mardi 23 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2400148 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | URGENCE- Etrangers |
| Avocat requérant | CAVELIER |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 18 janvier 2024, le tribunal administratif de Rouen a transmis la requête de M. C A au tribunal administratif de Caen, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative.
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 12 et 22 janvier 2024, M. D, représenté par Me Cavelier, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre à l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 11 janvier 2024 par laquelle le préfet du Calvados l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays d'éloignement et lui a interdit de revenir sur le territoire français pour une durée d'un an.
M. A soutient que :
- la décision contestée est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle a été prise en méconnaissance de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d''asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 16 et 22 janvier 2024, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens exposés dans la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal administratif de Caen a délégué Mme B pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article L. 614-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme B,
- et les observations de Me Cavelier, avocat de M. A.
Le préfet du Calvados n'était ni présent ni représenté.
La clôture de l'instruction est intervenue à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant somalien, est entré en France le 14 août 2019 selon ses déclarations. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 15 septembre 2021 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, notifiée le 30 septembre 2021 et devenue définitive. La Cour nationale du droit d'asile a, par ordonnance du 11 août 2022, rejeté son recours contre le rejet de sa demande de réexamen de sa demande d'asile. Il a sollicité un deuxième réexamen de sa demande le 13 décembre 2022 en vain. Après avoir été interpelé pour des faits de vol à l'étalage, il a fait l'objet d'une première obligation de quitter le territoire sans délai avec interdiction de retour sur le territoire français, le 12 février 2022, qu'il a contestée en vain et qu'il n'a pas exécutée. Après avoir été interpelé pour des faits d'outrage à agent d'un exploitant de réseau de transport, il a été assigné à résidence le 21 juin 2022 dans le département du Calvados pour une durée de 6 mois, sans exécuter son obligation de pointage, puis a été incarcéré à compter du 7 juillet 2022, pour exécuter la peine de deux mois d'emprisonnement prononcée à son encontre par le tribunal judiciaire de Caen pour des faits de violence avec usage ou menace d'une arme sans incapacité. Dans la perspective de sa levée d'écrou, le préfet du Calvados a, par arrêté du 19 août 2022, prononcé son placement en rétention administrative au centre de Rennes dont la durée a été prolongée par le juge des libertés et de la détention de Rennes jusqu'à ce que par décision du 21 octobre 2022 soit prononcée sa remise en liberté. Le préfet du Calvados l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours dans le département du Calvados par décision du 21 octobre 2022. Il n'a pas exécuté correctement son obligation de pointage. Il a ensuite de nouveau été incarcéré à compter du 22 juillet 2023 pour exécuter la peine de six mois d'emprisonnement, prononcée à son encontre par le tribunal judiciaire de Caen, le 30 août 2023, pour des faits de violence, aggravée par deux circonstances, suivie d'incapacité supérieure à huit jours. Dans la perspective de sa levée d'écrou, le préfet du Calvados a, par arrêté du 11 janvier 2024, prononcé son placement en rétention administrative au centre de Oissel (76) pour une durée maximale de quarante-huit heures qu'il a contesté. Il a été remis en liberté par décision du juge des libertés et de la détention de Rouen du 15 janvier 2024, par arrêté du même jour, le préfet du Calvados a assigné M. A à résidence dans le département du Calvados pour une durée de quarante-cinq jours. Le préfet du Calvados a également décidé le 11 janvier 2024 d'obliger l'intéressé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays d'éloignement et lui a interdit de revenir sur le territoire français pour une durée d'un an. M. A demande l'annulation de cette décision du 11 janvier 2024.
Sur la demande d'admission à l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence (), l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président () ". Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, d'accorder à M. A le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. En premier lieu, par un arrêté du 4 octobre 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture du Calvados, le préfet du Calvados a donné nominativement délégation au chef du bureau de l'asile et de l'éloignement, signataire de la décision attaquée, pour signer les obligations de quitter le territoire français, les décisions refusant ou octroyant un délai de départ volontaire, la désignation du pays de destination et l'interdiction de retour sur le territoire français. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'incompétence doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La décision portant obligation de quitter le territoire français est motivée ". Aux termes de l'article L. 613-2 du même code : " Les décisions relatives au refus et à la fin du délai de départ volontaire prévues aux articles L. 612-2 et L. 612-5 et les décisions d'interdiction de retour et de prolongation d'interdiction de retour prévues aux articles L. 612-6, L. 612-7, L. 612-8 et L. 612-11 sont distinctes de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elles sont motivées ". L'article L. 721-3 du même code précise que la décision fixant le pays de renvoi est distincte de la décision d'éloignement.
5. La décision attaquée comporte la mention des considérations de droit et de fait qui constituent spécifiquement le fondement tant de l'obligation de quitter le territoire français, que du refus d'accorder un délai de départ volontaire, que de la fixation du pays de destination et de l'interdiction de retour pour une durée d'un an. Elle satisfait ainsi aux exigences de motivation issues des dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le moyen tiré ce qu'elle serait insuffisamment motivée manque en fait et doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".
7. M. A soutient qu'un éloignement vers la Somalie serait contraire aux stipulations de l'article 3 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Cependant il est constant que sa demande d'asile a été définitivement rejetée. Et s'il invoque un climat d'insécurité permanente dans sa région d'origine qui l'aurait poussé à fuir son pays, il ne produit ni n'invoque aucun élément de nature à établir qu'il serait issu de la région du Bas-Shabelle, ni qu'il serait personnellement exposé à des risques réels au sens de cet article. Il n'est par suite pas fondé à soutenir qu'en fixant le pays de destination le préfet du Calvados aurait méconnu la portée de ces stipulations. En outre, il ne peut utilement se prévaloir de la méconnaissance de la portée de ces stipulations ni en ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français, ni en ce qui concerne le refus d'un délai de départ volontaire, ni en ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pendant un an.
8. En quatrième lieu, il ressort des termes mêmes de la décision attaquée que M. A est arrivé récemment en France où il est en situation irrégulière, qu'il se déclare célibataire et sans enfant, qu'il ne justifie pas de liens personnels et familiaux sur le territoire, qu'il a déjà fait l'objet de deux incarcérations pour des faits de violence, qu'il n'est pas dans l'impossibilité de poursuivre sa vie hors de France où il a vécu la majeure partie de sa vie et qu'il n'établit pas que sa vie ou sa liberté soit menacées ou qu'il est exposé à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. Ces éléments sont corroborés par les pièces du dossier dont il ressort que l'intéressé se trouve sur le territoire, sans emploi, sans ressource et sans logement. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir qu'en prenant l'arrêté contesté, le préfet du Calvados aurait entaché son arrêté d'erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3: Le présent jugement sera notifié à M. C A, à Me Cavelier et au préfet du Calvados.
Copie en sera transmise au bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Caen.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2024.
La magistrate désignée,
Signé
M. B
La greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
C. Bénis
Signé
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026