LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2301378

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2301378

mercredi 21 juin 2023

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2301378
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Avocat requérantDAVID

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 1er juin 2023, M. C B, représenté par Me David, demande au juge des référés :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) de suspendre l'exécution de la décision du 17 avril 2023 par laquelle le ministre de la justice a prolongé son affectation en quartier de prévention de la radicalisation (QPR) au centre pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe jusqu'au 18 octobre 2023 ;

3°) d'ordonner son extraction ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros à verser à son conseil sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

Sur l'urgence :

- pour les personnes incarcérées dans les quartiers spécifiques, le régime de détention est quasi-équivalent à celui de l'isolement ;

- les mesures de sécurité et les restrictions imposées aux personnes dites " radicalisées " entravent l'exercice de leurs droits fondamentaux ;

- les conditions de détention au sein du QPR sont identiques à celles d'un placement à l'isolement ;

- l'affectation en QPR implique un contrôle juridictionnel rapide afin d'assurer le respect du droit à un recours effectif ;

- en refusant de contrôler les motifs de la décision de maintien en QPR et de les soumettre au débat contradictoire avant de rejeter la requête en référé suspension, le juge des référés méconnaîtrait l'obligation de protection contre les traitements dégradants prohibés par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur le doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée :

- il s'agit d'un renouvellement en QPR, qui ne peut être décidé que par le ministre de la justice ; l'auteur de l'acte n'est pas identifiable ; la signataire devra justifier d'une délégation de signature régulièrement publiée ; aucune disposition du code pénitentiaire ne prévoit d'ailleurs que le ministre de la justice puisse déléguer sa compétence pour un maintien en QPR ;

- la décision attaquée n'est pas suffisamment motivée ;

- l'administration devra justifier du respect de la procédure contradictoire exigée par l'article R. 224-19 du code pénitentiaire ;

- il n'apparaît pas que son avocat ait été convoqué ni qu'il ait pu consulter le dossier avec le requérant ;

- il appartiendra à l'administration de produire l'avis de la commission pluridisciplinaire unique (CPU) mentionné dans la décision et de démontrer que cette commission était régulièrement composée ;

- il appartiendra à l'administration de produire l'avis de la direction interrégionale des services pénitentiaires ;

- la décision attaquée ne mentionne aucune transmission des éléments au garde des sceaux, seule autorité compétente pour prendre la décision attaquée ;

- dès lors, la décision attaquée a été adoptée au terme d'une procédure irrégulière ;

- aucun élément dans son comportement actuel ne justifie le placement dans un tel centre de prise en charge ; son discours et son comportement n'ont aucun rapport avec un quelconque ancrage dans la radicalité religieuse ; la décision attaquée relève l'amélioration et le changement de son comportement ; il ne tient plus de discours religieux radical, a fait le choix de reprendre des études et de travailler sur sa réinsertion sociale ; seules les carences de l'administration dans le processus d'évaluation expliquent son maintien en QPR ; dès lors, l'administration a commis une erreur de droit au regard de l'article R. 224-13 du code pénitentiaire ;

- sa prétendue dangerosité n'est pas établie ; aucun incident n'est indiqué dans la décision maintenant le placement au QPR ; l'arsenal de mesures déjà en place (registres DPS, gestion sécurisée) suffit à prévenir tout risque d'atteinte à l'ordre et à la sécurité ; dès lors, la décision attaquée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- le maintien en QPR, qui implique une surveillance accrue, peu d'activités et des conditions de détention semblables à celles de l'isolement, méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- une mesure d'expertise est nécessaire concernant ses conditions de détention et sa santé mentale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 juin 2023, le garde des sceaux, ministre de la justice, conclut au rejet de la requête.

Il soutient que

- le maintien du requérant au sein d'un même quartier où le régime de détention est identique n'aggrave pas ses conditions de détention ;

- la vigilance à l'égard du requérant est d'autant plus justifiée compte tenu de son inscription sur le répertoire des détenus particulièrement signalés ;

- dès lors, la condition d'urgence n'est pas remplie ;

- la signataire de la décision bénéficie d'une délégation de signature régulièrement publiée ;

- la décision attaquée est motivée en droit et en fait ;

- le requérant a été informé le 13 mars 2023 de l'avis de la commission disciplinaire unique et des motifs pour lesquels le renouvellement de son placement en QPR était proposé ; il a indiqué ne pas souhaiter se faire assister et n'a pas sollicité de renvoi d'audience ;

- les dispositions applicables ne prévoient pas la communication de l'évaluation pluridisciplinaire ni de l'avis du directeur interrégional des services pénitentiaires ; ces avis ont été recueillis préalablement à la décision attaquée ; l'intégralité du dossier a été transmis à l'autorité décisionnaire ;

- l'évaluation du requérant, qui a été condamné pour des faits de participation à une entreprise terroriste en récidive, et sa prise en charge, sont récentes ;

- le requérant participe depuis sa levée de gestion individualisée à toutes les activités collectives ; il a pu bénéficier récemment de parloirs et communique régulièrement par téléphone avec sa famille.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

- la requête enregistrée le 31 mai 2023 sous le n° 2301364 par laquelle M. B demande l'annulation la décision du 17 avril 2023 du ministre de la justice prolongeant son affectation en quartier de prévention de la radicalisation au centre pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe.

Le président du tribunal a désigné M. A pour statuer sur les demandes de référé.

Vu :

- le code pénitentiaire ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement convoquées à une audience publique.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de Mme Godey, greffière d'audience, M. A a lu son rapport et entendu les observations :

- de Me David, représentant M. B, qui conclut aux mêmes fins que la requête, par les mêmes moyens. Il précise que la jurisprudence du Conseil d'Etat a retenu une présomption d'urgence en cas de prolongation d'isolement, qui est transposable au maintien en QPR ; la surveillance permanente dont fait l'objet M. B tend à renforcer le sentiment de paranoïa chez le détenu.

La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience en application du premier alinéa de l'article R. 522-8 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

Sur la demande d'extraction :

1. Il n'appartient pas au juge des référés d'ordonner l'extraction de M. C B, lequel, au demeurant, est représenté par un avocat. Par suite, les conclusions présentées à ce titre ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions aux fins de suspension :

2. Aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ".

3. L'urgence justifie que soit prononcée la suspension d'un acte administratif lorsque l'exécution de celui-ci porte atteinte, de manière suffisamment grave et immédiate, à un intérêt public, à la situation du requérant ou aux intérêts qu'il entend défendre. Il appartient au juge des référés d'apprécier concrètement, compte tenu des justifications fournies par le requérant, si les effets de l'acte litigieux sont de nature à caractériser une urgence justifiant que, sans attendre le jugement de la requête au fond, l'exécution de la décision soit suspendue. Il lui appartient également, l'urgence s'appréciant objectivement et compte tenu de l'ensemble des circonstances de chaque espèce, de faire apparaître dans sa décision tous les éléments qui, eu égard notamment à l'argumentation des parties, l'ont conduit à considérer que la suspension demandée revêtait un caractère d'urgence.

4. Aux termes de l'article R. 224-17 du code pénitentiaire : " Les personnes détenues placées en quartier de prise en charge de la radicalisation participent aux activités individuelles ou collectives qui leur sont proposées au sein du quartier de prise en charge de la radicalisation. / Elles conservent leurs droits à l'information, aux visites, à la correspondance écrite et téléphonique, à l'utilisation de leur compte nominatif, sous réserve des aménagements qu'imposent les impératifs de sécurité. / L'exercice du culte ainsi que les promenades s'effectuent séparément des autres personnes détenues chaque fois que des impératifs de sécurité ou de maintien du bon ordre de l'établissement l'exigent. / Les personnes détenues, placées en quartier de prise en charge de la radicalisation, bénéficient d'au moins une heure quotidienne de promenade à l'air libre. ".

5. Il résulte des dispositions précitées de l'article R. 224-17 du code pénitentiaire que les personnes placées en quartier de prise en charge de la radicalisation (QPR), contrairement à celles détenues à l'isolement dont le régime de détention relève de l'article R. 213-18 du même code, participent aux activités individuelles ou collectives qui leur sont proposées au sein de ce quartier. Dès lors, le requérant ne peut pas se prévaloir de la présomption d'urgence applicable en cas de maintien à l'isolement des détenus, dont le régime de détention diffère de celui des détenus maintenus en QPR.

6. Le requérant soutient que le renouvellement de son placement en QPR, qui implique un régime de détention particulièrement rigoureux, porte une atteinte grave et immédiate à ses intérêts. Toutefois, il n'est pas établi que M. B, qui a eu entre le 20 octobre 2022 et le 6 juin 2023 de nombreuses conversations téléphoniques avec sa mère et son cousin, ne pourrait pas recevoir des visites ou que les modalités de visite feraient obstacle à la venue de proches. Le requérant a d'ailleurs bénéficié de parloirs le 25 mars 2023. Selon le rapport d'évaluation pluridisciplinaire du 13 mars 2023 versé au dossier, M. B, depuis sa levée de gestion individualisée, accepte les créneaux de promenade qui lui sont attribués et participe aux activités collectives. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le requérant a été placé en juillet 2020 à l'isolement administratif en raison d'un ancrage dans une forte religiosité, d'un comportement prosélyte et d'un discours véhément à l'égard de l'administration pénitentiaire. M. B a fait l'objet à compter du 11 octobre 2017 d'une inscription au répertoire des détenus particulièrement signalés, qui a été maintenue le 6 décembre 2021 compte tenu de son discours, de son adhésion revendiquée à la cause terroriste et de son comportement ouvertement prosélyte. Il ressort du rapport de synthèse du centre national d'évaluation d'Aix-Luynes du 17 juin 2022 que M. B n'exprime aucune prise de distance vis-à-vis d'Al Qaida ou Daesh. Selon ce rapport, M. B n'affiche pas un discours radical classique mais prône le recours à la force à l'encontre des forces occidentales en guerre contre l'islam. Le requérant a été affecté le 18 octobre 2022 au QPR du centre pénitentiaire d'Alençon-Condé-sur-Sarthe dans le cadre d'une gestion individualisée, qui a été levée le 24 janvier 2023. Le rapport d'évaluation pluridisciplinaire du 13 mars 2023, s'il mentionne l'absence d'élément objectivable traduisant une adhésion à une violence sur fond idéologique, relève un discours religieux rigoriste et indique que les observations des personnels font état d'un comportement confirmant une étoffe de leader et une propension au prosélytisme. Il est précisé que ce maintien en QPR permettra à l'équipe pluridisciplinaire de questionner M. B sur les faits reprochés et l'importance qu'il accorde à la vision politique de son discours. Compte tenu de ces éléments, la condition d'urgence ne peut pas être regardée comme établie.

7. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la condition tenant à l'existence d'un doute sérieux quant à la légalité de la décision attaquée ni de prononcer une mesure d'expertise, que les conclusions aux fins de suspension de la requête de M. B doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions tendant à l'application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991. Par ailleurs, la condition d'urgence n'étant pas remplie, la demande de M. B tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire doit être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La demande de M. B tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire est rejetée.

Article 2 : La requête de M. B est rejetée.

Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à Me David et au garde des sceaux, ministre de la justice.

Fait à Caen, le 21 juin 2023.

Le juge des référés,

Signé

F. A

La République mande et ordonne au garde des sceaux, ministre de la justice, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

la greffière,

A. Godey

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions