mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2302243 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre JU |
| Avocat requérant | HOURMANT |
Vu la procédure suivante :
Par une saisine et des mémoires enregistrés le 24 août 2023, le 28 août 2023 et le 27 mai 2024, le préfet du Calvados, défère M. B E et M. C A comme prévenus chacun d'une contravention de grande voirie et conclut à ce que le tribunal constate que les faits établis par procès-verbaux constituent des contraventions de grande voirie prévues et réprimées par les articles L. 5334-5, L. 5337-1, L. 5337-5, R. 5337-1, R. 5337-2 du code des transports et L. 2132-26 du code général de la propriété des personnes publiques et, par suite :
1°) condamne M. E au paiement d'une amende de 16 000 euros ;
2°) condamne M. A au paiement d'une amende de 8 000 euros.
La saisine a été communiquée à M. B E qui n'a pas produit de mémoire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 13 septembre 2023, M. C A, représenté par Me Hourmant, qui ne conteste pas avoir fait remorquer son bateau le 11 juillet 2023, conclut à sa relaxe et à ce que soit mise à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la contravention de grande voirie n'est pas établie dès lors qu'il n'a pas porté atteinte ni à l'intégrité, ni à la destination du domaine public maritime portuaire ;
- l'amende susceptible de lui être infligée ne peut dépasser 500 euros dès lors que son bateau a une longueur de moins de 20 mètres ;
- il n'est pas défavorablement connu des autorités portuaires ;
- son impécuniosité l'empêche d'exécuter une condamnation à une amende de 8 000 euros.
Vu :
- le procès-verbal de contravention de grande voirie dressé le 11 juillet 2023 pour non respect des articles L. 5334-5, L. 5337-5 et R. 5337-2 du code des transports à l'encontre de M. E ;
- le procès-verbal de contravention de grande voirie dressé le 11 juillet 2023 pour non respect des articles L. 5334-5, L. 5337-5 et R. 5337-2 du code des transports à l'encontre de M. A ;
- les certificats constatant la notification des procès-verbaux, comportant invitation à produire une défense écrite ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code des transports ;
- le code de justice administrative, notamment son article L. 774-1.
La présidente du tribunal a désigné Mme F en application de l'article L.774-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir, au cours de l'audience publique, présenté son rapport et entendu :
- les conclusions de M. Blondel, rapporteur public,
- et les observations de Mme D représentant le préfet du Calvados.
Considérant ce qui suit :
Sur l'action publique :
En ce qui concerne l'infraction commise par M. E :
1. D'une part, l'article L. 5342-1 du code des transports indique que les opérations de remorquage portuaire s'effectuent sous la direction du capitaine du navire remorqué. Aux termes de l'article D. 5342-1 du même code : " L'exercice du remorquage dans les ports dont l'activité dominante est le commerce et la pêche, à l'exclusion de leurs bassins exclusivement destinés à la plaisance, est subordonné à un agrément délivré, au regard des conditions de sécurité dans le port, par l'autorité portuaire. L'agrément est également requis pour l'exercice du remorquage dans la zone maritime et fluviale de régulation mentionnée à l'article L. 5331-1.
Le règlement particulier de police du port fixe les conditions nécessaires pour assurer la sécurité portuaire ". Aux termes de l'article R. 5333-8 du même code : " () L'autorité investie du pouvoir de police portuaire peut imposer aux capitaines l'assistance de services de remorquage et de lamanage ".
2. D'autre part, aux termes de l'article L. 2132-26 du code général de la propriété des personnes publiques : " Sous réserve des textes spéciaux édictant des amendes d'un montant plus élevé, l'amende prononcée pour les contraventions de grande voirie ne peut excéder le montant prévu par le 5° de l'article 131-13 du code pénal. Dans tous les textes qui prévoient des peines d'amendes d'un montant inférieur ou ne fixent pas le montant de ces peines, le montant maximum des amendes encourues est celui prévu par le 5° de l'article 131-13. () ". Aux termes de l'article L. 5337-1 du code des transports : " Sans préjudice des sanctions pénales encourues, tout manquement aux dispositions du chapitre V du présent titre, à celles du présent chapitre et aux dispositions réglementant l'utilisation du domaine public, notamment celles relatives aux occupations sans titre, constitue une contravention de grande voirie réprimée dans les conditions prévues par les dispositions du présent chapitre. ()". Aux termes de l'article L. 5334-5 du même code : " Dans les limites administratives du port maritime et à l'intérieur de la zone maritime et fluviale de régulation mentionnée à l'article L. 5331-1, tout capitaine, maître ou patron d'un navire, d'un bateau ou de tout autre engin flottant est tenu d'obtempérer aux signaux réglementaires ou aux ordres donnés, par quelque moyen que ce soit, par les officiers de port, officiers de port adjoints ou surveillants de port concernant le mouvement de son navire, bateau ou engin ". Aux termes de l'article L. 5337-5 du même code : " Le fait, pour un capitaine, maître ou patron d'un navire, d'un bateau ou de tout autre engin flottant de ne pas obtempérer aux signaux ou aux ordres conformément aux dispositions de l'article L. 5334-5 est passible d'une amende calculée comme suit : 1° Pour le navire, bateau ou autre engin flottant d'une longueur hors tout inférieure ou égale à 20 mètres : 500 € ; 2° Pour le navire, bateau ou autre engin flottant d'une longueur hors tout supérieure à 20 mètres et inférieure ou égale à 100 mètres : 8 000 € ; 3° Pour le navire, bateau ou autre engin flottant d'une longueur hors tout supérieure à 100 mètres : 20 000 €. / En cas de nouveau manquement commis moins de cinq ans après le prononcé d'une première condamnation, l'amende peut être portée au double ". Aux termes de l'article R. 5337-2 du même code : " Tout capitaine, maître ou patron d'un bateau, navire ou engin flottant doit, dans les limites d'un port maritime, obéir aux ordres donnés par les officiers de port, officiers de port adjoints, surveillants de port et auxiliaires de surveillance concernant les mesures de sécurité et de police destinées à assurer la protection et la conservation du domaine public des ports maritimes. / Le fait de ne pas obtempérer aux ordres prévus au premier alinéa est puni de l'amende prévue par le premier alinéa de l'article L. 2132-26 du code général de la propriété des personnes publiques ".
3. Il est constant que le chalutier " L'IZ-MI " appartient à M. E et que le chalutier " Le Trehic " appartient à M. A, que chacun de ces navires mesure hors tout moins de 20 mètres. Il résulte de l'instruction que le 11 juillet 2023 un agent assermenté du port de Caen-Ouistreham a relevé que l'IZ-MI a procédé au remorquage du navire " Le Trehic ", alors en panne de moteur, dans l'avant-port de Ouistreham au mépris d'un premier ordre d'interdiction de quitter le port donné aux deux capitaines à 12H10 sur le ponton 4 de l'avant-port, avant le démarrage de l'opération, faute pour ces derniers d'avoir été autorisés à procéder à ce remorquage, et au mépris d'un second ordre donné à 12H52 par radio au début du remorquage qui a conduit le convoi formé par les deux bateaux et la remorque à sortir des limites du port à 13H10. Ces faits de refus d'obtempérer ont été constatés par un procès-verbal de contravention de grande voirie dressé le même jour et notifié à M. E. Leur matérialité n'est pas contestée par M. E. Ils sont constitutifs d'une infraction prévue et réprimée par les articles L. 5334-5, L. 5337-5 et R. 5337-2 du code des transports. Il résulte en outre de l'instruction que M. E a été condamné le 25 mai 2023 au paiement à l'Etat d'une amende d'un montant de 500 euros sur le fondement de l'article L. 5337-5 du code des transports.
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner M. E, commandant d'un navire de moins de 20 mètres et contrevenant récidiviste, à payer à l'Etat une amende de 1 000 euros.
En ce qui concerne l'infraction commise par M. A :
5. En premier lieu, M A qui ne nie pas le remorquage de son bateau soutient ne pas avoir commis de contravention de grande voirie dès lors qu'il n'a porté atteinte ni à l'intégrité, ni à la destination du domaine maritime portuaire. Toutefois, les faits de refus d'obtempérer du 11 juillet 2023 décrits au point 3, contrevenant à la sécurité de la navigation, ont été constatés par un procès-verbal de contravention de grande voirie du même jour dressé par un agent assermenté et notifié à M. A. Ces faits sont par eux-mêmes constitutifs d'une infraction prévue et réprimée par les articles L. 5334-5, L. 5337-5 et R. 5337-2 du code des transports. Le moyen tiré du défaut d'atteinte à l'intégrité et à la destination du domaine portuaire doit par suite être écarté.
6. En second lieu, lorsqu'il retient la qualification de contravention de grande voirie s'agissant des faits qui lui sont soumis, le juge est tenu d'infliger une amende au contrevenant. Alors même que les dispositions précitées ne prévoient pas de modulation des amendes, le juge, qui est le seul à les prononcer, peut toutefois, dans le cadre de ce contentieux répressif, moduler leur montant dans la limite du plafond prévu par la loi et du plancher que constitue le montant de la sanction directement inférieure, pour tenir compte de la gravité de la faute commise, laquelle est appréciée au regard de la nature du manquement et de ses conséquences.
7. M. A fait valoir les circonstances du remorquage de son navire en panne, son impécuniosité ainsi que le fait qu'il n'est pas défavorablement connu des services de police portuaire pour contester le montant de l'amende. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, compte tenu de la gravité du manquement mais aussi de son absence de conséquence, de condamner M. A, dont le navire a une longueur de moins de 20 mètres, à payer à l'Etat une amende de 500 euros.
Sur l'action domaniale :
8. Dès qu'il est saisi par une autorité compétente, le juge doit se prononcer tant sur l'action publique que sur l'action domaniale, que lui soient ou non présentées des conclusions en ce sens. En l'espèce, il résulte de l'instruction qu'aucune des infractions constatées n'a porté atteinte à l'intégrité du domaine public portuaire. Par suite, l'action domaniale est sans objet.
Sur les frais d'instance :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme au titre des frais exposés par M. A et non compris dans les dépens, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : M. E est condamné à payer une amende de 1 000 euros.
Article 2 : M. A est condamné à payer une amende de 500 euros.
Article 3 : Il n'y a pas lieu de statuer sur l'action domaniale.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié au préfet du Calvados pour notification à M. B E et à M. C A dans les conditions prévues à l'article L. 774-6 du code de justice administrative.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 septembre 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. F
Le greffier,
Signé
J. LOUNIS
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
J. Lounis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026