mercredi 13 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2300286 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 3 février 2023, le président du tribunal administratif de Nantes a transmis au tribunal administratif de Caen la requête de M. B A.
Par cette requête, enregistrée le 29 décembre 2022, M. B A doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) de réduire le titre de perception émis à son encontre le 16 novembre 2022 par le garde des sceaux, ministre de la justice, à hauteur du montant de 4 316,74 euros au titre d'un trop-perçu du supplément familial de traitement entre février 2020 et février 2021 ;
2°) de le décharger de l'obligation de payer cette somme.
Il soutient que :
- l'indu de versement de supplément familial de traitement est imputable à l'administration, qui a tardé à mettre à jour son dossier ;
- l'administration fait une inexacte appréciation de sa situation familiale en ne prenant pas en compte tous ses enfants de moins de vingt et un ans, pourtant à sa charge.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 février 2023, la directrice départementale des finances de la Haute-Vienne s'en tient aux décisions de l'ordonnateur.
Par un mémoire en défense, enregistré le 27 mai 2024, le ministre de la justice conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- la requête est irrecevable, faute pour M. A d'avoir saisi le comptable public d'un recours administratif préalable obligatoire dans le délai de deux mois à compter de la notification du titre de perception ;
- les moyens exposés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la sécurité sociale ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le décret n° 85-1148 du 24 octobre 1985 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pillais, première conseillère ;
- et les conclusions de M. Blondel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, surveillant de prison, a été destinataire d'un titre de perception émis le 16 novembre 2022 par lequel le garde des sceaux, ministre de la justice, l'a rendu redevable d'une somme de 4 676,43 euros correspondant à des indus sur rémunération dont 4 316,74 au titre d'un trop-perçu de supplément familial de traitement pour la période du 1er février 2020 au 28 février 2021. Par la présente requête, M. A demande la réduction du titre de perception émis le 16 novembre 2022 à hauteur du montant du trop-perçu de supplément familial de traitement et la décharge du paiement de cette somme.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires applicables à l'espèce : " () Le droit au supplément familial de traitement est ouvert en fonction du nombre d'enfants à charge au sens du titre Ier du livre V du code de la sécurité sociale, à raison d'un seul droit par enfant. () ". Selon l'article 10 du décret du 24 octobre 1985 modifié relatif à la rémunération des personnels civils et militaires de l'Etat, des personnels des collectivités territoriales et des personnels des établissements publics d'hospitalisation : " La notion d'enfant à charge à retenir pour déterminer l'ouverture du droit est celle fixée par le titre Ier du livre V du code de la sécurité sociale ". Aux termes de l'article L. 513-1 du code de la sécurité sociale : " Les prestations familiales sont, sous réserve des règles particulières à chaque prestation, dues à la personne physique qui assume la charge effective et permanente de l'enfant ".
3. Si M. A soutient que c'est contre son gré que trois de ses enfants mineurs ont quitté son domicile en février 2020, en raison du départ du domicile conjugal de sa compagne avec eux, cette circonstance, aussi regrettable soit-elle, n'est pas de nature à faire regarder l'intéressé comme ayant continué, à compter de cette date, à assumer leur charge effective et permanente, en l'absence de tout autre élément. Par suite, c'est à bon droit que l'administration a rendu M. A redevable d'un indu de supplément familial de traitement.
4. En second lieu, si M. A soutient que la créance détenue par l'administration du fait des suppléments familiaux de traitement résulte de ce que cette dernière n'a pas été assez prompte à actualiser son dossier alors même qu'il a déclaré le changement de sa situation familiale dès novembre 2020 en indiquant le départ de son foyer de trois de ses enfants mineurs nés de sa relation avec une ancienne concubine, cette circonstance est en tant que telle sans influence sur la bien-fondé ou la régularité du titre de perception en litige.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de réduction du titre exécutoire émis le 16 novembre 2022 ainsi que celles tendant à la décharge de l'obligation de payer la somme de 4 316,74 euros doivent être rejetées, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir soulevée par le garde des sceaux, ministre de la justice.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au garde des sceaux, ministre de la justice.
Copie pour information en sera adressée à la directrice départementale des finances de la Haute-Vienne.
Délibéré après l'audience du 22 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. Marchand, président,
Mme Pillais, première conseillère,
Mme Absolon, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 novembre 2024.
La rapporteure,
Signé
M. PILLAIS
Le président,
Signé
A. MARCHANDLe greffier,
Signé
J. LOUNIS
La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
E. Bloyet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026