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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2202545

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2202545

mercredi 5 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2202545
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème chambre
Avocat requérantPOUILHE JEAN-MARIE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 10 novembre 2022, le 25 mars 2024 et le 19 juillet 2024, la société Agneaux Distribution, représentée par Me Désert, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 19 septembre 2022 par lequel le maire de la commune de Saint-Gilles a accordé à la société Hermainvest un permis de construire pour la démolition de deux maisons et la construction d'un bâtiment de type industriel sur un terrain situé au 3 La Bijude, pour une surface de plancher créée de 2 545 mètres carrés ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Gilles la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la décision attaquée est entachée d'incompétence de son signataire ;

- elle méconnaît les articles R. 431-7, R. 431-8, R. 431-9, R. 431-10, R. 431-16 et R. 431-30 du code de l'urbanisme ;

- elle méconnaît l'article L. 111-18-1 du code de l'urbanisme ;

- elle méconnaît les articles R. 111-5 du code de l'urbanisme et U3 du règlement du plan local d'urbanisme ;

- elle méconnaît l'article U12 du règlement du plan local d'urbanisme.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 10 juillet 2023 et le 3 juillet 2024, la société Hermainvest, représentée par Me Pouilhe, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 6 000 euros soit mise à la charge de la société Agneaux Distribution en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable en l'absence de justification de son intérêt à agir ;

- les moyens de la requête ne sont pas fondés.

La requête a été communiquée le 18 novembre 2022 à la commune de Saint-Gilles, qui n'a pas produit de mémoire en défense, en dépit de la mise en demeure qui lui a été faite, le 27 juin 2023, de produire un mémoire dans le délai de 15 jours, en application de l'article R. 612-3 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Absolon, rapporteure,

- les conclusions de M. Blondel, rapporteur public,

- les observations de Me Désert, avocate de la société Agneaux Distribution ;

- et les observations de Me Pouilhe, avocat de la société Hermainvest.

Considérant ce qui suit :

1. La société Hermainvest a déposé le 30 juin 2022, auprès de la commune de Saint-Gilles, une demande de permis de construire pour la démolition de deux maisons et la construction d'un bâtiment de type industriel sur un terrain situé au 3 La Bijule. Par un arrêté du 19 septembre 2022, le maire de cette commune lui en a accordé le bénéfice. La société Agneaux Distribution demande au tribunal l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Lorsqu'un permis de construire été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance de l'autorisation, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédée de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.

3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; / c) Soit par une personne ayant qualité pour bénéficier de l'expropriation pour cause d'utilité publique ".

4. En l'espèce, il est constant que les parcelles d'assiette du projet se situent sur les communes de Saint-Gilles et d'Agneaux. Il ressort des pièces du dossier que les travaux envisagés dans le permis de construire initial sur la parcelle AP 222 située sur la commune d'Agneaux, se limitent à une diminution de la hauteur du merlon existant avec une emprise inférieure à deux hectares, et à la construction d'un escalier, de sorte que ces travaux nécessitent seulement une déclaration préalable. Toutefois, à supposer même que la construction de cet escalier relèverait du régime des permis de construire, il ressort du dossier de demande du permis de construire modificatif qui a été accordé le 2 juin 2023 que cet aménagement a été supprimé. Par suite, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que faute d'une décision du maire d'Agneaux, le permis de construire attaqué est entaché d'incompétence.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-7 du code de l'urbanisme : " Sont joints à la demande de permis de construire : / a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; / b) Le projet architectural défini par l'article L. 431-2 et comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 431-8 à R. 431-12 ". Aux termes de l'article R. 431-8 du même code : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ".

6. Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. / Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les cotes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan ".

7. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ".

8. Aux termes de l'article R. 431-16 du code de l'urbanisme : " " Le dossier joint à la demande de permis de construire comprend en outre, selon les cas : () / j) L'attestation de respect des exigences de performance énergétique et environnementale, lorsqu'elle est exigée en application de l'article R. 122-24-1 du code de la construction et de l'habitation, ou l'attestation de respect de la réglementation thermique, lorsqu'elle est exigée en application de l'article R. 122-22 du même code ; () ". Enfin, aux termes de l'article R. 431-30 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur un établissement recevant du public, la demande est accompagnée des dossiers suivants, fournis en trois exemplaires : / a) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles d'accessibilité aux personnes handicapées, comprenant les pièces mentionnées aux articles R. 111-19-18 et R. 111-19-19 du code de la construction et de l'habitation ; / b) Un dossier permettant de vérifier la conformité du projet avec les règles de sécurité, comprenant les pièces mentionnées à l'article R. 123-22 du même code ".

9. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

10. De première part, si la société requérante soutient que la demande d'autorisation d'urbanisme ne comporte aucune précision quant à l'aménagement du terrain, il ressort non seulement de la notice descriptive produite dans le cadre du dossier de demande de permis de construire initial, mais également de celle produite dans le dossier de demande permis de construire modificatif, que deux rubriques intitulées " aménagement du terrain " et " présentation de l'état initial du terrain et de ses abords " décrivent l'implantation de la construction, la mutualisation du stationnement ainsi que la modification du merlon. Par ailleurs, les plans de façades, de masse et de situation ont également permis au service instructeur d'apprécier dans sa globalité l'aménagement du projet. En outre, les deux notices descriptives comportent une rubrique " traitement des espaces libres " dans laquelle il est prévu une zone d'engazonnement au sud-ouest du terrain, la plantation d'une haie champêtre composée d'essences locales, et la plantation d'arbres d'essences locales complémentaires à ceux existants. La circonstance que les essences des arbres ne soient pas précisées est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée dès lors que le code de l'urbanisme n'impose pas de mentionner cette précision. Enfin, il ressort des pièces du dossier que les accès au terrain, aux constructions et aux stationnements sont traités dans les deux notices descriptives par des items spécifiques, et qu'ils sont matérialisés sur les plans de masse ainsi que sur le plan de circulation figurant dans le dossier de demande de permis de construire modificatif. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions des articles R. 431-7 et R. 431-8 du code de l'urbanisme doit être écarté.

11. De deuxième part, si la société requérante soutient que les plans de masse figurant dans le dossier de demande de permis de construire initial sont faux dès lors qu'ils comportent une erreur sur la limite de propriété à l'est, ce qui a pour conséquence d'inclure dans le projet des places de stationnement qui n'y figurent pas, cette erreur a été corrigée dans le dossier qui a donné lieu à la délivrance du permis de construire modificatif. En outre, la société requérante invoque l'inexistence de la représentation des places de stationnement en partie sud. Toutefois, cette critique n'est pas assortie de précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé. Enfin, si la requérante soutient que les modalités de raccordement du bâtiment aux réseaux sont incomplètes dès lors qu'elle ne justifie pas d'une servitude de collecte des eaux pluviales, cette circonstance est sans incidence sur la légalité de l'autorisation d'urbanisme dès lors que les dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme n'ont pas pour objet d'imposer aux pétitionnaires de fournir des preuves quant aux autorisations de raccordement. En tout état de cause, la servitude relative aux eaux pluviales contenue dans l'acte notarié de propriété prévoit une servitude de passage et de raccordement. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme doit être écarté.

12. De troisième part, si la société requérante soutient que les points et des angles de prise de vues des documents photographiques n'ont pas été reportées sur le plan de masse, cette omission est sans influence sur la légalité de l'arrêté attaqué, dès lors que l'examen du dossier dans son ensemble permettait de déterminer les endroits à partir desquels ces documents photographiques ont été pris. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme doit être écarté.

13. De dernière part, il ressort des pièces du dossier qu'un formulaire d'attestation de la prise en compte de la réglementation thermique, une notice d'accessibilité relative aux personnes à mobilité réduite aux établissements et installations ouvertes au public, ainsi qu'un dossier spécifique permettant de vérifier la conformité des établissements recevant du public aux règles d'accessibilité et de sécurité contre l'incendie et la panique, ont été produits dans le cadre de la demande de permis de construire modificatif, de sorte que les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles R. 431-16 et R. 431-30 du code de l'urbanisme, doivent être écartés.

14. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 111-18-1 du code de l'urbanisme : " I.- Dans le respect des objectifs généraux de performance énergétique et environnementale des bâtiments énoncés à l'article L. 111-9 du code de la construction et de l'habitation, les constructions et installations mentionnées au II du présent article ne peuvent être autorisées que si elles intègrent soit un procédé de production d'énergies renouvelables, soit un système de végétalisation basé sur un mode cultural garantissant un haut degré d'efficacité thermique et d'isolation et favorisant la préservation et la reconquête de la biodiversité, soit tout autre dispositif aboutissant au même résultat et, sur les aires de stationnement associées lorsqu'elles sont prévues par le projet, des revêtements de surface, des aménagements hydrauliques ou des dispositifs végétalisés favorisant la perméabilité et l'infiltration des eaux pluviales ou leur évaporation et préservant les fonctions écologiques des sols. / II.- Les obligations prévues au présent article s'appliquent, lorsqu'elles créent plus de 1 000 mètres carrés d'emprise au sol, aux nouvelles constructions soumises à une autorisation d'exploitation commerciale au titre des 1°, 2°, 4°, 5° et 7° de l'article L. 752-1 du code de commerce, aux nouvelles constructions de locaux à usage industriel ou artisanal, d'entrepôts, de hangars non ouverts au public faisant l'objet d'une exploitation commerciale ainsi qu'aux nouveaux parcs de stationnement couverts accessibles au public ".

15. La société requérante soutient que le projet, en prévoyant la construction d'un bâtiment d'une surface au sol de 2 545 mètres carrés à usage industriel, méconnaît les dispositions précitées de l'article L. 111-18-1 du code de l'urbanisme. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet en litige ait pour objet de créer une nouvelle construction soumise à autorisation d'exploitation commerciale. Il n'a pas davantage pour objet de créer une construction de locaux à usage industriel ou artisanal, un entrepôt, un hangar non ouvert au public faisant l'objet d'une exploitation commerciale ou un nouveau parc de stationnement couvert accessible au public. Dès lors, ce moyen est inopérant et doit, par suite, être écarté. En tout état de cause, il ressort des pièces du dossier et notamment du dossier de demande de permis de construire modificatif, que la société pétitionnaire prévoit l'équipement de 30 % de la toiture du bâtiment par des dispositifs d'énergie renouvelable.

16. En quatrième lieu, la société requérante ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme, dont les dispositions, en vertu de l'article R. 111-1 du même code, ne sont pas applicables sur le territoire de la commune de Saint-Gilles, dotée d'un plan local d'urbanisme.

17. En cinquième lieu, aux termes de l'article U3 " accès et voirie " du règlement du plan local d'urbanisme : " () Le permis de construire peut être refusé sur des terrains qui ne seraient pas desservis par des voies publiques ou privées dans des conditions répondant à l'importance ou à la destination de l'immeuble envisagé, et notamment si les caractéristiques de ces voies rendent difficile la circulation ou l'utilisation des engins de lutte contre l'incendie. / () Il peut également être refusé si les accès présentent un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celle des personnes utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu, notamment, de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. ".

18. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le site projeté est accessible par trois accès distincts. Le premier accès est prévu par la route départementale 972 en application de la servitude de passage et d'accès formalisée dans l'acte notarié du 27 mai 2019, le second accès est prévu en contournant le bâtiment " mamaison.fr ", et enfin, le troisième accès est prévu par la voie de " La Bijude ", laquelle va subir un élargissement de l'ordre de 7.70 mètres selon le plan de masse, ou de 8 mètres selon la notice du permis de construire modificatif. Dans ces conditions, contrairement à ce que soutient la société requérante, le flux de circulation sera réparti sur trois accès, dont tous rendent possible une circulation à double sens. D'autre part, en fixant les règles relatives aux accès et voiries, l'article U3 du règlement du plan local d'urbanisme n'a pas pour objet de régir l'utilisation des poteaux incendies. Dès lors, la circonstance que la pétitionnaire ne dispose pas de l'accord de la société requérante pour une utilisation mutualisée des poteaux incendies existants, n'est pas de nature à établir la méconnaissance des dispositions de l'article U3 du règlement du plan local d'urbanisme. Il résulte de ce qui précède que le moyen peut être écarté.

19. En dernier lieu, aux termes de l'article U12 " stationnement des véhicules " du règlement du plan local d'urbanisme : " Dans toute la zone : / la délivrance du permis de construire est subordonnée à la réalisation d'installations propres à assurer le stationnement (en dehors des voies publiques) des véhicules correspondants aux besoins de l'immeuble à construire () ".

20. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier qu'il existe une servitude réelle et perpétuelle entre la pétitionnaire et la société Agneaux pour la jouissance d'emplacements de stationnement sans aucune restriction, que le permis de construire modificatif prévoit la création de quinze places de stationnement supplémentaires et qu'il existe un réseau de bus sur le secteur de " La Bijude ". En outre, il ressort du dossier de demande de permis de construire modificatif que la société pétitionnaire a obtenu l'accord de la société Weldom pour le partage de 105 places de stationnement existantes. Si la société requérante soutient que le nombre de places de stationnement est insuffisant, elle ne produit aucun élément de nature à démontrer cette insuffisance. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article U12 du règlement de plan local d'urbanisme doit être écarté.

21. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que la société requérante n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 19 septembre 2022.

Sur les frais liés au litige :

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise à la charge de la société Hermainvest, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Agneaux Distribution une somme à verser à la société Hermainvest au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de la société Agneaux Distribution est rejetée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Agneaux Distribution, à la société Hermainvest et à la commune de Saint-Gilles.

Délibéré après l'audience du 21 janvier 2025 à laquelle siégeaient :

- Mme Rouland-Rouland, présidente,

- Mme Pillais, première conseillère,

- Mme Absolon, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2025.

La rapporteure,

Signé

C. ABSOLON

La présidente,

Signé

H. ROULAND-BOYER

Le greffier,

Signé

J. LOUNIS

La République mande et ordonne au préfet de la Manche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

J. Lounis

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