mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2301978 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | MINIER MAUGENDRE & ASSOCIEES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 24 juillet 2023 et le 10 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Cassaz, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 22 juin 2023 par laquelle le centre hospitalier de la Côte Fleurie a mis fin à ses fonctions de chef de service de médecine gériatrique à compter du 23 juin 2023 ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de la Côte Fleurie de le réintégrer dans ses fonctions, sans délai à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de la Côte Fleurie la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 22 juin 2023 méconnaît le principe de non-rétroactivité des actes administratifs ;
- il n'a pas été informé de la mesure envisagée à son encontre et n'a pas été mis à même de consulter son dossier ; la méconnaissance des droits de la défense l'a privé d'une garantie ;
- la décision est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un détournement de procédure ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur de fait, la preuve d'un harcèlement moral n'étant pas rapportée par le centre hospitalier ;
- la sanction est disproportionnée.
Par un mémoire, enregistré le 18 mars 2024, le centre hospitalier de la Côte Fleurie, représenté par Me Lacroix, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du requérant la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le moyen tiré de la disproportion de la sanction est inopérant ;
- les autres moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la santé publique ;
- la loi du 22 avril 1905 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sénécal, rapporteure,
- les conclusions de Mme Remigy, rapporteure publique,
- et les observations de Me Cassaz, représentant le requérant, et de Me Guardiola, représentant le centre hospitalier de la Côte Fleurie.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, docteur en médecine spécialisé en gériatrie, a été recruté en qualité de praticien hospitalier contractuel par le centre hospitalier de la Côte Fleurie par contrat à durée indéterminée et affecté au pôle des activités de proximité. Par une décision du 19 avril 2018, il a été nommé chef de service de court séjour gériatrique. Par une décision du 22 juin 2023, le centre hospitalier de la Côte Fleurie a mis fin à ses fonctions de chef de service de médecine gériatrique à compter du 23 juin 2023. M. A demande l'annulation de cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 6146-5 du code de la santé publique : " Il peut être mis fin, dans l'intérêt du service, aux fonctions de chef de service ou de responsable de structure interne ou d'unité fonctionnelle par décision conjointe du directeur et du président de la commission médicale d'établissement, après avis du chef de pôle. / () ". En vertu de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l'article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d'une procédure contradictoire préalable ". Enfin, en vertu de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905, un agent public faisant l'objet d'une mesure prise en considération de sa personne, qu'elle soit ou non justifiée par l'intérêt du service, doit être mis à même d'obtenir communication de son dossier.
3. La décision attaquée mettant fin aux fonctions de chef de service de médecine gériatrique de M. A, justifiée par l'intérêt du service, a été prise en considération de la personne du requérant en raison, notamment, de ses difficultés relationnelles et de leurs conséquences sur le fonctionnement des services des urgences et de gériatrie. Or, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A aurait été mis à même de présenter ses observations préalablement à l'édiction de cette décision et de demander la communication de son dossier. Si le centre hospitalier de la Côte Fleurie se prévaut de ce que différentes médiations ont été organisées au sujet des agissements reprochés à M. A, de ce qu'il était informé qu'il devait améliorer sa communication et son comportement et de ce qu'il ne s'est pas présenté à l'entretien du 22 juin 2023, il ne ressort pas des pièces du dossier, et n'est d'ailleurs pas allégué, que M. A avait été informé qu'il était envisagé de mettre fin à ses fonctions de chef de service. M. A ayant été privé d'une garantie du fait de l'absence de procédure contradictoire préalable et la méconnaissance de son droit à la communication de son dossier, la décision du 22 juin 2023 mettant fin à ses fonctions de chef de service de médecine gériatrique est entachée d'illégalité.
4. Il résulte de ce qui précède que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 22 juin 2023 par laquelle le directeur du centre hospitalier de la Côte Fleurie a mis fin aux fonctions de chef de service de médecine gériatrique de M. A à compter du 23 juin 2023.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, le seul à justifier l'annulation intégrale de la décision attaquée, l'exécution du présent jugement implique qu'il soit enjoint au directeur du centre hospitalier de la Côte Fleurie de procéder à la réintégration juridique de M. A dans ses fonctions de chef de service de médecine gériatrique, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du centre hospitalier de la Côte Fleurie la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en revanche obstacle à ce que soit mise à la charge de M. A, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par le centre hospitalier de la Côte Fleurie pour la présente instance et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 22 juin 2023 mettant fin aux fonctions de chef de service de médecine gériatrique de M. A est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au directeur du centre hospitalier de la Côte Fleurie de réintégrer juridiquement M. A dans des fonctions de chef de service de médecine gériatrique, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Le centre hospitalier de la Côte Fleurie versera à M. A la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 5 : Les conclusions du centre hospitalier de la Côte Fleurie présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 d code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au centre hospitalier de la Côte Fleurie.
Délibéré après l'audience du 3 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Macaud, présidente,
- Mme Ducos de Saint Barthélémy de Gélas, première conseillère ;
- Mme Sénécal, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
La rapporteure,
SIGNÉ
I. SENECAL
La présidente,
SIGNÉ
A. MACAUD
La greffière,
SIGNÉ
E. BLOYET
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. BLOYET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026