aux besoins des constructions, extensions et installations autorisées dans la zone, doit être assuré en dehors des voies publiques sur des emplacements aménagés. / Chaque emplacement doit être facilement accessible et doit répondre aux caractéristiques minimum suivantes : longueur :

5 mètres ; largeur : 2,30 mètres. " et prévoit, s'agissant des constructions autres que celles dédiées à l'habitation, que " le nombre de place de stationnement à réaliser correspond aux besoins du projet. Il appartient au porteur de projet de justifier de ses besoins en termes de stationnement, qu'il s'agisse de l'accueil des clients ou usagers, que des nécessités liées au stationnement du personnel ". " A titre indicatif ", les commerces devront prévoir la réalisation d'une place de stationnement par 40m² de surface de plancher au-delà de 200m².

22. Il ressort des pièces versées à l'appui de la demande de permis de construire modificatif, en particulier des plans de masse, que le projet en litige prévoit la création de vingt places de stationnement, dont une dédiée au stationnement des personnes à mobilité réduite, dont les dimensions sont en conformité avec les prescriptions citées au point précédent. De plus, s'agissant d'immeubles qui seront dédiés à l'hébergement touristique, inclus dans la destination " commerces et activités de services " au sens des dispositions des articles R. 151-27 et R. 151-28 du code de l'urbanisme, et dont la surface de plancher totale sera de 843,6m², le nombre de places, selon les indications du règlement du plan local d'urbanisme, pourrait être de vingt et une. Si le projet ne prévoit la réalisation que de vingt places de stationnement, la notice descriptive jointe à la demande de permis de construire précise que le projet prévoit au total treize hébergements, de sorte que chacun disposera à minima d'une place de stationnement, voire de deux pour ceux pouvant accueillir un nombre plus important de personnes. Il n'est, par ailleurs, pas établi que le nombre de places prévu ne permettrait pas au personnel de l'établissement de stationner. De plus, une place est spécifiquement réservée aux personnes à mobilité réduite. Enfin, si les requérants soutiennent que cette unique place est insuffisante au regard de la capacité d'hébergement du projet, les dispositions de l'article UC 12 n'imposent pas un nombre minimal de places dédiées aux personnes à mobilité réduite. Il résulte de l'ensemble de ces éléments que le nombre de places prévues au projet, soit vingt places, correspond aux besoins de l'établissement. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UC 12 doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UC 13 du règlement du plan local d'urbanisme intercommunal :

23. Il ressort des pièces du dossier, en particulier des plans de masse joints aux dossiers de demande de permis, que le projet autorisé ne portera pas sur l'espace boisé classé du terrain assiette du projet, mais sur la seule partie de ce terrain classé en zone UC du règlement du plan local d'urbanisme. L'article UC 13 du règlement relatif aux " espaces libres et plantations ", applicable à cette zone, dispose que " Les plantations existantes d'essences locales doivent être maintenues en bon état de conservation. Cependant, l'abattage d'arbres sera autorisé s'il est indispensable à l'implantation des constructions ou à l'établissement d'un accès. Tout arbre abattu doit être remplacé par un arbre équivalent d'essence locale. Il sera planté au moins un arbre par tranche de 500m2 de terrain, avec au minimum un arbre. Les aires de stationnement doivent être plantées à raison d'un arbre au moins pour 4 emplacements. ".

24. Le permis de construire en litige autorise l'abattage de quatre arbres indispensables à l'implantation des constructions, le pétitionnaire prévoyant, ainsi que le précise la notice d'impact et le plan de masse du projet, de planter dix-neuf arbres d'essence locale répartis sur l'ensemble des parcelles, dont quatre au sein de l'aire de stationnement. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article UC13 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :

25. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".

26. D'une part, si les requérants font grief au projet de la société ERIGEA de présenter un risque pour les piétons vis à vis de la circulation automobile sur l'aire de stationnement prévue, il ressort des pièces du dossier que cette aire a une faible superficie, le permis de construire modificatif autorisant, en outre, la matérialisation du cheminement piéton. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le directeur des routes du conseil départemental a émis un avis favorable au projet en litige, sous réserve de matérialiser l'interdiction de franchir l'axe central de la chaussée de la RD 579A par deux lignes continues au droit de l'accès. Ces prescriptions ont été imposées par le permis de construire attaqué en son article 9 et par le permis de construire modificatif qui tient compte, en outre, de l'adaptation au projet de liaison douce le long de la route départementale. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme :

27. Aux termes de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme : " Le règlement national d'urbanisme est applicable aux constructions et aménagements faisant l'objet d'un permis de construire, d'un permis d'aménager ou d'une déclaration préalable ainsi qu'aux autres utilisations du sol régies par le présent code. / Toutefois les dispositions des articles R. 111-3, R. 111-5 à R. 111-19 et R. 111-28 à R. 111-30 ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en lieu. () ".

28. Il est constant que la communauté de communes du Pays de Honfleur-Beuzeville, dont est membre la commune d'Equemauville, est dotée d'un plan local d'urbanisme. Par suite, en application de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme, l'article R. 111-5 du même code ne trouve pas à s'y appliquer. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme ne peut donc qu'être écarté.

29. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que les requérants ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 20 mai 2022.

Sur les frais liés au litige :

30. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Equemauville, qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, une somme au titre des frais exposés par les requérants et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge solidaire des requérants une somme globale de 1 500 euros à verser tant à la commune d'Equemauville qu'à la société ERIGEA.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme M et autres est rejetée.

Article 2 : M. et Mme M, Mme H, M. I, M. Q et Mme B, M. G et Mme O, et M. D verseront, solidairement, tant à la commune d'Equemauville qu'à la société ERIGEA une somme globale de 1 500 euros au titre de l'article

L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E M et Mme N M, à Mme F H, à M. L I, à M. K Q et Mme J B, à M. A G et Mme C O, à M. P D, à la commune d'Equemauville et à la société ERIGEA.

Délibéré après l'audience du 19 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

- Mme Macaud, présidente,

- Mme Ducos de Saint Barthélémy de Gélas, première conseillère,

- Mme Sénécal, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.

La rapporteure,

SIGNÉ

C. DUCOS DE SAINT BARTHÉLÉMY DE GÉLAS

La présidente,

SIGNÉ

A. MACAUDLa greffière,

SIGNÉ

E. BLOYET

La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

E. BLOYET

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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