mardi 1 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2300587 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP LEBLANC DE BREK FOUCAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 mars et 30 août 2023, M. B C, représenté par Me de Brek, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 10 février 2023 par laquelle le maire de la commune de Gonneville-sur-Mer a délivré un certificat d'urbanisme déclarant non réalisable l'opération consistant en la construction d'une maison d'habitation sur un terrain cadastré B 351 ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Gonneville-sur-Mer de lui délivrer un certificat d'urbanisme déclarant l'opération réalisable et ce, dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, ou, subsidiairement, d'instruire à nouveau la demande de certificat d'urbanisme déposée le 1er décembre 2022, sous les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de la commune la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il justifie d'un intérêt à agir ;
- il appartient à la commune de justifier que le signataire de la décision attaquée disposait d'une délégation de signature régulièrement publiée ;
- le terrain d'assiette du projet est situé en zone urbanisée, contrairement à ce que retient la décision attaquée ;
- il exerce une activité agricole nécessaire aux agriculteurs et aux collectivités.
Par des mémoires, enregistrés les 14 juin et 23 octobre 2023, la commune de Gonneville-sur-Mer, représentée par Me Schlosser, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le requérant est dépourvu de qualité et d'intérêt à agir contre le certificat d'urbanisme ;
- la requête est irrecevable faute d'énoncer des moyens de droit dans le délai de recours contentieux ;
- tous les nouveaux moyens soulevés dans le mémoire en réplique du 30 août 2023 sont irrecevables en application des dispositions de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme ;
- le moyen tiré de l'incompétence du signataire du certificat d'urbanisme est irrecevable dès lors qu'il relève d'une cause juridique différente de celle à laquelle se rattachent les moyens invoqués dans sa requête avant l'expiration du délai de recours ;
- les autres moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code rural et de la pêche maritime ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sénécal, rapporteure,
- les conclusions de Mme Remigy, rapporteure publique,
- et les observations de Me Schlosser, représentant la commune de Gonneville-sur-Mer.
Considérant ce qui suit :
1. Le 1er décembre 2022, Mme D C a déposé une demande de certificat d'urbanisme pour un projet de construction d'une maison d'habitation au profit de son fils, M. B C, sur un terrain dont elle est propriétaire indivise avec ses enfants, cadastré n° B0351 et situé au 66 chemin de Saint-Vaast à Gonneville-sur-Mer. Par une décision du 10 février 2023, le maire de la commune de Gonneville-sur-Mer a délivré un certificat d'urbanisme déclarant non réalisable l'opération envisagée. M. B C demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté du 29 mai 2020, régulièrement publié et affiché en mairie, le maire de la commune de Gonneville-sur-Mer a donné délégation à M. A E, adjoint au maire en charge du droit du sol, de l'urbanisme et de la préservation de l'environnement et signataire de l'arrêté attaqué, à l'effet de signer les documents relatifs à ses domaines de délégation. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, si M. C soutient que le terrain d'assiette du projet est urbanisé, il ressort des pièces du dossier, en particulier du règlement graphique du plan local d'urbanisme de la commune de Gonneville-sur-Mer modifié le 30 janvier 2017, applicable au présent litige, que le terrain est situé en zone agricole. Dans ces conditions, le maire de la commune de Gonneville-sur-Mer n'a pas commis d'illégalité en appliquant les dispositions du règlement du plan local d'urbanisme relatives à la zone agricole. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
4. En dernier lieu, l'article A1 du règlement du plan local d'urbanisme dispose que : " Conformément au code de l'urbanisme, toutes les occupations et utilisations du sol sont interdites en zone A à l'exception des constructions et installations mentionnées à l'article A2 ", parmi lesquelles figurent notamment " les constructions, installations et travaux divers () s'ils sont directement nécessaires à l'activité agricole " ou " les constructions à usage d'habitation et leurs annexes sous réserve d'être situées à proximité des constructions et installations à usage agricole existantes et d'être directement nécessaires à l'exploitation agricole ". En outre, aux termes de l'article L. 311-1 du code rural et de la pêche maritime : " Sont réputées agricoles toutes les activités correspondant à la maîtrise et à l'exploitation d'un cycle biologique de caractère végétal ou animal et constituant une ou plusieurs étapes nécessaires au déroulement de ce cycle ainsi que les activités exercées par un exploitant agricole qui sont dans le prolongement de l'acte de production ou qui ont pour support l'exploitation. () ".
5. Pour vérifier que la construction ou l'installation projetée est nécessaire à l'exploitation agricole, l'autorité administrative compétente doit s'assurer au préalable, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, de la réalité de l'exploitation agricole, au sens de ces dispositions, laquelle est caractérisée par l'exercice effectif d'une activité agricole d'une consistance suffisante. Par ailleurs, le lien de nécessité, qui doit faire l'objet d'un examen au cas par cas, s'apprécie entre, d'une part, la nature et le fonctionnement des activités de l'exploitation agricole et, d'autre part, la destination de la construction ou de l'installation projetée.
6. Il ressort des pièces du dossier que la demande de certificat d'urbanisme porte sur la construction d'une maison d'habitation d'environ 80 à 90 m2 à proximité de la société C Frères, entreprise de travaux agricoles dont M. B C est le président. Le terrain d'assiette du projet supporte la maison d'habitation de Mme C, mère du requérant, ainsi qu'un hangar, situé sur les parcelles B0351 et B0352, dont il n'est pas contesté qu'il abrite du matériel de travaux et qui est loué à la société C Frères dans le cadre d'un bail commercial pour y exercer, selon les termes mêmes du bail, une activité de travaux agricoles et accessoirement de travaux publics. Il ressort de l'extrait d'immatriculation principale au registre du commerce et des sociétés à jour au 11 juin 2021 que les activités principales de la société C Frères sont " la réalisation de tous travaux agricoles, travaux publics, agence d'espaces verts et travaux de terrassement et d'assainissement et toutes activités connexes et/ou complémentaires " se rapportant à l'objet social de la société. Toutefois, si l'entreprise C Frères est amenée à exécuter des travaux d'ensilage, de fenaison, de semi, de labour, de moisson, de broyage de branches, de bûcheronnage, de brassage, d'épandage de fumier pour les collectivités ou de déneigement et que ses services sont indispensables aux autres agriculteurs, ces travaux ne conduisent pas la société C Frères à exercer un contrôle effectif sur un cycle biologique complet et il n'est pas contesté que la société C Frères intervient sur des parcelles qui ne lui appartiennent pas, auprès de tiers agriculteurs ou de collectivités, et ne reste pas propriétaire des produits semés ou récoltés. Eu égard à la nature des missions qu'elle exerce, son activité, qui est assimilable à une activité de prestations de services, ne peut pas être qualifiée d'activité agricole au sens de l'article A2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Gonneville-sur-Mer, la circonstance que la société est inscrite à la mutualité sociale agricole étant, par ailleurs, sans incidence sur cette qualification. Enfin, à supposer même que l'activité soit regardée comme agricole, la construction projetée n'est pas directement nécessaire à cette activité. Par suite, ce moyen doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que M. C n'est pas fondé à demander l'annulation du certificat d'urbanisme du 10 février 2023 par lequel le maire de la commune de Gonneville-sur-Mer a déclaré non réalisable l'opération de construction projetée. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais de l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Gonneville-sur-Mer une somme au titre des frais exposés par M. C pour la présente instance. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du requérant une somme de 1 500 euros à verser à la commune à ce même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera à la commune de Gonneville-sur-Mer la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la commune de Gonneville-sur-Mer.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024 à laquelle siégeaient :
- Mme Macaud, présidente,
- Mme Ducos de Saint Barthélémy de Gélas, première conseillère,
- Mme Sénécal, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 1er octobre 2024.
La rapporteure,
signé
I. SENECAL
La présidente,
signé
A. MACAUDLa greffière,
signé
E. BLOYET
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. BLOYET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026