vendredi 3 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2400159 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | LEBEY |
Vu les procédures suivantes :
1° Sous le n° 2400159, par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 janvier et 11 mars 2024, M. B A, représenté par Me Lebey, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler la décision par laquelle le préfet du Calvados a implicitement rejeté sa demande de titre de séjour déposée le 4 septembre 2023 ;
3°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer le certificat de résidence sollicité dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, subsidiairement, de réexaminer sa demande dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'État, en faveur de son avocate, Me Lebey, une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Lebey renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que la décision attaquée :
- méconnaît le 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- méconnait l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 février 2024, le Préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens exposés dans la requête ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 mars 2024.
2° Sous le n° 2400257, par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 janvier et 11 mars 2024, M. B A, représenté par Me Lebey, demande au tribunal :
1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;
2°) d'annuler l'arrêté du 23 janvier 2024 par lequel préfet du Calvados a refusé son admission au séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans ;
3°) d'enjoindre au préfet du Calvados de lui délivrer le certificat de résidence sollicité dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard ou, subsidiairement, de réexaminer sa demande dans un délai de cinq jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard et, dans l'attente, de lui délivrer un récépissé l'autorisant à travailler ;
4°) de mettre à la charge de l'État, en faveur de son avocate, Me Lebey, une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Lebey renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
S'agissant de la décision portant refus de titre de séjour :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle méconnaît le 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- elle méconnait les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle a été prise sur le fondement d'une décision illégale portant refus d'un titre de séjour ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
S'agissant de la décision fixant le pays d'éloignement :
- elle a été prise sur le fondement d'une décision illégale l'obligeant à quitter le territoire français ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans :
- elle a été prise sur le fondement d'une décision illégale l'obligeant à quitter le territoire français ;
- elle méconnait l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle fixe une durée excessive et disproportionnée à la situation de M. A.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 9 février 2024 et le 15 mars 2024, le préfet du Calvados conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens exposés dans la requête ne sont pas fondés.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 mars 2024.
Par une ordonnance du 12 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 29 mars 2024.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Pillais ;
- et les observations de Me Lebey, avocate de M. A.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, ressortissant algérien, a déposé le 4 septembre 2023 une demande de certificat de résidence sur le fondement des dispositions du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 et a rempli un formulaire de demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le silence gardé par l'administration pendant deux mois a fait naitre une décision implicite de rejet de ces demandes. Par sa requête enregistrée sous n° 2400159, M. A demande l'annulation de cette décision implicite. En cours d'instance, par arrêté du 23 janvier 2024, dont M. A demande également l'annulation par sa requête enregistrée sous le n° 2400257, le préfet a expressément rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français sous trente jours, lui a interdit le retour sur le territoire français pendant deux ans et a fixé le pays d'éloignement.
Sur la jonction :
2. Les requêtes enregistrées sous les n°s 2400159 et 2400257 concernent la situation d'un même ressortissant étranger et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur l'aide juridictionnelle provisoire :
3. Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " () L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué ".
4. Il a été statué sur les demandes d'aide juridictionnelle déposées par M. A. Il n'y a dès lors pas lieu de la lui accorder à titre provisoire.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite de refus de titre de séjour :
5. Si le silence gardé par l'administration sur une demande dont elle a été saisie a fait naître une décision implicite de rejet, une décision explicite de rejet intervenue postérieurement se substitue à la première décision. Dans ce cas, les conclusions à fin d'annulation de cette première décision doivent être regardées comme dirigées contre la seconde.
6. Il résulte de ce qui précède que les conclusions de la requête, dirigées contre la décision implicite par laquelle le préfet du Calvados a rejeté la demande de délivrance de titre de séjour présentée par M. A, doivent être regardées comme dirigées contre l'arrêté du 23 janvier 2024 par lequel le préfet du Calvados a explicitement rejeté cette demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 23 janvier 2024 :
En ce qui concerne la décision portant refus de titre de séjour :
7. En premier lieu, par un arrêté du 4 octobre 2023, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de la préfecture du Calvados, le préfet du Calvados a nominativement donné délégation à la cheffe du bureau du séjour, signataire de la décision attaquée, pour signer tous arrêtés et décisions, dans la limite des attributions du bureau du séjour qui recouvrent les décisions relatives à l'admission au séjour, les mesures d'éloignement et d'interdiction de retour sur le territoire. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision attaquée serait entachée d'incompétence doit être écarté.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes du paragraphe 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : / () / 5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus ; () ".
9. M. A soutient qu'il réside en France de manière continue depuis 2019 avec son épouse, où ils ont désormais toutes leurs attaches dès lors qu'y vivent leurs trois enfants et quatre petits-enfants ainsi que son frère, sa femme et ses enfants et la sœur de son épouse, son mari et leurs enfants, qu'il est intégré professionnellement et que son épouse et lui sont intégrés socialement. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. A n'est arrivé en France qu'à l'âge de cinquante-quatre ans après avoir vécu toute sa vie en Algérie, où réside une autre fille du couple et d'autres membres de leur famille, qu'il s'est maintenu sur le territoire en dépit de deux précédentes obligations de quitter le territoire, que son épouse en situation irrégulière fait également l'objet d'une mesure d'éloignement, que, sur les trois enfants du couple présents en France, seul leur plus jeune fils est mineur mais qu'il est également en situation irrégulière, et que les deux ainés sont majeurs, installés régulièrement en France où ils ont résidé plusieurs années sans leurs parents. Dans ces conditions, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien doivent être écartés.
10. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". Cet article, dès lors qu'il est relatif aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, ne s'applique pas aux ressortissants algériens, dont la situation est régie de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Cependant, bien que cet accord ne prévoie pas de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, un préfet peut délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit et il dispose à cette fin d'un pouvoir discrétionnaire pour apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
11. En l'espèce, pour les motifs de fait exposés au point 9, M. A n'est pas fondé à soutenir que sa situation personnelle justifiait l'édiction d'une mesure de régularisation.
12. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
13. En premier lieu, en l'absence d'illégalité relevée à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision soulevé à l'appui des conclusions dirigées contre la décision d'obligation à quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.
14. En second lieu, comme il a été dit au point 9, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A serait isolé en Algérie où il a vécu l'essentiel de sa vie et où résident encore des membres de sa famille. La décision portant obligation de quitter le territoire français n'a ni pour objet ni pour effet de le priver de voir ses enfants et petits-enfants en elle-même, et elle ne porte dès lors pas une atteinte disproportionnée à son droit à une vie privée et familiale normale, en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
15. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision portant obligation de quitter le territoire français.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de destination :
16. En premier lieu, en l'absence d'illégalité relevée à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision soulevé à l'appui des conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de destination ne peut qu'être écarté.
17. En second lieu, la décision fixant le pays de destination n'a ni pour objet ni pour effet de séparer par elle-même M. A de sa famille, de sorte que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
18. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision fixant le pays de destination serait illégale.
En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
19. En premier lieu, en l'absence d'illégalité relevée à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, le moyen tiré de l'illégalité de cette décision soulevé à l'appui des conclusions dirigées contre la décision d'interdiction de retour sur le territoire français ne peut qu'être écarté.
20. En second lieu, aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. /
Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 ainsi que pour la prolongation de l'interdiction de retour prévue à l'article L. 612-11. "
21. Ainsi qu'il a été dit au point 9, le requérant a vécu l'essentiel de sa vie en Algérie où réside une partie de sa famille et s'est maintenu sur le territoire en dépit de deux obligations de quitter le territoire français. Si la mesure d'interdiction de retour sur le territoire français est de nature à l'empêcher pendant deux ans de revenir voir les membres de sa famille résidant en France où ils ont vocation à rester, cette mesure n'empêche pas ces derniers de lui rendre visite en Algérie et n'empêche pas la reconstitution de sa cellule familiale dans ce pays. Ainsi, au regard des buts qu'elle poursuit, la décision d'interdiction de retour sur le territoire français ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale. Pour les mêmes motifs de fait, le moyen tiré de ce que la décision en litige serait entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions citées au point 20 doit être écarté.
22. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. A doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.
Article 2 : Les requêtes de M. A sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à Me Lebey et au préfet du Calvados.
Délibéré après l'audience du 11 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Marchand, président,
Mme Pillais, première conseillère,
Mme Silvani, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 mai 2024.
La rapporteure,
Signé
M. PILLAIS
Le président,
Signé
A. MARCHANDLe greffier,
Signé
J. LOUNIS
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
J. Lounis
N°s 2400159, 2400257
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026