vendredi 12 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2301060 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | URGENCE- Etrangers |
| Avocat requérant | MICHEL |
Vu la procédure suivante :
I°/ Par une requête enregistrée le 25 avril 2023 sous le n° 2301060, M. A G F, représenté par Me Michel, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 7 mars 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a ordonné son transfert aux autorités italiennes ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime d'enregistrer sa demande d'asile dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des frais de l'instance.
M. G F soutient que :
- sa requête est recevable ;
- il appartient à l'administration de justifier de la délégation de signature accordée au signataire de l'acte ;
- il revient au préfet de démontrer que le requérant a présenté une demande d'asile en Italie, que les autorités italiennes ont été saisies d'une demande de reprise en charge dans les conditions, notamment de délai, prévues par les articles 24 et 25 du règlement UE n° 604-2013 du 26 juin 2013 et qu'elles ont donné leur accord préalablement à la décision de transfert ;
- il revient au préfet de démontrer qu'il lui a notifié avant l'entretien individuel les informations prévues par l'article 4 du règlement UE n° 604-2013 du 26 juin 2013, par écrit et dans une langue qu'il comprend ;
- il n'est pas établi que l'entretien prévu à l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 a été mené par une personne identifiée et qualifiée en vertu du droit national et que les échanges sont restés confidentiels ;
- le préfet a méconnu l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013, l'article 3§2 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et l'article L. 572-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet n'a pas tenu compte des défaillances affectant la prise en charge des demandeurs d'asile en Italie ni de la situation de vulnérabilité de sa famille, la scolarisation des enfants et les pathologies dont il souffre.
Par un mémoire enregistré le 2 mai 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête au motif qu'aucun des moyens soulevés par M. G F n'est fondé.
II°/ Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 25 avril et 3 mai 2023 sous le n° 2301061, Mme C G F, représentée par Me Michel, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 7 mars 2023 par lequel le préfet de la Seine-Maritime a décidé son transfert aux autorités italiennes ;
3°) d'enjoindre au préfet de la Seine-Maritime d'enregistrer sa demande d'asile dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre des frais de l'instance.
Mme G F soulève des moyens identiques à ceux développés dans l'instance susvisée n° 2301060, précédemment analysés.
Par un mémoire enregistré le 2 mai 2023, le préfet de la Seine-Maritime conclut au rejet de la requête au motif qu'aucun des moyens soulevés par Mme G F n'est fondé.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Vu la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme E pour statuer sur les mesures prises par l'autorité préfectorale en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 3 mai 2023 :
- le rapport de Mme E ;
- les observations de Me Ingrachen, substituant Me Michel, représentant M. et Mme G F, présents, assistés par Mme D, interprète en langue arabe, qui conclut aux mêmes fins que les requêtes.
Le préfet de la Seine-Maritime n'était ni présent, ni représenté.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. M. A G F et Mme C G F ont sollicité leur admission au séjour au titre du droit d'asile le 27 décembre 2022 auprès des services de la préfecture du Calvados. La consultation du fichier Eurodac a révélé qu'ils avaient été identifiés en tant que demandeurs d'asile par les autorités italiennes le 26 octobre 2022. Les autorités de cet Etat ont été saisies par les autorités françaises d'une demande de reprise en charge de M. G F le 11 janvier 2023 et de Mme G F le 26 janvier 2023. Un accord exprès est intervenu respectivement le 20 janvier 2023 et le 8 février 2023 sur le fondement de l'article 18-1 b) du règlement n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013. Par deux arrêtés du 7 mars 2023, notifiés le 12 avril suivant, dont M. et Mme G F demandent l'annulation, le préfet de la Seine-Maritime a prononcé le transfert des intéressés aux autorités italiennes.
2. Les requêtes de M. A G F et de Mme C G F, enregistrées sous les nos 2301060 et 2301061, présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Par suite, il y a lieu de les joindre pour y statuer par un seul jugement.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
3. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée : " Dans les cas d'urgence () l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer l'admission provisoire de M. et Mme G F au bénéfice de l'aide juridictionnelle dans les instances n° 2301060 et 2301061.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. En premier lieu, par un arrêté n° 23-033 du 30 janvier 2023, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de la Seine-Maritime, le préfet de ce département a donné délégation à l'adjoint à la cheffe du pôle régional " B ", à l'effet de signer, notamment, les arrêtés de transfert pris dans le cadre du règlement dit " B " en cas d'absence ou d'empêchement de la cheffe du pôle régional " B ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'acte doit être écarté.
5. En deuxième lieu, les dispositions de l'article 24 du règlement n° 604/2013 (UE) du 26 juin 2013 régissent la procédure applicable aux requêtes aux fins de reprise en charge lorsqu'aucune nouvelle demande d'asile n'a été introduite dans l'Etat membre procédant au transfert de l'intéressé. La situation de M. et Mme G F ne relevant pas de ces dispositions, il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 24 du règlement n°604/2013 comme inopérant. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier que les autorités italiennes ont été saisies par les autorités françaises d'une demande de reprise en charge de M. G F le 11 janvier 2023 et de Mme G F le 26 janvier 2023 et qu'un accord exprès est intervenu respectivement le 20 janvier 2023 et le 8 février 2023 compte tenu de la demande d'asile présentée en Italie par les intéressés le 26 octobre 2022. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure de reprise en charge doit être écarté.
6. En troisième lieu, il résulte de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 que le demandeur d'asile auquel l'administration entend faire application des dispositions du règlement du 26 juin 2013 doit se voir remettre, dès le moment où le préfet est informé de ce qu'il est susceptible d'entrer dans le champ d'application de ce règlement, et, en tout cas, avant la décision par laquelle l'autorité administrative décide de le remettre aux autorités responsables de l'examen de sa demande d'asile, une information complète sur ses droits et les modalités d'application du règlement, par écrit et dans une langue qu'il comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend. Cette information doit comporter l'ensemble des éléments prévus au paragraphe 1 de ce même article 4 et constitue une garantie pour le demandeur d'asile.
7. Il ressort des pièces du dossier que M. et Mme G F se sont vus remettre le 27 décembre 2022 le guide du demandeur d'asile et les deux brochures intitulées " A. J'ai demandé l'asile dans l'UE - quel pays sera responsable de ma demande d'asile ' " et " B. Je suis sous procédure B - qu'est-ce que cela signifie ' ", toutes les deux rédigées en langue arabe qu'ils comprennent. La remise de ces deux documents, qui constituent la brochure commune prévue par les dispositions de l'article 4 du règlement (UE) n° 604/2013, permet aux demandeurs d'asile de bénéficier d'une information complète sur l'application de ce règlement. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la décision attaquée est intervenue en méconnaissance des droits qu'il tire de ces dispositions.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 5 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Afin de faciliter le processus de détermination de l'Etat membre responsable, l'Etat membre procédant à cette détermination mène un entretien individuel avec le demandeur. Cet entretien permet également de veiller à ce que le demandeur comprenne correctement les informations qui lui sont fournies conformément à l'article 4. / () 4. L'entretien individuel est mené dans une langue que le demandeur comprend ou dont on peut raisonnablement supposer qu'il la comprend et dans laquelle il est capable de communiquer. Si nécessaire, les États membres ont recours à un interprète capable d'assurer une bonne communication entre le demandeur et la personne qui mène l'entretien individuel. / 5. L'entretien individuel a lieu dans des conditions garantissant dûment la confidentialité. Il est mené par une personne qualifiée en vertu du droit national. / 6. L'Etat membre qui mène l'entretien individuel rédige un résumé qui contient au moins les principales informations fournies par le demandeur lors de l'entretien. Ce résumé peut prendre la forme d'un rapport ou d'un formulaire type. () ".
9. Il ressort des mentions figurant sur les comptes rendus signés par M. et Mme G F qu'ils ont bénéficié le 27 décembre 2022, soit avant l'intervention des décisions contestées, de l'entretien individuel prévu par l'article 5 précité du règlement n° 604/2013 en présence d'un interprète en langue arabe qu'ils comprennent. Aucun élément du dossier ne permet de tenir pour établi que cet entretien n'aurait pas été mené dans des conditions garantissant la confidentialité ou par une personne qualifiée en vertu du droit national. Dès lors, le moyen tiré de la violation des dispositions de l'article 5 du règlement du 26 juin 2013 n'est pas fondé et doit être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes du 2 de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " Lorsqu'il est impossible de transférer un demandeur vers l'État membre initialement désigné comme responsable parce qu'il y a de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, l'État membre procédant à la détermination de l'État membre responsable poursuit l'examen des critères énoncés au chapitre III afin d'établir si un autre État membre peut être désigné comme responsable () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 572-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La procédure de transfert vers l'Etat responsable de l'examen de la demande d'asile ne peut être engagée dans le cas de défaillances systémiques dans l'Etat considéré mentionné au 2 de l'article 3 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ".
11. Ces dispositions doivent être appliquées dans le respect des droits garantis par la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne et la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par ailleurs, eu égard au niveau de protection des libertés et des droits fondamentaux dans les Etats membres de l'Union européenne, lorsque la demande de protection internationale a été introduite dans un Etat autre que la France, que cet Etat a accepté de prendre ou de reprendre en charge le demandeur et en l'absence de sérieuses raisons de croire qu'il existe dans cet État membre des défaillances systémiques dans la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs, qui entraînent un risque de traitement inhumain ou dégradant au sens de l'article 4 de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les craintes dont le demandeur fait état quant au défaut de protection dans cet Etat membre doivent en principe être présumées non fondées, sauf à ce que l'intéressé apporte, par tout moyen, la preuve contraire.
12. Les requérants font état de la situation très dégradée du dispositif d'accueil et de prise en charge des demandeurs d'asile en Italie en raison d'une forte pression migratoire et de ce qu'il existe des défaillances systémiques en Italie, qui sont aggravées pour les personnes faisant l'objet de mesure de transfert en application du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013. Toutefois, aucun élément produit au débat ne permet de tenir pour établi que leur demande d'asile serait exposée à un risque sérieux de ne pas être traitée par les autorités italiennes dans des conditions conformes à l'ensemble des garanties exigées par le respect du droit d'asile, alors que l'Italie est un Etat membre de l'Union européenne, partie tant à la convention de Genève du 28 juillet 1951 sur le statut des réfugiés, complétée par le protocole de New-York, qu'à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Si les rapports de l'organisation non gouvernementale OSAR du 20 janvier 2020 et du 10 juin 2021, dont les requérants reproduisent des extraits, font état, en termes généraux, des difficultés des demandeurs d'asile renvoyés en Italie au regard de l'accès à un hébergement, à des soins et à des moyens de subsistance et recommandent d'éviter les transferts vers ce pays, en particulier pour les personnes vulnérables, sous réserve de s'assurer des garanties d'hébergement, ces rapports, ne permettent pas d'établir l'existence de défaillances systémiques affectant la procédure d'asile et les conditions d'accueil des demandeurs d'asile en Italie, entraînant un risque de traitement inhumain et dégradant. Dans ces conditions, faute de démontrer qu'ils seraient exposés au risque de subir en Italie des traitements contraires aux dispositions de l'article 4 de la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne, les moyens tirés de la méconnaissance de ces dispositions ainsi que de l'article 3 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 doivent être écartés.
13. Aux termes de l'article 17 du même règlement : " 1. Par dérogation à l'article 3, paragraphe 1, chaque État membre peut décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le présent règlement. / L'État membre qui décide d'examiner une demande de protection internationale en vertu du présent paragraphe devient l'État membre responsable et assume les obligations qui sont liées à cette responsabilité. ()". La faculté laissée aux autorités françaises, par les dispositions de l'article 17 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013, de décider d'examiner une demande de protection internationale qui lui est présentée par un ressortissant de pays tiers ou un apatride, même si cet examen ne lui incombe pas en vertu des critères fixés dans le règlement précité, est discrétionnaire et ne constitue nullement un droit pour les demandeurs d'asile. Par ailleurs, aux termes de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale () ".
14. Les requérants se prévalent d'une situation de vulnérabilité qui serait caractérisée par leur parcours migratoire difficile, notamment au regard des conditions de vie qu'ils ont connues au Liban à la suite de leur départ contraint de Syrie, leur situation de demandeur d'asile, le fait qu'ils ont quatre enfants mineurs et l'état de santé de M. G F. Toutefois, aucune pièce du dossier ne permet d'établir que la situation de M. G F serait incompatible avec la mesure de transfert contestée ou qu'il ne pourrait bénéficier en Italie d'une prise en charge adaptée à son état, compte tenu de l'accord explicite donné par les autorités italiennes à sa prise en charge. En outre, si les requérants soutiennent que leurs enfants mineurs sont scolarisés en France, rien ne fait obstacle à ce qu'ils poursuivent leur scolarité en Italie. Par ailleurs, les arrêtés attaqués n'ont ni pour objet, ni pour effet de séparer les enfants de leurs parents, dont la situation est indissociable de ceux-ci, et la cellule familiale sera préservée de sorte que leur vie familiale pourra se poursuivre en Italie. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que l'arrêté de transfert contesté du 7 mars 2023 serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article 17 du règlement n° 604/2013 du 26 juin 2013 et méconnaîtrait l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant doit être écarté.
15. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme G F ne sont pas fondés à demander l'annulation des deux arrêtés du 7 mars 2023 par lesquels le préfet de la Seine-Maritime a ordonné leur transfert vers l'Italie. Par voie de conséquence, leurs conclusions présentées à fin d'injonction, ainsi que celles présentées au titre des frais exposés et non compris dans les dépens, doivent être rejetées.
D É C I D E :
Article 1er : M. A et Mme C G F sont admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions des deux requêtes est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A G F, à Mme C G F, à Me Michel et au préfet de la Seine-Maritime.
Copie en sera transmise pour information au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Caen.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 mai 2023.
La magistrate désignée,
Signé
C. E Le greffier,
Signé
J. MARTIN
La République mande et ordonne au préfet de la Seine-Maritime en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme
La greffière,
A. Lapersonne
Nos 2301060 et 2301061
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026