LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2202731

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2202731

vendredi 12 mai 2023

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2202731
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantBOURGEOIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 décembre 2022 et un mémoire communiqué par le tribunal administratif de C par ordonnance du 24 mars 2023, M. A E B, représenté par Me Bourgeois, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 14 novembre 2022 par lequel le préfet de l'Orne a procédé au retrait de sa carte de résident ;

2°) d'enjoindre au préfet de l'Orne de lui restituer cette carte dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement ou, à titre subsidiaire, d'enjoindre au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois et sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de le munir, le temps de l'instruction, d'une carte de séjour " vie privée et familiale ", ou, à titre infiniment subsidiaire, d'enjoindre au préfet de l'Orne de lui délivrer une carte de séjour " vie privée et familiale ", sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

- la décision a été prise par une autorité incompétente ;

- elle est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle est entachée d'un vice de procédure à défaut de respect de la procédure contradictoire ;

- elle méconnaît l'article L. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'erreur d'appréciation ;

- elle méconnaît l'article L. 432-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 15 décembre 2022 et le 14 avril 2023, le préfet de l'Orne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens présentés par le requérant ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme D été entendu au cours de l'audience publique.

Les parties n'étaient ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. A E B, ressortissant djiboutien né en 2000, est entré en France en 2009. Une carte de résident lui a été délivrée, valable du 18 février 2019 au 17 février 2029. Il a été incarcéré au centre de détention d'Argentan le 11 mars 2022. Par un arrêté du 14 novembre 2022, dont le requérant demande l'annulation, le préfet de l'Orne a procédé au retrait de sa carte de résident et l'a invité à se rendre en préfecture pour l'enregistrement d'un titre de séjour.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, par un arrêté n° 1122-2022-10062 du 7 novembre 2022, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Orne du 8 novembre 2022, le préfet de l'Orne a donné délégation à Mme Marie Cornet, secrétaire générale de la préfecture de l'Orne et sous-préfète, à l'effet de signer tous arrêtés et décisions relevant des attributions de l'État dans le département de l'Orne, à l'exception de certains actes dont ne fait pas partie la décision en litige. Le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte attaqué doit, par suite, être écarté.

3. En deuxième lieu, la décision attaquée indique que M. E B a été condamné le 13 juin 2019 par le tribunal pour enfants de C à une peine de huit mois d'emprisonnement pour des faits de recel de biens provenant d'un vol, de provocation directe à rébellion, d'outrage et de violence contre une personne dépositaire de l'autorité publique et d'usage illicite de stupéfiants, et qu'il a été incarcéré le 11 mars 2022. Si le requérant conteste la qualification de menace à l'ordre public, la décision attaquée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement avec une précision suffisante pour permettre à l'intéressé d'en comprendre les motifs. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

4. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que M. E B a été informé par courrier du 11 octobre 2022 de l'intention du préfet de prendre une décision de retrait de carte de séjour et l'a informé de la possibilité de présenter ses observations dans un délai de huit jours. La mention " refus de signer " fait foi jusqu'à preuve du contraire. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée aurait été prise à la suite d'une procédure irrégulière et le moyen ne peut qu'être écarté.

5. En quatrième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier ni de la décision attaquée que le préfet n'aurait pas effectué un examen particulier de la situation de M. E B au regard des éléments portés à sa connaissance par l'intéressé et des buts poursuivis par la décision attaquée. Par suite, le moyen tiré d'un défaut d'examen complet de la situation du requérant doit être écarté.

6. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être retirée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ". Aux termes de l'article L. 432-12 du même code : " Si un étranger qui ne peut faire l'objet d'une décision d'expulsion en application des articles L. 631-2 ou L. 631-3 est titulaire d'une carte de résident cette dernière peut lui être retirée s'il fait l'objet d'une condamnation définitive sur le fondement des articles 433-3, 433-4, des deuxième à quatrième alinéas de l'article 433-5, du deuxième alinéa de l'article 433-5-1 ou de l'article 433-6 du code pénal. / Une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " lui est alors délivrée de plein droit ". Aux termes de l'article 433-5 du code pénal, dans sa rédaction applicable à la date de l'arrêté contesté : " Constituent un outrage puni de 7 500 euros d'amende les paroles, gestes ou menaces, les écrits ou images de toute nature non rendus publics ou l'envoi d'objets quelconques adressés à une personne chargée d'une mission de service public, dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de sa mission, et de nature à porter atteinte à sa dignité ou au respect dû à la fonction dont elle est investie. / Lorsqu'il est adressé à une personne dépositaire de l'autorité publique, l'outrage est puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende () ".

7. Si la décision attaquée mentionne à tort l'article L. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lequel n'est pas applicable aux cartes de résident, elle mentionne également l'article L. 432-12 du même code. Il ressort des pièces du dossier, en particulier du jugement du 13 juin 2019 du tribunal pour enfants de C, que M. E B a été condamné pour des faits d'outrage à une personne dépositaire de l'autorité publique commis au cours de l'année 2018 sur le fondement de l'article 433-5 du code pénal. Si le requérant soutient que les faits reprochés sont antérieurs à la date de délivrance de sa carte de résident, intervenue le 18 février 2019, il ressort des pièces du dossier que la condamnation pénale est postérieure à la délivrance de cette carte. Cette condamnation justifiait, à elle seule, que lui soit retirée, en application des dispositions précitées de l'article L. 432-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sa carte de résident. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit et de l'erreur d'appréciation quant à la menace à l'ordre public doivent être écartés.

8. En sixième lieu, la décision attaquée mentionne que M. E B est célibataire et sans enfant et que la décision attaquée ne porte pas une atteinte disproportionnée à sa vie privée et familiale. Il ne ressort pas de cette décision, ni des autres pièces du dossier, que le préfet se soit estimé à tort en situation de compétence liée. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.

9. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. M. E B est entré en France à l'âge de 9 ans et y réside depuis 2009. Les faits pour lesquels il a été condamné à une peine de six mois d'emprisonnement ont été commis alors qu'il était mineur, en 2018, et sont restés isolés. Toutefois, le requérant ne justifie pas des effets d'une telle décision de retrait sur sa vie privée et personnelle alors qu'elle n'a ni pour effet ni pour objet de l'éloigner du territoire français ou de le séparer de sa famille. Il ressort de l'article 2 de la décision attaquée qu'il a été invité en préfecture pour l'enregistrement d'un titre de séjour, lequel est de droit en application du deuxième alinéa de l'article L. 432-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, pour se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ". Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que la décision par laquelle le préfet lui a retiré sa carte de résident aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ou serait entachée d'erreur manifeste d'appréciation.

11. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par le requérant doivent être rejetées.

Sur les autres conclusions :

12. Il y a lieu, par voie de conséquence du rejet des conclusions à fin d'annulation, de rejeter les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant ainsi que celles présentées sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. E B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E B, à Me Bourgeois et au préfet de l'Orne.

Délibéré après l'audience du 27 avril 2023, à laquelle siégeaient :

M. Cheylan, président,

M. Martinez, premier conseiller,

Mme Arniaud, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.

La rapporteure,

Signé

C. D

Le président,

Signé

F. CHEYLAN

La greffière,

Signé

C. BÉNIS

La République mande et ordonne au préfet de l'Orne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

la greffière,

C. Bénis

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions