vendredi 5 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Caen |
| Section | Tribunal Administratif de Caen |
| N° Dossier | TA14-2400178 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | CAVELIER |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 22 janvier et le 26 février 2024, Mme B A, représentée par Me Cavelier, demande au tribunal :
1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;
2°) d'annuler la décision du 18 décembre 2023 par laquelle le préfet de l'Orne lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination de la mesure d'éloignement ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Orne à titre principal de lui délivrer un titre de séjour d'un an, ou à défaut, de réexaminer sa demande de titre de séjour dans le délai d'un mois à compter de la date de notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; d'enjoindre au préfet de l'Orne à titre subsidiaire de lui délivrer sans délai une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Mme A soutient que :
La décision de refus de titre de séjour :
- est entachée d'incompétence du signataire de l'acte ;
- est insuffisamment motivée et ne résulte pas d'un examen complet de sa situation ;
- est entachée d'une erreur de droit ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale sur les droits de l'enfant en ce qu'elle porte une atteinte disproportionnée à l'intérêt supérieur de ses enfants.
La décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est insuffisamment motivée ;
- méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en ce qu'elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale ;
- est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- méconnaît l'article 3-1 de la convention internationale sur les droits de l'enfant en ce qu'elle porte une atteinte disproportionnée à l'intérêt supérieur de ses enfants.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 31 janvier et 28 février 2024, le préfet de l'Orne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Par un courrier en date du 15 mars 2024, les parties ont été informées de ce que, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, le tribunal était susceptible de se fonder sur un moyen soulevé d'office, tiré de la violation de l'article L. 611-3-5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile selon lequel : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans () ".
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 19 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Groch,
- et les observations de Me Cavelier, représentant M. A.
Le préfet de l'Orne n'était ni présent ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B A, ressortissante comorienne née le 16 décembre 1993, est entrée en France métropolitaine en 2022 selon ses déclarations. Le 19 avril 2023, elle a sollicité le renouvellement de son titre de séjour en qualité de parent d'enfants de nationalité française, délivré par la préfecture de Mayotte. Par un arrêté du 18 décembre 2023, le préfet de l'Orne a refusé de renouveler son titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé son pays de renvoi. Par la présente requête, la requérante demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la demande d'aide juridictionnelle provisoire :
2. Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 19 mars 2024. Par suite, il n'y a plus lieu de statuer sur ses conclusions à fin d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne le refus de délivrance du titre de séjour :
3. En premier lieu, par un arrêté du 27 novembre 2023, publié au recueil spécial n° 15 des actes administratifs de la préfecture n° 2023-11-15 du 27 novembre 2023, le préfet de l'Orne a donné délégation à M. Yohan Blondel, secrétaire général de la préfecture de l'Orne, à l'effet de signer tous les arrêtés et décisions relevant des attributions de l'Etat dans le département de l'Orne, à l'exception de certains actes dont ne fait pas partie la décision en litige. Le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'acte doit, par suite, être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision vise les textes sur lesquels elle se fonde, notamment les stipulations de l'article 3 et de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et celles du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont il est fait application. Elle énonce les éléments relatifs à la situation personnelle et familiale de Mme A, en particulier la date de son entrée en France ainsi que la nature et l'intensité des liens de l'intéressée sur le territoire français. Elle indique que la requérante est la mère d'un enfant de nationalité comorienne né en 2009, et de deux enfants de nationalité française nés en 2016 et en 2021 à Mayotte de deux pères de nationalité française avec lesquels elle n'a plus de contact. La décision précise également que Mme A n'établit pas courir des risques de traitements contraires à l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Le préfet de l'Orne, qui n'avait pas à faire état de l'ensemble des éléments caractérisant la situation de la requérante, a ainsi énoncé les circonstances de droit et de fait qui fondent la décision en litige et qui permettent de vérifier que le préfet a procédé à un examen de sa situation personnelle au regard des éléments dont il disposait et de la demande de titre en tant que parent d'enfants français dont il était saisi. Par suite, les moyens tirés de l'insuffisance de motivation et du défaut d'examen complet de la situation de la requérante ne peuvent être accueillis.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France et qui établit contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil, depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. ". L'article L. 423-8 du même code dispose que : " Pour la délivrance de la carte de séjour prévue à l'article L. 423-7, lorsque la filiation est établie à l'égard d'un parent en application de l'article 316 du code civil, le demandeur, s'il n'est pas l'auteur de la reconnaissance de paternité ou de maternité, doit justifier que celui-ci contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant, dans les conditions prévues à l'article 371-2 du code civil, ou produire une décision de justice relative à la contribution à l'éducation et à l'entretien de l'enfant. / Lorsque le lien de filiation est établi mais que la preuve de la contribution n'est pas rapportée ou qu'aucune décision de justice n'est intervenue, le droit au séjour du demandeur s'apprécie au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant ". Aux termes de l'article 371-2 du code civil : " Chacun des parents contribue à l'entretien et à l'éducation des enfants à proportion de ses ressources, de celles de l'autre parent, ainsi que des besoins de l'enfant. () ".
6. Il résulte de ces dispositions que lorsque le demandeur est le parent d'un enfant reconnu par un ressortissant français, il doit démontrer, conformément aux prescriptions de l'article L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que l'auteur de cette reconnaissance de paternité contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant à la date de la décision attaquée, sans que la condition de durée posée par l'article L. 423-7 du même code ne trouve à s'appliquer. Ce n'est que lorsque la preuve de cette contribution n'est pas rapportée ou lorsqu'aucune décision de justice n'est intervenue, que le droit au séjour du demandeur doit s'apprécier au regard du respect de sa vie privée et familiale et de l'intérêt supérieur de son ou ses enfants.
7. Mme A est la mère de quatre enfants, les deux aînés de nationalité comorienne nés le 24 octobre 2009 (Chaher) et le 25 février 2015 (Ranya), la troisième (Anissa) née le 4 novembre 2016 et le quatrième (Soihib) né le 20 juillet 2021 étant de nationalité française et reconnus respectivement par un ressortissant français résidant en France métropolitaine et un ressortissant français domicilié à Mayotte. Le préfet de l'Orne a refusé de délivrer à Mme A le titre de séjour qu'elle sollicitait en tant que mère de deux enfants français au motif qu'elle ne démontrait pas que leurs pères respectifs contribuaient effectivement à l'entretien et à l'éducation de leur enfant. En l'espèce, la requérante ne produit aucune pièce justifiant d'une contribution des pères français à l'entretien et à l'éducation de leur enfant. Par ailleurs, il ressort des pièces produites en défense que Mme A a signé le 12 juillet 2023 une attestation sur l'honneur selon laquelle ces deux ressortissants français ne participaient pas à l'entretien et à l'éducation de leur enfant. Si la requérante produit deux convocations datées du 8 février 2024 à destination des pères devant le juge aux affaires familiales pour le 3 avril 2024, par lesquelles elle sollicite le versement d'une pension alimentaire pour chaque enfant, ces documents sont postérieurs à l'arrêté litigieux. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une décision de justice soit intervenue à la date de l'arrêté litigieux pour fixer lesdites contributions de ces ressortissants français à l'entretien et à l'éducation de leur enfant. Dans la mesure où il ressort des pièces du dossier que les pères français de ces deux enfants ne participent pas à leur entretien et leur éducation, le droit au séjour de Mme A sur le fondement de l'article L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit s'apprécier au regard du respect de sa vie privée et familiale et au regard de l'intérêt supérieur de l'enfant, invoqués par ailleurs.
8. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
9. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, mère de quatre enfants nés en 2009, 2015, 2016 et 2021, dont les deux derniers sont de nationalité française, réside en France métropolitaine depuis le 25 décembre 2022 avec les deux plus jeunes d'entre eux, soit moins d'une année avant l'intervention de la décision en litige. Si elle se prévaut d'une présence en France depuis 2014, elle ne l'établit pas et ne produit des certificats de suivi d'une scolarité à Mayotte de ses enfants qu'à compter de l'année 2017, et en France pour les deux plus jeunes à compter de son arrivée en France métropolitaine. Il est constant qu'elle n'a aucun contact avec les pères de ses deux enfants français à la date du refus de séjour attaqué. Mme A indique avoir une sœur en France avec qui la cohabitation à son arrivée en France s'est mal déroulée. Par ailleurs, l'essentiel de ses attaches se situent à Mayotte, où est scolarisé son premier enfant de nationalité comorienne né en 2009 et sa mère qui en assure la garde, ainsi que le père de l'enfant né en 2021. La seule production de deux attestations de formation suivies en 2022 au métier de carreleur chapiste à Mayotte et d'un contrat de travail à durée déterminée d'insertion en tant qu'ouvrier polyvalent d'entretien du bâtiment pour la période du 13 décembre 2022 au 13 avril 2023 à Bandrélé, ne permettent pas d'établir une insertion professionnelle particulière, d'autant qu'elle ne conteste pas être sans emploi depuis son arrivée en France métropolitaine ni être dépourvue de ressource à la date de la décision attaquée. Dans ce contexte, les seules circonstances que deux de ses enfants sont de nationalité française et scolarisés à Mayotte puis en France métropolitaine, ne sauraient suffire à établir que le refus opposé par le préfet de l'Orne le 18 décembre 2023 de délivrer à leur mère un titre de séjour en qualité de parent d'enfant français a porté à la date de la décision attaquée une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de Mme A, en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté litigieux aurait pour conséquence de la séparer des deux enfants de nationalité française dont elle a la charge. Ainsi, le préfet de l'Orne, en refusant de lui délivrer un titre de séjour, n'a pas porté une atteinte excessive au droit au respect de la vie privée et familiale de la requérante et à l'intérêt supérieur de ses enfants, et n'a pas méconnu les dispositions précitées des articles L. 423-7 et L. 423-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ni commis d'erreur d'appréciation.
10. Il résulte de ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision, contenue dans l'arrêté du 18 décembre 2023, refusant la délivrance du titre de séjour demandé.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
11. Aux termes de l'article L. 611-3-5° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile selon lequel : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 5° L'étranger qui est père ou mère d'un enfant français mineur résidant en France, à condition qu'il établisse contribuer effectivement à l'entretien et à l'éducation de l'enfant dans les conditions prévues par l'article 371-2 du code civil depuis la naissance de celui-ci ou depuis au moins deux ans ; () ".
12. En l'espèce, le préfet de l'Orne ne conteste pas que Mme A contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de ses deux enfants mineurs de nationalité française. Par ailleurs, le préfet n'allègue pas que la reconnaissance de paternité présenterait un caractère frauduleux. Dans ces conditions, en faisant obligation à Mme A de quitter le territoire français, le préfet de l'Orne a méconnu les dispositions précitées du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et a ainsi entaché d'illégalité sa décision.
13. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme A est seulement fondée à demander l'annulation l'arrêté du 18 décembre 2023 en tant qu'il porte obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, ainsi, par voie de conséquence, en tant qu'il fixe son pays de renvoi.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
14. Aux termes de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision portant obligation de quitter le territoire français est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 721-6, L. 721-7, L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et l'étranger est muni d'une autorisation provisoire de séjour jusqu'à ce que l'autorité administrative ait à nouveau statué sur son cas. ".
15. Eu égard aux motifs du présent jugement, son exécution entraîne nécessairement la délivrance à l'intéressée, en application de l'article L. 614-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, d'une autorisation provisoire de séjour et le réexamen de sa situation. Il y a lieu d'enjoindre au préfet de l'Orne d'y procéder dans un délai de trois mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
16. Mme A a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocat peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Cavelier, avocat de Mme A, renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me Cavelier de la somme de 1 000 euros.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : L'arrêté du 18 décembre 2023 du préfet de l'Orne est annulé en tant qu'il porte obligation à Mme A de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixe le pays de destination en cas d'exécution d'office de cette mesure.
Article 3 : Il est enjoint au préfet de l'Orne de réexaminer la situation de Mme A dans un délai de trois mois à compter du présent jugement et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour.
Article 4 : L'État versera à Me Cavelier une somme de 1 000 euros en application des dispositions du deuxième alinéa de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que Me Cavelier renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
Article 5 : Le surplus de la requête de Mme A est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A, à Me Cavelier et au préfet de l'Orne.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Cheylan, président,
M. Martinez, premier conseiller,
Mme Groch, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 avril 2024.
La rapporteure,
Signé
N. GROCH
Le président,
Signé
F. CHEYLAN
La greffière,
Signé
C. BÉNIS
La République mande et ordonne au préfet du Calvados en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
C. Bénis
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026