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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2302495

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2302495

mardi 24 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2302495
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
FormationAutres délais-Etrangers-2

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 22 septembre 2023, M. A B, représenté par Me Raji, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 20 septembre 2023 par lequel le préfet du Calvados l'a obligé à quitter le territoire sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et lui a interdit le retour en France pour une durée d'un an ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

Sur l'ensemble des décisions :

- elles sont insuffisamment motivées ;

- l'auteur de l'arrêté est incompétent.

Sur l'obligation de quitter le territoire :

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur l'absence de délai de départ volontaire :

- la décision est entachée d'une erreur de droit ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur la décision fixant le pays de destination :

- la décision est entachée d'une erreur de droit ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur l'interdiction de retour :

- la décision est entachée d'une erreur de droit ;

- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Par un mémoire en défense, enregistré le 9 octobre 2023, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête au motif qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique, M. C a présenté son rapport, les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

Sur l'ensemble des décisions contestées :

1. Par un arrêté du préfet du Calvados du 1er juin 2023 régulièrement publié au recueil des actes administratifs, M. E D, chef du bureau de l'asile et de l'éloignement, a reçu délégation à l'effet de signer, notamment, tous arrêtés et décisions prévus par le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions attaquées doit être écarté.

2. Les décisions en litige font mention, au titre des considérations de droit, des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont elles font application. Elles font également mention, au titre des considérations de fait de la situation du requérant au regard desdites dispositions. Elles sont par suite suffisamment motivées.

Sur l'obligation de quitter le territoire :

3. Si M. A B fait valoir que la décision susvisée est entachée d'une erreur manifeste en raison de ses conséquences sur sa situation personnelle, il ne produit aucun justificatif relatif à cette situation. Le moyen ne peut donc qu'être écarté.

Sur le refus d'octroyer un délai de départ volontaire :

4. Si M. B soutient qu'il n'entre pas les cas dans lesquels un délai de départ volontaire peut être refusé, il ne conteste pas être dans le cas dans lequel il existe un risque que l'étranger se soustraie à l'exécution de la mesure d'éloignement dont il fait l'objet, et n'établit pas avoir demandé l'asile.

5. Si M. B fait valoir que la décision susvisée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, en raison de ses conséquences sur sa situation personnelle, il ne produit aucun justificatif relatif à cette situation. Le moyen ne peut donc qu'être écarté.

Sur la décision fixant le pays de destination :

6. Si M. B soutient que le préfet des Hauts-de-Seine a commis une erreur de droit, aucune décision dudit préfet n'est en litige dans la présente instance.

7. Si M. B fait valoir que la décision susvisée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, en raison de ses conséquences sur sa situation personnelle, il ne produit aucun justificatif relatif à cette situation. Le moyen ne peut donc qu'être écarté.

Sur l'interdiction de retour :

8. Si M. B soutient que la décision est entachée d'une erreur de droit en raison de l'illégalité de la décision lui refusant un délai de départ volontaire, une telle illégalité manque en fait.

9. Si M. B fait valoir que la décision susvisée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, en raison de ses conséquences sur sa situation personnelle, il ne produit aucun justificatif relatif à cette situation. Le moyen ne peut donc qu'être écarté.

Sur les frais du procès :

10. L'Etat n'étant pas partie perdante dans la présente instance, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. B fondées sur l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet du Calvados.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 octobre 2023.

Le président,

Signé

H. CLe greffier,

Signé

J. LOUNIS

La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

le greffier,

J. Lounis

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