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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2202714

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2202714

mardi 29 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2202714
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantSELARL CHANUT AVOCATS ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 2 décembre 2022, M. B A, représenté par la SELARL Chanut Avocats Associés, a demandé au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a implicitement rejeté le recours préalable obligatoire qu'il a exercé à l'encontre des décisions du 13 août 2021 lui ayant réservé une prime de transition énergétique d'un montant estimatif de 1 794,10 euros et du 14 mai 2022 fixant le montant définitif de la prime à cette même somme ;

2°) de condamner l'Agence nationale de l'habitat à lui verser la somme de 5 000 euros au titre du solde du montant d'une prime de transition énergétique, dans le délai de trente jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Agence nationale de l'habitat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par des mémoires, enregistrés les 24 juillet et 1er octobre 2024, M. A demande au tribunal :

1°) de condamner l'Agence nationale de l'habitat à lui verser la somme de 2 205,90 euros au titre du solde du montant d'une prime de transition énergétique, dans le délai de trente jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'Agence nationale de l'habitat une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance : 1° Donner acte des désistements ; 2° Rejeter les requêtes ne relevant manifestement pas de la compétence de la juridiction administrative ; () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".

2. Par une décision du 13 août 2021, la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a réservé à M. A une prime de transition énergétique d'un montant estimatif de 1 794,10 euros pour l'installation d'une pompe à chaleur. Par une décision du 14 mai 2022, elle a, dans le cadre de l'instruction de la demande de paiement du solde de la prime, fixé le montant définitif de cette dernière à cette même somme, et a procédé dans le même temps à son paiement. Par une lettre du 18 mai 2022, reçue le 5 août suivant, M. A a exercé un recours contre les décisions des 13 août 2021 et 14 mai 2022, en sollicitant que le montant de la prime soit revu à la hausse. Ce recours ayant été implicitement rejeté, M. A a, aux termes de sa requête introductive d'instance, demandé au juge d'annuler la décision de rejet implicite de son recours administratif et de condamner l'Agence nationale de l'Habitat à lui verser une somme de 5 000 euros, correspondant au montant supplémentaire qui, selon lui, aurait dû lui être octroyé au titre de la prime de transition énergétique.

3. En cours d'instance, par une décision du 13 juin 2023, la directrice générale de l'Agence nationale de l'habitat a attribué à M. A un montant complémentaire de 2 205,90 euros au titre de la prime de rénovation énergétique.

4. Par un mémoire en réplique, enregistré le 24 juillet 2024, M. A a modifié ses conclusions initiales et a sollicité la condamnation de l'Agence nationale de l'habitat à lui verser la somme de 2 205,90 euros, correspondant au montant complémentaire de la prime de transition énergétique qui lui a été octroyé par la décision rectificative du 13 juin 2023.

Sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision implicite de rejet du recours administratif exercé par M. A et tendant à la condamnation de l'Agence nationale de l'habitat à lui verser une somme d'argent, en tant que cette somme excède 2 205,90 euros :

5. Dans les circonstances ci-dessus rappelées, M. A doit être regardé comme s'étant désisté des conclusions à fin d'annulation et tendant à la condamnation de l'Agence nationale de l'habitat à lui verser une somme d'argent, en tant qu'elle excède 2 205,90 euros. Ce désistement est pur et simple. Rien ne fait obstacle à ce qu'il en soit donné acte.

Sur les conclusions de M. A tendant à la condamnation de l'Agence nationale de l'habitat à lui verser une somme de 2 205,90 euros :

6. En application de l'article R. 412-1 du code de justice administrative, la requête doit, à peine d'irrecevabilité, être accompagnée, sauf impossibilité justifiée, de la décision ou de l'acte attaqué ou, si l'administration n'a pas répondu à la demande, de la pièce justifiant de la date du dépôt de cette demande auprès de l'administration. Cette décision ou cette pièce doit être accompagnée d'une copie. Par ailleurs, aux termes de l'article 9 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique : " L'introduction d'un recours afférent aux décisions relatives à la prime de transition énergétique est subordonnée à l'exercice préalable d'un recours administratif par le bénéficiaire auprès du directeur général de l'Agence nationale de l'habitat. ".

7. En l'espèce, le recours que M. A a exercé par la lettre précitée datée du 18 mai 2022 ne peut être regardé comme une réclamation tendant au paiement effectif d'un solde de prime de transition énergétique, alors au demeurant qu'à cette date, les sommes correspondant à la prime qui lui avait été attribuée lui avaient été intégralement versées. En tout état de cause, M. A n'a produit à l'appui de son recours aucune pièce justifiant de l'exercice du recours préalable obligatoire prévu par les dispositions citées au point 6 à l'encontre d'une hypothétique décision de refus de versement d'un complément de prime de transition énergétique. Par une lettre du 1er octobre 2024, M. A a été invité à régulariser sa requête dans le délai de quinze jours. Aucune régularisation n'étant intervenue dans le délai imparti, les conclusions de M. A tendant à ce que l'Agence nationale de l'habitat lui verse la somme correspondant au complément de prime de transition énergétique qui lui a été attribué par décision rectificative du 13 juin 2023 sont manifestement irrecevables et doivent dès lors être rejetées.

8. La présente ordonnance ne fait pas obstacle à ce que M. A présente une demande de paiement de ce complément selon les modalités dont l'Agence nationale de l'habitat l'a informé dès le 13 juin 2023 par sa décision rectificative et qu'elle a rappelées par son mémoire en défense du 17 mai 2024, et exerce le cas échéant le recours préalable obligatoire prévu par l'article 9 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique à l'encontre de l'éventuelle décision, implicite ou explicite, de rejet de cette demande.

Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :

9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Agence nationale de l'habitat le versement d'une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. A et sur ses conclusions tendant à la condamnation de l'Agence nationale de l'habitat à lui verser une somme d'argent, en tant que cette somme excède 2 205,90 euros.

Article 2 : L'Agence nationale de l'habitat versera à M. A une somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et à l'Agence nationale de l'habitat.

Fait à Caen, le 29 octobre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

Signé

A. Marchand

La République mande et ordonne à la ministre du logement et de la rénovation urbaine en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

le greffier en chef,

D. Dubost

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