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AccueilJurisprudence administrativeN° TA14-2302611

Tribunal Administratif de Caen — Décision N° TA14-2302611

jeudi 12 octobre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Caen
SectionTribunal Administratif de Caen
N° DossierTA14-2302611
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Avocat requérantCABINET NDIAYE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 6 octobre 2023, M. C D, représenté par Me Ndiaye, demande au juge des référés :

1°) d'enjoindre au préfet du Calvados, sur le fondement des dispositions de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler dans un délai de vingt-quatre heures sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

2°) de mettre à la charge de l'État une somme de 900 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Par un mémoire en défense, enregistré le 6 octobre 2023, le préfet du Calvados informe le tribunal que M. A a été convoqué en préfecture le 11 octobre à 10 heures pour la délivrance d'un récépissé de demande de renouvellement d'un titre de séjour.

Vu :

- la demande d'aide juridictionnelle du 1er septembre 2023 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Au cours de l'audience publique tenue en présence de M. Dubost, greffier d'audience, M. B a lu son rapport et entendu les observations de Me Ndiaye, pour M. A.

Le préfet du Calvados n'était ni présent ni représenté.

Considérant ce qui suit :

1. M. C E A, de nationalité sierra léonaise, dont le titre de séjour était valable jusqu'au 20 janvier 2023, et qui en a demandé le renouvellement le 23 décembre 2022, a bénéficié jusqu'au 20 juillet 2023 d'un récépissé qui n'a pas été renouvelé. Il demande au tribunal, alors que sa demande de renouvellement est toujours en cours d'instruction, d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer un nouveau récépissé.

Sur l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. L'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique dispose : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ". Il y a lieu, eu égard à l'urgence qui s'attache à ce qu'il soit statué sur la requête de M. A, de prononcer son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.

Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 521-2 du code de justice administrative :

3. Aux termes de l'article L. 521-2 du code de justice administrative : " Saisi d'une demande en ce sens justifiée par l'urgence, le juge des référés peut ordonner toutes mesures nécessaires à la sauvegarde d'une liberté fondamentale à laquelle une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public aurait porté, dans l'exercice d'un de ses pouvoirs, une atteinte grave et manifestement illégale. Le juge des référés se prononce dans un délai de quarante-huit heures ".

4. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'enregistrement de la requête de M. A et à sa communication au préfet du Calvados, ce dernier a convoqué l'intéressé en préfecture le 11 octobre 2023 à 10 heures pour la délivrance d'un récépissé de demande de renouvellement d'un titre de séjour. Par conséquent la demande de M. A est devenue sans objet.

Sur les frais liés au litige :

5. M. A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi susvisée du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce et, sous réserve que l'avocat du requérant renonce à percevoir la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'État une somme de 900 euros à verser à Me Ndiaye. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A, la somme de 900 euros lui sera versée directement en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'injonction de M. A.

Article 3 : L'État versera à Me Ndiaye, avocat de M. A, la somme de 900 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celui-ci renonce à la part contributive de l'État. Dans le cas où l'aide juridictionnelle ne serait pas accordée à M. A, la somme de 900 euros lui sera versée directement en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A, Me Ndiaye et au préfet du Calvados.

Copie pour information sera transmise au bureau d'aide juridictionnelle.

Fait à Caen, le 12 octobre 2023.

Le juge des référés,

Signé

H. B

La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

Le greffier,

J. Lounis

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