vendredi 14 février 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2302740 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | BLACHE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des mémoires et des pièces complémentaires, enregistrés les 23 octobre 2023, 29 novembre 2023, 18 décembre 2024 et 2 janvier 2025, M. B A C, représenté par Me Blache, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 23 août 2024 par lequel le préfet du Calvados lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a pris une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans ;
2°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de quinze jours à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail et de réexaminer sa situation dans le délai de trois mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
La décision de refus de titre de séjour :
- est illégale faute pour le préfet d'avoir saisi la commission du titre de séjour ;
- méconnaît les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
La décision de refus de délai de départ volontaire :
- méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
La décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans :
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît les articles L. 612-6 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en ce qu'elle est entachée d'une erreur d'appréciation et manifestement excessive.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 24 novembre 2023 et 28 octobre 2024 et le 10 janvier 2025 le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A C ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Martinez,
- et les observations de Me Blache, représentant M. A C.
Le préfet du Calvados n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A C, ressortissant marocain, est entré en France en 1984 dans le cadre d'un regroupement familial. Il a obtenu un titre de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale ", valable jusqu'au 14 mars 2023. Il a déposé en janvier 2023 une demande de renouvellement de son titre de séjour. Par un arrêté du 23 août 2024, dont il est demandé l'annulation, le préfet du Calvados a refusé de lui renouveler le titre demandé, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé son pays de destination et a pris une mesure d'interdiction de retour sur le territoire français d'une durée cinq ans.
Sur les conclusions aux fins d'annulation dirigées contre la décision implicite de refus de séjour :
2. Si le silence gardé par l'administration sur une demande dont elle a été saisie a fait naître une décision implicite de rejet, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement se substitue à la première décision. Dans ce cas, les conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête, dirigées contre la décision implicite par laquelle le préfet du Calvados a rejeté la demande de titre de séjour présentée par M. A C, doivent être regardées comme dirigées contre l'arrêté du 23 août 2024 par lequel le préfet du Calvados a explicitement rejeté cette demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation dirigées contre l'arrêté préfectoral du 23 août 2024 :
En ce qui concerne le refus de renouvellement du titre de séjour :
4. En premier lieu, aux termes de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : / 1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer ou de renouveler la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / 2° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer la carte de résident prévue aux articles L. 423-11, L. 423-12, L. 424-1, L. 424-3, L. 424-13, L. 424-21, L. 425-3, L. 426-1, L. 426-2, L. 426-3, L. 426-6, L. 426-7 ou L. 426-10 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / 3° Lorsqu'elle envisage de retirer le titre de séjour dans le cas prévu à l'article L. 423-19 ; / 4° Dans le cas prévu à l'article L. 435-1 ". Aux termes de l'article L. 435-1 du même code : " () Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. () ".
5. Il est constant que la commission du titre de séjour a rendu le 23 février 2024 un avis motivé défavorable sur la demande titre de séjour de M. A C. Le moyen tiré de l'absence de saisine de la commission du titre de séjour manque en fait et doit donc être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". L'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire () ". Aux termes de l'article L. 432-1 du même code : " La délivrance d'une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle ou d'une carte de résident peut, par une décision motivée, être refusée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public ".
7. Lorsque l'administration oppose le motif de la menace pour l'ordre public pour refuser de faire droit à une demande de titre ou de renouvellement de titre de séjour, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision.
8. Il ressort des pièces du dossier que M. A C, dont les parents sont en situation régulière au regard du séjour et dont les frères et sœurs sont de nationalité française, est entré en France en 1984 à l'âge de deux ans par le biais du regroupement familial, réside sur le territoire depuis lors. Il est constant que M. A C s'est rendu coupable de délits lui ayant valu plusieurs condamnations, en 2003 à quatre mois d'emprisonnement avec sursis pour usage illicite de stupéfiants et pour violence sur personne dépositaire de l'autorité publique suivie d'une incapacité n'excédant pas huit jours, en 2008 à deux mois d'emprisonnement et 1 000 euros d'amende pour conduite d'un véhicule sous l'emprise de stupéfiants, en 2010 à douze mois d'emprisonnement dont six avec sursis et 400 euros d'amende pour refus d'obtempérer à une sommation de s'arrêter alors qu'il conduisait un véhicule, menace de mort réitérée et circulation avec un véhicule sans assurance et enfin en 2013 à cinq mois d'emprisonnement pour conduite d'un véhicule non assuré, sans permis de conduire et sous l'empire d'un état alcoolique. Il a fait l'objet d'un arrêté de refus de séjour à raison de ces faits. Le requérant, qui a purgé les peines de prison auxquelles il a été condamné, justifie travailler de manière régulière dans des missions d'intérim, notamment dans les secteurs de la restauration et du bâtiment. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A C a été à nouveau condamné par le tribunal correctionnel de Caen le 19 septembre 2022 à un an d'emprisonnement avec sursis probatoire pendant deux ans pour des faits de violences avec usage ou menace d'une arme, par une ordonnance pénale du 5 octobre 2022 du président du tribunal judiciaire de Caen à 400 euros d'amende pour les faits de conduite d'un véhicule sous l'empire de produits stupéfiants et par une ordonnance pénale du 20 février 2023 du président du tribunal judiciaire d'Ajaccio à 300 euros d'amende pour les faits de conduite d'un véhicule en état d'ivresse et refus de se soumettre aux vérifications. Eu égard à la nature et au caractère récent des faits commis par M. A C et compte tenu de la réitération de son comportement délictuel, le préfet n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant qu'il représentait une menace pour l'ordre public et en refusant, pour ce motif, de lui délivrer un titre de séjour. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le préfet, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale normale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
9. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14. ".
10. En présence d'une demande de régularisation déposée, sur le fondement de cet article, par un étranger qui ne serait pas en situation de polygamie et dont la présence en France ne présenterait pas une menace pour l'ordre public, il appartient à l'autorité administrative de vérifier, dans un premier temps, si l'admission exceptionnelle au séjour par la délivrance d'une carte portant la mention " vie privée et familiale " répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels, et à défaut, dans un second temps, s'il est fait état de motifs exceptionnels de nature à permettre la délivrance, dans ce cadre, d'une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " ou " travailleur temporaire ".
11. Le requérant, qui se prévaut de sa présence en France depuis qu'il a l'âge de deux ans, est célibataire et sans enfant. Ainsi qu'il a été exposé au point 8 du présent jugement, M. A C a récemment été condamné à trois reprises pour des comportements délictuels dont des violences volontaires avec arme. Les autres éléments dont fait état M. A C, à savoir la présence en France de sa famille proche en situation régulière et sa situation professionnelle, ne constituent pas des circonstances humanitaires ou des motifs exceptionnels au sens des dispositions précitées. Dès lors, le préfet du Calvados n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation en estimant que M. A C ne justifiait pas de considérations humanitaires ou de motifs exceptionnels permettant la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
12. En dernier lieu, pour les mêmes motifs que ceux énoncés au point précédent, le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation des conséquences de la décision attaquée sur la situation du requérant doit être écarté.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
13. Il ressort des pièces du dossier, tel qu'exposé au point 8 du présent jugement, que M. A C, dont les parents sont en situation régulière au regard du séjour et dont les frères et sœurs sont de nationalité française ou en situation régulière, est entré en France en 1984 au titre du regroupement familial. Il réside sur le territoire, depuis cette date, régulièrement en France sous couvert de titres de séjour dont le dernier, d'une durée de validité d'un an, a expiré le 14 mars 2023. Il n'est pas contesté en défense que M. A C n'a pas d'attache dans son pays d'origine qu'il a quitté à l'âge de deux ans. Il ressort des pièces du dossier, notamment des attestations produites par sa sœur et deux frères en décembre 2024, que les attaches privées et familiales de l'intéressé sont en France. Dans ces conditions, et même si M. A C a été condamné en 2022 et 2023 pour faits de violences avec usage ou menace d'une arme à une peine d'emprisonnement d'un an assortie d'un sursis et pour des infractions au code de la route à des peines d'amende, eu égard à l'importance de ses attaches privées et familiales en France, l'arrêté en litige portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
14. Il résulte de ce tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'arrêté du 23 août 2024 du préfet du Calvados doit être annulé seulement en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français sans délai, ainsi que, par voie de conséquence, les décisions fixant le pays de renvoi et lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
15. En raison du motif qui la fonde, l'annulation de l'arrêté attaqué implique nécessairement, sous réserve de changements de circonstances de droit ou de fait y faisant obstacle, qu'une autorisation provisoire de séjour soit délivrée au requérant sur le fondement de l'article L. 911-1 du code de justice administrative. Il y a lieu d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
16. Il y a lieu de mettre à la charge de l'État, partie perdante, une somme de 1 200 euros à verser à M. A C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 23 août 2024 du préfet du Calvados est annulé seulement en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français sans délai, ainsi que, par voie de conséquence, les décisions fixant le pays de renvoi et lui faisant interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée de cinq ans.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Calvados de délivrer à M. A C une autorisation provisoire de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. A C une somme de 1 200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A C et au préfet du Calvados.
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Groch, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 février 2025.
Le rapporteur,
Signé
P. MARTINEZ
Le président,
Signé
F. CHEYLAN
La greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026