mercredi 1 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2300261 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Avocat requérant | CAVELIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 2 et 28 février 2023, M. C B, représenté par Me Cavelier, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) de suspendre la décision du 5 janvier 2023 par laquelle la directrice territoriale de Caen de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a notifié la cessation des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre à l'OFII de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII la somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
Sur l'urgence :
- la condition d'urgence est satisfaite lorsque les conditions matérielles d'accueil du demandeur d'asile sont retirées ;
- il ne dispose d'aucune ressource ni d'hébergement.
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la décision attaquée, qui n'indique pas en quoi il n'aurait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, n'est pas suffisamment motivée ;
- il a respecté l'ensemble des convocations dans le cadre de la procédure Dublin et a fait l'objet d'un transfert effectif vers l'Italie ; il n'a pas pu déposer de demande d'asile en Italie ; une décision d'obligation de quitter le territoire italien dans un délai de sept jours lui a été notifiée ; ainsi, il a été contraint de se présenter à nouveau à la préfecture du Calvados pour la prise en charge de sa demande d'asile ; dès lors, la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 février 2023, le directeur de l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- le requérant n'a pas respecté ses obligations de présentation aux autorités chargées de l'asile en revenant en France après son transfert ;
- dès lors, il s'est volontairement placé dans la situation d'urgence qu'il invoque ;
- la décision attaquée est suffisamment motivée ;
- l'OFII a pris en compte la situation personnelle de l'intéressé préalablement à sa décision ; son évaluation n'a fait ressortir aucun élément particulier de vulnérabilité ;
- le requérant, qui n'établit pas que les autorités italiennes auraient refusé d'examiner sa demande d'asile, ne peut pas être regardé comme justifiant d'un motif légitime.
M B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 février 2023.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la requête enregistrée le 2 février 2023 sous le n° 2300262 par laquelle le requérant demande l'annulation de la décision du 5 janvier 2023 de la directrice territoriale de Caen de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui notifiant la cessation des conditions matérielles d'accueil.
Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Bénis, greffière d'audience, M. A a lu son rapport et entendu les observations :
- de Me Cavelier, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens.
L'OFII n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C B, de nationalité afghane, est entré irrégulièrement sur le territoire français. Il a présenté une demande d'asile le 1er février 2022, qui a été enregistrée dans le cadre de la procédure Dublin. Il a obtenu le même jour le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. Le préfet de la Seine-Maritime a pris à son encontre un arrêté portant transfert aux autorités italiennes responsables de l'examen de sa demande d'asile, qui a été exécuté le 4 octobre 2022. M. B, qui est revenu en France, a déposé une nouvelle demande d'asile le 4 novembre 2022, enregistrée en procédure " Dublin sur Dublin ". Par un courrier du 5 janvier 2023, la directrice territoriale de Caen de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a notifié à M. B la cessation des conditions matérielles d'accueil, au motif qu'il n'avait pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en présentant une nouvelle demande d'asile en France après son transfert. M. B demande la suspension de l'exécution de cette décision.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
2. M. B a été admis le 15 février 2023 au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions tendant à ce qu'il soit admis à l'aide juridictionnelle provisoire, qui sont devenues sans objet.
Sur les conclusions à fin de suspension :
3. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Il lui appartient également, l'urgence s'appréciant objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, de faire apparaître dans sa décision tous les éléments qui, eu égard notamment à l'argumentation des parties, l'ont conduit à considérer que la suspension demandée revêtait un caractère d'urgence.
5. Pour justifier de l'urgence, le requérant soutient que le retrait des conditions matérielles d'accueil le prive de ressources et d'hébergement. Il ressort des pièces du dossier que M. B, s'il a effectivement exécuté le 4 octobre 2022 l'arrêté de transfert vers l'Italie dont il faisait l'objet, s'est à nouveau présenté le 4 novembre 2022 à la préfecture du Calvados pour déposer une demande d'asile. Le requérant n'apporte aucun justificatif quant à l'accomplissement de démarches en vue de solliciter l'asile en Italie. M. B produit un document daté du 5 octobre 2022 censé contenir une obligation de quitter le territoire italien dans un délai de sept jours. Toutefois, ce document, qui n'a pas fait l'objet d'une traduction en langue française, ne permet pas d'établir que les autorités italiennes auraient mis M. B dans l'impossibilité de déposer une demande d'asile. Il n'est pas établi que ce document ne mentionnait pas, dans sa version complète, les voies de recours en Italie, ni qu'il aurait fait usage de ces voies de recours. Dans ces conditions, M. B, en revenant en France alors qu'il avait été transféré un mois auparavant en Italie, pays responsable de sa demande d'asile, s'est lui-même placé dans la situation d'urgence qu'il invoque. Par suite, la condition d'urgence ne peut pas être regardée comme remplie.
6. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée, que les conclusions aux fins de suspension de la requête de M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire présentée par M. B.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à Me Cavelier et à l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Fait à Caen, le 1er mars 2023.
Le juge des référés,
Signé
F. A
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026