vendredi 17 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2300363 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 14 février 2023, Mme C A, représentée par Me Lebey, demande au juge des référés :
1°) de suspendre l'exécution de la décision du 16 décembre 2022 par laquelle le président du conseil départemental de la Manche a prononcé le retrait de son agrément d'assistante familiale ;
2°) de mettre à la charge du département de la Manche une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
Sur l'urgence :
- elle a obtenu son agrément d'assistante familiale en 2021 à la suite d'une reconversion professionnelle ;
- la décision de retrait la prive de son activité professionnelle d'assistante familiale qui est sa seule source de revenus ;
- elle vit seule ;
Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :
- la délégation de signature est imprécise et donc irrégulière ;
- la décision attaquée n'est pas suffisamment motivée ;
- le courrier de convocation ne fait pas état de la décision envisagée, en méconnaissance de l'article R. 421-23 du code de l'action sociale et des familles ;
- l'auteur de la décision s'est cru à tort lié par l'avis de la commission consultative paritaire départementale ;
- le département a commis une erreur de droit en ne se fondant pas sur le référentiel fixant les critères de l'agrément des assistants familiaux ;
- la décision attaquée fait référence à des notions très générales qui ne permettent pas à l'intéressée de comprendre ce qui lui est reproché ;
- la matérialité des faits n'est pas avérée ;
- la décision attaquée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. B pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". En vertu de l'article L. 522-3 de ce code, le juge des référés peut, par une ordonnance motivée, rejeter une requête sans instruction ni audience lorsque la condition d'urgence n'est pas remplie ou lorsqu'il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci ne relève pas de la compétence de la juridiction administrative, qu'elle est irrecevable ou qu'elle est mal fondée.
2. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue.
3. Pour justifier de l'urgence à suspendre l'exécution de la décision en litige, la requérante soutient qu'elle vit seule, qu'elle a obtenu son agrément d'assistante familiale en 2021 à la suite d'une reconversion professionnelle et que cette décision la prive de son activité professionnelle d'assistante familiale qui est sa seule source de revenus. Elle n'apporte toutefois aucun élément au soutien de ses allégations et ne fournit aucun document qui permettrait de se prononcer sur l'incidence de la décision attaquée sur sa situation financière. Dès lors, la condition d'urgence ne peut pas être considérée comme remplie. Par suite, la requête de Mme A doit être rejetée en toutes ses conclusions selon la procédure prévue par l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A.
Fait à Caen, le 17 février 2023.
Le juge des référés,
Signé
F. B
La République mande et ordonne au préfet de La Manche, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière,
C. Bénis
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