vendredi 4 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2302826 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | ASSOCIATION MARAND-GOMBAR MALGORN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 2 novembre 2023, M. F E, représenté par Me Marand-Gombar, demande au tribunal d'annuler l'arrêté du 27 octobre 2023 par lequel le préfet de l'Orne lui a retiré la carte de séjour pluriannuelle dont il était titulaire, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'a interdit de retour sur le territoire pour une durée de deux ans.
Il soutient que la décision portant retrait de sa carte de séjour pluriannuelle méconnait les dispositions de l'article L. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 décembre 2023, le préfet de l'Orne conclut au rejet de la requête au motif que le moyen soulevé par M. E n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Ducos de Saint Barthélémy de Gélas,
- les observations de Me Léandri, représentant M. E, et les observations de M. D, représentant le préfet de l'Orne.
Considérant ce qui suit :
1. M. F E, ressortissant qatari né le 1er mars 1981, est entré régulièrement en France le 1er juin 2018. Une carte pluriannuelle de séjour " membre de famille britannique ", valable jusqu'au 12 juillet 2026, lui a été délivré le 13 juillet 2021. Le préfet de l'Orne l'a informé, par courrier du 1er septembre 2023, qu'il envisageait de procéder au retrait de son titre de séjour au motif qu'il avait tenu des propos d'apologie du terrorisme sur les réseaux sociaux, ce courrier invitant M. E à présenter ses observations écrites ou orales dans un délai de huit jours. Après l'audition de M. E par le directeur de la citoyenneté et de la légalité et le chef du bureau de l'intégration et de l'immigration le 4 octobre 2023, le préfet de l'Orne, par l'arrêté attaqué du 27 octobre 2023, a retiré la carte de séjour de M. E, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'a interdit de retour sur le territoire pendant une durée de deux ans.
2. Aux termes de l'article L. 432-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Une carte de séjour temporaire ou pluriannuelle peut, par une décision motivée, être retirée à tout étranger dont la présence en France constitue une menace pour l'ordre public () ". Lorsque l'administration oppose un tel motif, il appartient au juge de l'excès de pouvoir, saisi d'un moyen en ce sens, de rechercher si les faits qu'elle invoque à cet égard sont de nature à justifier légalement sa décision.
3. Il ressort des pièces du dossier que M. E, fils G A B, qu'il a suivi dans son engagement dans le terrorisme international au moins jusqu'à l'âge de vingt ans, a fait l'objet d'un signalement au procureur de la République le 4 juillet 2023 pour avoir tenu, le 2 mai 2023, sur le réseau social Twitter, des propos d'apologie du terrorisme, le message étant accompagné d'une bannière représentant la photographie G A B et du requérant avec un arrière-plan sur fond rouge représentant l'effondrement des tours du World Trade Center le 11 septembre 2001. Si le requérant fait valoir qu'il n'est pas l'auteur de ce message, il ressort du compte-rendu de son entretien du 4 octobre 2023 qu'il a indiqué que le message émanait d'un tiers, " personne de confiance ", demeurant au Yémen, à qui il avait donné les codes d'accès à son compte, établissant ainsi avoir des relations avec une personne faisant l'apologie de l'action terroriste de son père. En outre, alors que M. E avait connaissance des propos d'apologie du terrorisme tenus en son nom, il n'a ni cherché à les retirer ou à les condamner publiquement, ni à dénoncer leur supposé auteur, le requérant ayant précisé, lors de l'entretien du 4 octobre 2023, que " les tweets de ce genre-là sont permis dans le monde arabe ". Enfin, il ressort des pièces du dossier qu'au cours de l'entretien du 4 octobre 2023, M. E a fait valoir qu'il avait quitté Al-Qaïda à la fin de l'année 2000 pour rejoindre la Syrie sans mettre fin à sa relation avec son père, affirmant l'avoir vu pour la dernière fois dans son quartier général, en 2001, en Afghanistan alors qu'il était âgé de vingt ans. Eu égard à l'ensemble de ces éléments, le préfet de l'Orne n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que la présence de M. E en France constitue une menace pour l'ordre public et en retirant, pour ce motif, son titre de séjour.
4. Il résulte de ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 27 octobre 2023 par lequel le préfet de l'Orne a retiré sa carte de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et l'a interdit de retour sur le territoire pour une durée de deux ans.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. F E et au préfet de l'Orne.
Délibéré après l'audience du 17 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- Mme Macaud, présidente,
- Mme Ducos de Saint Barthélémy de Gélas, première conseillère,
- Mme Sénécal, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2024.
La rapporteure,
SIGNÉ
C. DUCOS DE SAINT BARTHELEMY DE GÉLAS
La présidente,
SIGNÉ
A. MACAUDLa greffière,
SIGNÉ
E. BLOYET
La République mande et ordonne au préfet de l'Orne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
E. Bloyet
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026