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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2301450

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2301450

mardi 4 février 2025

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2301450
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation3ème Chambre

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 7 juin 2023, Mme B A doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler la décision du 23 janvier 2023, confirmée par une décision du 17 mai 2023, par laquelle le directeur du centre hospitalier Aunay-Bayeux a refusé de reconnaître l'imputabilité au service d'une pathologie affectant son épaule gauche.

Elle soutient que les décisions sont entachées d'une erreur d'appréciation, que la maladie concernant son épaule gauche a été causée par son activité professionnelle et est imputable au service.

Une mise en demeure a été adressée le 22 février 2024 au centre hospitalier Aunay-Bayeux.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le décret n° 2020-566 du 13 mai 2020 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Macaud, présidente-rapporteure,

- et les conclusions de Mme Remigy, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A, assistante médico-administrative titulaire au centre hospitalier Aunay-Bayeux, a sollicité, par courrier du 30 avril 2021, la reconnaissance de l'imputabilité au service de la pathologie dont elle souffre à l'épaule gauche, diagnostiquée le 11 janvier 2019. Par la décision attaquée du 23 janvier 2023, le directeur du centre hospitalier Aunay-Bayeux a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de sa maladie, décision qu'il a confirmée par une décision du 17 mai 2023 rejetant le recours gracieux de Mme A.

2. Aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983, désormais codifié à l'article L. 822-20 du code général de la fonction publique : " I. Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article () / IV. -Est présumée imputable au service toute maladie désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale et contractée dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice par le fonctionnaire de ses fonctions dans les conditions mentionnées à ce tableau. () / Peut également être reconnue imputable au service une maladie non désignée dans les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale lorsque le fonctionnaire ou ses ayants droit établissent qu'elle est essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente à un taux déterminé et évalué dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. / () VI. -Un décret en Conseil d'Etat fixe les modalités du congé pour invalidité temporaire imputable au service mentionné au premier alinéa et détermine ses effets sur la situation administrative des fonctionnaires () ". En application de l'article R. 461-8 du code de la sécurité sociale, le taux d'incapacité permanente mentionné à l'article L. 461-1 du même code est fixé à 25 %.

3. Il résulte de ces dispositions que la maladie d'un fonctionnaire ne figurant pas sur le tableau des maladies professionnelles peut être reconnue comme une maladie professionnelle à condition qu'elle soit essentiellement et directement causée par l'exercice des fonctions et qu'elle entraîne une incapacité permanente d'un taux au moins égal à 25 %.

4. Ainsi que le confirme Mme A, la maladie dont elle souffre à l'épaule gauche n'est pas désignée par les tableaux de maladies professionnelles mentionnés aux articles L. 461-1 et suivants du code de la sécurité sociale. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que sa pathologie serait directement et essentiellement liée à l'exercice de ses fonctions, en particulier aux gestes qu'impliquent la saisie des comptes-rendus médicaux sur un ordinateur, le décrochage du téléphone et la manipulation des dossiers. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier ni n'est même allégué par la requérante que sa maladie entraînerait une incapacité permanente au taux égal à 25 %. Dans ces conditions, et alors même que la pathologie dont elle souffre à l'épaule droite a été reconnue comme étant imputable au service, le directeur du centre hospitalier n'a pas commis d'erreur d'appréciation en décidant que sa pathologie à l'épaule gauche n'est pas imputable au service.

5. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 23 janvier 2023 par laquelle le directeur du centre hospitalier Aunay-Bayeux a refusé de reconnaître l'imputabilité au service de la maladie qu'elle a déclarée le 11 janvier 2019.

D E C I D E :

Article 1er : La requête Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier Aunay-Bayeux.

Délibéré après l'audience du 28 janvier 2025 à laquelle siégeaient :

- Mme Macaud, présidente,

- Mme Ducos de Saint Barthélémy de Gélas, première conseillère,

- M. Rivière, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 février 2025.

La présidente-rapporteure,

SIGNÉ

A. MACAUD

L'assesseure la plus ancienne,

SIGNÉ

C. DUCOS DE SAINT BARTHELEMY DE GELASLa greffière,

SIGNÉ

E. BLOYET

La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

E. BLOYET

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