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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2202930

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2202930

vendredi 24 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2202930
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantLEREVEREND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 28 décembre 2022, 23 février et 3 mars 2023, Mme B A D, représentée par Me Lerévérend, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2022 par lequel le préfet de l'Orne a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé son pays de renvoi ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Orne de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans l'attente de l'édiction du titre de séjour, dans un délai de huit jours et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) d'enjoindre au préfet de l'Orne de communiquer le rapport médical du collège de médecins de l'OFII ;

5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 alinéa 2 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'arrêté attaqué est entaché d'une insuffisance de motivation ;

- le préfet, qui n'a pas évoqué le statut de réfugiée de Mme A D, n'a pas procédé à un examen complet de sa situation ;

- la décision portant refus de séjour méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il appartient au préfet de produire l'avis du collège de médecins de l'OFII ;

- la décision portant refus de séjour méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur la vie personnelle ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire méconnaît les articles L. 611-3, 9°, R. 611-1 et R. 611-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreurs de fait concernant son statut de réfugiée et la situation de ses fils ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision fixant le pays de destination est illégale en raison de l'illégalité de la mesure d'éloignement ;

- elle méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par des mémoires en défense, enregistré les 24 janvier et 2 mars 2023, le préfet de l'Orne conclut au rejet de la requête.

Il soutient qu'aucun des moyens invoqués par la requérante n'est fondé.

Mme A D a déposé une demande d'aide juridictionnelle le 15 décembre 2022.

Par une ordonnance du 6 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 février 2023 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-marocain du 9 octobre 1987 en matière de séjour et d'emploi ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C ;

- les observations de Me Lerévérend, représentant Mme A D.

Le préfet de l'Orne n'était ni présent, ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A D, de nationalité marocaine, a déclaré être entrée en France le 14 août 2016. Elle a déposé en mai 2018 une demande d'asile, qu'elle a retirée en octobre 2018. Mme A D a déposé en septembre 2020 une demande de réexamen, qui a été rejetée en procédure accélérée le 10 août 2021 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) et le 4 novembre 2021 par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Mme A D a sollicité le 21 décembre 2021 son admission au séjour pour raisons de santé. Par un arrêté du 22 novembre 2022, dont la requérante demande l'annulation, le préfet de l'Orne a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de 30 jours et a fixé son pays de renvoi.

Sur l'aide juridictionnelle provisoire :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ". Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".

3. Mme A D ayant déposé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué, il y a lieu, en application des dispositions précitées, de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :

4. En premier lieu, l'arrêté en litige mentionne les stipulations de l'accord franco-marocain et les dispositions pertinentes du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile servant de base légale à chacune des décisions qu'il contient, ainsi que les articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cet arrêté énonce des éléments de fait propres à la situation de la requérante, en indiquant qu'elle a sollicité son admission au séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le collège de médecins de l'OFII n'a pas retenu le caractère d'exceptionnelle gravité des conséquences d'un défaut de prise en charge médicale, qu'elle déclare être divorcée sans en justifier et qu'elle a un jeune enfant majeur à charge. Il est précisé que Mme A D n'établit pas être exposée à des peines ou traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Ainsi, cet arrêté, qui n'avait pas à mentionner tous les éléments de fait relatifs à la situation de Mme A D, énonce les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de manière suffisamment circonstanciée pour mettre la requérante en mesure d'en discuter utilement les motifs. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que l'autorité préfectorale a procédé à un examen particulier et complet de la situation de Mme A D. Si la requérante soutient que le préfet a omis de prendre en compte son statut de réfugiée, il ressort des pièces du dossier qu'elle a sollicité la délivrance d'un titre de séjour uniquement pour raisons de santé. Ainsi, eu égard au fondement sur lequel le titre de séjour a été demandé, cette omission n'est pas de nature à caractériser un défaut d'examen de sa situation.

En ce qui concerne les autres moyens invoqués à l'encontre de la décision refusant la délivrance d'un titre de séjour :

6. En premier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. () ". L'article R. 425-11 du même code prévoit : " Pour l'application de l'article L. 425-9, le préfet délivre la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. () ".

7. Il ressort de l'avis rendu le 10 juin 2022 par le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), qui a été versé à l'instance, que l'état de santé de Mme A D nécessite une prise en charge médicale, dont le défaut ne devrait toutefois pas entraîner de conséquences d'une exceptionnelle gravité, et que son état de santé lui permet de voyager sans risque.

8. La requérante produit des certificats médicaux établis en mars 2022 et février 2023, ainsi que plusieurs ordonnances. Ces documents, s'ils attestent d'un suivi médical pour une dépression chronique et une gonarthrose, ne sont pas de nature à remettre en cause l'appréciation portée par le collège de médecins de l'OFII sur l'état de santé de la requérante. La gravité de la pathologie n'étant pas établie, le préfet n'était pas tenu de se prononcer sur la disponibilité d'un traitement approprié dans le pays d'origine ou en Grèce. Par ailleurs, la requérante ne saurait utilement se prévaloir de l'état de santé de son fils né le 12 septembre 2004, qui était majeur à la date de la décision attaquée. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance de l'article L. 425-9 et de l'erreur manifeste d'appréciation doivent être écartés.

9. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

10. La requérante fait valoir que ses deux fils résident en France. Il ressort toutefois de la décision de la CNDA versée au dossier que Mme A D a déclaré qu'elle bénéficiait d'une protection en Grèce et que sa fille poursuivait ses études dans ce pays. Mme A D, qui est hébergée par une structure associative, ne justifie pas d'une intégration sociale ou professionnelle en France. Dès lors, compte tenu des conditions du séjour en France de la requérante, le préfet de l'Orne n'a pas porté à son droit au respect de la vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels l'arrêté a été pris. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté. Pour les mêmes motifs, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation quant aux conséquences de l'arrêté attaqué sur sa situation personnelle.

11. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ". Conformément aux stipulations de l'article 9 de l'accord franco-marocain, les dispositions de l'article L. 435-1 sont applicables aux ressortissants marocains en tant qu'elles prévoient l'admission exceptionnelle au séjour au titre de la vie privée et familiale du demandeur.

12. La requérante soutient qu'elle a été victime de violences conjugales dans son pays d'origine, qu'elle a obtenu le statut de réfugiée en Grèce, qu'un de ses fils a des problèmes de santé, que son fils aîné est marié à une ressortissante française et que ses conditions de vie en Grèce l'ont contrainte à demander l'asile en France. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que son fils né en 2004 est majeur. En outre, Mme A D a déclaré devant la CNDA qu'elle bénéficiait d'une protection en Grèce et que sa fille, qui avait également le statut de réfugiée, poursuivait ses études dans ce pays. Il ne ressort pas du dossier et il n'est d'ailleurs pas allégué qu'elle ne pourrait pas bénéficier d'un suivi médical en Grèce. Dans ces conditions, les éléments qu'elle invoque ne permettent pas de caractériser des circonstances humanitaires ou des motifs exceptionnels de nature à justifier la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées. Dès lors, et eu égard à ce qui a été exposé au point 10 du présent jugement, le préfet de l'Orne n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que Mme A D ne justifiait pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels permettant la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

En ce qui concerne les autres moyens invoqués à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : / () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. () ".

14. Il résulte de ce qui a été exposé au point 8 du présent jugement que la requérante n'établit pas l'exceptionnelle gravité d'un défaut de prise en charge médicale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 611-3 doit être écarté.

15. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés dans le cadre de l'examen de la légalité du refus de titre de séjour, les moyens tiré d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation, doivent être écartés.

16. En troisième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que les omissions ou erreurs de fait concernant son statut de réfugiée et la situation d'un de ses fils aient eu une incidence sur la légalité de la décision attaquée. Dès lors, le moyen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne les autres moyens invoqués à l'encontre de la décision fixant le pays de destination :

17. En premier lieu, il résulte de ce qui a été exposé précédemment que la décision portant obligation de quitter le territoire n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la requérante ne peut pas se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination.

18. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés dans le cadre de l'examen de la légalité du refus de titre de séjour, les moyens tiré d'une méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation, doivent être écartés.

19. En dernier lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".

20. Ainsi qu'il a été exposé précédemment, la requérante bénéficie d'une protection en Grèce, pays dans lequel elle est légalement admissible. Elle n'apporte aucun élément probant quant à l'existence, compte tenu de son état de santé et des conditions de vie matérielles en Grèce, de traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales dans ce pays. En revanche, compte tenu du statut de réfugiée qui lui a été accordé par la Grèce, la décision fixant le pays de destination doit être annulée en tant qu'elle prévoit la possibilité de renvoyer la requérante vers le pays dont elle possède la nationalité.

21. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante est seulement fondée à demander l'annulation de la décision fixant le pays de destination en tant qu'elle prévoit la possibilité de renvoyer la requérante vers le pays dont elle possède la nationalité.

Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :

22. L'annulation prononcée par le présent jugement n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

23. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande de Mme A D présentée sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Mme A D est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.

Article 2 : L'arrêté du 22 novembre 2022 du préfet de l'Orne est annulé en tant qu'il prévoit la possibilité de renvoyer Mme A D vers le pays dont elle possède la nationalité.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A D, à Me Lerévérend et au préfet de l'Orne.

Copie en sera transmise pour information au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Caen.

Délibéré après l'audience du 9 mars 2023, à laquelle siégeaient :

M. Cheylan, président,

M. Martinez, premier conseiller,

Mme Arniaud, conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 mars 2023.

Le président-rapporteur,

Signé

F. C

L'assesseur le plus ancien,

Signé

P. MARTINEZ

La greffière,

Signé

C. BÉNIS

La République mande et ordonne au préfet de l'Orne, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

la greffière,

C. Bénis

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