vendredi 28 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2202552 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BERNARD |
Vu la procédure suivante :
E une requête et des mémoires, enregistrés le 10 novembre 2022 , le 30 novembre 2022 et le 30 mars 2023, Mme A F C et M. B C, représentés E Me Bernard, demandent au tribunal :
1°) de les admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 20 juin 2022 E laquelle le directeur territorial de Caen de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a notifié la sortie d'un lieu d'hébergement pour demandeur d'asile, ensemble la décision implicite du 11 septembre 2022 E laquelle l'OFII a rejeté leur recours gracieux ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de rétablir rétroactivement les conditions matérielles d'accueil ou à défaut de statuer à nouveau sur leur situation dans le délai de cinq jours à compter de la décision à intervenir et sous astreinte de 100 euros E jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à leur conseil d'une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
Mme F C et M. C soutiennent que la décision :
- est entachée d'un vice de procédure faute d'avoir respecté la procédure contradictoire préalable prévue E l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît la directive 2013/33/UE du 26 juin 2013 et l'article L. 550-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- ne prend pas en compte la vulnérabilité du requérant, en méconnaissance de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
E un mémoire en défense, enregistré le 27 mars 2023, le directeur territorial de Caen de l'Office français de l'immigration et de l'intégration conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés E Mme F C et M. C ne sont pas fondés.
Mme G C et M. C ont déposé une demande d'aide juridictionnelle le 4 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D,
- et les observations de Me Cavelier, substituant Me Bernard, représentant Mme F C et M. C.
L'Office français de l'immigration et de l'intégration n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A F C et M. B C, de nationalité arménienne, ont présenté une demande d'asile le 13 décembre 2021, qui a été enregistrée dans le cadre d'une procédure normale. Ils ont obtenu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, avec un hébergement géré E l'établissement Coallia de Saint-Lô. E un courrier du 20 juin 2022, le directeur territorial de Caen de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) leur a notifié une décision de sortie de leur lieu d'hébergement en raison de leur absence non autorisée. E une décision implicite du 11 septembre 2022 le directeur territorial de Caen de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a rejeté leur recours gracieux. Il est demandé l'annulation de ces deux décisions.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée E la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 portant application de cette loi : " () L'admission provisoire est accordée E le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme E l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
3. Mme F C et M. C, qui ont déposé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué, ont présenté leur demande de frais non compris dans les dépens sur le fondement de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Dès lors, il y a lieu de les admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle en application des dispositions précitées.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 551-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile, au sens de la directive 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil, du 26 juin 2013, établissant des normes pour l'accueil des personnes demandant la protection internationale, comprennent les prestations et l'allocation prévues aux chapitres II et III ". Le chapitre II est relatif à l'hébergement des demandeurs d'asile. Aux termes de l'article L. 551-16 du même code : " Il peut être mis fin, partiellement ou totalement, aux conditions matérielles d'accueil dont bénéficie le demandeur dans les cas suivants : / () 2° Il quitte le lieu d'hébergement dans lequel il a été admis en application de l'article L. 552-9 ; / 3° Il ne respecte pas les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment en se rendant aux entretiens, en se présentant aux autorités et en fournissant les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes ; / () La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application du présent article est écrite et motivée. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. Elle est prise après que l'intéressé a été mis en mesure de présenter ses observations écrites selon des modalités définies E décret. (). ". L'article D. 551-18 de ce code prévoit : " La décision mettant fin aux conditions matérielles d'accueil prise en application de l'article L. 551-16 est écrite, motivée et prise après que le demandeur a été mis en mesure de présenter à l'Office français de l'immigration et de l'intégration ses observations écrites dans un délai de quinze jours. Elle prend en compte la vulnérabilité du demandeur. () ". Aux termes de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration, les décisions qui infligent une sanction, retirent ou abrogent une décision créatrice de droits " mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales ".
5. Il ressort des pièces du dossier que l'OFII a adressé le 20 juin 2022 aux requérants un courrier les informant, d'une part, d'un délai de quinze jours pour faire valoir leurs observations dans la perspective du retrait des conditions matérielles d'accueil et, d'autre part, d'une décision portant sortie du lieu d'hébergement avec effet immédiat. Cette décision indique que les requérants seront désormais domiciliés auprès du service de premier accueil des demandeurs d'asile. Il ne ressort pas des pièces du dossier, ni n'est allégué E l'OFII, que les requérants auraient E la suite été destinataires d'une autre décision écrite et motivée portant retrait des conditions matérielles d'accueil. E conséquent, la décision du 20 juin 2022 constitue une décision de retrait des conditions matérielles d'accueil. Cette décision n'a pas été précédée d'une mise en demeure de présenter ses observations, en méconnaissance des dispositions précitées. E suite, les requérants ayant été privés d'une garantie, la décision du 20 juin 2022 est illégale.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que les décisions attaquées doivent être annulées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
7. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, E la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
8. Le présent jugement implique, eu égard à ses motifs, que l'OFII procède au réexamen de la situation de Mme F C et de M. B C et prenne une nouvelle décision relative au bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Il y a donc lieu, en application des dispositions de l'article L. 911-1 du code de justice administrative, d'enjoindre à l'OFII d'agir en ce sens dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
9. Les requérants sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, sous réserve que Me Bernard, avocate des requérants, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat, de mettre à la charge de l'OFII le versement à Me Bernard de la somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée aux requérants, la somme de 1 000 euros leur sera versée directement en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Mme F C et M. C sont admis à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Les décisions du 20 juin 2022 et du 11 septembre 2022 E lesquelles le directeur territorial de Caen de l'OFII a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil de Mme F C et M. C, sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint à l'OFII de procéder au réexamen de la situation de Mme F C et M. C et de prendre une nouvelle décision concernant le bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans un délai de quinze jours.
Article 4 : L'OFII versera la somme de 1 000 euros à Me Bernard sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à Mme F C et à M. C E le bureau d'aide juridictionnelle, la somme de 1 000 euros leur sera versée directement en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme A F C et M. B C, à Me Bernard et au directeur territorial de Caen de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Copie en sera transmise pour information au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Caen.
Délibéré après l'audience du 6 avril 2023, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Arniaud, conseillère.
Rendu public E mise à disposition au greffe le 28 avril 2023.
Le rapporteur,
Signé
P. D
Le président,
Signé
F. CHEYLAN
La greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
A. Lapersonne
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026