LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2300654

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2300654

vendredi 24 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2300654
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème Chambre
Avocat requérantLABRUSSE

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I. - Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le numéro 2300654 le 10 mars 2023, le 3 janvier 2024 et le 8 avril 2024, M. B A, représenté par la SCP Dumoulin, Chartrelle et Abiven, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 4 octobre 2022 par lequel la maire de la commune de Trouville-sur-Mer a sursis à statuer sur sa demande de permis de construire et de constater qu'il bénéficie d'un permis de construire tacite ;

2°) subsidiairement, d'enjoindre à la maire de la commune de Trouville-sur-Mer de lui délivrer le permis de construire qu'il sollicite ou de réexaminer sa demande dans un délai de trois mois suivant le jugement à venir ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Trouville-sur-Mer une somme de 4 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté attaqué est intervenu au terme d'une procédure irrégulière, dès lors que le sursis à statuer doit être regardé comme un retrait du permis tacitement accordé et qu'il n'a pas été mis à même de présenter ses observations sur cette décision ;

- la décision attaquée de retrait ne mentionne aucun motif d'illégalité permettant le retrait de l'autorisation tacite délivrée le 28 juillet 2022 ;

- l'arrêté n'est pas motivé, faute de préciser les motifs du sursis à statuer ;

- il est entaché d'erreur de droit et d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'aucune opération d'aménagement faisant obstacle à l'instruction et à la délivrance du permis n'est en cours ;

- la substitution de motif demandée en défense ne peut être accueillie, le motif de l'incomplétude du dossier ne saurait légalement justifier un sursis à statuer sur la demande de permis ;

- la délibération du conseil municipal de la commune de Trouville-sur-Mer du 16 mai 2019 est illégale dès lors qu'elle ne permet pas d'identifier le périmètre concerné par l'opération d'aménagement projetée et que ce projet d'aménagement est indéterminé.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 31 octobre 2023 et le 20 mars 2024, la commune de Trouville-sur-Mer, représentée par Me Labrusse, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. A une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- le moyen tiré de l'absence de procédure contradictoire est inopérant dès lors qu'elle était en situation de compétence liée pour retirer le permis de construire tacite qui était illégal du fait de l'incomplétude du dossier de demande de permis ;

- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés ;

- l'arrêté attaqué pouvait légalement être motivé par l'incomplétude du dossier de demande de permis.

II. - Par une requête et des mémoires, enregistrés sous le numéro 2400013 le 3 janvier 2024, le 10 mai 2024 et le 13 juin 2024, M. B A, représenté par la SCP Dumoulin, Chartrelle, et Abiven, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 novembre 2023 par laquelle la maire de la commune de Trouville-sur-Mer a refusé de lui délivrer un certificat d'obtention d'un permis de construire tacite ;

2°) d'enjoindre à la maire de la commune de Trouville-sur-Mer de lui délivrer le certificat sollicité et ce, dans un délai d'un mois à compter du jugement à intervenir sous astreinte de 150 euros par jour de retard, sur une durée de quatre mois ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Trouville-sur-Mer une somme de 3 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que la maire de la commune de Trouville-sur-Mer ne pouvait refuser de lui délivrer le certificat sollicité dès lors qu'un permis de construire tacite est né le 28 juillet 2022 du silence gardé par la commune de Trouville-sur-Mer sur sa demande de permis de construire déposée le 27 mai 2022 et que ce permis tacite a été illégalement retiré par l'arrêté portant sursis à statuer du 4 octobre 2022.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 4 avril 2024 et le 28 mai 2024, la commune de Trouville-sur-Mer, représentée par Me Labrusse, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que le moyen soulevé par M. A n'est pas fondé.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Ducos de Saint Barthélémy de Gélas,

- les conclusions de Mme Remigy, rapporteure publique,

- les observations de Me Poussier, substituant la SCP Dumoulin, Chartrelle et Abiven, représentant M. A, et de Me Labrusse, représentant la commune de Trouville-sur-Mer.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A a déposé, le 27 mai 2022, une demande de permis de construire quatre villas sur une parcelle cadastrée AI 56, au 27 boulevard Louis Breguet à Trouville-sur-Mer (Calvados). La maire de la commune de Trouville-sur-Mer a sursis à statuer sur cette demande pour un délai maximum de deux ans par un arrêté du 4 octobre 2022. Le 25 septembre 2023, M. A a sollicité la délivrance d'un certificat d'obtention d'un permis tacite. Par décision du 28 novembre 2023, la maire de la commune de Trouville-sur-Mer a refusé de faire droit à sa demande. Par les requêtes susvisées, qu'il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement, M. A demande l'annulation de l'arrêté du 4 octobre 2022 et de la décision du 28 novembre 2023.

Sur l'existence d'un permis tacite :

2. D'une part, l'article R. 423-23 du code de l'urbanisme, relatif au délai d'instruction des demandes de permis de construire, dispose que : " Le délai d'instruction de droit commun est de : a) Un mois pour les déclarations préalables ; / b) Deux mois pour les demandes de permis de démolir et pour les demandes de permis de construire portant sur une maison individuelle, au sens du titre III du livre II du code de la construction et de l'habitation, ou ses annexes ; / c) Trois mois pour les autres demandes de permis de construire et pour les demandes de permis d'aménager. ". Les articles R. 423-24 à R. 423-33 du même code fixent les cas dans lesquels une modification du délai d'instruction de droit commun peut intervenir. En outre, aux termes de l'article R. 423-42 du même code : " Lorsque le délai d'instruction de droit commun est modifié en application des articles R. 423-24 à R. 423-33, l'autorité compétente indique au demandeur ou à l'auteur de la déclaration, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie : a) Le nouveau délai et, le cas échéant, son nouveau point de départ ; b) Les motifs de la modification de délai ; c) Lorsque le projet entre dans les cas prévus à l'article R. 424-2, qu'à l'issue du délai, le silence éventuel de l'autorité compétente vaudra refus tacite du permis. ". L'article R. 423-43 du même code prévoit également que : " Les modifications de délai prévues par les articles R. 423-24 à R. 423-33 ne sont applicables que si les notifications prévues par la présente sous-section ont été faites. ".

3. D'autre part, l'article R. 423-22 du code de l'urbanisme prévoit que " () le dossier est réputé complet si l'autorité compétente n'a pas, dans le délai d'un mois à compter du dépôt du dossier en mairie, notifié au demandeur ou au déclarant la liste des pièces manquantes dans les conditions prévues par les articles R. 423-38 et R. 423-41 ". L'article R. 423-38 du code dispose que : " Lorsque le dossier ne comprend pas les pièces exigées en application du présent livre, l'autorité compétente, dans le délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie, adresse au demandeur ou à l'auteur de la déclaration une lettre recommandée avec demande d'avis de réception, indiquant, de façon exhaustive, les pièces manquantes. ". Aux termes de l'article R. 423-41 de ce code : " Une demande de production de pièce manquante notifiée après la fin du délai d'un mois prévu à l'article R. 423-38 ou ne portant pas sur l'une des pièces énumérées par le présent code n'a pas pour effet de modifier les délais d'instruction définis aux articles R. 423-23 à R. 423-37-1 et notifiés dans les conditions prévues par les articles R. 423-42 à R. 423-49. ".

4. Enfin, aux termes de l'article R. 423-46 du code de l'urbanisme : " Les notifications et courriers prévus par les sous-sections 1 et 2 ci-dessus sont adressés par lettre recommandée avec demande d'avis de réception. ". L'article R. 423-47 du même code dispose que : " Lorsque les courriers sont adressés au demandeur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception, l'intéressé est réputé en avoir reçu notification à la date de la première présentation du courrier. ". Et aux termes de l'article R. 424-1 de ce code : " A défaut de notification d'une décision expresse dans le délai d'instruction déterminé comme il est dit à la section IV du chapitre III ci-dessus, le silence gardé par l'autorité compétente vaut () : / () b) Permis de construire () tacite. ".

5. Il résulte de ces dispositions qu'à l'expiration du délai d'instruction tel qu'il résulte de l'application des dispositions du chapitre III du titre II du livre IV du code relatives au dépôt et à l'instruction des demandes de permis et des déclarations, naît une décision de non-opposition à déclaration préalable ou un permis tacite. En application de ces dispositions, le délai d'instruction n'est ni modifié ni interrompu si la notification de modification du délai d'instruction ou de la demande tendant à compléter le dossier par une pièce n'est pas faite dans un délai d'un mois à compter de la réception ou du dépôt du dossier à la mairie. A cet égard, les formes de notification prescrites par l'article R. 423-46 du code de l'urbanisme, prévoyant notamment que les notifications et courriers sont adressés par lettre recommandé avec demande d'avis de réception, ne sont pas substantielles, dès lors qu'il ressort des pièces du dossier que le demandeur a pu, par ailleurs, en prendre connaissance.

6. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que la commune de Trouville-sur-Mer a adressé à M. A un premier courrier, le 20 juin 2022, l'informant que le délai d'instruction de sa demande de permis de construire, déposé le 27 mai 2022, était porté à cinq mois en application des articles R. 423-24 à R. 423-33 du code de l'urbanisme, puis, le 22 juin 2022, un second courrier l'informant de l'incomplétude de son dossier et lui demandant de le compléter. Toutefois, ces notifications ont été faites à une adresse différente de celle mentionnée par M. A dans le formulaire CERFA de demande de permis de construire. Si la commune de Trouville-sur-Mer fait valoir en défense que cette adresse de notification est celle de la résidence principale de M. A, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'intéressé a pu en prendre connaissance, dans le délai d'un mois suivant le dépôt en mairie de sa demande de permis de construire, des plis présentés par les services postaux à cette adresse, ceux-ci ayant été retournés à la commune avec la mention " avisé - non réclamé ". Si la commune soutient par ailleurs que la demande de pièces complémentaires a également été adressée par courriel à l'architecte de M. A, maitre d'œuvre du projet, et à M. A lui-même, d'une part, les dispositions précitées imposent que la notification soit faite au demandeur lui-même et, d'autre part, elle n'établit pas que M. A, qui n'a répondu à ce courriel que le 28 juin 2022, a eu connaissance de ce courriel dans le délai d'un mois prescrit par l'article R. 423-38 du code de l'urbanisme. Dans ces conditions, les notifications et courriers adressés à M. A n'ont pas eu pour effet de modifier le délai d'instruction de droit commun de sa demande de permis de construire, à l'issue duquel un permis tacite est né le 27 août 2022.

Sur le retrait du permis tacite et le sursis à statuer :

7. D'une part, aux termes de l'article L. 424-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. () Il peut également être sursis à statuer : () 3° Lorsque des travaux, constructions ou installations sont susceptibles de compromettre ou de rendre plus onéreuse la réalisation d'une opération d'aménagement () Le sursis à statuer doit être motivé et ne peut excéder deux ans. () ".

8. La décision prononçant, après expiration du délai d'instruction du permis, le sursis à statuer sur une demande de permis de construire doit être analysée comme comportant retrait du permis tacitement accordé.

9. Il ressort des pièces du dossier que, par arrêté du 4 octobre 2022, la maire de la commune de Trouville-sur-Mer a prononcé un sursis à statuer sur la demande de permis de construire déposée le 27 mai 2022 par M. A, soit après l'expiration du délai d'instruction qui n'a pu être, ainsi qu'il a été dit au point 6, régulièrement modifié ou interrompu par les courriers des 20 et 22 juin 2022. Par suite, l'arrêté attaqué doit être regardé comme procédant au retrait du permis tacitement accordé.

10. D'autre part, aux termes de l'article L. 424-5 du code de l'urbanisme : " La décision de non-opposition à une déclaration préalable ou le permis de construire ou d'aménager ou de démolir, tacite ou explicite, ne peuvent être retirés que s'ils sont illégaux et dans le délai de trois mois suivant la date de ces décisions. Passé ce délai, la décision de non-opposition et le permis ne peuvent être retirés que sur demande expresse de leur bénéficiaire. () ". Aux termes de l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Les décisions mentionnées à l'article L. 211-2 n'interviennent qu'après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. () ".

11. Il résulte de ces dispositions que la décision portant retrait d'un permis de construire doit être précédée de la procédure contradictoire prévue à l'article L. 122-1 du code des relations entre le public et l'administration. Le respect de cette procédure constitue une garantie pour le titulaire du permis que le maire envisage de retirer. La décision de retrait prise par le maire est ainsi illégale s'il ressort de l'ensemble des circonstances de l'espèce que le titulaire du permis a été effectivement privé de cette garantie.

12. Il est constant que la décision attaquée du 4 octobre 2022 n'a été précédée d'aucune procédure contradictoire. Si la commune de Trouville-sur-Mer fait valoir qu'elle se trouvait en situation de compétence liée pour surseoir à statuer sur la demande de permis de construire en raison de l'existence d'une opération d'aménagement en cours, en vertu de l'article L. 424-1 cité au point 7, et pour refuser cette demande au regard de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire, en vertu de l'article R. 423-38 cité au point 3, il résulte au contraire de ces dispositions qu'il appartenait au service instructeur d'apprécier si les constructions envisagées étaient susceptibles de compromettre ou de rendre plus onéreuse la réalisation de l'opération d'aménagement décidée par la délibération du 16 mai 2019 et si les insuffisances du dossier de demande de permis de construire étaient de nature à fausser son appréciation. Dans ces conditions, la maire ne se trouvait pas en situation de compétence liée pour retirer le permis de construire tacite de M. A. Dès lors, l'absence de procédure contradictoire a privé M. A d'une garantie et entache d'illégalité l'arrêté du 4 octobre 2022.

13. Enfin, pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, les autres moyens de la requête enregistrée sous le numéro 2300654 n'apparaissent pas, en l'état de l'instruction, susceptible de fonder l'annulation de la décision du 4 octobre 2022.

14. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 4 octobre 2022.

Sur le refus de délivrance d'un certificat d'obtention d'un permis tacite :

15. Ainsi qu'il a été dit ci-dessus, l'arrêté du 4 octobre 2022 n'a pu légalement avoir ni pour objet ni pour effet de retirer la décision tacite du 27 août 2022 accordant un permis de construire à M. A. Dès lors, la maire de la commune de Trouville-sur-Mer, saisie d'une demande en ce sens, était tenue de délivrer un certificat d'obtention de permis tacite à M. A. Il résulte de ce qui précède que la décision du 28 novembre 2023 par laquelle la maire a refusé de faire droit à sa demande de délivrance d'un certificat d'obtention d'un permis tacite doit être annulée.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

16. Le présent jugement implique nécessairement qu'il soit enjoint à la maire de Trouville-sur-Mer de délivrer à M. A un certificat d'obtention de permis de construire tacite en application de l'article R. 424-13 du code de l'urbanisme. Un délai d'un mois lui est imparti pour y procéder. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.

Sur les frais liés au litige :

17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Trouville-sur-Mer une somme globale de 1 500 euros à verser à M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, ces dispositions font obstacle à ce qu'il soit mis à la charge de M. A, qui n'est pas, dans la présente instance, partie perdante, les sommes que la commune de Trouville-sur-Mer demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté du 4 octobre 2022 et la décision du 28 novembre 2023 de la maire de Trouville-sur-Mer sont annulés.

Article 2 : Il est enjoint à la maire de la commune de Trouville-sur-Mer de délivrer à M. A un certificat d'obtention de permis de construire tacite dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : La commune de Trouville-sur-Mer versera à M. A une somme globale de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête numéro 2400013 est rejeté.

Article 5 : Les conclusions présentées par la commune de Trouville-sur-Mer au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Trouville-sur-Mer.

Délibéré après l'audience du 14 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

- Mme Macaud, présidente,

- Mme Ducos de Saint Barthélémy de Gélas, première conseillère,

- M. Rivière, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 janvier 2025.

La rapporteure,

SIGNÉ

C. DUCOS DE SAINT BARTHÉLÉMY DE GÉLAS

La présidente,

SIGNÉ

A. MACAUDLa greffière,

SIGNÉ

E. BLOYET

La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

E. BLOYET

Nos 2300654, 2400013

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions