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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2300065

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2300065

vendredi 13 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2300065
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantSCP THEMIS AVOCATS ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 11 janvier 2023 et des pièces complémentaires enregistrées le 24 janvier 2023, M. A B, représenté par la SCP Themis avocats et associés, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision non communiquée du 5 décembre 2022 par laquelle le ministre de la justice a ordonné son maintien au répertoire des détenus particulièrement signalés ;

2°) d'enjoindre au ministre de la justice de retirer son nom du répertoire des détenus particulièrement signalés dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros, au profit de son conseil, par application combinée de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-64 du 10 juillet 1991 sur l'aide juridique.

Il soutient que :

- sa requête est recevable, les décisions de maintien au répertoire des détenus particulièrement signalés (DPS) faisant grief ;

- la décision litigieuse est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un vice de procédure dès lors que la décision de maintien au répertoire des détenus particulièrement signalés n'a pas été précédée d'un avis de la commission locale des DPS ;

- la décision attaquée a été adoptée au terme d'une procédure irrégulière dès lors, d'une part, que ni la synthèse du chef d'établissement, ni sa situation pénale ni ses antécédents disciplinaires ne lui ont été communiqués et, d'autre part, qu'il n'a pas pu formuler d'observations ;

- les droits de la défense ont été violés dès lors que les motifs retenus pour justifier son maintien au répertoire des DPS diffèrent de ceux visés dans le cadre de la procédure contradictoire ;

- la décision est entachée d'une erreur d'appréciation et d'une erreur matérielle dès lors qu'elle ne résulte pas de l'analyse de la situation en 2022 mais se contente de recopier la motivation de son placement au répertoire DPS en 2021.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2024, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 23 mai 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code pénitentiaire ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'instruction ministérielle NOR JUSK2201661C du 11 janvier 2022 relative au répertoire des détenus particulièrement signalés ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Groch,

- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public.

Les parties n'étaient ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 5 décembre 2022, le garde des sceaux, ministre de la justice, a maintenu M. A B, incarcéré au centre pénitentiaire d'Alençon Condé-sur-Sarthe du 21 novembre 2022 au 5 décembre 2023, au répertoire des détenus particulièrement signalés. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de cette décision.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () 3° Subordonnent l'octroi d'une autorisation à des conditions restrictives ou imposent des sujétions () ". L'article L. 211-5 du même code précise que : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". Les décisions d'inscription ou de maintien sur le répertoire des détenus particulièrement signalés, qui imposent des sujétions particulières aux détenus concernés, entrent dans le champ d'application de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration précités, et doivent par suite être motivées.

3. La décision en litige vise, notamment, les articles L. 6, L. 211-4 et D. 223-11 du code pénitentiaire et l'instruction ministérielle du 11 janvier 2022 relative au répertoire des détenus particulièrement signalés. Elle fait également état de plusieurs circonstances de fait, notamment les condamnations prononcées à l'encontre du requérant pour acquisition, transport, détention, offre ou cession non autorisée de stupéfiants, en récidive, de participation à une association de malfaiteurs, de détention non autorisée de matériel de guerre, arme, munition ou de leurs éléments de catégorie A, en récidive, et de recel de bien provenant d'un vol en récidive ainsi que les violences physiques exercées à l'encontre de la population pénale en détention et les violences verbales proférées à l'encontre des personnels, en soulignant " son appartenance à la criminalité organisée marseillaise ", et du soutien dont il pourrait bénéficier dans le cadre d'un tentative d'évasion " au vu de ses liens étroits avec des personnalités chevronnées du grand banditisme ", et de sa capacité à communiquer de manière illicite avec l'extérieur par téléphones portables et objets connectiques attenants. Dans ces circonstances, le moyen tiré du défaut de motivation, qui manque en fait, doit être écarté.

4. En deuxième lieu, aux termes de l'article D. 223-11 du code pénitentiaire : " En vue de la mise en œuvre des mesures de sécurité adaptées, le garde des sceaux, ministre de la justice, décide de l'inscription et de la radiation des personnes détenues au répertoire des personnes détenues particulièrement signalées dans des conditions déterminées par instruction ministérielle ". Selon le point 1.2.2.1 de l'instruction ministérielle du 11 janvier 2022, relative au répertoire des détenus particulièrement signalés, prise pour la mise en œuvre de ces dispositions : " Les membres de la commission DPS doivent, dans la mesure du possible, se réunir physiquement dans l'établissement. (). / Si la visio-conférence n'est pas possible, l'avis écrit est recueilli en dernier recours. ". Par ailleurs, le point 1.2.2.4 du même texte précise : " () / Au cours de la réunion, les membre de la commission formulent un avis motivé sur l'opportunité de l'inscription, du maintien ou de la radiation d'une personne détenue au répertoire des DPS en tenant compte des critères définis au paragraphe 1.1 de la présente instruction. / () / Suite à la réunion de la commission DPS, le chef d'établissement rédige une synthèse des avis des membres de la commission ainsi que de tous les éléments de nature à apprécier la pertinence de l'inscription, du maintien ou de la radiation au répertoire des DPS. Il propose ensuite l'inscription, le maintien ou la radiation à la faveur de la majorité des avis émis. () ".

5. En l'espèce, le requérant se borne à soutenir que la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors qu'en l'absence de communication de la décision litigieuse, il n'est pas possible de s'assurer que la commission DPS se soit effectivement réunie pour statuer sur son maintien au répertoire des détenus particulièrement signalés. Toutefois, il ressort de la synthèse du 4 mai 2022 des avis des membres de la commission DPS produite au dossier qu'elle s'est réunie le 28 avril 2022, et que les membres de la commission DPS ont donné leur avis, par ailleurs unanime, sur le maintien de M. B au répertoire des détenus particulièrement signalés. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". L'article L. 122-1 du même code prévoit que : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix ". La mise en œuvre de cette procédure contradictoire, pour ce qui concerne l'inscription ou le maintien au répertoire des DPS, a été précisée au point 1.2.3 de l'instruction du 11 janvier 2022. Le point 1.2.3.2 de l'instruction ministérielle du 11 janvier 2022 prévoit : " Lorsque la commission émet un avis d'inscription ou de maintien au répertoire des DPS, la procédure contradictoire doit être mise en œuvre ". Aux termes du point 1.2.3.3.1. : " Le chef d'établissement informe la personne détenue des motifs qui fondent la proposition d'inscription (annexe 3), de maintien (annexe 4) ou d'avis aux fins de maintien par le ministre de la justice (annexe 5) afin qu'elle puisse en prendre connaissance et présenter, le cas échéant, ses observations. () ". Le points 1.2.3.3.2 indique : " La personne détenue accuse réception de cette information et fait connaître ses choix quant à son souhait de consulter son dossier, de présenter des observations écrites et/ou orales et d'être assistée ou représentée par un défenseur à cette fin. " et le point 1.2.3.3.2.1 précise : " () / Si la personne détenue souhaite consulter son dossier, elle doit être mise en mesure, et son défenseur le cas échéant, de consulter notamment les éléments suivants : / la synthèse des avis établie par le chef d'établissement ; / la fiche pénale ; / le cas échéant, les antécédents disciplinaires ; / le cas échéant, les pièces fondant la décision envisagée, à l'exception des avis motivés des membres de la commission ; / (). ". Selon le point 1.2.3.3.2.2, si la personne détenue choisit de présenter des observations orales, il est alors nécessaire d'organiser un débat contradictoire.

7. Il ressort des pièces du dossier, et notamment du bordereau signé par le requérant de consultation des pièces dans le cadre de la mise en œuvre de la procédure contradictoire préalable, qu'il a reconnu avoir consulté le 11 mai 2022 sa fiche pénale, et que lui ont été remis la synthèse des avis des membres de la commission DPS ainsi que la synthèse de ses antécédents disciplinaires. Par ailleurs, l'accusé de réception de la mise en œuvre de la procédure contradictoire préalable, signé par M. B le 10 mai 2022, mentionne qu'il souhaite présenter des observations orales, lesquelles ont été recueillies avec celles de son avocate dans le compte rendu des observations de la personne détenue et de son défenseur suite à l'audience du 18 mai 2022. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision attaquée aurait été adoptée au terme d'une procédure irrégulière doit être écarté.

8. En quatrième lieu, M. B allègue que les motifs de maintien au répertoire DPS de la décision litigieuse diffèrent de ceux qui lui ont été communiqués dans la cadre de la procédure contradictoire. Toutefois, il ne ressort pas du formulaire de proposition de maintien au répertoire DPS notifié au requérant le 10 mai 2022 et de la décision litigieuse du 5 décembre 2022 de maintien au répertoire des DPS, que les motifs cités seraient différents. Par ailleurs, M. B a été mis à même de présenter ses observations orales sur les motifs communiqués au cours de la procédure contradictoire lors de l'audience du 18 mai 2022, tenant compte de son appartenance au grand banditisme marseillais et à la criminalité organisée, son parcours pénal, jalonné de plusieurs incidents, son comportement en détention et son profil pénitentiaire, sa détermination à communiquer en dehors du contrôle de l'administration pénitentiaire et le trouble à l'ordre public qui résulterait de sa soustraction à la justice. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision attaquée a méconnu le principe du respect des droits de la défense. Le moyen doit être écarté.

9. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 211-4 du code pénitentiaire : " La répartition des personnes condamnées dans les établissements pour peines s'effectue compte tenu de leur catégorie pénale, de leur âge, de leur état de santé et de leur personnalité. / Leur régime de détention est déterminé en prenant en compte leur personnalité, leur santé, leur dangerosité et leurs efforts en matière de réinsertion sociale. / Le placement d'une personne détenue sous un régime de détention plus sévère ne saurait porter atteinte aux droits mentionnés par les dispositions de l'article L. 6 ". L'article D. 223-11 du même code dispose : " En vue de la mise en œuvre des mesures de sécurité adaptées, le garde des sceaux, ministre de la justice, décide de l'inscription et de la radiation des personnes détenues au répertoire des personnes détenues particulièrement signalées dans des conditions déterminées par instruction ministérielle ". Le point 1.1. de l'instruction ministérielle du 11 janvier 2022 prévoit que " Les personnes détenues susceptibles d'être inscrites ou maintenues au répertoire des DPS sont celles dont au moins l'un des critères suivants est rempli : 1) appartenant à la criminalité organisée locale, régionale, nationale ou internationale ou aux mouvances terroristes, appartenance établie par la situation pénale, par un signalement des autorités judiciaires et administratives ou des forces de sécurité intérieure ; / 2) signalées ou ayant été signalées pour une évasion réussie, tentée ou projetée depuis un établissement pénitentiaire ou à l'occasion d'une extraction, d'un transfert administratif ou d'une translation judiciaire ; / 3) susceptibles de mobiliser par tout moyen, un soutien humain, logistique ou financier extérieur en vue de s'évader et/ou de causer un trouble grave au bon ordre de l'établissement ; 4) dont la soustraction à la justice, en raison de leurs personnalités et/ou des faits pour lesquels elles sont écrouées pourraient avoir un impact important sur l'ordre public ; 5°) susceptibles d'actes de grandes violences, ou ayant commis des atteintes graves à la vie d'autrui, des viols, actes de torture et de barbarie ou prises d'otage en établissement pénitentiaire ; 6) signalées ou ayant été signalées pour avoir été à l'initiative d'un mouvement collectif, d'une mutinerie ou d'actes de dégradations de grande ampleur en établissement, ou d'avoir participé à plusieurs reprises à de tels incidents ".

10. Il ressort des termes de la décision contestée que, pour maintenir l'inscription de M. B au répertoire des détenus particulièrement signalés, le garde des sceaux, ministre de la justice, s'est fondé sur son appartenance à la criminalité organisée et au grand banditisme marseillais, et sur les moyens logistiques et financiers extérieurs dont il est susceptible de disposer afin de se soustraire à la garde de la justice. Par ailleurs, des faits récents et répétés tenant à la découverte de téléphones et d'objets connectiques, notamment les 21 mars 2021 et 27 octobre 2021, ainsi que des faits de violence physique exercés à l'encontre de la population pénale le 31 mars 2022 et verbale à l'encontre du personnel pénitentiaire telles que les menaces de mort et de représailles proférées le 19 juillet 2018 ou encore le 7 mars 2019, sont au nombre des faits pouvant contribuer, d'une part, à établir qu'il bénéficie toujours de soutiens extérieurs et, d'autre part, à caractériser le risque d'évasion. Si le requérant indique avoir utilisé les téléphones portables uniquement pour appeler sa famille, nie son appartenance au grand banditisme marseillais et sa responsabilité dans les faits de violence physique à l'encontre de la population carcérale, il n'apporte à l'appui de ses allégations aucun élément sérieux permettant de remettre en cause la matérialité des faits rapportés par la décision litigieuse. Le requérant soutient qu'il n'a jamais eu de velléités d'évasion. Or, la décision contestée rappelle que M. B a été écroué en raison de son appartenance à la criminalité organisée régionale, et notamment pour des faits commis en lien avec le grand banditisme marseillais. Il a été définitivement condamné à dix ans d'emprisonnement le 10 juillet 2019 par la cour d'appel d'Aix-en-Provence pour des faits de trafic de stupéfiants en récidive, de participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit puni de dix ans d'emprisonnement en récidive et de détention non autorisée de matériel de guerre, arme, munition ou de leurs éléments de catégorie A et de recel de bien provenant d'un vol, le tout en récidive. Il a également été condamné, le 11 octobre 2021, à huit années d'emprisonnement délictuel pour des faits de détention et d'acquisition d'arme de catégorie B, de participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime, de participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit puni de dix ans d'emprisonnement, d'acquisition et détention non autorisée en réunion d'arme de catégorie B. Par ailleurs, à la date de la décision litigieuse, il était mis en examen depuis le 10 février 2017 pour des faits de meurtre en bande organisée, d'assassinat et de participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime. Ainsi, au regard de son appartenance à la criminalité organisée, M. B est susceptible de mobiliser des moyens logistiques et financiers extérieurs d'organisations criminelles, et son évasion pourrait avoir un impact important sur l'ordre public en raison des faits pour lesquels il a été écroué. Ainsi, eu égard à la gravité de ces faits, qui entrent dans les prévisions des dispositions rappelées au point précédent, et sans que M. B puisse utilement exciper de leur caractère ancien, et quand bien même il n'a été sanctionné qu'une fois en 2022 par le président de la commission de discipline, c'est sans commettre d'erreur matérielle ou d'erreur manifeste d'appréciation que le garde des sceaux, ministre de la justice, a maintenu l'inscription du requérant au répertoire des détenus particulièrement signalés.

11. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à Me Ciaudo et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Délibéré après l'audience du 29 août 2024, à laquelle siégeaient :

M. Cheylan, président,

M. Martinez, premier conseiller,

Mme Groch, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 septembre 2024.

La rapporteure,

Signé

N. GROCH

Le président,

Signé

F. CHEYLAN

Le greffier,

Signé

D. DUBOST

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

D. Dubost

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