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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2300431

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2300431

vendredi 23 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2300431
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation2ème chambre
Avocat requérantAARPI CONCORDANCE AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 20 février et 10 mai 2023, Mme A B, représentée par Me Balouka, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 16 janvier 2023 par lequel le préfet du Calvados lui a refusé la délivrance d'un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office lorsque le délai sera expiré ;

2°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de justice administrative sans délai à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil, en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce à percevoir la part contributive de l'Etat versée au titre de l'aide juridictionnelle et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Mme B soutient que :

- l'arrêté pris dans son ensemble est entaché d'incompétence ;

- il méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision de refus de titre de séjour a été prise au terme d'une procédure irrégulière ;

- elle méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire méconnaît l'article L. 611-1 (3°) du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision de refus de titre de séjour ;

- la décision accordant un délai de départ volontaire de trente jours est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- la décision fixant le pays de renvoi est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité des décisions portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français et accordant un délai de départ volontaire de trente jours.

Par un mémoire enregistré le 13 avril 2023, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.

Vu :

- le dépôt de la demande d'aide juridictionnelle enregistrée le 30 janvier 2023 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant, signée à New-York le 26 janvier 1990 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Silvani,

- les observations de Me Balouka, représentant Mme B.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A B, née le 23 mars 1988, de nationalité nigériane, est selon ses déclarations entrée irrégulièrement en France le 15 février 2015. Elle a bénéficié de plusieurs titres de séjour en qualité d'étranger malade du 25 avril 2016 au 24 avril 2022. Le 16 mars 2022, l'intéressée a sollicité le renouvellement de sa carte de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 16 janvier 2023, dont Mme B demande l'annulation, le préfet du Calvados a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".

3. Mme B ayant déposé une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué, il y a lieu de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne l'arrêté pris dans son ensemble :

4. Par un arrêté du 27 avril 2022, publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° 14-2022-084 du même jour et consultable sur le site internet de la préfecture, le préfet du Calvados a donné délégation à la cheffe du bureau du séjour, à l'effet de signer tous les arrêtés et décisions relevant des attributions de ce bureau. Celles-ci comprennent, en application de l'article 3-4-1 de l'arrêté préfectoral du 30 août 2021 portant organisation des services de la préfecture du Calvados, publié au recueil des actes administratifs spécial de la préfecture n° 14-2021-158 du 31 août 2021 et consultable sur le site internet de la préfecture, la rédaction et la notification des décisions de refus de séjour avec ou sans obligation de quitter le territoire français. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit, par suite, être écarté.

En ce qui concerne la légalité du refus de titre de séjour :

5. Aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R. 425-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, le préfet délivre le titre de séjour " au vu d'un avis émis par un collège de médecins à compétence nationale de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. / L'avis est émis dans les conditions fixées par arrêté du ministre chargé de l'immigration et du ministre chargé de la santé au vu, d'une part, d'un rapport médical établi par un médecin de l'office et, d'autre part, des informations disponibles sur les possibilités de bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans le pays d'origine de l'intéressé () ". Aux termes de l'article R. 425-12 du même code : " Le rapport médical mentionné à l'article R. 425-11 est établi par un médecin de l'Office français de l'immigration et de l'intégration à partir d'un certificat médical établi par le médecin qui le suit habituellement ou par un médecin praticien hospitalier inscrits au tableau de l'ordre, dans les conditions prévues par l'arrêté mentionné au deuxième alinéa du même article. () / Sous couvert du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration le service médical de l'office informe le préfet qu'il a transmis au collège de médecins le rapport médical. () / Le collège à compétence nationale, composé de trois médecins, émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du présent article. () Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège () ".

6. En premier lieu, la requérante soutient que le refus de titre de séjour est intervenu au terme d'une procédure irrégulière au motif que le préfet du Calvados s'est fondé sur un avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 15 février 2015, antérieur à la demande de renouvellement du titre de séjour qu'elle a présentée le 16 mars 2022. Toutefois, si la décision attaquée se réfère à un avis du 15 février 2015, le préfet du Calvados a versé au dossier l'avis du 21 septembre 2022 par lequel le collège des médecins a estimé, ainsi que l'indique le préfet dans la décision attaquée, que si l'état de santé de Mme B nécessite une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle peut, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine, y bénéficier effectivement d'un traitement médical approprié. Il en résulte que la mention de l'avis du 15 février 2015 constitue une simple erreur de plume, sans incidence sur la légalité de la décision en litige.

7. En deuxième lieu, il résulte des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile citées au point 5 que, lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans le pays dont l'étranger est originaire et que si ce dernier y a effectivement accès. Toutefois, la partie qui justifie de l'avis d'un collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi.

8. Il ressort des pièces du dossier que Mme B est atteinte d'une infection par le VIH de stade A1. Ainsi qu'il a été indiqué au point 6, par un avis du 21 septembre 2022, le collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé que si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle peut, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans son pays d'origine, y bénéficier effectivement d'un traitement médical approprié.

9. Pour contester ce dernier point de l'avis, Mme B produit des comptes rendus médicaux ainsi qu'un certificat établi le 22 novembre 2022 par un médecin du Centre hospitalier universitaire de Caen Normandie, qui indique que l'infection dont est atteinte Mme B nécessite un suivi médical continu dont l'interruption pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'il est nécessaire qu'elle obtienne un titre de séjour pour que lui soient administrés les soins et traitements qui ne peuvent lui être délivrés dans son pays d'origine. Cette dernière mention qui est étrangère à une constatation médicale caractérise un certificat de complaisance prohibé par la règle déontologique énoncée à l'article R. 4127-28 du code de la santé publique. En tout état de cause, ces documents ne suffisent pas, à eux-seuls, à établir que l'intéressée ne pourra pas bénéficier au Nigéria d'un accès effectif aux traitements appropriés à son état de santé et, par suite, à remettre en cause le bien-fondé de l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la décision de refus de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

10. En troisième lieu, aux termes du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ". Si Mme B fait valoir que ses trois enfants, sont nés en France en 2016, 2017 et 2020 et y sont scolarisés, rien ne fait obstacle à ce qu'ils poursuivent leur scolarité au Nigéria, où la cellule familiale pourra se reconstituer. En outre, si la requérante soutient que sa fille sera exposée, au Nigéria en particulier dans l'Etat de Edo, à un risque d'excision, dont elle a elle-même été victime, elle ne démontre pas le caractère réel, actuel et personnel de ce risque ni qu'elle serait, le cas échéant, dans l'impossibilité de s'opposer avec son conjoint à ce que leur fille subisse cette pratique qui est interdite par les autorités nigérianes. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations précitées doit être écarté.

11. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ". En application de ces stipulations, il appartient à l'étranger qui invoque la protection due à son droit au respect de sa vie privée et familiale en France d'apporter toute justification permettant d'apprécier la réalité et la stabilité de ses liens personnels et familiaux en France au regard de ceux qu'il a conservés dans son pays d'origine.

12. Mme B soutient qu'elle vit en France depuis huit ans, qu'elle dispose d'un logement, qu'elle a obtenu un contrat de travail en 2021, que ses enfants sont nés et scolarisés en France et que son compagnon, père de ses enfants, bénéficie d'une autorisation provisoire de séjour valable du 5 avril 2023 au 4 octobre 2023. Toutefois, ces seuls éléments ne sauraient suffire à établir l'existence de liens durables et solides sur le territoire français alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressée y aurait noué des liens d'une particulière intensité, son insertion professionnelle étant, par ailleurs, récente, ni que la cellule familiale ne pourrait se reconstituer au Nigéria, où ses jeunes enfants pourront poursuivre leur scolarité. Enfin, la requérante ne peut se prévaloir de la circonstance que son conjoint bénéficie d'une autorisation provisoire de séjour, dès lors que celle-ci lui a été délivré le 5 avril 2023 soit postérieurement à la décision attaquée. Dans ces conditions, en refusant de délivrer à Mme B un titre de séjour, le préfet du Calvados n'a pas porté une atteinte excessive à son droit à une vie privée et familiale normale et n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :

13. En premier lieu, aux termes du 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents () ". Si Mme B se prévaut de son intégration sociale en France, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet du Calvados, qui a procédé à un examen particulier de la situation de la requérante, a commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation en l'obligeant à quitter le territoire. Dans ces conditions, ce moyen doit être écarté.

14. En deuxième lieu, il résulte de ce qui a été dit précédemment que la décision portant refus de séjour n'est pas illégale. Dans ces conditions, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision dirigé contre la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

15. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés aux points 10 et 12, les moyens tirés de la violation des stipulations des articles 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :

16. En premier lieu, en l'absence d'illégalité relevée à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination serait dépourvue de base légale ne peut qu'être écarté.

17. En deuxième lieu, Mme B ne peut utilement se prévaloir des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, qui sont inopérantes à l'égard d'une décision qui se limite à fixer un pays de destination en cas d'éloignement forcé.

18. En troisième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'articles 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant au regard du risque d'excision encouru par la fille de la requérante doit être écarté.

En ce qui concerne la décision accordant un délai de départ volontaire :

19. En premier lieu, il résulte de ce qui a été exposé précédemment que la décision portant obligation de quitter le territoire n'est pas entachée d'illégalité. Par suite, la requérante ne peut pas se prévaloir, par voie d'exception, de l'illégalité de cette décision pour demander l'annulation de la décision accordant un délai de départ volontaire.

20. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10 et 12, les moyens tirés de la violation des stipulations des articles 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.

21. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 16 janvier 2023.

Sur les autres conclusions :

22. Par voie de conséquence de ce qui précède, les conclusions à fin d'injonction, ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : Mme B est admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : La requête de Mme B est rejetée.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au préfet du Calvados.

Copie pour information en sera transmise au bureau d'aide juridictionnelle.

Délibéré après l'audience du 17 mai 2023, à laquelle siégeaient :

M. Mondésert, président,

Mme Pillais, première conseillère,

Mme Silvani, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 juin 2023.

La rapporteure,

Signé

C. SILVANI

Le président,

Signé

X. MONDESERT

La greffière,

Signé

A. LAPERSONNE

La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

la greffière,

A.Lapersonne

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