vendredi 6 décembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2302051 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 30 juillet 2023 sous le n° 2302051, Mme D B, représentée par Me Gué, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 juillet 2023 par laquelle le président du conseil départemental de l'Orne a prononcé la suspension, pour une durée maximale de quatre mois, de son agrément en qualité d'assistante maternelle ;
2°) de mettre à la charge du département de l'Orne la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- elle n'est pas motivée en droit ;
- elle est fondée sur des faits inexacts ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er septembre 2023, le président du conseil départemental de l'Orne conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme B la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
II. Par une requête, enregistrée le 4 décembre 2023 sous le n°2303139, et deux mémoires enregistrés le 10 janvier 2024 et le 14 octobre 2024, Mme D B, représentée par Me Gué, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 12 octobre 2023 par laquelle le président du conseil départemental de l'Orne a prononcé le retrait de son agrément en qualité d'assistante maternelle, ensemble la décision de rejet de son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge du département de l'Orne la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence de son signataire ;
- elle n'est pas suffisamment motivée ;
- elle est fondée sur des faits inexacts ;
- elle est entachée d'erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles.
Par deux mémoires en défense, enregistrés le 8 février 2024 et le 23 octobre 2024, le président du conseil départemental de l'Orne conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge de Mme B la somme de 1 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme B ne sont pas fondés.
Par un courrier du 4 novembre 2024, et en application de l'article R. 611-10 du code de justice administrative, le conseil départemental de l'Orne a été invité à justifier de la compétence du signataire de la décision du 12 octobre 2023.
Par un courrier du 5 novembre 2024, le conseil départemental de l'Orne a produit la pièce demandée, qui a été communiquée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'action sociale et des familles ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Groch,
- les conclusions de M. Bonneu, rapporteur public,
- les observations de Me Le Goas, substituant Me Gué et représentant Mme B.
Le département de l'Orne n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D B a bénéficié d'un agrément en qualité d'assistante maternelle délivré par le président du conseil départemental de l'Orne pour la garde à son domicile de quatre enfants mineurs simultanément, dont trois en accueil à la journée et un sur le temps scolaire. Par une décision du 6 juillet 2023, le président du conseil départemental de l'Orne a suspendu son agrément pour une durée de quatre mois. Après avoir consulté la commission consultative paritaire départementale le 18 septembre 2023, le président du conseil départemental de l'Orne a prononcé le retrait de cet agrément par une décision du 12 octobre 2023. Mme B a déposé un recours gracieux auprès de l'autorité départementale le 20 octobre 2023. Par ses requêtes, Mme B demande l'annulation de la décision du 6 juillet 2023 et de la décision du 12 octobre 2023, ensemble le rejet de son recours gracieux.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n° 2302051 et n° 2303139 présentées par Mme B présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne la décision de suspension d'agrément du 6 juillet 2023 :
3. D'une part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police ; / () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
4. D'autre part, aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'action sociale et des familles : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside. () L'agrément est accordé à ces deux professions si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne () ". Aux termes de l'article L. 421-6 du même code : " () Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait. En cas d'urgence, le président du conseil départemental peut suspendre l'agrément. Tant que l'agrément reste suspendu, aucun enfant ne peut être confié. Toute décision () de suspension de l'agrément () doit être dûment motivée () ".
5. La décision de suspension contestée se borne à indiquer les faits reprochés à la requérante, sans indiquer la base légale de la mesure dont elle faisait l'objet. En l'absence de précision des fondements juridiques de la suspension de l'agrément, la requérante est fondée à soutenir que la décision attaquée est insuffisamment motivée en droit.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête n°2302051, que la décision du 6 juillet 2023 doit être annulée.
En ce qui concerne la décision du 12 octobre 2023 de retrait de l'agrément :
7. En premier lieu, la décision du 12 octobre 2023 est signée par M. A C, directeur général des services du département de l'Orne, auquel le président du conseil départemental établit avoir délégué, par arrêté du 1er juillet 2021 régulièrement affiché le même jour, sa signature aux fins de signer toutes décisions relatives aux affaires relevant de sa compétence à l'exception de certains actes dont ne fait pas partie la décision en litige. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision manque en fait et doit être écarté.
8. En deuxième lieu, la décision du 12 octobre 2023 se réfère notamment aux dispositions des articles L. 421-3, L. 421-6, et R. 421-3 du code de l'action sociale et des familles, mettant ainsi à même Mme B de déterminer la base légale de la mesure dont elle a fait l'objet. Cette décision mentionne également les motifs du retrait fondé sur des conditions d'accueil non conformes à la sécurité et au bien-être des enfants, un défaut de surveillance, le non-respect de l'agrément et du nombre d'enfants accueillis, un positionnement professionnel non adapté et incompatible avec l'exercice du métier d'assistante maternelle et l'absence d'information au service de protection maternelle et infantile du département de l'Orne des enfants accueillis. Dans ces conditions, la décision par laquelle l'autorité départementale a retiré l'agrément de Mme B comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Cette décision est, par suite, suffisamment motivée.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'action sociale et des familles : " L'assistant maternel est la personne qui, moyennant rémunération, accueille habituellement et de façon non permanente des mineurs à son domicile ". Aux termes de l'article L. 421-3 de ce code : " L'agrément nécessaire pour exercer la profession d'assistant maternel ou d'assistant familial est délivré par le président du conseil départemental du département où le demandeur réside. () / L'agrément est accordé à ces deux professions si les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des mineurs et majeurs de moins de vingt et un ans accueillis, en tenant compte des aptitudes éducatives de la personne. () ". Aux termes de l'article L. 421-4 du même code : " I.- () / Sans préjudice du nombre de contrats de travail en cours d'exécution de l'assistant maternel, le nombre maximal d'enfants pouvant être accueillis simultanément par un professionnel en sa qualité d'assistant maternel est fixé par son agrément. / () / Exceptionnellement et de manière limitée dans le temps, pour répondre à un besoin temporaire, notamment lors de vacances scolaires, ou imprévisible, ce nombre limite peut être augmenté de deux enfants dans la limite inchangée de quatre enfants de moins de trois ans sous la responsabilité exclusive de l'assistant maternel. () / III.- Les assistants maternels respectent des obligations de déclaration et d'information, notamment relatives à leurs disponibilités d'accueil. Le manquement à l'obligation de déclaration relative aux disponibilités d'accueil de l'assistant maternel ne peut faire l'objet, pour sa première occurrence, que d'un simple avertissement et ne peut constituer un motif de suspension de l'agrément ou le seul motif de son retrait. / () ". Aux termes de l'article L. 421-6 du même code : " () Si les conditions de l'agrément cessent d'être remplies, le président du conseil départemental peut, après avis d'une commission consultative paritaire départementale, modifier le contenu de l'agrément ou procéder à son retrait. En cas d'urgence, le président du conseil départemental peut suspendre l'agrément. Tant que l'agrément reste suspendu, aucun enfant ne peut être confié. / Toute décision de retrait de l'agrément, de suspension de l'agrément ou de modification de son contenu doit être dûment motivée et transmise sans délai aux intéressés () ". Aux termes de l'article R. 421-26 du même code : " Un manquement grave ou des manquements répétés aux obligations de déclaration et de notification prévues aux articles R. 421-38, R. 421 39, R. 421-40 et R. 421-41 ainsi que des dépassements du nombre d'enfants mentionnés dans l'agrément et ne répondant pas aux conditions prévues par l'article R. 421-17 peuvent justifier, après avertissement, un retrait d'agrément. ". Aux termes de l'article D. 421-17 du même code : " I. - () / L'assistant maternel qui recourt à cette possibilité en informe le président du conseil départemental sans délai et au plus tard dans les quarante-huit heures suivant ce recours. (). " et de l'article R. 421-39 du même code : " L'assistant maternel est tenu de déclarer au président du conseil départemental, dans les huit jours suivant leur accueil, le nom et la date de naissance des mineurs qu'il accueille en cette qualité à titre habituel ou, en application des dispositions du II de l'article L. 421-4, à titre exceptionnel ainsi que les modalités de leur accueil et les noms, adresses et numéros de téléphone des représentants légaux des mineurs. Toute modification de l'un de ces éléments est déclarée dans les huit jours. / L'assistant maternel tient à la disposition des services de protection maternelle et infantile des documents relatifs à son activité prévisionnelle, ainsi qu'à son activité effective, mentionnant les jours et horaires où il accueille des enfants en sa qualité d'assistant maternel, le nombre et l'âge des autres mineurs sous sa responsabilité exclusive ainsi que les jours où il a recours à la possibilité prévue au II de l'article L. 421-4 de dépasser exceptionnellement le nombre maximal d'enfants de moins de onze ans se trouvant simultanément sous sa responsabilité exclusive. /(). ". Aux termes de l'article R. 421-3 dudit code : " Pour obtenir l'agrément d'assistant maternel ou d'assistant familial, le candidat doit : 1° Présenter les garanties nécessaires pour accueillir des mineurs dans des conditions propres à assurer leur développement physique, intellectuel et affectif ; () ". Enfin, le référentiel fixant les critères de l'agrément des assistances maternelles par le président du conseil départemental de l'annexe 4-8 du code de l'action sociale et des familles précise : " Section 1. Les capacités et les compétences pour l'exercice de la profession d'assistant maternel / () / Sous-section 4. La disponibilité et la capacité à s'organiser et à s'adapter à des situation variées / Il convient de prendre en compte : 1° La capacité à préserver la disponibilité nécessaire vis-à-vis de l'enfant accueilli au regard des tâches domestiques et autres activités personnelles / () / Section 2. Les conditions matérielles d'accueil et de sécurité / () / II - En termes de sécurité, une vigilance particulière doit être apportée : () / 2° Au couchage de l'enfant dans un lit adapté à son âge (). ".
10. Il résulte de ces dispositions qu'il incombe au président du conseil départemental de s'assurer que les conditions d'accueil garantissent la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis et de procéder au retrait de l'agrément si ces conditions ne sont plus remplies. A cette fin, dans l'hypothèse où il est informé de suspicions de comportements susceptibles de compromettre la santé, la sécurité ou l'épanouissement d'un enfant, il lui appartient de tenir compte de tous les éléments portés à la connaissance des services compétents du département ou recueillis par eux et de déterminer si ces éléments sont suffisamment établis pour lui permettre raisonnablement de penser que l'enfant est victime des comportements en cause ou risque de l'être.
11. Pour retirer à Mme B son agrément, l'administration s'est fondée sur plusieurs motifs : celui de la non-conformité des conditions d'accueil à la sécurité et au bien-être des enfants et du défaut de surveillance, celui de l'accueil en surnombre d'enfants en violation des termes de son agrément, celui d'un positionnement professionnel non-adapté et incompatible avec l'exercice du métier d'assistante maternelle et enfin celui de l'absence d'information au service de la protection maternelle et infantile des enfants accueillis.
12. Il ressort des pièces du dossier qu'à la suite d'un signalement téléphonique au conseil départemental d'un parent-employeur l'informant de son intention de procéder au licenciement de la requérante pour faute grave en raison d'un défaut de surveillance des enfants et de sécurité du portillon, d'un surnombre d'enfants accueillis le mercredi et d'une prestation de coiffure à domicile durant le temps de garde, un contrôle inopiné de la puéricultrice de secteur a été diligenté le mercredi 7 juin 2023 à 14h30 au domicile de la requérante. Il ressort du rapport de visite de la puéricultrice que Mme B ne respectait pas les limites fixées par l'agrément qui lui a été délivré pour l'accueil simultané de trois enfants et d'un enfant hors temps scolaire à son domicile, dès lors qu'il a été constaté la présence de Tiago (2 ans et demi), Luis (5 ans), Agathe (22 mois), Gildas (3 ans) et son frère Maxime (8 ans) pour lequel Mme B ne disposait pas de contrat, et qui, lors de son départ, a salué l'assistante maternelle en disant " à mercredi ", laissant supposer la répétition de l'accueil en surnombre. D'une part, si la requérante conteste accueillir cet enfant régulièrement et soutient dans ses écritures disposer d'une attestation de la mère confirmant son accueil exceptionnel, elle ne la produit pas. D'autre part, les neuf attestations peu circonstanciées de parents employeurs ou d'anciens parents employeurs produites par Mme B se bornent à indiquer pour sept d'entre elles qu'ils n'ont jamais constaté qu'elle accueillait à son domicile plus d'une quinzaine d'enfants, les deux dernières mentionnant l'absence de dépassement, sans préciser le nombre d'enfants accueillis. Par ailleurs, et quand bien même cet accueil en surnombre était susceptible d'entrer dans le champ de l'article L. 421-4 et de l'article D. 421-17 du code de l'action sociale et des familles s'agissant d'une situation "imprévisible", la requérante, dont le rapport indique qu'elle n'a jamais fait appel aux services départementaux avant la visite de contrôle du 7 juin 2023, ne peut contester avoir omis de le signaler au service compétent. Il ressort également des pièces du dossier que Mme B a déjà fait l'objet en janvier 2014 d'un avertissement pour un dépassement de ses capacités d'accueil et l'omission volontaire d'informations au bureau des agréments du département de l'Orne et à la puéricultrice de secteur. En outre, le rapport d'inspection fait état lors du contrôle inopiné d'un défaut de surveillance des enfants, d'un manquement aux règles de sécurité et d'une tenue vestimentaire non adaptée de la puéricultrice, laquelle prenait un bain de soleil dans son jardin seins nus alors que les cinq enfants étaient à l'intérieur de la maison. La puéricultrice a relevé lors de la visite qu'Agathe et Tiago faisaient la sieste à l'étage de la maison dans des conditions conformes aux règles de sécurité, alors que Gildas et Luis dormaient tête bêche dans un clic-clac non ouvert dans la salle de jeux du rez-de-chaussée, et que Maxime était sans surveillance dans le salon devant la télévision allumée. Si Mme B se borne à réfuter sa nudité partielle et soutient que les enfants faisaient tous la sieste, elle n'apporte aucun élément probant de nature à contester le manquement constaté aux conditions de sécurité du couchage des enfants âgés de trois et cinq ans dans un clic-clac non-ouvert, le défaut de surveillance des enfants présents au rez-de-chaussée auquel s'ajoute la tenue inadaptée lors d'une activité de loisirs durant son activité professionnelle de garde d'enfants. Enfin, il n'est pas contesté par Mme B qu'elle a reçu le 21 avril 2023 durant son temps de travail une coiffeuse à domicile pour une prestation de 13h à 15h30. La production d'attestations de la coiffeuse et de la mère d'Agathe selon lesquelles le coiffage a eu lieu sur la terrasse, permettant à l'assistante maternelle de " surveiller les enfants qui jouent dehors ", est sans incidence sur la réalité des manquements tenant à l'exercice de son activité professionnelle et au respect des principes de sécurité des enfants accueillis, par ailleurs déjà signalés à la requérante par un avertissement reçu en juin 2014 pour des faits similaires de réception à domicile d'une démonstratrice commerciale durant son activité de garde. Si Mme B, qui verse au dossier plusieurs attestations établies par des parents lui ayant confié leurs enfants et par des enfants gardés devenus adultes, mentionnant ses compétences professionnelles et ses qualités humaines, fait valoir que les faits qui lui sont reprochés sont isolés, insuffisants ou infondés, ces éléments ne sont pas de nature à remettre en cause les constatations concordantes des services sociaux lors du contrôle et certains faits signalés par les parents-employeurs le 23 mai 2023, ni à atténuer la gravité de l'ensemble des manquements reprochés lors du contrôle. Dans ces conditions, la matérialité des faits reprochés doit dès lors être regardée comme établie, et le président du conseil départemental de l'Orne a pu estimer sans commettre d'erreur d'appréciation que les conditions d'accueil par Mme B ne permettaient plus de garantir, dans les circonstances de l'espèce, la sécurité, la santé et l'épanouissement des enfants accueillis.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions tendant à l'annulation de la décision de retrait du 12 octobre 2023 doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
14. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce pour l'instance n° 2302051, de mettre à la charge du département de l'Orne une somme de 500 euros au titre des frais exposés par Mme B et non compris dans les dépens. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font en revanche obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge de Mme B, qui ne n'est pas, dans l'instance n° 2302051, la partie perdante.
15. Dans l'instance n° 2303139, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme B la somme que le département de l'Orne demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font par ailleurs obstacle à ce qu'une somme soit mise à ce titre à la charge du département de l'Orne, qui ne n'est pas, dans cette instance, la partie perdante.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 6 juillet 2023 par laquelle le président du conseil départemental de l'Orne a suspendu l'agrément d'assistante maternelle de Mme B pour une durée de quatre mois est annulée.
Article 2 : La requête présentée sous le n° 2303139 est rejetée.
Article 3 : Le conseil départemental de l'Orne versera à Mme B une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D B et au département de l'Orne.
Délibéré après l'audience du 21 novembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Rouland-Boyer, présidente,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Groch, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2024.
La rapporteure,
Signé
N. GROCH
La présidente,
Signé
H. ROULAND-BOYER
La greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au préfet de l'Orne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Bénis
Nos 2302051-2303139
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026