mardi 20 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2301239 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Avocat requérant | CRISTINA CORGAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 16 mai 2023, M. C I, Mme J E épouse I et Mme D E veuve F, représentés par la SELARL Concept Avocats prise en la personne de Me Agostini, demandent au juge des référés :
1°) d'ordonner, sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, la suspension de l'exécution, jusqu'au jugement de leur recours au fond, de l'arrêté du 16 décembre 2022 par lequel le maire de Hauteville-sur-Mer a décidé de ne pas faire opposition à la déclaration préalable de travaux déposée le 19 novembre 2022 par M. G et Mme B en vue de la construction d'une extension de la maison d'habitation implantée sur la parcelle cadastrée AC 63, d'une part, et de la décision du 22 avril 2023 portant rejet de leur recours gracieux, d'autre part ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Hauteville-sur-Mer la somme de 2 500 euros au titre des frais d'instance.
M. et Mme I et Mme F soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir ;
- la condition d'urgence est présumée satisfaite en application de l'article L. 600-3 du code de l'urbanisme ; en outre, les travaux d'extension ont déjà commencé ;
- plusieurs moyens sont de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité des décisions contestées : l'arrêté du 16 décembre 2022 ne comporte pas l'intégralité des nom et prénom de son signataire, en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ; le dossier de déclaration préalable n'est pas complet au regard des dispositions des articles R. 431-6 (b) et R. 431-10 du code de l'urbanisme ; le projet méconnaît le règlement de la zone UB 3 du plan local d'urbanisme ; il méconnaît l'article UB 11 à deux égards ; il méconnaît l'article UB 13 ; il méconnaît le règlement du plan de prévention des risques.
Par un mémoire enregistré le 26 mai 2023, la commune de Hauteville-sur-Mer, représentée par la SELARL Juriadis prise en la personne de Me Gorand, demande au juge des référés de rejeter la requête de M. et Mme I et Mme F, et de mettre à la charge de ceux-ci la somme de 3 000 euros au titre des frais d'instance.
La commune soutient que :
- la requête au fond est irrecevable ;
- les conditions d'urgence et de doute sérieux ne sont pas remplies en l'espèce.
Par un mémoire enregistré le 30 mai 2023, M. A G et Mme H B, représentés par Me Corgas, demandent au juge des référés de rejeter la requête de M. et Mme I et Mme F, et de mettre à la charge de ceux-ci la somme de 5 040,83 euros en application de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme ainsi que la somme de 3 000 euros au titre des frais d'instance.
M. G et Mme B soutiennent que :
- la requête au fond est irrecevable ;
- subsidiairement, la demande de suspension n'est pas fondée, pour les mêmes motifs que ceux exposés par la commune de Hauteville-sur-Mer.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu la requête au fond n° 2301194, enregistrée le 11 mai 2023.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement convoquées à l'audience.
Au cours de l'audience publique tenue le 30 mai 2023 en présence de Mme D'Olif, greffière d'audience, ont été entendus :
- le rapport du juge des référés,
- les observations de Me Agostini, représentant les consorts I,
- les observations de Me Gutton, représentant la commune de Hauteville-sur-Mer ;
- et les observations de Me Corgas, représentant M. G et Mme B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.
Considérant ce qui suit :
1. Mme J I et Mme D F sont copropriétaires d'un ensemble immobilier situé à Hauteville-sur-Mer 19, rue de l'Avranchin, cadastré AC 62, qui jouxte la propriété de M. A G et Mme H B située au 19, rue de Chausey, cadastrée AC 63. Ceux-ci ont déposé un dossier de déclaration préalable afin de réaliser à l'Ouest une extension de leur maison par la construction en rez-de-chaussée d'une surface couverte non close, surmontée d'un étage comprenant une nouvelle surface habitable de 24 m². Par un arrêté du 16 décembre 2022, le maire de Hauteville-sur-Mer a décidé de ne pas faire opposition à la déclaration préalable de travaux ainsi déposée. M. C I, Mme J I et Mme D F ont formé un recours gracieux qui a été rejeté par une décision du maire en date du 22 avril 2023.
2. Par la requête enregistrée le 11 mai 2023 sous le n° 2301194, M. et Mme I ainsi que Mme F ont demandé l'annulation des décisions du 16 décembre 2022 et du 22 avril 2023, et par la présente requête n° 2301239 ils saisissent le juge des référés d'une demande tendant à la suspension de l'exécution de ces décisions sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-1 du code de justice administrative.
Sur la demande fondée sur l'article L. 521-1 du code de justice administrative :
3. Aux termes, en premier lieu, de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".
4. Il résulte de ces dispositions que le prononcé d'une mesure de suspension de l'exécution d'une décision administrative est subordonné à la réunion de deux conditions cumulatives qui doivent être appréciées indépendamment l'une de l'autre : d'une part, une situation d'urgence rendant nécessaire la suspension de l'exécution de la décision qui fait l'objet du recours au fond, jusqu'au jugement de ce recours ; d'autre part, l'existence d'au moins un moyen formulé par le requérant, de nature à créer un doute sérieux quant à la légalité de la décision contestée.
5. A l'appui de leur demande de suspension, M. et Mme I et Mme F soutiennent d'abord que l'arrêté du 16 décembre 2022 ne comporte pas l'intégralité des nom et prénom de son signataire, en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration. Toutefois, si le cachet de la commune de Hauteville-sur-Mer apposé sur la signature du maire occulte partiellement le patronyme de celui-ci, il apparaît que la décision contestée ne souffre d'aucune ambiguïté quant à l'identité de son signataire.
6. M. et Mme I et Mme F soutiennent ensuite que le dossier de déclaration préalable de travaux déposé le 19 novembre 2022 n'est pas complet au regard des dispositions des articles R. 431-6 (b) et R. 431-10 du code de l'urbanisme. Cependant, le dossier comprend des plans de masse existant et projeté, cotés en deux dimensions, ainsi que des plans en coupe sur l'existant et sur le projet qui indiquent le niveau des sols et les hauteurs de faîtage. Il comprend également les élévations du projet vues des quatre points cardinaux et, s'il ne contient pas le plan de la façade Est existante, la lecture combinée des autres plans permet d'appréhender cette façade sans grande difficulté. Le dossier comprend enfin six photographies et un document d'insertion qui représentent l'impact visuel du projet. Par suite, le service instructeur a été suffisamment mis à même d'apprécier la consistance et la portée du projet.
7. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, l'accès des véhicules à la parcelle de M. G et Mme B figure sur le plan de masse projeté, qui précise sa localisation et ses dimensions, et le service instructeur a pu ainsi se prononcer valablement sur le respect du règlement de la zone UB 3 du plan local d'urbanisme qui régit l'accès à la voie publique.
8. Par ailleurs, la maison d'habitation existante comporte une toiture avec combles composée de deux pans symétriques dont la pente est de 40°. Le projet qui consiste à lui adjoindre des extensions plus basses que le faîtage de l'habitation et à prévoir des toitures en zinc de couleur ardoise ne méconnaît pas les dispositions de l'article UB 11.
9. Le plan de masse de l'état projeté met clairement en évidence que les espaces verts situés en avant et en arrière de la construction couvriront au moins le quart de la parcelle. Le moyen tiré d'une méconnaissance de l'article UB 13 qui prescrit une telle proportion n'est ainsi pas de nature à créer un doute sérieux.
10. Enfin, M. et Mme I et Mme F soutiennent que le projet se trouve en zone bleue du règlement du plan de prévention des risques littoraux des communes de Montmartin-sur-Mer, Hauteville-sur-Mer et Annoville et qu'il en méconnaît le règlement qui, pour les extensions par création d'emprise au sol, dispose que la cote du premier plancher du garage attenant pourra être abaissé au niveau de la voirie de desserte. Toutefois, il résulte de l'instruction que l'extension prévue à l'Ouest, sous la forme d'un simple auvent sans dallage, ne comportera pas de plancher aménagé, ne diminue pas le niveau du terrain naturel et n'aura pas pour effet d'aggraver la vulnérabilité des personnes et des biens.
11. Il résulte de ce qui est dit aux points 5 à 10 qu'en l'état de l'instruction, aucun des moyens soulevés par les requérants n'est susceptible de créer de doute sérieux quant à la légalité de l'arrêté du 16 décembre 2022 par lequel le maire de Hauteville-sur-Mer a décidé de ne pas faire opposition à la déclaration préalable de travaux déposée par M. G et Mme B, ni quant à la légalité de la décision du 22 avril 2023 portant rejet de leur recours gracieux.
12. Il s'ensuit, sans qu'il soit besoin de statuer sur la condition d'urgence ni sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que la demande de suspension formée par M. et Mme I et Mme F ne peut être accueillie.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :
13. Il ressort des termes des dispositions de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme qu'il n'appartient qu'au juge saisi d'un recours pour excès de pouvoir, et non au juge des référés, de se prononcer sur des conclusions tendant à l'allocation de dommages et intérêts pour recours abusif présentées à l'encontre de l'auteur du recours. Dès lors, les conclusions présentées à cette fin par M. G et Mme B dans la présente instance ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les demandes présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
14. Dans les circonstances de l'espèce, et alors que le tribunal sera appelé à se prononcer au fond si les requérants ne se désistent pas, il y a lieu de rejeter les demandes des parties présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme I et Mme F est rejetée.
Article 2 : Les demandes présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative par la commune de Hauteville-sur-Mer, d'une part, et M. G et Mme B, d'autre part, sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C I et Mme J I, à Mme D F, à la commune de Hauteville-sur-Mer ainsi qu'à M. A G et Mme H B.
Fait à Caen, le 20 juin 2023.
Le juge des référés,
Signé
X. MONDÉSERT
La République mande et ordonne au préfet de la Manche en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
la greffière,
A. Lapersonne
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026