mercredi 13 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2202676 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL MEDEAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 28 novembre 2022 et le 20 août 2024, M. C B et M. A B, représentés par la SELARL Juriadis, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 11 octobre 2022 par laquelle le maire de la commune de Gouville-sur-Mer a certifié que la création d'un lotissement de huit lots n'était pas réalisable sur les parcelles cadastrées 50215 BC 314, 50215 BC 400 et 50215 BC 403 situées rue du Pont Berger à Gouville-sur-Mer ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Gouville-sur-Mer de leur délivrer un certificat d'urbanisme positif ou, à défaut, de procéder au réexamen de leur demande de certificat d'urbanisme dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Gouville-sur-Mer la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision est entachée d'une erreur de droit et d'appréciation au regard de l'article L. 121-8 du code de l'urbanisme ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des articles U1 et U2 du règlement du plan local d'urbanisme.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 juillet 2024 et le 23 août 2024, la commune de Gouville-sur-Mer, représentée par la SELARL Médéas, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des consorts B en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune fait valoir que les moyens soulevés par les consorts B ne sont pas fondés et sollicite une substitution de motifs dès lors que le projet favorise l'extension de l'urbanisation en zone d'urbanisation diffuse.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Absolon, rapporteure,
- les conclusions de M. Blondel, rapporteur public,
- et les observations de Me Gutton, substituant la SELARL Juriadis, avocat des consorts B, et les observations de la SELARL Médéas, avocat de la commune de Gouville-sur-Mer.
Considérant ce qui suit :
1. Les consorts B ont déposé, le 30 août 2022, une demande de certificat d'urbanisme opérationnel pour la création d'un lotissement de 8 lots sur les parcelles cadastrées 50215 BC 314, 50215 BC 400 et 50215 BC 403 situées rue du Pont Berger à Gouville-sur-Mer. Par une décision du 11 octobre 2022, le maire de la commune de Gouville-sur-Mer leur a délivré un certificat d'urbanisme opérationnel négatif, dont ils demandent l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article U1 du règlement du plan local d'urbanisme relatif aux types d'occupation et d'utilisation du sol interdites : " () De plus, en zone situées sous le niveau marin de période de retour centennal d'après la carte des zones sous le niveau marin reportée sur la carte des risques du règlement graphique, sont interdits : / - les constructions nouvelles, / - les sous-sols, / - les remblais, / - les constructions légères pouvant constituer des embâcles () ". Aux termes de l'article U2 de ce même règlement, lequel porte sur les types d'occupation et d'utilisation du sol soumises à des conditions particulières : " De plus, en zone situées sous le niveau marin de période de retour centennal reportées sur la carte des risques du règlement graphique, le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la sécurité publique. / - " Zones basses + 1m " (zones identifiées en vert) : toutes les constructions et aménagements sont autorisées. Une simple fiche type de recommandations est jointe aux autorisations délivrées dans cette zone pour information. / - " Zones basses " (identifiées en bleu) : dans les espaces significativement urbanisés (villages, agglomérations), les constructions nouvelles pourront être autorisées à condition que soit prévu un niveau de refuge et qu'aucun sous-sol ne soit réalisé. / Dans les espaces peu ou pas urbanisés (projet gagnant un espace naturel, situé dans un lieu-dit, un hameau), les constructions nouvelles sont interdites. L'évolution de l'existant est autorisée à condition que les constructions disposent d'un niveau refuge et qu'aucun sous-sol ne soit réalisé. / - " Zones basses - 1m " (zones identifiées en bleu marine) : dans tous les secteurs les constructions nouvelles sont interdites. Dans les espaces urbanisés, les extensions de l'existant sont autorisées à condition que soit prévu un niveau refuge et qu'aucun sous-sol ne soit réalisé ".
3. Il est constant que le terrain d'assiette est classé en zone bleue sur la carte des risques naturels, ce qui correspond à une zone située en-dessous du niveau marin de référence, et qu'il se situe également dans le périmètre de la zone inondable selon les données de la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement. Il ressort également des pièces du dossier et du site officiel Géoportail, accessible tant au juge qu'aux parties, que ces parcelles se situent dans un lieu-dit distant de la commune de Gouville-sur-Mer, caractérisé par un faible nombre d'habitations toutes éloignées les unes des autres. En outre, les parcelles objet du litige sont bordées à l'est et au sud par de vastes espaces naturels, et s'il existe des constructions sur leur partie nord et ouest, celles-ci sont très peu nombreuses et distantes. Ces parcelles ne peuvent donc être regardées comme se situant dans un espace significativement urbanisé. Il s'ensuit qu'en délivrant pour ce motif un certificat d'urbanisme négatif, le maire de la commune n'a pas fait une inexacte application des dispositions des articles U1 et U2 du règlement de plan local d'urbanisme.
4. Le motif de la décision litigieuse, tiré de la contrariété du projet aux dispositions des articles U1 et U2 du règlement du plan local d'urbanisme, étant à lui seul susceptible de la justifier légalement, aucun des autres moyens de la requête tenant à sa légalité interne n'est susceptible de fonder son annulation.
5. Il s'ensuit que les consorts B ne sont pas fondés à demander l'annulation de la décision du maire de Gouville-sur-Mer du 11 octobre 2022.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
6. Le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.
Sur les conclusions relatives aux frais d'instance :
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Gouville-sur-Mer, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, en application de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge des consorts B une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la commune et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des consorts B est rejetée.
Article 2 : Les consorts B verseront à la commune de Gouville-sur-Mer une somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C B, premier dénommé pour les requérants, et à la commune de Gouville-sur-Mer.
Délibéré après l'audience du 22 octobre 2024 à laquelle siégeaient :
- M. Marchand, président,
- Mme Absolon, première conseillère,
- Mme Pillais, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 novembre 2024.
La rapporteure,
Signé
C. ABSOLON
Le président,
Signé
A. MARCHAND
Le greffier,
Signé
J. LOUNIS
La République mande et ordonne au préfet de la Manche en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. Bloyet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026