mercredi 26 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2300910 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 avril 2023, le centre de formation d'apprentis 3IFA et Mme D A, cette dernière agissant en qualité de représentante légale de son fils mineur M. B A, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 25 janvier 2023 par laquelle la rectrice de l'académie de Normandie a refusé une mesure d'aménagement des épreuves du certificat d'aptitude professionnelle (CAP) spécialité boulanger consistant à bénéficier d'un secrétaire lecteur-scripteur et d'un assistant pour la reformulation des consignes, ensemble les décisions du 6 mars 2023 et du 23 mars 2023 rejetant les recours gracieux formés à son encontre ;
2°) d'enjoindre à la rectrice de l'académie de Normandie d'accorder à M. B A la présence d'un secrétaire lecteur-scripteur et d'un assistant pour la reformulation des consignes lors des épreuves de l'examen du CAP boulanger.
Ils soutiennent que ce refus d'aménagement est injustifié en ce qu'il va à l'encontre des avis du médecin traitant, de l'orthophoniste et de l'établissement de formation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juin 2023, la rectrice de l'académie de Normandie conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens exposés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de l'éducation ;
- la circulaire du 8 décembre 2020 portant organisation de la procédure et adaptations des épreuves d'examen et concours pour les candidats en situation de handicap ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Pringault, conseiller ;
- et les conclusions de M. Blondel, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, né le 31 décembre 2006, souffre de troubles de dyslexie et de dysorthographie. Par un formulaire complété le 25 juillet 2022, visé par le centre de formation d'apprentis 3IFA le 29 novembre 2022, ses parents, M. C A et Mme D A, ont sollicité des mesures d'aménagements pour le passage des épreuves de la deuxième année de CAP spécialité boulanger portant sur la mise en place d'un tiers-temps, d'un secrétaire lecteur-scripteur et d'un assistant pour reformuler les consignes. Par une décision du 25 janvier 2023, prise après avis du médecin désigné par la commission départementale de l'autonomie des personnes handicapées, la rectrice de l'académie de Normandie a accordé à M. A la mise en place d'un tiers-temps pour l'ensemble des épreuves écrites et orales mais a en revanche refusé d'accorder la présence d'un secrétaire lecteur-scripteur et une assistance pour la reformulation des consignes pendant les épreuves. Les recours gracieux formés contre cette décision, en tant qu'elle refuse ces deux derniers aménagements, ayant été rejetés par deux décisions des 6 mars et 23 mars 2023, le centre de formation d'apprentis 3IFA et Mme A demandent au tribunal d'annuler ces trois décisions en tant qu'elles refusent la demande d'assistance d'un secrétaire scripteur et de reformulation des consignes.
2. Aux termes de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles : " Constitue un handicap, au sens de la présente loi, toute limitation d'activité ou restriction de participation à la vie en société subie dans son environnement par une personne en raison d'une altération substantielle, durable ou définitive d'une ou plusieurs fonctions physiques, sensorielles, mentales, cognitives ou psychiques, d'un polyhandicap ou d'un trouble de santé invalidant ".
3. Aux termes de l'article L. 112-4 du code de l'éducation : " Pour garantir l'égalité des chances entre les candidats, des aménagements aux conditions de passation des épreuves orales, écrites, pratiques ou de contrôle continu des examens ou concours de l'enseignement scolaire et de l'enseignement supérieur, rendus nécessaires en raison d'un handicap ou d'un trouble de la santé invalidant, sont prévus par décret. Ces aménagements peuvent inclure notamment l'octroi d'un temps supplémentaire et sa prise en compte dans le déroulement des épreuves, la présence d'un assistant, un dispositif de communication adapté, la mise à disposition d'un équipement adapté ou l'utilisation, par le candidat, de son équipement personnel ". Aux termes de l'article D. 112-1 du même code : " Afin de garantir l'égalité de leurs chances avec les autres candidats, les candidats aux examens ou concours de l'enseignement scolaire et de l'enseignement supérieur qui présentent un handicap tel que défini à l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles bénéficient des aménagements rendus nécessaires par leur situation, dans les conditions définies aux articles D. 351-27 à D. 351-32 en ce qui concerne l'enseignement scolaire (). / Ces aménagements portent sur tous les examens ou concours de l'enseignement scolaire et de l'enseignement supérieur organisés par le ministre chargé de l'éducation et le ministre chargé de l'enseignement supérieur ou par des établissements sous tutelle ou services dépendant de ces ministres. / Ils peuvent porter sur toutes les formes d'épreuves de ces examens ou concours, quel que soit le mode d'évaluation des épreuves et, pour un diplôme, quel que soit son mode d'acquisition. / Ils peuvent, selon les conditions individuelles, s'appliquer à tout ou partie des épreuves ". Enfin, aux termes de l'article D. 351-27 du même code : " Les candidats aux examens ou concours de l'enseignement scolaire qui présentent un handicap peuvent bénéficier d'aménagements portant sur : / 1° Les conditions de déroulement des épreuves, de nature à leur permettre de bénéficier des conditions matérielles ainsi que des aides techniques et humaines appropriées à leur situation () ". Les articles D. 351-28 et D. 351-28-1 de ce code fixent la procédure de demande d'aménagements des épreuves.
4. La circulaire du 8 décembre 2020 portant organisation de la procédure et adaptations et aménagements des épreuves d'examen et concours pour les candidats en situation de handicap, qui a été régulièrement publiée au Bulletin officiel de l'éducation nationale, de la jeunesse et des sports du 10 décembre 2020 prévoit que : " l'autorité administrative compétente pour ouvrir et organiser l'examen ou le concours décide des aménagements accordés en prenant appui sur l'appréciation de l'équipe pédagogique et l'avis rendu par le médecin, le cas échéant " et que " L'autonomie du candidat doit être recherchée en priorité même en situation d'examen ou de concours. C'est pourquoi, le recours à l'aide humaine répond à un besoin d'adaptation pédagogique auquel ne peut répondre aucune autre modalité d'aménagement (aide technique, numérique, majoration du temps, etc.) ".
5. Il résulte de ces dispositions que les élèves souhaitant bénéficier d'un aménagement d'épreuves en raison d'un handicap ou d'un trouble de santé invalidant doivent en faire la demande et qu'il appartient à l'autorité administrative qui organise l'examen ou le concours de statuer, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, sur cette demande au vu de l'avis du médecin désigné par la commission des droits et de l'autonomie des personnes handicapées.
6. En l'espèce, le centre de formation d'apprentis 3IFA et Mme A se prévalent de ce que la demande d'aménagements de M. B A est fondée sur des avis favorables du médecin traitant, de l'orthophoniste et de l'établissement de formation. Il ressort toutefois des pièces du dossier, d'une part, que l'avis du médecin traitant insiste sur le besoin d'augmenter le temps des épreuves, sans faire état de la nécessité d'un assistant lecteur-scripteur et d'une reformulation des consignes. D'autre part, si les requérants produisent une attestation d'une orthophoniste relevant le besoin d'un " accompagnement par un lecteur-scripteur avec reformulation des consignes si nécessaire ", cette attestation, au demeurant postérieure à la décision de refus partiel d'aménagements du 25 janvier 2023, ne suffit pas à établir que la situation de handicap dont souffre l'intéressé justifierait l'octroi d'un aménagement allant au-delà du bénéfice d'un tiers temps, d'autant que, comme le fait valoir l'administration en défense, les comptes-rendus de bilans d'examens du langage réalisés par cette même orthophoniste démontrent une diminution des difficultés d'apprentissage entre 2017 et 2020. Dans ces conditions, la rectrice de l'académie de Normandie n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 114 du code de l'action sociale et des familles et des articles D. 112-1, D. 351-27 et D. 351-28-1 du code de l'éducation en estimant que les aménagements accordés, consistant à bénéficier d'un tiers temps pour l'ensemble des épreuves écrites et orales, suffisaient à compenser la situation de handicap de M. A.
7. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation des décisions par lesquelles la rectrice de l'académie de Normandie a refusé de faire droit à la demande d'assistance d'un secrétaire scripteur et de reformulation des consignes doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du centre de formation d'apprentis 3IFA et de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié au centre de formation d'apprentis 3IFA, à Mme D A, à la rectrice de l'académie de Normandie et à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche.
Délibéré après l'audience du 4 février 2025, à laquelle siégeaient :
M. Marchand, président,
Mme Pillais, première conseillère,
M. Pringault, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 février 2025.
Le rapporteur,
Signé
S. PRINGAULT
Le président,
Signé
A. MARCHANDLe greffier,
Signé
J. LOUNIS
La République mande et ordonne à la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. BLOYET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026