lundi 5 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2302771 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | TOUCAS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 25 octobre et 29 novembre 2023, M. B A, représenté par Me Toucas, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 30 août 2023 par lequel le préfet du Calvados a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant trois ans ;
3°) d'enjoindre au préfet du Calvados de réexaminer sa demande d'admission au séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision portant refus d'un titre de séjour a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le préfet du Calvados n'a pas examiné sa situation personnelle ; il avait également sollicité un titre de séjour sur le fondement des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant refus de séjour ;
- sa présence en France ne constitue pas une menace à l'ordre public ; le préfet a méconnu la chose jugée par le tribunal dans son jugement du 17 juin 2021 ;
- la décision lui refusant un délai de départ volontaire méconnaît les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale compte tenu de la situation au Soudan où il a, par ailleurs, subi des traumatismes qui sont à l'origine de ses troubles psychiatriques ;
- la décision lui interdisant le retour sur le territoire pour une durée de trois ans est entachée d'erreur d'appréciation.
Par des mémoires enregistrés les 3 novembre et 1er décembre 2023, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête au motif que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés.
Vu :
- l'attestation de dépôt d'une demande d'aide juridictionnelle enregistrée le 23 octobre 2023 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'arrêté du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, rapports médicaux et avis mentionnés aux articles R. 313-22, R. 313-23 et R. 511-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Sénécal,
- et les observations de Me Toucas, représentant M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant soudanais né le 3 juillet 2000, est entré irrégulièrement en France le 2 octobre 2016, selon ses déclarations. Il a demandé, le 18 août 2022, un titre de séjour pour raison médicale. Par l'arrêté attaqué du 30 août 2023, le préfet du Calvados lui a refusé la délivrance de ce titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l'a interdit de séjour sur le territoire français pendant trois ans.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu, en application de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, d'admettre provisoirement le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fins d'annulation et d'injonction :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, il ressort de l'avis du 20 juin 2023 rendu par le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration que le rapport médical a été établi le 1er juin 2023 par le docteur C, l'avis émis étant signé par les docteurs Aranda-Grau, Signol et Millet ayant composé le collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration le 2 juin 2023. Il est ainsi établi que le médecin rapporteur n'est pas signataire de l'avis émis par le collège des médecins. Ce moyen doit, dès lors, être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. () ".
5. Il résulte des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précitées que, lorsque le défaut de prise en charge risque d'avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité sur la santé de l'intéressé, l'autorité administrative ne peut légalement refuser le titre de séjour sollicité que s'il existe des possibilités de traitement approprié de l'affection en cause dans le pays dont l'étranger est originaire et que si ce dernier y a effectivement accès. Toutefois, la partie qui justifie de l'avis d'un collège des médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration qui lui est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié et effectivement accessible dans le pays de renvoi.
6. Il ressort des pièces du dossier que le collège des médecins de l'OFII a, le 20 juin 2023, émis l'avis que l'état de santé de M. A nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'il peut bénéficier effectivement d'un traitement approprié dans son pays d'origine, vers lequel il peut voyager sans risque. M. A soutient ne pas pouvoir bénéficier effectivement d'une prise en charge adaptée au Soudan qui est en guerre depuis le 15 avril 2023 et que son pays est à l'origine de ses troubles mentaux. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que si les données publiques disponibles font état d'une dégradation de la situation des établissements de santé au Soudan depuis avril 2023, notamment dans la ville de Khartoum, les autres établissements de santé demeurent partiellement fonctionnels dans les zones qui ne sont pas touchées par le conflit et, l'aide internationale y est également présente, aucun élément ne permettant d'affirmer que le requérant ne pourrait pas bénéficier d'un traitement approprié dans l'Etat du Nil bleu dont il est originaire. Il ressort en outre des pièces du dossier, en particulier d'un rapport de l'office français de protection des réfugiés et apatrides du 23 juin 2023, que si la région du Nil Bleu a connu deux incidents violents entre le 15 avril et le 15 mai 2023, aucun incident violent n'a été par la suite enregistré dans cette zone, alors que 626 incidents violents ont été enregistrés au Soudan sur la période du 15 avril au 16 juin 2023 causant la mort de 2790 personnes. Dans ces conditions, et en l'absence d'éléments de nature à remettre en cause l'avis du collège des médecins émis le 20 juin 2023 et l'appréciation portée par le préfet du Calvados, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
7. En troisième lieu, en application des dispositions de l'article R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, une demande de titre de séjour sur le fondement des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est effectuée dans les départements autres que Paris, à la préfecture ou à la sous-préfecture. Le préfet peut également prescrire que les demandes de titre de séjour appartenant aux catégories qu'il détermine soient adressées par voie postale. Il résulte de ces dispositions que, pour introduire valablement une demande de titre de séjour, il est nécessaire que l'intéressé se présente physiquement à la préfecture. A défaut de disposition expresse en sens contraire, une demande de titre de séjour présentée par un ressortissant étranger en méconnaissance de la règle de présentation personnelle du demandeur en préfecture fait naître, en cas de silence gardé par l'administration pendant plus de quatre mois, une décision implicite de rejet susceptible d'un recours pour excès de pouvoir.
8. Il est constant que M. A a présenté le 18 août 2022 une demande de titre de séjour pour raison médicale. Si M. A soutient avoir présenté subsidiairement une demande de titre de séjour sur le fondement des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, réitérée par son conseil le 26 septembre 2023, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces demandes ont effectivement été reçues par le préfet ni que M. A s'est trouvé dans l'impossibilité d'accéder à ce guichet et donc d'obtenir un rendez-vous ou de déposer sa demande. En tout état de cause, la réception par la préfecture du courrier du 26 septembre 2023 adressé par le conseil de M. A n'était pas de nature à emporter dérogation au principe de la présentation personnelle en préfecture, en application de l'article R. 431-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile précité. Dès lors, en l'absence d'une telle demande, le préfet du Calvados n'était pas tenu de vérifier que M. A pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dans ces conditions, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation personnelle du requérant doit être écarté.
9. En dernier lieu, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé, qui est arrivé en France en 2016 à l'âge de 16 ans, est célibataire, sans emploi, et qu'il est hébergé dans le cadre du dispositif d'hébergement d'urgence " un toit pour tous " depuis février 2022. S'il fait valoir qu'il entretient une relation avec une ressortissante française avec qui il va avoir un enfant, il ne ressort pas des pièces du dossier, et n'est d'ailleurs pas allégué, que cette relation serait stable et ancienne avec sa compagne. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier, et n'est d'ailleurs pas allégué, que le requérant serait particulièrement intégré à la société française. Il ressort, en revanche, du bulletin numéro 2 de son casier judiciaire délivré le 29 juin 2023 que M. A a été condamné à de nombreuses reprises pour usage illicite de stupéfiants, la dernière condamnation ayant été prononcée par une ordonnance pénale du président du tribunal judiciaire de Caen du 21 février 2022. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
11. En premier lieu, la décision portant refus de séjour n'étant pas entachée d'illégalité, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision soulevé à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire ne peut qu'être écarté.
12. En second lieu, aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; () / 5° Le comportement de l'étranger qui ne réside pas régulièrement en France depuis plus de trois mois constitue une menace pour l'ordre public () ".
13. Il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet de cinq condamnations inscrites au bulletin n° 2 de son casier judiciaire entre 2019 et 2022. Ainsi, il a été condamné par le tribunal correctionnel de Coutances, le 9 janvier 2019, à un mois d'emprisonnement avec sursis pour usage illicite de stupéfiants et révocation totale du sursis simple, le 12 février 2019, à deux mois d'emprisonnement avec sursis pour recel de bien provenant d'un vol et, le 4 septembre 2019, à un mois d'emprisonnement en état de récidive pour usage illicite de stupéfiants ainsi que pour cession ou offre de stupéfiants à une personne en vue de sa condamnation personnelle. Il a également été condamné par la chambre des appels correctionnels de la cour d'appel de Caen le 18 février 2022 à quatre mois d'emprisonnement avec sursis pour usage, acquisition, offre ou cession et détention non autorisée de stupéfiants et le 21 février 2022, par ordonnance pénale du président du tribunal judiciaire de Caen, à une obligation d'accomplir un stage de sensibilisation aux dangers de l'usage de produits stupéfiants à titre principal pour usage illicite de stupéfiants. Contrairement à ce que soutient M. A, celui-ci a fait l'objet, postérieurement à l'arrêté du 9 mars 2021 portant obligation de quitter le territoire français qui a été annulé par un jugement du 17 juin 2021, de deux nouvelles condamnations en 2022. Compte tenu de la répétition du comportement délictuel de M. A, du caractère récent des infractions commises et de leur nature, le préfet du Calvados n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que le comportement de M. A constituait, à la date de la décision attaquée, une menace pour l'ordre public. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
En ce qui concerne le refus d'octroi d'un délai de départ volontaire :
14. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; () ".
15. Ainsi qu'il a été dit au point 13 du présent jugement, le comportement de M. A constitue une menace pour l'ordre public. Par suite, le préfet du Calvados n'a entaché sa décision d'aucune erreur d'appréciation en refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire à M. A.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
16. Il ne ressort pas des pièces du dossier, et ainsi qu'il a été dit au point 6 du présent jugement, que M. A ne pourrait pas bénéficier de manière effective d'un traitement approprié au Soudan, en particulier dans la région du Nil Bleu, dont il est originaire, et, par suite, d'une prise en charge adaptée des traumatismes qu'il a subis. Enfin, il n'est pas établi qu'il ne pourrait y accéder en transitant par l'aéroport d'Ad Damazeen, y compris en provenance d'un autre Etat frontalier. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
17. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction alors en vigueur : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français. ".
18. Il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 18 février 2022, devenue définitive, l'office français de protection des réfugiés et apatrides a mis fin au bénéfice de la protection subsidiaire qui avait été accordée à M. A au motif qu'il constitue une menace grave et actuelle pour l'ordre public et la sécurité publique. En outre, et ainsi qu'il a été dit précédemment, le comportement de M. A représente un risque pour l'ordre public. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, le préfet du Calvados n'a pas commis d'erreur d'appréciation en prononçant une interdiction de retour d'une durée de trois ans. Par suite, ce moyen doit être écarté.
19. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du préfet du Calvados du 30 août 2023. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles de Me Toucas relatives aux frais de l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : La requête de M. A est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Toucas et au préfet du Calvados.
Copie en sera adressée pour information au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Caen.
Délibéré après l'audience du 9 janvier 2024 à laquelle siégeaient :
- Mme Macaud, présidente,
- Mme Sénécal, première conseillère,
- Mme Créantor, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 février 2024.
La rapporteure,
Signé
I. SENECAL
La présidente,
Signé
A. MACAUD
La greffière,
Signé
E. BLOYET
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. BLOYET
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026