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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2202770

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2202770

lundi 9 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2202770
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre JU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 12 décembre 2022, M. A C doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision référencée 48 SI en date du 17 novembre 2022 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté l'invalidité de son permis de conduire pour solde de points nul.

Il soutient que :

- contrairement à ce qu'indique la décision en litige, il n'a jamais été rendu destinataire de l'avis d'amende forfaitaire ou du titre d'exécution de l'avis d'amende forfaitaire majorée émis à la suite de l'infraction relevée le 23 avril 2022 ;

- en l'absence de notification d'un de ces avis, il n'a pas été mis en mesure d'anticiper un éventuel retrait de points et de suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière.

Par un mémoire en défense, enregistré le 11 janvier 2023, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le magistrat statuant seul a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes, ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 17 novembre 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a constaté la perte de validité du permis de conduire de M. C pour solde de points nul à la suite de plusieurs infractions relevées à son encontre. Par sa requête, M. C demande l'annulation de cette décision.

2. Aux termes du deuxième alinéa de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès ". La délivrance, au titulaire du permis de conduire à l'encontre duquel est relevée une infraction donnant lieu à retrait de points, de l'information prévue aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, constitue une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre, avant d'en reconnaître la réalité par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'exécution d'une composition pénale, d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Elle revêt le caractère d'une formalité substantielle et conditionne la régularité de la procédure au terme de laquelle le retrait de points est décidé.

3. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " Le permis de conduire est affecté d'un nombre de points. Celui-ci est réduit de plein droit si le titulaire du permis a commis une infraction pour laquelle cette réduction est prévue. / () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive () ". Il résulte de ces dispositions que le nombre de points du permis de conduire est réduit de plein droit lorsque la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement de l'amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.

4. M. C soutient qu'il n'a jamais été rendu destinataire de l'avis d'amende forfaitaire ou de l'avis d'amende forfaitaire majorée correspondant à l'infraction relevée à son encontre le 23 avril 2022. Il fait valoir que, n'ayant pas reçu notification de l'un de ces avis, il n'a pas été mis à même de pouvoir suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière en temps utile. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'ensemble de ces informations est retranscrit sur le procès-verbal électronique dressé par les forces de l'ordre suite au constat de cette infraction et signé par le requérant. Par ailleurs, et à supposer que M. C ait entendu soutenir que la réalité de cette infraction n'est pas établie en l'absence de paiement d'un avis de contravention ou de l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée, il résulte des dispositions précitées de l'article L. 223-1 du code de la route que l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée suffit à établir la réalité d'une infraction. Il ressort du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. C qu'un tel titre a été émis le 17 août 2022. Dès lors, les moyens tirés d'un vice de procédure et d'une erreur de droit doivent être écartés. Par suite, les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. C doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au ministre de l'intérieur.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 décembre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé

F. BLa greffière,

signé

F. LEBOSSE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

la greffière,

C. Bénis

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